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Voici cinquante ans que la peste nanotechnologique a ravagé le monde. Face aux nanobots réplicatifs et évolutifs, quelques riches nantis se sont enfermés dans des dômes stériles tandis que la majeure partie de l’humanité, de la faune et de la flore succombaient à la gelée grise. Mais certaines victimes ont survécu à la pandémie. Leur peau, leur œsophage et une partie de leurs tissus mous nécrosés ont été remplacés par ces nanobots parasites. Les voilà devenus de curieux hybrides. Pour les habitants des dômes, ces transhumains ne sont plus de la même espèce qu’eux, et un dédain manifeste a progressivement remplacé l’horreur et la compassion des premiers temps.
Marne, une jeune fille transhumaine, pêche le long de la rivière de son village avec sa mère lorsqu’un homme en scaphandre s’écroule sur la berge, victime d’un dysfonctionnement de sa combinaison. Secourant cet homme à la peau nue, Marne le ramène au village. L’homme s’exprime difficilement avec les autochtones, et parvient à leur expliquer qu’il effectue un voyage d’étude pour mieux comprendre les communautés de transhumains. La jeune Marne s’émerveille devant notre anthropologue futuriste, mais l’homme ne tarde pas à montrer un certain dégoût envers les transhumains, leur physiologie et leurs coutumes. Et si les villageois avaient raison de ne pas faire confiance à l’homme en scaphandre ?
Ken Liu est un auteur américain d’origine chinoise. A tour de rôle programmeur puis avocat dans le domaine des brevets, ce jeune homme visiblement doué pour les longues études est également traducteur de fictions chinoises. Cet auteur bostonien a récemment percé, en remportant en 2012 grâce à ses nouvelles un Prix Nebula, un Prix Hugo, un Prix World Fantasy Award, tout en se voyant récompensé la même année pour son travail de traducteur de nouvelle grâce à un Prix Science Fiction & Fantasy Translation Award. Avec « The Plague », publiée dans la rubrique « Futures » de la prestigieuse revue scientifique Nature, Ken Liu s’intéresse à deux menaces actuelles : le risque de pandémie et l’impact des nanotechnologies sur l’environnement. Reprenant le thème de la « gelée grise », il imagine comment un nanobot auto-réplicateur a pu bouleverser les écosystèmes terrestres, un peu à la manière du microbe βéhémoth de Peter Watts, mais en séparant l’humanité en deux branches distinctes : les humains originels enfermés dans les dômes et les transhumains symbiotes avec les nanobots. Les deux humanités se détestent, sauf que dans ce monde post-apocalyptique, aucun des deux camps n’a la force nécessaire pour éradiquer l’autre. Alors chacun s’observe, et la tension monte. Un habitant du dôme et une jeune fille transhumaine vont pourtant tenter de briser la glace, ultime tentative de contact entre les deux espèces. Mais une réconciliation est-elle possible, ou bien l’humanité est-elle définitivement scindée en deux ?
« The Plague » est une belle surprise, une courte nouvelle intelligente et riche, influencée par des auteurs comme Jack Vance, Clifford Simak ou Peter Watts. Autant dire que Ken Liu est une plume à découvrir, en espérant un jour prochain le voir traduit dans notre belle langue de Molière.
“The Plague”, Ken Liu, Nature 497, 402 (16 Mai 2013). doi:10.1038/497402a

 Vendredi, 03 mai 2013 |  Tags: anticipation, post-apocalypse | Catégorie: Lectures |  Guillaume |
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Du couple Kloetzer, j’avais déjà lu Cleer, lauréat du Prix des Blogueurs Planète-SF 2011, et très bon premier roman. La sortie de leur nouvel ouvrage, Anamnèse de Lady Star, aux éditions Denoël Lunes d’Encres, ne pouvait donc que retenir mon attention. D’autant qu’un des chapitres correspond à la nouvelle « Trois singes », précédemment publiée dans l’anthologie « Retour sur l’horizon » de Serge Lehman, et dont les critiques avaient déjà attisé ma curiosité.
Pour ce second roman, L. L. Kloetzer nous plongent dans un futur proche apocalyptique, articulé autour d’un drame majeur : l’attentat d’Islamabad, et la disparition des trois quarts de la population humaine. L’arme utilisée, la bombe iconique, est un terrible assemblage d’effets psychédéliques, de flashs stroboscopiques et d’icônes calligraphiques à persistance rétinienne s’imprimant dans le subconscient de chacun. la bombe psychique entraîne rapidement l’effondrement de la conscience de ses victimes, qui meurent en quelques jours d’inanition. Le message subliminal se diffuse aussi par contact social entre une personne contaminée et un individu sain, créant des « porteurs lents » qui succomberont à leur tour au mal psychique à moyen ou long terme. Conséquence directe de l’attentat, des gouvernements se croyant attaqués lancèrent des ripostes contre leurs ennemis géopolitiques, entraînant une vague de chaos militaire et nucléaire dans les jours qui suivirent.
Cet événement apocalyptique, dénommé le Satori, marque la fin de notre époque et l’avènement d’un monde à reconstruire, où les survivants sont parvenus à créer une civilisation hyper-technologique, s’isolant militairement des zones contaminées par les « porteurs lents » réduits à vivre comme des hordes sauvages. L’intrigue se déroule avant et après le Satori, et s’articule autour de plusieurs tableaux tentant de faire toute la lumière sur cet attentat. Qui étaient les commanditaires ? Qui fut le porteur de la bombe ? Pourquoi l’avoir déclenchée ? La cabale à l’origine de ce génocide a-t-elle bien été éradiquée, et dans le cas contraire, la bombe iconique peut-elle encore frapper un jour le monde ? La traque engagée contre les commanditaires du Satori s’articule en une série de témoignages, à la manière du World War Z de Max Brooks. Au cœur du roman, nous traquons une femme, ou plus précisément une Elohim. Créature non-humaine extra-terrestre ou d’origine divine ? Comme Pandore, la femme faite de terre et d’eau par Héphaïstos, elle est à la fois la clé et l’inspiratrice de la bombe iconique, cette jarre moderne contenant tous les maux de l’humanité. Le mythe grec rejoint le roman. Mais peut-on refermer la boîte de Pandore ? L’humanité peut-elle enfin tourner la page du Satori ? La « femme » se fait songe, désir inavouable de ceux-là même qui la traquent ; comment peut-on venir à bout d’une créature se réincarnant à chaque évocation de son souvenir ?
Roman à l’écriture forte et menée par un duo désormais très bien rodé à l’exercice, Anamnèse de Lady Star est un très bon livre, captivant et efficace. Une belle pépite d’anticipation, qui comme pour Cleer mêle high-tech et psychologie le long de ce jeu de pistes et de cette quête menée pour fermer cette boîte de Pandore. Il ne vous reste plus qu’à le lire pour savoir si cette course après Pandore aboutira ou restera vaine.
Anamnèse de Lady Star, L. L. Kloetzer (2013). Editions Denoël Lunes d’Encre, 480 p.
 Vendredi, 19 avril 2013 |  Tags: planete-sf, politique, post-apocalypse, zombies | Catégorie: Lectures |  Guillaume |
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2014. l’humanité triomphe du cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais la médecine n’avait pas prévu que ces progrès amèneraient une chose encore plus terrible que ces maladies vaincues. Une infection zombie, qui s’est propagée à toute vitesse, menaçant de réduire l’humanité en une horde de morts-vivants n’ayant qu’une obsession : se nourrir.
Vingt ans après l’apparition du virus « Kellis-Amberlee » zombiesque, le monde survit donc malgré la ruine d’une partie de son territoire. Le gouvernement américain a pu se maintenir face au chaos zombie grâce à la libre circulation des armes, le côté réactionnaire et combatif des américains ou encore le goût immodéré des adolescents et jeunes adultes pour les films d’horreur, fournissant au pays d’inattendus vétérans et experts des invasions zombies. Mais surtout, le monde a survécu grâce aux blogueurs, qui prenant de court l’incrédulité des médias traditionnels et la lenteur des officiels, ont martelé en boucle la vérité sur l’infection en cours et lancé suffisamment d’alertes pour sensibiliser à temps les internautes. Grâce à eux, l’humanité a survécu, et obtenu une victoire partielle sur les zombies. Les zones habitables sont désormais morcelées en enceintes plus ou moins vastes, entourées de no man’s land les séparant des zones contaminées. Des lois fédérales et municipales strictes régissent les consignes sanitaires des survivants, créant une ligne de défense passive entre le citoyen et toute nouvelle résurgence de l’épidémie.
Dans ce monde dévasté qui cohabite désormais avec le virus Kellis-Amberlee, les blogueurs sont devenus les nouveaux journalistes. Leur travail d’investigation les pousse à visiter les zones de contamination les plus sensibles, prenant tous les risques pour dénicher des reportages sur la non-vie au-delà des fortifications et publier des billets palpitants susceptibles de faire le buzz sur la toile. Georgia et Shaun Mason, frères et sœur, sont parmi les plus populaires de ces blogueurs. Bien qu’encore trop jeunes pour obtenir des autorisations intégrales de visite des zones contaminées, ils explorent déjà les villes abandonnées de Californie à la recherche de sensations fortes. Shaun est une tête brûlée, Georgia l’intellectuelle politique et militante. La vie continue, malgré tout. Et en 2040, pour la première fois, un candidat aux primaires républicaines intègre une équipe de blogueurs à sa campagne pour rendre compte le plus honnêtement possible de son déroulement. Les heureux élu sont Georgia, Shaun et Buffy, leur assistante blonde au pseudo évocateur des années 90. Leur rêve se réalise enfin : à eux la gloire des plus hautes blogosphères, les voilà devenus des blogueurs très influents ! Mais leur nouveau job va les mener à regarder de l’autre côté du miroir, et à douter. Lois anti-terroristes, gouvernements liberticides, surveillance des individus ; la réalité politique de ces USA post-apocalyptiques n’est pas si justifiée que cela par l’invasion zombie. D’ailleurs, que sait-on vraiment de l’origine de cette infection ? Maintenant que nos trois jeunes blogueurs ont ouvert la boîte de Pandore, impossible de faire marche arrière…
N’étant pas un fan absolu des univers zombies, j’en suis venu à ce bouquin avec une certaine méfiance, malgré les éloges de nombreux blogueurs conquis. Mira Grant allait-elle vraiment me livrer un livre post-apocalyptique prenant ou aurais-je droit au recyclage de deux thèmes à la mode : le zombie et la blogosphère ? Après lecture, il me faut reconnaître que mes craintes n’étaient pas très fondées. Rassuré par ma lecture, je garde donc de ce premier tome de Feed un bon souvenir, aussi bien concernant le style clair et haletant qui en fait un bon page-turner, que sur son background zombiesque réfléchi et bourré d’allusions aux films de George Roméro. Les allusions médicales et épidémiologiques sont intéressantes, les thématiques classiques du zombie sont bien entendu au rendez-vous mais suffisamment bien menées pour ne pas faire penser à un triste remake d’un film de Roméro. Les personnages principaux, Shaun, Georgia, Buffy et Rick, sont plutôt attachants et bénéficient d’une description particulièrement travaillée. Enfin, les scènes d’action comme les dialogues suivent cette qualité d’écriture, qui montre au combien Mira Grant sait maîtriser le roman post-apocalyptique.
Quant au texte, sa structure alternant récit et notes de blog permet de séparer d’une manière plutôt originale le déroulement de l’histoire des nécessaires notices de background. Si la genèse de ce monde dévasté nous est racontée de manière subjective, à travers les extraits de billets de blogs des personnages principaux, il en ressort suffisamment d’informations et d’éléments de fond pour créer une ambiance passionnante. En cela, l’alliance du récit et du billet de blog constitue une alchimie bienvenue. La critique politique, telle que présentée dans ce roman, reste très liée à la période Bush Jr. et aux évènements post-11 septembre : lois anti-terroristes, psychoses politiques américaines, absurdités des mesures liberticides et xénophobie permanente exacerbée par la crainte du concitoyen affecté. Jusqu’aux animaux domestiques, dont on discute le poids limite entraînant leur potentielle contamination, tout comme les Grecs anciens débattaient sans fin du nombre de cailloux constituant le plus petit tas de graviers possible. Ce relent de conspiration reste trop convenu, trop évident, pour rejoindre à ce sujet la critique de Gromovar que je partage, et reste mêlé à une l’idée à mon humble avis exagérée que seul le blogueur-citoyen représente l’avenir du journalisme d’investigation. Toutes ces belles considérations médiatiques, très dans l’air du temps, affluent dans ce roman, qui passe peut-être un peu côté de sa portée politique et journalistique. Mais à chaque auteur sa vision du débat, et Mira Grant parvient à nous confier la sienne tout en nous livrant un très bon divertissement post-apocalyptique. L’essentiel est bien évidemment là.
Feed, Mira Grant (Feed, 2010). Editions Bragelonne (traduction : Benoît Domis), 2012, 456 p.
Lire aussi chez : Gromovar, Lune, Shakkra,
 Mercredi, 10 avril 2013 |  Tags: Evangelion, post-apocalypse, robots | Catégorie: Lectures |  Guillaume |
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Le Troisième Impact débute ! Les forces gouvernementales japonaises ne sont pas parvenues à prendre le contrôle de la NERV, bien que la Seele ait révélé ses derniers atouts : les Eva Series. Mais l’organisation secrète avait-elle tout prévu ? Par leur combat acharné contre l’Eva-01 et l’Eva-02, le Comité provoque tout de même l’activation du rituel. L’heure est donc venue pour Gendô Ikari de jouer sa dernière carte. Depuis le Terminal Dogma, il tente de forcer le destin divin à travers l’enveloppe charnelle de Rei. Y parviendra-t-il ? Et quel sera le rôle exact de Rei, désignée comme l’âme manquante de Lilith ?
Nous le savons depuis deux tomes déjà, Yoshiyuki Sadamoto a décidé de suivre le plan général du film « The End of Evangelion » tout en y incluant une légère réécriture personnelle. Nous échapperons donc au mémorable ultime épisode de la série télévisée et à la séance de thérapie collective de Shinji Ikari. Et dans un sens, c’est peut-être pas plus mal. Les modifications de Sadamato, quant à elle, permettent de modérer les élans bien trop sombres du film. Côté traitement des personnages, notamment, les relations entre Shinji et Asuka y sont même aux antipodes. Cette fois-ci, le pilote de l’Eva-01 sort bien plus tôt de sa léthargie et engage le combat pour sauver l’Eva-02 avant qu’il ne soit déchiqueté par les Eva Series. Un dialogue de réconciliation entre les deux pilotes s’en suit, dans lequel transparaissent enfin les sentiments de la jeune Asuka pour le Third Children. L’amour, toujours l’amour, qui peut parfois se transformer en une haine profonde, avec le dénouement sanglant de la relation entre Gendô Ikari et Ritsuko Akagi. Ici aussi, Yoshiyuki Sadamoto prend le temps de poser la scène. Rien ne presse. Nous ne sommes donc pas noyés dans une avalanche de rebondissements apocalyptiques et de séquences psychédéliques comme dans le film, même si les grandes lignes du scénario Sadamoto conservent l’orientation inexorable vers une fin du Monde.
Mieux encore, le dénouement psychologique n’est pas si négatif que cela. Si la perte de Misato l’affecte certainement, Shinji montre tout de même une meilleure santé mentale et ouvre enfin son cœur à une Asuka réconciliée avec son passé. Aussi, lorsque Rei fusionne avec le corps de Lilith, le Troisième Impact s’annonce déjà différent du film. Certes, Shinji affronte seul la conscience Rei/Lilith et la folie de cette révélation angélique menace brutalement de faire vaciller sa santé mentale. Certes, l’adolescent fragile détient entre ses mains le destin de l’Humanité : sera-t-il un Ange protecteur ou un Démon destructeur ? Mais permettez-moi, cette lecture du treizième tome achevée, de spéculer sur une conclusion finale différente de celle choisie par le film. Ce nouveau traitement des évènements pourrait bien influencer Shinji pour qu’il empêche la rage d’envahir son cœur. Il est même probable qu’à travers à ces changements d’état psychiques de Shinji et Asuka, Sadamoto cherche à justifier son propre dénouement, proche du film apocalyptique mais définitivement éloigné de sa dérangeante scène finale. J’ose même espérer une sorte de complémentarité en partie positive pour l’Humanité avec la renaissance des personnes chères au cœur de Shinji. Il nous faudra hélas attendre encore un bon moment pour que le quatorzième (et dernier ?) tome vienne confirmer ou infirmer ces spéculations !
 Mercredi, 03 avril 2013 |  Tags: Evangelion, post-apocalypse, robots | Catégorie: Notes en vrac |  Guillaume |
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Le dernier Ange a été vaincu. Et maintenant que la menace est retombée, le doute subsiste sur l’avenir de l’Humanité. Le Troisième Impact est-il vraiment inévitable, comme l’a prophétisé Tabris ? Et si oui, quelle forme prendra-t-il ? Pour le gouvernement japonais, il est hors de question de laisser la NERV prendre en main le Plan de Complémentarité de l’Humanité. Les forces spéciales s’infiltrent brutalement dans le QG de l’organisme. Leur mission est simple : tuer tous les agents de la NERV, éliminer les pilotes et détruire les Evas. Avant que Gendô Ikari ne déclenche le Troisième Impact.
Ainsi donc, les rôles sont inversés : l’Humanité devient l’ennemi de la NERV, et réciproquement. Les Anges sont vaincus, et pourtant, au cœur du Terminal Dogma, repose encore Lilith. L’intrusion des forces spéciales japonaises précipite les plans de Gendô Ikari. La chair d’Adam ressurgit un œil hideux, planté dans la paume de sa main gauche. Le scénario change également : c’est lui qui sauve Shinji des soldats gouvernementaux, et non Misato comme dans le film « The End of Evangelion ». Il révèle alors sa nouvelle nature hybride mi-Ange mi-Humain, et livre à son fils une confession capitale pour la compréhension de la série. Avec cette initiative de Yoshiyuki Sadamoto, le lecteur découvre enfin une explication approfondie sur les rapports entre Gendô et son fils, et, ô miracle, le voile est enfin levé sur la véritable personnalité du Commandant Ikari ! Que fait alors Misato ? Elle arrive sur le tard, forçant Gendô à confesser quelques nouvelles révélations avant d’escorter Shinji jusqu’à l’Eva-01. Le cours de l’anime reprend le pas, mais Sadamoto nous gratifie d’un autre précieux bonus : les révélations de Misato sur la genèse du Monde et des Anges, toutes les révélations que son enquête personnelle lui ont permis de découvrir, et que ni la série ni les films ne lui laissaient le temps d’exposer en détails.
Nous voici donc informés de précieux éléments de réponse, jusqu’alors évincés ou mal esquissés par la série. Mieux encore, Gendô Ikari endosse enfin son rôle de grain de sable dans les rouages de la Seele, détail scénaristique qui était si mal exploité dans les versions animés. Fiat Lux ! Tout s’éclaire donc dans cet excellent douzième tome, parfaite mise en scène pour annoncer l’inévitable Troisième Impact qui, si l’on en croit la suite des évènements tels qu’exposés dans « The End of Evangelion », devrait démarrer avec le treizième tome. Une chose est sûre, Yoshiyuki Sadamoto tape fort, très fort avec cet opus. Cela valait le coup d’attendre tant d’années.
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