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Plan 9 from Outer Space – Ed Wood (1959)

Il fallait bien que cette chronique arrive un jour ou un autre. Continuant ma quête de vieux films N&B d’après-guerre, me voilà arrivé au cultissime chapitre de Plan 9 from Outer Space, dirigé par Ed Wood Jr., avec à l’affiche Gregory Walcott, Mona McKinnon, et sans oublier l’inimitable Vampira (Maila Nurmi). Film culte s’il en est, puisque considéré par beaucoup d’amateurs comme le « pire film de science-fiction jamais réalisé ». Et pourtant, la concurrence est rude.

Mais quel est donc le synopsis de cet incontournable classique américain ? Imaginez que dans les années 50, des extra-terrestres alarmés par notre maîtrise balbutiante de l’énergie atomique, craignent que nos progrès scientifiques ne nous amènent à détruire par accident la galaxie toute entière. Nos braves visiteurs décident alors de prendre contact avec nos gouvernements afin de les persuader de renoncer à cette folle course à l’armement nucléaire. Peine perdue : les autorités américaines répondent par un méprisant silence avant d’ordonner à l’armée de tirer sur les soucoupes volantes. Les extra-terrestres n’ont cependant pas dit leur dernier mot. Comme aucun plan diplomatique ne semble déboucher sur une conclusion heureuse, ils décident de mettre en place le « plan 9 », qui vise à ressusciter les morts pour punir ces humains inconscients. D’inquiétants personnages hantent peu à peu les cimetières californiens : goules, femmes vampires et zombies fraîchement déterrés se mettent à harceler les résidences des alentours. Les autorités parviendront-elles à botter le cul de ces prétentieux extra-terrestres communistes ou cèderont-elles face à leurs odieux chantage ? Le suspense est intenable. Heureusement, il existe encore à Hollywood de fiers américains prêts à tout pour défendre leur pays, non mais !

Flying saucers !

Mis à part ce pathétique scénario, qui à défaut d’être convaincant bénéficie d’un gros potentiel nanarisant, Plan 9 from Outer Space brille par la déplorable performance d’Ed Wood en tant que directeur de film. Rien ne va dans ce film. Les acteurs manquent de conviction. Les décors studios peinent à créer l’illusion, même en noir et blanc. Les effets spéciaux, remarquablement pauvres pour l’époque, utilisent de grossières soucoupes volantes agitées grâce à des fils transparents devant un décors mal photographié (des agrandissements flous de clichés pris avec une pellicule de mauvaise qualité…). Les séquences consacrées aux morts-vivants sont même l’occasion pour Ed Wood de recycler toute une série de scènes filmées au cours de projets avortés. C’est ainsi que Bela Lugosi apparaît à l’écran trois ans après son décès (quoi de plus logique pour incarner un mort-vivant ?) grâce à la récupération de bouts de pellicule issus du projet avorté « Tomb of the Vampire ».

Pour donner un semblant de cachet « scientifique » à son film, Ed Wood s’adjoint même les services d’un narrateur, chargé de présenter et de conclure Plan 9 from Outer Space auprès d’un public affligé. Il confie ce rôle au parapsychologue Jeron Criswell King, plus connu sous le pseudonyme de « The Amazing Criswell ». Ce dernier n’hésite pas une seconde à présenter les soucoupes volants comme un fait scientifique établi ! Jeron Criswell et Ed Wood ne s’arrêteront pas en si bon chemin, et notre parapsychologue apparaîtra d’ailleurs à l’affiche d’un autre film tout aussi croustillant, Night of the Ghouls (1979), film d’horreur recyclant d’ailleurs certains acteurs de Plan 9. La famille de Criswell travaillait dans les pompes funèbres, et Criswell prétendait aimer dormir dans un cercueil. Ed Wood, dont les talents artistiques n’ont de cesse de nous surprendre, rendra un bien curieux hommage à son narrateur en faisant apparaître le fameux cercueil de Criswell dans Necromania: A Tale of Weird Love ! (1971), film pornographique revenant sur les talents méconnus des nécromanciennes en matière de sexologie du couple (sic).

Vampira débarque !

Il serait enfin dommage de ne pas revenir sur la première apparition à l’écran de Vampira (alias Maila Nurmi), dont la silhouette érotico-macabre hanta la télévision californienne dans les années 50 à chaque épisode du Vampira Show, un rendez-vous devenu par la suite culte en matière de fantastique insolite du petit écran. Répétons-le une dernière fois, ce serait vraiment dommage de rater les apparitions de Maila Nurmi, qui pimente d’un soupçon de glamour macabre ce Plan 9 grâce à sa démarche chaloupée et ses vêtements déchirés. Avis aux (a)mateurs.

Avec un résultat aussi catastrophique, Ed Wood n’a pas démérité de sa légende de pire directeur de film de tout Hollywood. Mais il faut cependant reconnaître que ce nanard développe un certain charme, entre kitch et rétro-science-fiction. Même le scénario, mélange improbable d’horreur, de fantastique et de soucoupes volantes, finit par nous accrocher à notre bol de pop-corn. Disons-le sincèrement, Plan 9 from Outer Space pique un peu au visionnage, mais quel plaisir de renouer, non sans une certaine tendresse, avec ce vieux film d’horreur et de science-fiction, aussi médiocre soit-il.


Les extra-terrestres de la NASA voteront #EELV aux Présidentielles

« What’s wrong with NASA ? » On peut se le demander depuis quelques temps, alors que le tapage médiatique de l’agence spatiale américaine se multiplie depuis derniers mois. Après l’affaire des bactéries à l’arsenic, des fossiles d’E.T. sur une météorite et de l’eau liquide sur Mars, voici que des scientifiques de la NASA se mettent à discourir de la fibre écologiste d’éventuels visiteurs spatiaux. Et attention, nos extra-terrestres ne seraient désormais plus cantonnés aux rôles de méchants envahisseurs prêts à tout raser sur Terre, mais pourraient également intervenir tels de gentils activistes écolos à la sauce Greenpeace. Devant autant d’anthropocentrisme, on croit rêver.

Cette nouvelle révélation choc débute avec la diffusion, en avril dernier, d’un article de la revue Acta Astronautica sur le serveur Arxiv. Des chercheurs de la NASA et de l’Université de Pennsylvanie y discutent très largement des différents scénarios élaborés autour d’une rencontre du troisième type. Parmi les hypothèses classiques de ce genre d’exercice (admission de la Terre dans une fédération spatiale à la Star Trek, incompréhension à la Phantom from Space, désastre social à la District 9 ou guerre totale à la Independance Day…), les chercheurs avancent un scénario pour le moins surprenant : et si des extra-terrestres, observant en ce moment les changements climatiques terrestres et notamment la quantité de gaz à effet de serre émis par l’activité humaine, concluaient que nous avons perdu le contrôle de notre biosphère et se faisaient un devoir d’intervenir au nom de la préservation des écosystèmes de la galaxie ?

Nos chercheurs ne se démontent pas, et imaginent trois scénarios possibles pour ces aliens écolos : dans le premier, une prise de contact bénéfique et salutaire vient sauver la Terre. Eva Joly deviendrait certainement une candidate sérieuse à la Présidence Mondiale, même si nos chercheurs américains ne connaissent probablement pas notre politique franco-norvégienne. Je suis sûr qu’Eric de Mulhouse me rétorquerait qu’elle y serait plus efficace que DSK ou Laguarde au FMI. Qui sait ? Je laisse cette réflexion aux blogueurs politiques. Le second scénario se limite à une incompréhension diplomatique des deux côtés. C’est l’impasse, la faute aux Républicains élus de nouveau la Maison Blanche, certainement. Dommage, autour d’une bière chez Homer, on aurait pu mettre tout le monde d’accord. Le troisième scénario envisage une intervention radicale des activistes aliens : suspension des gouvernances humaines, contrôle radical de nos sociétés et de notre démographie, voire éradication de notre espèce. C’est l’Apocalypse. Nous sommes victimes du principe de précaution galactique : nos visiteurs préfèrent nous détruire avant que nous ne dégradions d’autres écosystèmes planétaires…

Visiblement, nos chercheurs ont vu et revu en boucle les deux versions cinématographique du « Jour où la Terre s’arrêta », un grand classique de la science-fiction. Dans ces deux adaptations de la nouvelle d’Harry Bates « Farewell to the Master », un extra-terrestre aux traits bien humains tente de nous prévenir des risques que fait peser notre folle civilisation sur notre fragile planète bleue. Peine perdue dans la première version (1951), bien que dans la seconde version (2008), l’alien Klaatu (Keanu Reeves) est prêt à passer à l’action si la persuasion échoue. Force de persuasion américaine oblige. On regrettera que ces aliens interventionnistes ne soient pas plus philanthropes. Mais l’espèce humaine étant dotée d’un inépuisable potentiel de violence et d’auto-destruction, on ne peut pas totalement en vouloir à nos chers scientifiques d’êtres pessimistes à deux contre un.

Reste le problème de l’intérêt scientifique d’un tel papier. L’été semble, certes, propice aux déclarations fracassantes sur les aliens. Stephen Hawking avait déjà ouvert le bal l’année dernière en s’alarmant des risques liés à l’envoi de signaux dans l’espace interstellaire. Pour le célèbre physicien, le Paradoxe de Fermi ne peut s’expliquer que par un prudent silence des civilisations extra-terrestres. Pour survivre à d’éventuelles civilisations prédatrices, mieux vaut vivre protégés des oreilles indiscrètes. Difficile, donc, de blâmer après coup les scientifiques de la NASA de poursuivre les réflexions de l’éminent Pr. Hawking !

Cependant, si des civilisations aliens sont parvenues à un niveau technologique rendant accessible le voyage interstellaire, quel regard porteraient-elles sur notre planète Terre ? Impossible de le prédire sans imprégner la réflexion d’un anthropocentrisme malvenu. Si ces réflexions scientifiques incluent désormais le besoin vital de protéger notre biosphère, nos visiteurs aliens pourraient tout aussi bien espérer un réchauffement climatique digne des pires cauchemars de Spinrad pour se développer sur notre monde, ou bien se moquer éperdument du bilan carbone de notre Terre. Qui sait si, pour accéder aux voyages interstellaires, ces derniers n’ont pas totalement épuisé les ressources de leur monde natal, voire leur système solaire d’origine ? D’ailleurs, l’écologie est-elle une notion universelle ou seulement humaine ? Et enfin, la démarche scientifique de nos visiteurs de l’espace ne leur dicterait-elle pas d’observer discrètement cette curieuse planète habitée tout en évitant le moindre interventionnisme perturbateur ? Quitte à décevoir les Ummites, je parierais plutôt sur un imperturbable silence de nos éventuels visiteurs extra-terrestres ! Aux Présidentielles, E.T. s’abstiendra certainement.


Kenya – tome 5 : illusions – Rodolphe et Léo

Le dénouement de la saga est proche. Alors que les apparitions de créatures préhistoriques se poursuivent, Miss Austin et ses compagnons reconstituent les dernières pièces du puzzle. Les sarcophages conservant ces fossiles vivants ont bien été déposés par une race extra-terrestre, voici des millions d’années. Mais pourquoi reviennent-ils aujourd’hui les reprendre ?

Pour Miss Austin, la priorité reste de rapporter le plus vite possible des preuves tangibles de ce scénario de science-fiction. Cependant, les extra-terrestres ne l’entendent pas de cette oreille et s’évertuent à détruire la moindre trace de leurs activités. Dans cette course-poursuite finale, les humains vont-ils se faire doublés par ces visiteurs de l’espace ?

Ce cinquième et dernier tome de la saga Kenya achève avec talent cette série. Dans une maîtrise quasi-parfaite du page turner, Rodolphe et Léo placent les derniers pions de leur scénario et nous révèlent les dernières zones d’ombre. Je reviens enchanté de ma lecture. Même si le thème n’est pas d’une originalité totale, le mélange de références à la littérature d’aventure et fantastique permet d’obtenir une bande-dessinée forte, haletante et prenante. Mieux encore, c’est avec plaisir que l’on replonge dans ces planches. Tous les ingrédients d’une bonne série sont donc réunis, non ?


Kenya – tome 4 : intervention – Rodolphe et Léo

Les soviétiques ont eu eux aussi leur lot d’apparitions paranormales ! Une astronef s’est écrasée en Sibérie, et l’équipe d’exploration a identifié dans ses décombres une carte holographique du Kenya. Le Soviet Suprême a dépêché un groupe d’agents spéciaux sur place – ceux-là même qui ont capturé Miss Austin et John Remington. Au cœur du lac Victoria, les soviétiques espèrent découvrir la clé du mystère. Aidés contre sa volonté par notre agent britannique, ils découvrent sous les eaux un véritable cimetière de cubes extra-terrestres. Comme attendu, ces curieux containers contiennent des créatures préhistoriques conservées en plein sommeil !

Mais ce trésor inestimable attire les convoitises comme l’action de curieux visiteurs, et les alliances se créent comme elles se défont. Miss Austin et John Remington sont contraints de faire équipe avec les soviétiques s’ils veulent avoir une chance de s’en sortir vivants. Une situation d’autant plus stressante qu’un brontosaure vient de se réveiller et sème la panique dans la savane…

Un quatrième tome bourré d’action, qui tient ses promesses tout en maîtrisant la technique du page turner. Difficile de ne pas se ruer sur le dernier tome de cette saga !


Kenya – tome 3 : aberrations – Rodolphe et Léo

L’existence de créatures préhistoriques au Kenya semble avoir connu des fuites, car des agents russes rentrent désormais en scène ! Mais pour Miss Austin, plus que jamais, hors de question d’abandonner cette affaire. Les apparitions de monstres préhistoriques se multiplient alors que le gouvernement américain fait dans le plus grand secret état d’une alarmante recrudescence de passages d’ovnis sur son territoire.

Pendant ce temps, dans le palais extravagant du Comte Valentino di Broglie, Judith et Remington ont trouvé refuge pour la nuit. Durant cette soirée orageuse, un sarcophage découvert dans les caves de la demeure va s’ouvrir pour révéler une créature encore plus cauchemardesque… Mais le pire reste encore à venir, car un visiteur irréel vient de franchir le seuil du palais !

Un troisième tome riche en émotions, où les créatures lovecraftiennes s’invitent dans ce Kenya mystérieux ! Plusieurs éléments s’entre-croisent à ce niveau de l’intrigue : l’arrivée sur place d’agents soviétiques, l’enquête de Miss Austin et les apparitions de monstres toujours plus impressionnants. Ajoutez à cela deux personnages aux caractères chargés à bloc : le détestable John Remington et le lubrique Comte Valentino di Broglie.

La bonne vieille ficelle du jeu d’espions de la guerre froide marche toujours. Ajoutez à cela une bonne dose de paranormal et vous aurez un mélange vendeur. Pourtant, même si le scénario semble ainsi tâtonner dans différentes directions, la dernière planche de cet album sait incontestablement faire l’unanimité en scotchant le lecteur. Rodolphe et Léo ont eu un peu plus de peine à créer un troisième album cohérent, mais cette fin laisse présager que les deux compères tiennent le script bien en main. Inutile de rester plus longtemps en haleine, je me saisis sur-le-champ du tome suivant.


Kenya – tome 2 : rencontres – Rodolphe et Léo

Que s’est-il passé lors du safari de l’écrivain John Remington, mystérieusement disparus lui et ses coéquipiers ? Dans ce second tome de la saga Kenya, Miss Kathy Austin, agent spécial de la couronne britannique, en apprend plus sur les dernières heures de l’écrivain sulfureux. Le récit du seul survivant, le jeune guide indigène Tom, est pour le moins troublant. Un pachyderme plus grand qu’une girafe, un monstre simiesque s’en prenant la nuit tombée aux membres du safari… De quoi faire frissonner les plus endurcis explorateurs.

Mais Miss Austin n’est pas au bout de ses surprises. Aux abords du campement de Remington et de ses amis, elle ne retrouve sur le sol que des traces carbonisées. Soudain, dans la savane autour d’eux, ils croisent un mammouth paissant en compagnie d’éléphants ! De plus en plus troublés par ces rencontres étonnantes, les compagnons de Miss Austin commencent à accorder du crédit aux rumeurs indigènes. La tension est à son comble lorsque deux survivants du safari font leur apparition sous une pluie torrentielle : Judith et John Remington !

Dans ce second tome, le suspens gagne en intensité alors que se multiplient les apparitions de créatures préhistoriques. Les preuves s’accumulent, mais  le mystère demeure. Qui sont ces agents invisibles s’évertuant à les détruire sous un déluge de flammes ? Existe-t-il un lien entre ces lueurs bleutées dans le ciel et l’apparition de ces animaux d’un autre temps ? Les pièces du puzzle s’emboîtent un peu trop vite dans ce scénario à l’issue relativement devinable, mais l’intrigue est suffisamment bien ficelée pour donner envie de se ruer sur le tome suivant !