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Planète SF

Real Humans – saison 1

real_humans_coverSérie d’origine suédoise diffusée pour la première fois en 2012 sur la chaîne SVT1, Real Humans (titre original : Äkta Människor) a été récemment proposée par la chaîne franco-allemande Arte sous le titre Real Humans (100% humain). Cette série de science-fiction, créée par Lars Lundström, ne comprend pour le moment qu’une saison de dix épisodes de 52 minutes chacun. La seconde saison est actuellement en cours de tournage et devrait arriver sur nos écrans courant 2014. Présentée comme une série-événement de science-fiction, venant même concurrencer les plus célèbres auteurs s’étant frotté au thème des androïdes, Real Humans a su se montrer des plus alléchantes. Mais qu’en est-il au final ? Alors que l’épisode final était diffusé jeudi dernier, revenons sur cette création originale suédoise. Il est temps de voir de plus près ce que ces hubots nous cachent dans leurs cerveaux de gel organique !

Dans une Suède alternative et contemporaine, les androïdes ou « hubots » prennent une place prépondérante dans notre quotidien, et nous assistant aussi bien dans les tâches domestiques, les loisirs que dans les travaux manuels. Mais ces hubots sont-ils capables de sentiments, ont-ils une âme, ou sont-ils seulement des intelligences artificielles mimant avec réalisme nos attitudes humaines ? La série débute d’emblée sur ces interrogations, lorsque nous faisons dès les premières minutes la rencontre d’un groupe d’hubots indépendants, les « enfants de David ». David Eischer, scientifique de génie et co-inventeur des hubots, serait parvenu à implanter chez ses propres robots un logiciel évolutif les humanisant autant que possible. Ce groupe d’hubots, désormais mené par son fils, Leo Eischer, attaque une maison isolée pour lui voler du courant électrique. Le raid tourne au semi-fiasco lorsque plusieurs hubots sont abattus et que des trafiquants capturent Mimi, la hubot compagne de Leo. Ce dernier décide de partir à son secours, tandis que l’inquiétante hubot Niska prend la tête du groupe restant. A partir de cette première séquence, la quasi-totalité de l’intrigue de cette première saison est posée : un groupe d’hubots sauvages poursuit un but assez flou (préparation d’une guerre contre les humains ou volonté de reconnaissance comme personnes à part entière ?) tandis que Leo Eischer, leur mystérieux guide, part seul à la recherche de sa compagne hubot dérobée.

Le reste de la série sert en définitive de décorum à l’intrigue. Les scénaristes nous proposent ainsi de suivre deux groupes de personnages : la famille Engman et le couple Roger/Thérèse. Ces suédois lambda, issus de la classe moyenne, vivent en pavillon à la périphérie d’une grande ville. Si progressivement au cours de la saison 1, ces personnages se retrouvent impliqués dans l’intrigue principale, ils permettent en premier lieu d’explorer les interactions sociales entre hubots et humains. Malgré le grand nombre de personnages mis en place dès le premier épisode, une rapide présentation s’impose pour mieux apprécier les différentes relations humains-hubots mises en avant au cours de la série : Lennart Sollberg, un retraité à la santé fragile, est épaulé par Odi, un vieux modèle d’hubot devenu défectueux. Sa fille et avocate, Inger Engman, le pousse à s’en débarrasser après qu’Odi ait subi un bug au supermarché. Mais Lennart le cache dans sa cave au lieu de le déposer au recyclage. Hans Engman, l’époux d’Inger, décide de remplacer l’hubot défectueux de son beau-père par Vera, un hubot gériatrique dernier cri. Le gérant du hubomarket lui fait à cette occasion une promotion en lui offrant une hubot aide-ménagère, que la famille Engman baptise Anita. L’actrice Lisette Pagler incarnant à la fois Mimi et Anita, le spectateur comprend rapidement que la famille Engmann se retrouvera tôt ou tard mêlée aux « enfants de David ». Tobias, l’adolescent de la famille, tombe rapidement amoureux d’Anita, tandis que Hans, fantasmant sur les sexbots, hésite à lui installer un logiciel pornographique.

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L’arrivée des hubots dans nos sociétés occidentales pose aussi de sérieuses questions de cohabitation. Juste en face du pavillon de la famille Engman habitent Roger, Thérèse et leur fils, Kevin. Roger vit de plus en plus mal le remplacement des employés de son usine par des hubots; seul son poste de contremaître lui évite encore le licenciement. Lorsque sa compagne Thérèse achète un hubot coach sportif, Rick, c’est la goutte d’eau de trop. Le couple se sépare violemment. Thérèse part vivre avec Rick et son fils, Roger reste seul avec sa colère. Notre père de famille rejoint alors le mouvement Äkta Människor (les « Vrais Humains »), un groupuscule extrémiste voulant interdire l’usage d’hubots, tandis que Thérèse affiche au grand jour sa nouvelle relation amoureuse avec Rick. La spirale infernale ne fait que commencer pour Roger, qui se radicalise de plus en plus, alors que Thérèse cherche à hacker son robot pour en faire un amant à part entière. Perturbé par la séparation de ses parents et la nouvelle relation transhumaine de sa mère, Kevin est un adolescent prêt à exploser.

Cette première saison s’enchaîne à un rythme particulièrement lent, notamment en raison des nombreux personnages qu’il nous faut suivre à chaque épisode. Ce développement en douceur, qui privilégie beaucoup les intrigues secondaires par rapport à l’histoire principale, peut rebuter plus d’un téléspectateur, surtout si ce dernier reproche déjà aux séries suédoises une certaine torpeur scandinave ! Mais cette flânerie des scénaristes apparaît au contraire comme l’une des grandes forces de la série. Loin d’innover sur le plan de la science-fiction, Real Humans prend le temps d’explorer son univers, regorge de détails socio-économiques pertinents et met en scène un impressionnant travail de comédien de la part des acteurs incarnant ces fameux hubots. S’il est difficile de prendre la série en cours de route, son visionnage intégral offre cependant un spectacle des plus passionnants. Cette société suédoise, fortement modifiée par l’emploi d’hubots, est en pleine mutation. La machine androïde devient un membre à part entière du cercle familial, voire professionnel ; l’intrigue liée aux enfants de David mise à part, la question de la place des hubots au sein de cette société alternative reste posée. Les personnages de Roger et de Thérèse en sont probablement les meilleurs témoins, aussi bien au niveau professionnel que familial. La prolifération des hubots reste en effet préoccupante, puisqu’elle ne fait qu’aggraver des problèmes socio-économiques déjà existants. Cet aspect prend d’ailleurs une teinte plutôt pessimiste avec le recours aux hubots pour les taches les plus manuelles (que sont devenus les ouvriers humains remplacés ?) ou encore la prostitution d’hubots (remplaçant le trafic humain par un trafic de robots présenté de manière tout aussi dérangeante). La question religieuse est également abordée à travers un regard plutôt progressiste (notre pasteur étant une femme lesbienne) et tout aussi pertinent : en créant des robots à notre image, nous laissons la porte ouverte à un regain de questionnements créationnistes, et la métaphysique ne tarde pas à s’inviter dans cette série en s’interrogeant sur l’âme des hubots.

Nous ne sommes cependant pas pour autant en présence d’une version androïde de la controverse de Valladolid, loin de là. Le sujet principal de la série reste résolument ancré dans la course-poursuite entre les enfants de David et les autorités suédoises, qui redoutent au fil des épisodes l’émergence d’une révolte des hubots. Cette insurrection, que le premier épisode et la bande-annonce nous promettaient à grands renforts d’action, tarde visiblement à venir au fil de la série et semble même renvoyée aux calendes grecques. L’aspect thriller s’essouffle donc brutalement en fin de saison, laissant un mauvais ressenti de série policière mollassonne lors de l’épisode final, malgré le florilège d’actions et de dénouements. En dehors de son univers passionnant et de l’excellent hommage rendu aux récits science-fictionnels d’androïdes, cette première saison de Real Humans s’achève donc sur un scénario essoufflé. Une fausse note particulièrement regrettable que la seconde saison devra absolument corriger, si les producteurs veulent offrir au spectateur une série suffisamment cohérente et convaincante. Real Humans offre tout de même un très bon spectacle, capable de séduire aussi bien le néophyte que l’amateur de science-fiction. Gageons également que de nombreux téléspectateurs d’Arte s’intéresseront grâce à Real Humans au thème des androïdes, un sujet progressivement rattrapé par la science moderne.

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Real Humans saison 1 diffusée sur Arte

Arte diffuse à partir de jeudi prochain la série suédoise « Real Humans » : Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à s’y méprendre aux êtres humains qu’ils remplacent dans les tâches domestiques. Une cohabitation qui engendre des relations complexes et des émotions contrastées, entre amour et haine, alors que certains humanoïdes rêvent d’émancipation.

Série d’anticipation mêlant hard science et cybernétique, « Real Humans » nous interroge sur la place du robot dans nos sociétés de services et de son anthropomorphisme poussé à l’extrême. L’objet robotique devient-il un être humain à part entière ? Quelle place pour cette humanité artificielle ? Autant de sujets passionnants que cette série se propose d’aborder, dans un scénario qui ne manquera pas de rappeler certains classiques de la SF comme le Cycle des Robots d’Asimov.

Et vous, attendez-vous avec impatience cette série ? Ou l’avez-vous déjà visionnée ?

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Real Humans (100% humains)

Saison 1
Titre original : Äkta Människor
(Suède – 2011 – 10x60mn – VF/VOST F)
Une série créée par Lars Lundström
Réalisation : Harald Hamrell et Levan Akind
Image : Trolle Davidson, Linus Rosenqvi st
Musique : Rikard Borggård
Montage : Björn Kessler, Rickard Krantz, Kicki Niemi, Gustav Wachtmeister
Directions artistique : John Virke, Annelie Wemstad
Casting : Ann-Christine Rolén, Harald Hamrell
Co-production Matador Film, SVT – Avec la participation d’ARTE France


La Brèche – Christophe Lambert

la_breche_lambertEn 2060, l’exploitation du voyage dans le temps ne se cantonne pas qu’aux opérations militaires top-secrètes, mais s’étend également aux programmes télévisés à sensations. La chaîne KWN, qui possède le monopole de ce genre de divertissements, propose régulièrement un top-show en prime-time de renommée mondiale. Ses directeurs sont toujours à la recherche de sujets originaux, et dans un contexte de morosité patriotique, la chaîne décide de filmer en direct le débarquement du 6 juin 1944.

Munis de faux papiers, un reporter et un historien du XXIème siècle sont propulsés 116 ans en arrière pour se mêler à la première vague d’assaut de la flotte d’invasion. Bientôt, les deux candidats de cette télé-réalité temporelle se retrouvent confrontés à l’enfer des plages de Normandie. Mais le danger ne vient pas forcément des nids de mitrailleuses allemandes. Jouer avec la trame quantique a provoqué de graves perturbations, et une réalité alternative émerge au beau milieu du chaos : le 4ème Reich envoie à son tour des visiteurs du futur, sous la forme d’androïdes, d’exo-armures et autres tanks robots ! Les plages du débarquement deviennent au fil des heures le théâtre d’une guerre temporelle démentielle, dans laquelle deux futurs tentent de faire pencher la balance en leur faveur. Qui y parviendra ? Les renforts cybernétiques nazis ou nos deux visiteurs du futur ?

Court roman de Christophe Lambert, La Brèche reste avant tout un récit SF de pur divertissement, jouant avec l’intrusion de visiteurs du futur à des périodes charnières de l’Histoire et explorant les paradoxes temporels pouvant émerger du passé. Le thème est classique de la SF, Christophe Lambert y apportant son écriture vive et cynique. Au travers de ce voyage temporel à risques, c’est le monde audiovisuel et la mode des programmes de télé-réalité qui sont raillés, bien entendu. La quête de l’audimat et la cupidité des chaînes de télévision privées est caricaturée jusqu’à pousser ses directeurs à jouer avec le passé, manquant de réécrire l’histoire et d’annihiler leur propre réalité. Certains lecteurs y verront également une critique des docu-fictions, leur concept poussé à l’extrême lorsque la science future donne la possibilité aux producteurs non plus de mettre en scène le passé mais de le filmer en direct. La critique reste d’actualité, même si cette « junk-TV » est devenue tellement courante dans le paysage audiovisuel français que le téléspectateur en est de moins en moins choqué. On s’habitue à tout, même au pire, hélas.

Au final, La Brèche reste un sympathique roman de divertissement, qui sans révolutionner le genre reste suffisamment dynamique pour captiver le lecteur tout au long de ses 326 pages. Un compliment à double tranchant, car ce même style pousse parfois le roman dans la caricature de genre, laissant à certains chapitres un arrière-goût de scénarios de téléfilms catastrophiques américains. Peut-être faut-il l’interpréter comme une déformation professionnelle involontaire, l’auteur ayant travaillé dans le domaine audiovisuel avant de vivre de sa plume. Un défaut qui n’entache pas pour autant mon plaisir de lecture. Soumis à la comparaison, La Brèche n’a pas à rougir de son apparente légèreté : Christophe Lambert nous propose peut-être un divertissement plus court et moins docte que le récent Black-Out (pour ne citer que ce récent roman), mais diablement plus excitant et bien mieux écrit que cet indigeste pavé de Connie Willis.

 

La brèche, Christophe Lambert (2005). Editions Fleuve Noir (Réédition Pocket SF, 2007), 325 p.

Lire aussi chez : Efelle, A. C. de Haenne, Julien,


Game Of Thrones Season 3 : Trailer

La saison 3 de Games of Thrones (HBO) arrive le 31 mars prochain ! Alors, impatients ? Moi oui, je trépigne. Autant vous dire que je n’ai pas fini de vous parler du Trône de Fer au printemps prochain ;)


Le voyageur imprudent – Pierre Tchernia (1982)

En pleine débâcle française de l’été 1940, le jeune mathématicien et soldat Pierre Saint-Menoux rencontre le Pr. Noël Essaillon, qui l’héberge dans sa demeure. Le physico-chimiste lui révèle être un admirateur de ses travaux théoriques, et lui révèle avoir mis au point une substance (la noëlite 3) permettant d’effectuer de petits sauts dans le temps. Pierre teste la substance et se montre très intéressé. Démobilisé, il trouve un emploi de professeur de mathématiques et profite de ses congés pour rendre visite au professeur et à sa fille Annette. Le professeur a depuis lors mis au point un scaphandre temporel vert. A chaque nouvelle excursion dans le temps, les deux voyageurs se montrent de plus en plus imprudents… Jusqu’à ce que Pierre sauve le Pr. Essaillon d’un accident temporel mortel, et que ce dernier, traumatisé par une vision futuriste apocalytique de l’Humanité, se laisse mourir de désespoir. En deuil et face à des difficultés financières, Pierre et Annette deviennent des voleurs temporels, mais le projet tourne mal. Pierre promet alors à Annette d’arrêter ces voyages imprudents et de l’épouser. Mais il craque. Persuadé de pouvoir stopper des guerres, il entreprend d’assassiner Bonaparte au siège de Toulon. Il tue cependant à la place son aïeul, M. de Saint-Menoux, et crée alors un paradoxe temporel …

Téléfilm réalisé et scénarisé par Pierre Tchernia, d’après le roman de René Barjavel, Le Voyageur Imprudent (1982) porte à l’écran l’un des plus célèbres récits de l’écrivain français, et son fameux paradoxe temporel du voyageur tuant son propre ancêtre. Le résultat n’est pas d’une grande qualité, un Jean-Marc Thibault peu convaincant donnant la réplique à un jeune Thierry Lhermitte encore très scolaire dans son jeu d’acteur. Michel Serrault y fait d’ailleurs une courte apparition comme chef d’orchestre en 1890. L’adaptation en elle-même reste bien trop libre par rapport au roman et décevra les puristes. Finies les allusions à La Machine à explorer le temps de H. G. Wells, remplacées par une prophétique apocalypse nucléaire plus dans l’air du temps ! Rappelons d’ailleurs qu’un an auparavant sortait l’adaptation de Malevil sur les écrans français, autre vision science-fictionnelle d’une guerre totale nucléaire. Néanmoins, malgré son faible intérêt cinématographique et ces libertés vis à vis du roman, ce téléfilm eut le mérite de présenter dans les grandes lignes le classique de Barjavel auprès d’un large public. C’était toujours ça de pris pour l’imaginaire français.

Anne Caudry et Thierry Lhermitte dans Le Voyageur Imprudent

Anne Caudry et Thierry Lhermitte dans Le Voyageur Imprudent