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Il est frais mon poisson cosmique !

 

Un poisson-dragon (Grammatostomias flagellibarba)

Aujourd’hui, c’est la fête du poisson et autres blagues pas fraîches. Le hasard du calendrier veut que cela tombe cette année le lendemain de la journée du bec bunsen et du jour du Jegounotron, mais hélas la veille de l’apocalypse nucléaire. Journée crainte par certains, adulée par d’autres, le 1er avril est aussi un jour béni des poissonniers.

Mais le poisson n’a pas aussi mauvaise réputation que cela en science-fiction. N’en déplaise aux aficionados de Dune qui me rétorqueront que sur Arrakis, tu peux toujours te brosser pour aller à la pêche. On se souviendra en ce jour  de célébration du poisson Babel de Douglas Adams, du poisson de compagnie Livingston du capitaine Picard dans Star Trek, de Cinnamon le poisson du Dr. Wernstrom dans Futurama, ou encore du collectionneur de poissons Simon Kress dans la nouvelle « Sandkings » de G.R.R. Martin.

D’autres auteurs se sont intéressés plus sérieusement au concept de poisson dans la science-fiction. Stanislas Lem, dans Solaris, nous laisse songeurs quant au devenir d’un poisson dans son océan protoplasmique. Serait-il renvoyé sur la station spatiale pour hanter les repas des scientifiques ? Mais il n’est pas le seul à soulever de graves problèmes philosophiques et spirituels. Combien de sushis peut-on faire avec un poisson géant de Canisse ? Doit-on voir une allusion à un quelconque culte ichtyologiste dans le Guérisseur de Cathédrales de P.K. Dick ? Le Starfish de Peter Watts est-il une réponse au militantisme pro-calamars géants de Jules Verne dans 20 milles lieues sous les mer ? Et le Grand Cthulhu aime-t-il manger son poisson cru ou bouilli entre deux siestes ?

La science progresse également. Depuis Arizona Dream, nous savons qu’un poisson argenté peut nager en l’air en plein désert d’Arizona. La drogue en recherche, c’est moche. Alors comme disait Evariste (le chanteur), « J’crois qu’il vaut mieux mettre un point final sinon ça pourrait finir encore plus mal  » .

Allez Salut, et encore merci pour le poisson !


Star Trek Warp Drive !


Leonard Nimoy’s Ballad of Bilbo Baggins

Lorsque l’interprète de Mr. Spock rend hommage à Bilbo le Hobbit. Notez le passage éclair de l’Anneau unique.


La sphère de Dyson

dyson-sphere-star-trekConnaissez-vous la sphère de Dyson ? En 1960, l’astronome Freeman Dyson publie l’ article « Search for Artificial Stellar Sources of Infrared Radiation » dans la revue Science, où il propose qu’une civilisation assez avancée utiliserait le maximum d’énergie émise par son soleil. Dans ces conditions, Dyson propose de rechercher la présence de telles structures artificielles pour traquer l’existence d’extra-terrestres. Il s’inspire pour cela du roman de science-fiction « Star Maker » de Olaf Stapledon (1937).Une étoile ainsi cachée par une sphère artificielle serait très peu lumineuse mais émettrait une très forte radiation infra-rouge, provenant de la sphère de Dyson elle-même.

Plus une civilisation progresse, plus ses besoins énergétiques croissent de manière exponentielle. Pour une race extra-terrestre ayant dépassé le potentiel énergétique de sa planète-mère, son étoile devient alors une nouvelle source d’intérêt. Le soleil émet ainsi 4e26 W d’énergie dans l’espace, dont une très grande part pourrait être récupérée par un semble de collecteurs solaires répartis autour de l’étoile. Si une telle structure peut permettre à une civilisation de se développer sensiblement, concrètement, à quoi ressemblerait une sphère de Dyson ?

Il existe trois grands types de sphères de Dyson : Les type I ne couvriraient certainement pas totalement leur étoile (essaims de Dyson) et se comporteraient comme des réseaux de collecteurs en orbite. Indépendants ou en groupes denses, ils pourraient ainsi récolter l’énergie solaire et faire vivre des stations spatiales. C’est actuellement le type de sphère le plus réaliste.

Une coquille de Dyson, ou de type II, engloberait dans une structure rigide quasiment toute la surface sphérique autour de son étoile. Elle cacherait ainsi sensiblement sa luminosité et pourrait même être aménagée à sa surface. Imaginez que la sphère soit placée à 1 UA du soleil, et qu’elle soit dotée en sa surface de multiples biosphères et stations spatiales, auto-alimentées par l’énergie solaire collectée par la sphère… Mieux encore, une coquille de Dyson pourrait-elle se couvrir d’une gigantesque atmosphère, et abriter ainsi des continents et des océans ? Mais une telle structure est très probablement impossible à réaliser. Mise en rotation, la coquille de Dyson pourrait créer une pseudo-gravité par force centrifuge au niveau de son équateur. Mais les gigantesques forces de tension et contraintes mécaniques créées par son étoile la rendraient instable. De même, une sphère de Dyson est creuse. Elle ne peut donc pas créer de force gravitationnelle uniforme vers sa face interne. L’atmosphère, les continents et les océans tomberaient vers le soleil ! Il faudrait donc disposer la biosphère sur la face extérieure, et s’arranger pour que l’énergie collectée puisse également servir à éclairer la phase obscure. Il resterait alors l’épineux problème de la très faible gravité, de l’ordre du 10-3 G. Il faudrait donc créer une sur-pression atmosphérique pour compenser la faible gravité. Mais n’oubliez pas que nous parlons d’une surface sphérique d’un rayon de 1 UA ! N’oubliez pas d’y ajouter les inévitables forces de tension supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux autres contraintes mécaniques de la coquille de Dyson. Si malgré tout, vous souhaitez relever le défi, il vous restera un dernier obstacle de taille : il n’est pas certain que votre système solaire contienne assez de matière pour créer une sphère de type II !

Enfin, les sphères de type III ou « bulles de Dyson » seraient constituées de statites : des satellites suspendus à d’énormes voiles solaires et « flottant » grâce à la pression des radiations solaires afin de ne pas être soumis à la force gravitique de l’étoile. Un statite devrait avoir une densité de l’ordre de 0,78 g/m² afin de voguer à 1 UA du soleil. Cette méthode a l’avantage de nécessiter beaucoup moins de matière, au moins 2,17.1020 kg pour un réseau complet, soit la masse d’un astéroïde comme Pallas. Mais pour le moment, les meilleurs matériaux à base de fibres de carbone atteignent les 3 g/m². Cette densité trop importante rend la réalisation d’un statite solaire impossible pour le moment. De plus, différentes questions restent posées quant au rendement énergétique de ces statites, laissant au final ces bulles de Dyson peu crédibles pour le moment.

Fin 2008, le Fermilab Dyson Sphere Search Program a publié une synthèse de ses recherches. Il ne révèle pas l’existence de sphères de Dyson, mais pointe du doigt quelques étoiles potentiellement candidates, sans se prononcer de manière catégorique. La recherche de formes de vies extra-terrestres n’en a pas fini de soulever le paradoxe de Fermi.


Star Trek : de la technophilie à la désillusion ?

Ce soir, Arte diffusait un documentaire particulièrement intéressant sur la série Star Trek nouvelle génération. Digne héritière de la série originale, ce rendez-vous télévisé apparu à l’écran dans les années 1987 fut l’occasion de donner un second souffle à la série. Passé ma surprise de tomber sur une émission m’intéressant sur le petit écran (boarf !), je restais scotché à ce programme à la fois captivant et ponctué d’humour. « Aux frontières de l’infini » est un documentaire canadien de 2004 qui vaut vraiment le coup.

Tout d’abord, le programme revenait sur le lancement de cette nouvelle série dérivée du mythique Star Trek. Un nouvel équipage, qui romp avec les têtes d’affiche habituelle, de nouvelles intrigues, et surtout un lien encore plus fort avec les technologies. Car vingt ans après la série originelle, le nouveau Star Trek avait sérieusement besoin de se mettre au goût du jour ! Pour se faire, deux scientifiques (un physicien et un technicien de la NASA) apportent quelques notes aux scénaristes, qui s’empressent de les utiliser comme autant de friandises à distribuer aux téléspectateurs. Aussi, la série s’attire rapidement la sympathie d’un public initié à l’espace, la physique et la technologie, et se détache des séries beaucoup moins respectueuses des principes élémentaires de physique. Mieux encore, Star Trek a certainement inspiré des technologies aux ingénieurs et scientifiques de la fin des années 80, qui s’enthousiasmèrent à la vue des incroyables gadgets des passagers de l’Enterprise ! QuikTime et l’Ipod ont ainsi un petit lien de filiation avec la série…

Mais si la série fait nager le spectateur dans un bonheur technophile, cette sensation semble s’amenuiser au fur et à mesure qu’apparaissent les Borgs, horribles humanoïdes directement connectés à un réseau informatique les contrôlant. A leur tête, la terrible Reine Borg, incarnation d’une technologie maléfique aux airs de cyberpunk machavélique. Curieux d’ailleurs, de noter que les Borgs ne sont pas sans rappeler les travaux du cybernéticien Kevin Warwick, le premier à avoir relié son système nerveux à une interface informatique et internet. Le premier « cyborg » de notre monde.

Cette méfiance envers la « mauvaise technologie », alimentée par l’émergence de mouvements sociaux et écologistes mondiaux (je veux parler d’une prise de conscience bien plus forte que ce qui a été initié au cours des années 70 contre le nucléaire notamment), donna une nouvelle série, Star Trek Deep Space Nine. Cette fois-ci, un équipage a pris possession d’une station spatiale extra-terrestre, et essaie tant bien que mal de la faire fonctionner. L’homme n’est alors plus le maître d’une technologie triomphante, mais le jouet d’instruments capricieux, potentiellement mortels.

En conclusion Star Trek est un univers intéressant quant à son évolution, qui s’éloigne progressivement de la vision technophile et radieuse de son créateur, pour devenir (en partie) une critique de la technologie, ou du moins de ses dérives et de notre fragilité face à la machine. Mais ceci ne reste qu’une interprétation possible de la série. Un axe de visionnage particulier. Au moins le reportage d’Arte aura eu l’avantage de démontrer qu’il est possible de parler de science, de technologie et de space opera !