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Vikings – saison 1 (2013)

Série télévisée canado-irlandaise créée par Michael Hirst et produite par Keith Thompson et Steve Wakefield, Vikings est un drame historique basé sur la vie de Ragnar Lothbrok. Ce héros légendaire dont la doublure historique aurait vécu entre 750-850 après J.C. a fortement marqué les mythes vikings. Les historiens s’accordent depuis quelques décennies à reconnaître une part de vérité dans les légendes danoises autour de la figure emblématique de Ragnar : on relie ainsi le héros à plusieurs seigneurs de guerre à l’origine des premiers raids vikings sur les côtes saxonnes, celtiques et franques ainsi qu’au comte Reginherus de la cour du roi danois Hårek, qui participa siège de Paris en 845. Auréolé de gloire dans la Geste des Danois, Ragnar a également marqué les esprits en raison de la saga Ragnarssona þáttr qui attribue les raids en territoire saxon de la « Grande Armée » viking (865-878) à la présumée mort mythologique de Ragnar prisonnier dans la fosse aux serpents du roi Ælle de Northumbrie.

Aussi épique soit la légende danoise, Michael Hirst s’est pour sa part intéressé au personnage historique caché derrière la figure mythique. Choix pour le moins difficile, puisque Ragnar a certainement été forgé par les raids et exploits de plusieurs chefs de guerre vikings au cours des VIIIème et IXème siècles. Hirst fait ainsi de Ragnar un simple fermier, homme lige du jarl Haraldson qui entre en rébellion contre son suzerain en décidant de piller les riches terres chrétiennes de l’Ouest plutôt que les villages slaves et baltes. Revenant victorieux, il asservit un prêtre chrétien dont il espère qu’il lui révèlera d’autres contrées méridionales à piller. Son jarl se montre d’abord pragmatique face à l’insubordination couronnée de succès de son vassal, mais devient rapidement jaloux. Il tente d’assassiner Ragnar et sa famille, mais ce dernier s’échappe et le provoque en duel. Vainqueur, Ragnar devient le nouveau jarl. Il renouvelle ses raids vers l’Angleterre grâce aux drakkars construits par son vassal Floki. Sa réputation ne cesse de gonfler en Scandinavie : commence alors son ascension au sein de la société viking…

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Au cours de ces neufs épisodes constituant la première saison, le spectateur part donc à la rencontre de Ragnar, figure légendaire rapidement démystifiée par les scénaristes. Alors que l’ascension de Ragnar se poursuit, les graines de la dissension commencent déjà à germer. Son frère, Rollo, accumule les rancunes contre notre héros. Par provocation, il se convertira au christianisme (bien qu’il reniera son baptême le soir même) et s’alliera avec le jarl Borg. Son épouse Lagertha, apparaît rapidement comme écrasée par le nouveau pouvoir de son époux, un rôle qui ne peut que l’étouffer et annoncer une future séparation. Enfin, Ragnar est bien trop confiant dans son nouveau statut de jarl. Grisé par ses succès, il en oublie que les luttes de pouvoir sont désormais politiques. Naïf, il prête trop vite allégeance au roi Horik en croyant acquérir un allié supplémentaire. Il ne devine pas que le suzerain s’empresse de le plier à sa propre volonté. Héros tragique en devenir, Ragnar achève cette première saison dans une fausse apogée. Il ignore que son statut, son clan et sa famille sont en danger, et que le château de cartes qu’il a bâti sur sa réputation de grand navigateur pourrait s’écrouler à tout moment. Bien que nous puissions supposer que sa saga est encore loin d’être achevée, il est évident que Ragnar n’est en rien la figure légendaire des contes danois. Le personnage est clairement dépeint, tout au long de ces premiers épisodes, comme un homme ordinaire, avec ses ambitions et ses faiblesses.

Et parmi les points faibles de Ragnar figure le prêtre Athelstan, symbole d’un christianisme encore fragile en Occident et fortement raillé par Michael Hirst. La foi est un thème majeur de Vikings. Que ce soit à travers le prêtre Athelstan ou le guérisseur Floki, la série n’a de cesse de rappeler le poids de la religion. Mais là où le polythéisme des vikings est dépeint comme un culte cruel mais libertaire, prônant une certaine jouissance du corps en communion avec la nature, le culte plus « civilisé » du christianisme apparaît comme ridiculement dogmatique, étouffant au quotidien et véhiculant des messages de philanthropie que très peu respectés par les monarques chrétiens. Le paganisme viking est donc mis à l’honneur dans cette première saison, mais faut-il pour autant considérer la série comme une œuvre anti-chrétienne ? Probablement pas, si l’on en juge la figure du prêtre Athelstan. Homme cultivé, tolérant et réfléchi, il incarne une image plus positive du christianisme. Servant d’abord de guide pour le spectateur découvrant le monde viking, la caméra en fait également le narrateur privilégié du rassemblement païen d’Uppsala. Son regard mène à un basculement progressif du jugement porté par le spectateur sur les vikings. Ragnar atteint un climax au cours du rassemblement d’Uppsala : très clairement, son ascension commence à s’étioler suite aux choix et événements qui rythment ce festival religieux. Athelstan n’est alors plus simple témoin, mais aussi acteur. Il révèle un aspect plus sombre de la culture viking, brisant partiellement l’empathie du spectateur envers les vikings. Cependant, Michael Hirst ne fait pas pour autant du paganisme un rejet manichéen, propre à justifier la doctrine de l’Eglise encore en vigueur de nos jours. Nous ne sommes pas dans une dénonciation d’un quelconque « satanisme » mais plutôt dans un questionnement profond : le panthéon viking peut demander l’ultime sacrifice consenti à chaque croyant, là où le christianisme est censé n’apporter qu’amour. Or, si la brutalité de ce culte païen choque profondément Athelstan, il ne réhabilite pas pour autant le christianisme dans la série. L’Eglise demande au final bien plus à ses fidèles, mais ses exigences sont déguisées sous un vernis de belles paraboles. Le polythéisme est peut-être nettement plus brutal, mais bien plus honnête, puisqu’il n’exige qu’un rapport direct et volontaire de ses fidèles envers les dieux, n’obligeant en rien le fidèle à rendre un culte aveugle auprès d’un clergé autoritaire muselant en retour la société.

Cette différence d’approche du religieux concernant la société ne fait pas des vikings un peuple laïc mais lui assure une plus grande respiration au quotidien. Première conséquence, les femmes ont des rôles plus enviables que dans les royaumes chrétiens. Elles peuvent prendre les armes aux côtés des hommes, n’hésitent pas à se mêler de politique et peuvent même devenir jarls. Série d’apparence féministe, Vikings ne gagne cependant ce qualificatif qu’avec de nombreuses réserves. Les femmes ont beau avoir beaucoup plus de pouvoir que leurs consœurs chrétiennes, elles n’en restent pas moins victimes d’une société très nettement patriarcale. Les mariages arrangés sont monnaie courante, l’époux a énormément de droits sur son épouse, et le viol comme le meurtre d’une femme sont des crimes parfois laissés impunis. Dans cette société encore bien loin de mériter le qualificatif d’égalitaire, les femmes doivent se battre autant pour faire respecter leurs droits que pour les agrandir. Le personnage de Lagertha rappelle en permanence ce combat. Une fois son mari devenu jarl, elle prend à cœur de rendre la justice en faveur des femmes et place sous sa protection la femme et la fille du jarl vaincu. Si elle est appelée à un destin encore plus grand au cours des saisons futures, Lagertha n’en reste pas moins dans cette première saison un personnage fort, incarnant aussi bien la société féminine viking qu’une icône féministe moderne. Mais ne nous y trompons pas, derrière ce personnage ne se cache aucune tentative de détournement militant de la série, nous sommes juste en présence d’un tableau bien plus juste de la femme viking, délivrée des clichés machistes propres aux vikings hollywoodiens.

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Si la série ne manque pas de qualités, il faut cependant reconnaître que son aspect historique souffre de quelques menus défauts. De l’avis même de Michael Hirst, ces libertés historiques se justifient tout d’abord par les besoins scénaristiques : pour captiver le plus grand nombre de spectateurs, il faut hélas quelque peu tricher avec la réalité. Ragnar n’aurait pas eu besoin de découvrir l’Angleterre ou la France, ces royaumes étaient déjà connus des Vikings même avant leurs premiers raids. Les jarls n’étaient pas non plus des figures autoritaristes, mais leur pouvoir s’appuyait sur un système relativement démocratique au sein du clan. Les exécutions capitales de criminels sont aussi bien trop courantes dans la série, la société viking leur préférant historiquement le bannissement. A l’inverse, les techniques de navigation sont relativement bien décrites, toujours avec cette volonté d’y intéresser le plus grand nombre, et les auteurs savent s’affranchir des textes anciens rédigés par les moines du Haut Moyen-Âge, bien plus prompts à dépeindre des démons de légende que la peuplade civilisée et commerçante qu’étaient ces guerriers en temps de paix. Au final, Vikings se présente comme une série dramatique historique plutôt convaincante, parvenant à conserver ce fragile équilibre entre fiction grand public et récit historique. Un jeu d’équilibriste que Michael Hirst maîtrise de toute évidence, et dont il expose les limites en toute modestie. Très belle découverte pour ma part, espérons que la seconde saison tienne autant le rythme.


Cosmos 1999

Série de science-fiction britannique développée entre 1975 et 1977, Space 1999 (Cosmos 1999 dans sa version française) se compose de deux saisons de 24 épisodes chacun, d’une durée moyenne de 49 minutes. Son synopsis proposait au téléspectateur un ambitieux scénario d’anticipation spatiale. En 1999, l’exploration de l’espace poursuivant son développement exponentiel, la communauté internationale a uni ses forces pour construire une base lunaire permanente. La station, forte d’un personnel de 311 techniciens et ingénieurs, s’occupe aussi bien de la préparation d’expéditions spatiales que du stockage des déchets nucléaires terrestres. Le 13 septembre 1999, le nouveau commandant Koening prend ses fonctions à la tête de la base lunaire Alpha. Mais suite à un bombardement électromagnétique intense d’origine inconnue, les déchets accumulés dans les silos de stockage atteignent une masse critique et provoquent une explosion thermonucléaire massive. L’énergie libérée est telle que la Lune se retrouve propulsée hors de son orbite et devient un astre errant à travers la galaxie.

Sans espoir de retour sur Terre, le commandant Koening organise la survie de son équipage piégé sur la Lune. Les installations autonomes de la base Alpha leur permettent en théorie de supporter une période d’autarcie prolongée, mais les Alphans espèrent que leur longue odyssée à travers le cosmos s’achèvera par la découverte d’un nouveau monde colonisable. Le voyage se révèle aussi long que risqué. Durant son périple, la Lune croise de nombreux dangers, et chaque épisode relate les obstacles rencontrés par nos naufragés lunaires. La première saison se présente donc comme l’Odyssée futuriste des Alphans à travers l’espace : les planètes rencontrées sont étranges et mortelles pour l’homme, un trou noir menace de détruire la Lune, les fantômes du passé resurgissent et les premières rencontres avec des formes de vie intelligentes sont tout aussi déstabilisantes. De nombreuses façons, cette première saison évoque un voyage philosophique où la place de l’homme, nouveau venu dans l’univers, est constamment questionnée. Jusqu’au final de cette première série renouant avec les mythes de la panspermie et de l’Atlantide. « Que savons-nous de l’Homme ? » s’interroge le Pr. Victor Bergman dans le second épisode. La question reste posée tout le long de la première saison, alors que nos Alphans sont semblables à ces hommes de l’allégorie de la caverne de Platon et dont les chaînes auraient été brutalement brisées pour les rejeter à l’extérieur. Cette accession à la connaissance aussi bien qu’à la réalité de l’Univers que les scientifiques de la base Alpha ne connaissaient que de manière partielle et déformée constitue de toute évidence l’épine dorsale de la saison.

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La réception de cette première saison est toutefois mitigée. Le public et les critiques peinent à s’immerger dans l’univers de la série, comme si le ressort à même de suspendre leur incrédulité était cassé. Le même échec se constate dans l’analyse d’Isaac Asimov à l’issue du visionnage du pilote de la série. Critiquant avant tout la pertinence scientifique de la production, il ne loue que certains détails dans la mise en scène, notamment les mouvements ralentis des acteurs lors de leurs sorties lunaires ou encore le design de la base et des vaisseaux « Eagle ». Ces critiques que des séries contemporaines telles que Star Trek ou Doctor Who ne s’attirent alors pourtant pas proviennent très probablement de la ressemblance esthétique de Space 1999 avec 2001 : l’Odyssée de l’Espace (1968). Le lien est d’autant plus fort que Brian Johnson, assistant dans l’équipe d’effets spéciaux de 2001, est en charge des effets spéciaux pour Space 1999. En dépit de la conclusion métaphysique particulièrement troublante de ce chef d’œuvre, Kubrick s’était attaché tout au long de la réalisation à conserver une esthétique et une mise en scène aussi scientifiquement réalistes que possible. Kubrick n’avait qu’une crainte : que son film soit accueilli comme une vulgaire œuvre de série B. A croire qu’en s’inspirant de l’esthétique du film de Kubrick, les producteurs Gerry et Sylvia Anderson sont tombés dans les travers que ce dernier tentait à tout prix d’éviter.

Mais le pire coup bas porté à la série devait venir avec la seconde saison de Cosmos 1999. En raison d’audiences plutôt médiocres aux États-Unis, les distributeurs de la série demandent aux producteurs de revoir leur copie avec la prochaine saison. Une nouvelle formule est proposée : chaque épisode se présente désormais selon le même schéma répétitif : une figure ennemie fait son apparition et menace d’anéantir la base Alpha. Nos héros combattent ce méchant et triomphent du danger avant de reprendre leur périple à travers l’espace. Les décors sont réduits, la superbe salle de commandement de la saison 1 est remplacée par un local exiguë. Le commandant Koening et le Dr. Russell restent des personnages centraux de la série, mais leur amour platonique doit apparaître au grand jour. Un nouveau personnage principal rentre en scène : Maya, une jeune alien métamorphe de la planète Psychon qui choisit dès le premier épisode de la série de trahir le parti de son père pour sauver les Alphans. Elle est en couple avec Tony Verdesch, chef de la sécurité de la base et nouveau personnage qui secondera désormais le commandant Koening. Le personnage de Maya présente bien des avantages : c’est une femme forte, scientifique émérite et dont le rôle dans la série est prépondérant. En supplément du Dr. Helena Russel, elle garantit un certain équilibre des genres et brise la distribution un peu trop machiste de la première saison. Hélas, Maya est un personnage fantastique, dont le pouvoir de transformation tranche avec le background de la base lunaire. La série s’ancre plus dans l’imaginaire du spectateur, mais perd en caractère philosophique. Les épisodes n’ont plus d’allégories aussi efficaces à proposer, et les scénarios se répètent. Martin Landau (Commandant John Koening) ne cache pas sa déception, tout comme beaucoup de fans de la première heure.

A bout de souffle, Space 1999 s’est transformée au terme de la seconde saison en une série B américaine tout à fait banale. Misant sur le personnage central de Maya, les producteurs envisagent une troisième saison de 13 épisodes, dont le tournage devait démarrer à l’automne 1997. Mais les négociations avec les chaînes américaines échouent, et la série est annulée. Un revival apparaît en 1999 avec « Message From Moonbase Alpha », un court-métrage amateur soutenu par Johnny Byrne (co-scénariste) et l’actrice Zienia Merton qui accepte de reprendre pour l’occasion son rôle de Sandra Benes (un des rôles secondaires les plus populaires auprès de fans). Ce mini-épisode se présente comme un message final transmis dans l’espoir que des humains parviennent un jour à le capter. On y apprend que les alphans ont enfin trouvé une nouvelle Terre et en ont fait leur foyer. Des années ont passé et Sandra, qui semble à la fois la dernière gardienne de la base Alpha et l’ultime représentante de l’équipe, adresse ses poignants adieux. Diffusé en convention, « Message From Moonbase Alpha » semble annoncer une résurgence de la série. Les projets échouent cependant, la franchise Space 1999 n’intéressant aucun producteur. Jusqu’en février 2012, lorsque ITV Studios America et HDFILMS annoncent leur projet d’un remake baptisé « Space : 2099″ . Sans nouvelles depuis. Mais dans le cœur de milliers de fans, la base Alpha continue encore ses aventures à travers l’espace infini …


Usoni

Après avoir plaidoyé sur ce blog en faveur d’une ouverture de notre paysage science-fictionnel au-delà des horizons habituels, il me semble pertinent de vous parler d’une série d’anticipation climatique kényane. Usoni, dont le premier épisode pilote a été réalisé en 2013, et qui attend depuis lors qu’un distributeur ou une chaîne de télévision lui donnent le coup de pouce nécessaire à son décollage, est un bel exemple de science-fiction africaine pertinente et innovante. Dans un futur proche, en 2062, le monde a connu des bouleversements climatiques sans précédents suite à l’éruption massive de plusieurs volcans européens. Le vieux continent vit désormais dans une pénombre quasi-permanente. L’agriculture s’effondre, les émeutes de la fin se multiplient, l’économie et les gouvernements vacillent. Seul espoir pour les migrants européens : gagner le continent africain, épargné par ce cataclysme et promis à un bel avenir. La série suit le parcours de deux immigrants clandestins, ayant eu recours à des passeurs à défaut de visa d’entrée sur le sol africain. Mais le voyage n’est pas sans dangers. Partis de Lampedusa, désormais point d’embarquement pour les clandestins européens, le jeune couple va devoir affronter une mer méditerranée déchaînée, doux prélude aux obstacles qui les attendent …

Usoni se révèle particulièrement brillant en raison de son renversement de situation : dans cette série, ce n’est plus l’Afrique mais l’Europe que les migrants tentent de fuir. Les points de vue sont inversés de manière à nous faire mieux comprendre, nous autres européens, la tragédie de ces migrants prêts à tout risquer pour rejoindre notre vieux continent. Autre facteur original transfiguré, un impact climatique naturel cette fois-ci, puisqu’il ne s’agit pas d’un bouleversement lié au réchauffement climatique anthropique mais d’une phase de refroidissement et d’assombrissement des cieux suite à l’émission massive de poussières volcaniques. Le scénario est loin d’être improbable : en effet, lorsque le volcan islandais Laki entra en éruption de juin 1783 à février 1784, l’Europe toute entière connut une vague de disette, de surmortalité par affections respiratoires et les affres d’un hiver particulièrement rigoureux. Au total, 160 000 personnes succombèrent en Europe des conséquences de l’éruption, et le phénomène fut longtemps considéré (peut-être à tort) comme un des facteurs de déstabilisation à l’origine de la révolution française. Autant dire que l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 , même si elle fut fort heureusement bien moins catastrophique, a tout de même de quoi laisser songeur …

Quoi qu’il en soit, Usoni est un excellent exemple de science-fiction africaine proposant un éclairage nouveau d’un sujet international grave, tout en jouant avec intelligence sur des facteurs naturels habituellement peu mis en valeur par l’anticipation climatique. Une belle surprise, qui ne demande qu’à s’épanouir …

 


Premier épisode pour Star Wars Rebels

Vous n’avez certainement pas échappé aux publicités annonçant la nouvelle série d’animation 3D américaine dans l’univers Star Wars. Produite par Lucasfilm Animation et Walt Disney Television Animation, la série est diffusée depuis aujourd’hui sur Disney XD avec en bonus la mise en ligne gratuite sur leur chaîne youtube dédiée du premier épisode pilote. Beaucoup d’appréhension circulait autour de cet épisode pilote, long de 45 minutes (les 16 suivants ne feront que 22 minutes) et censé inaugurer en grande pompe les nouveaux « canons » de la licence. Sortant de son visionnage, je dois dire que je craignais également beaucoup de ce moyen-métrage d’ouverture, baptisé énigmatiquement « Prémices d’une Rébellion ». Et comme première réaction à chaud, il me faut bien reconnaître que le résultat est plutôt satisfaisant.

Se déroulant durant la sombre période séparant l’épisode III de l’épisode IV, Star Wars Rebels débute 14 ans après la chute du Temple Jedi et l’ascension de l’Empire galactique. Les mondes impériaux tremblent sous l’autorité des forces impériales, promptes à faire régner l’ordre par la terreur et la violence. Nous rencontrons Ezra Bridger, un adolescent orphelin qui tente de survivre sur Lothal, son monde d’origine. Alors que le garçon prépare un larcin contre la garnison impériale locale, il tombe sur Kanan Jarrus et sa bande de rebelles. Les circonstances évoluent très vite pour le jeune voleur Ezra, d’abord en compétition avec les rebelles avant de lentement embrasser leur cause. Il rencontre à bord de leur vaisseau spatial, le « Ghost », les autres membres de l’équipe : la pilote Twi’lek Hera Syndulla, la Mandolarienne Sabine Wren, l’alien Zeb Orrelios et le droïde C1-1OP « Chopper ». D’aventures en péripéties, Kanan Jarrus se révèle être un ancien padawan ayant survécu à l’Ordre 66 …

Comme déjà révélé par les nombreuses actualités autour de cette nouvelle série d’animation, Star Wars Rebels met en scène une équipe disparate formant une même famille de cœur face à l’oppression de l’Empire galactique. Le statut de Jedi de Kanan Jarrus avait déjà été hélas largement spoilé. Aussi serait-il dommage, si vous voulez préserver au maximum votre suspens, de poursuivre l’inventaire des rôles attribués à chaque personnage durant cet épisode pilote. Notons cependant que le fonctionnement de l’équipage n’est pas sans rappeler celui d’un groupe de MMORPG, à la manière d’un Star Wars The Old Republic projeté dans l’époque de l’Empire galactique. Il est d’ailleurs assez surprenant de croiser une chasseuse de primes aux-côtés d’un Jedi, mais laissons le scénario nous surprendre sur ce point. Côté trame générale, nous retrouvons cependant la classique formule de l’expérience initiatique du jeune adolescent partant aussi bien à l’aventure qu’à la découverte de lui-même. Immanquablement, les jeunes spectateurs s’identifieront au personnage central d’Ezra Bridger. Quant au reste de l’équipage, nous avons affaire à de fortes personnalités, aussi bien masculines que féminines, promettant tout autant un fort potentiel d’attachement vis-à-vis du public ciblé. De ce côté-là, c’est déjà un sans fautes, et l’on sent poindre les inévitables produits dérivés d’ici la fin de l’année.

Seul bémol, l’intrigue dévoile dès la fin de ce pilote les principaux adversaires que notre équipe devra affronter, coupant court sur ce plan à tout suspens. Comme attendu, deux grands adversaires pourchasseront nos héros, en la personne d’un agent impérial et d’un inquisiteur Sith. Reste à savoir si ces révélations prématurées ne font que poser un cadre pour les épisodes à venir, et si d’autres objectifs qu’une interminable course-poursuite viendront pimenter les prévisibles développements attendus. En attendant d’en découvrir plus, Star Wars Rebels se présente donc comme un très bon divertissement familial. Gageons que cette nouvelle série jeunesse saura donner l’envie à nos chères petits têtes blondes d’explorer à leur tout la galaxie Star Wars, tout en offrant un agréable moment à leurs parents et aînés.

 

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Une compétition télévisée pour conquérir la Lune

Il faut croire que le projet Mars One a fait des émules. Seulement cette fois-ci, l’objectif est bien plus modeste. Il n’est plus question d’envoyer des colons pour un aller simple sur la planète rouge, mais d’attendre le premier la surface de la Lune avec une soude robotisée. La compétition, baptisée Google Lunar X Prize, permettra au gagnant d’empocher la somme de 30 millions de dollars. En avril dernier, les chaînes de télévision Science Channel et Discovery Channel ont annoncé qu’elles couvriraient la compétition, des premiers essais techniques jusqu’à l’alunissage du robot vainqueur. Le challenge comprendra non seulement le premier alunissage couvert par la télévision depuis le programme Apollo, mais sera également comme le second projet actuel de divertissement TV ayant pour cadre la conquête de l’espace.

Conquérir la Lune ne fait plus vraiment rêver le grand public. Et pourtant, concevoir une mission lunaire, qu’elle soit habitée ou non, représente un véritable défi scientifique, technologique et humain. De plus, la dernière retransmission d’un alunissage datant de près d’un demi-siècle, peu de téléspectateurs actuels peuvent se venter d’avoir assisté au dernier événement de ce genre. Pour Robert K. Weiss, président du Google Lunar X Prize, le défi n’est donc pas seulement technique. Il s’agit aussi de montrer aux téléspectateurs un spectaculaire projet spatial à même d’inspirer des vocations scientifiques auprès des plus jeunes tout en ravivant la curiosité de leurs aînés. La forme du programme télévisé, si elle n’a pas encore été révélée, pourrait être une émission de TV-réalité montrant les progrès réalisés par chaque équipe concurrente jusqu’à l’alunissage final. Il y a déjà de quoi se réjouir d’un tel programme, qui a contrario des habituels Nabilla et autres « Anges de la téléréalité » , aura l’avantage de vulgariser les sciences et l’intelligence humaine auprès des téléspectateurs.

Actuellement, 33 équipes et firmes se sont déjà engagées dans la compétition, dont les compétiteurs américains Astrobotic, Moon Express, Omega Envoy et le Penn State Lunar Lion. Toutes sont financées par des fonds privés. Afin de remporter les 30 millions de dollars mis en jeu, l’équipe gagnante devra faire alunir sa sonde robotisée en premier et lui faire parcourir cinq cent mètres minimum sur la surface lunaire. Le robot devra également retransmettre des vidéos, des images et des données utiles, sans que la durée de vie de la sonde ou le type d’expériences réalisées ne rentre plus spécifiquement dans les critères du jury. Cependant tout ne sera pas perdu pour les autres groupes, puisque des primes bonus allant jusqu’à un million de dollars récompenseront les meilleures innovations techniques. Des exemples ? Les trois alunissages les plus élégants remporteront le bonus d’un million de dollars, et les quatre caméra embarquées les plus innovantes permettront d’empocher 250,000 dollars à leurs équipes.

Gageons que genre de compétition inspirera certainement bon nombre d’étudiants et d’ingénieurs. Vu qu’il ne reste plus que 18 mois pour se lancer dans la course, il ne semble guère possible de vous lancer à votre tour dans la course. Mais pourquoi pas en organiser d’autres, avec encore plus d’objectifs originaux ? Comme par exemple un concours pour lancer des satellites environnementaux avec un bonus pour les projets réussis à plus faibles impacts carbone ; inventer des nano-satellites scientifiques innovants avec des bonus suivant les coups de cœur du jury pour les programmes d’étude ; ou encore concevoir des sondes d’exploration vers d’autres planètes du système solaire ? Non seulement l’idée est motivante, mais elle permettrait de faire aimer la science auprès du plus jeune public. Espérons cependant qu’à l’inverse, nous n’aurons jamais droit à un « Cauchemar au centre spatial » avec un Philippe Etchebest jouant les gros durs dans les coulisses techniques de Kourou. Quoique, dans un sens, cela pourrait être amusant !

 

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