Pour débuter ce week-end, voici quelques illustrations space opera tirées d’une galerie du site io9.com . Les crédits d’artistes sont mentionnés sous chaque illustration :
« Dreamscape IV, » par jamajurabaev, via Deviantart
Film américain (SF/ épouvante) de Ridley Scott. Avec : Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron. Scénario de Damon Lindelof, Jon Spaihts et Ridley Scott.
Synopsis : Des scientifiques cherchent à dépasser leurs limites mentales et physiques et tentent d’explorer ce qu’il y a au-delà du possible. Ils vont être amenés à découvrir un monde qu’ils n’auraient jamais imaginé. Un monde où leur seront apportées des réponses aux questions les plus profondes. Un monde où le mystère ultime de l’existence peut enfin être percé.
Ils sont déjà parmi nous ! Mais qui donc ? Les Extra-terrestres, les Visiteurs, les Ummites, voyons ! Mais où ? Sur Terre ? Non mes amis, en orbite autour de Mercure. Et comment le sait-on ? Grâce à la NASA. Car l’agence spatiale américaine les a vus, un jour de routine, alors que les sondes Stéréo perdaient encore leur temps à observer une éjection de masse coronale du Soleil. Comment les a-t-on vu ? Facile, le jet de plasma en provenance du Soleil a grillé leur bouclier protecteur, et hop ! Leur cape d’invisibilité s’est envolée dans le souffle de particules.
Et dire que nous allions rater ce Rendez-vous avec Rama. Heureusement le web veille, lui. Le web ne dort pas, épluche inlassablement les images que nos sondes Stéréo renvoient à la Terre. Le web n’en rate pas une miette ! Et figurez-vous que l’arche interstellaire a déjà un nom. Le W.W.W.Artéfact. Manque de pot, un décalage dans la prise d’image fait apparaître Mercure, sur la gauche, et son spectre optique, sur la droite, lors du passage du panache de l’éruption solaire. C’est donc raté pour les Visiteurs du cosmos. Encore un sale coup de l’homme au chapeau, j’en mettrais ma main à couper. Mais la traque continue. Car comme le disait Fox Mulder, la vérité est ailleurs. Ou plus précisément dans le traitement d’image.
Vue d'artiste d'un monde océan. Credit: NASA/Ames/JPL-Caltech
Depuis sa mise en orbite en mars 2009, la sonde Kepler scrute inlassablement le cosmos à la recherche d’exo-planètes. Sa très fructueuse moisson, présentée sur ce blog l’année dernière, laisse rêveur plus d’un passionné d’astronomie. Les responsables de la mission Kepler n’ont pas chômé depuis lors, et ont récemment annoncé la détection de 1094 nouvelles exo-planètes candidates depuis février dernier, portant le total à 2326 mondes lointains potentiels. Quarante-huit planètes orbiteraient dans une zone habitable par rapport à leur étoile, et 10 d’entre-elles seulement auraient une taille comparable à celle de la Terre. Il ne reste plus aux astronomes qu’à valider toutes ces observations.
Dernière exo-planète vedette confirmée par les responsables de la mission Kepler, la planète Kepler-22B possède de nombreux arguments favorables à son habitabilité. Située à 600 années-lumière, Kepler-22B a une révolution de 290 jours autour de son étoile de type G. Orbitant dans la fameuse zone habitable de son soleil, elle aurait une température moyenne à sa surface de l’ordre de 21°C. Découverte lors de son transit solaire, elle possède un rayon de 2,4 RT. Sa composition n’est pas encore connue, ni même sa masse, mais l’astronome William Borucki, principal responsable de la mission Kepler pour la NASA, estime que nous avons très certainement affaire à un monde rocheux, possédant de grandes quantités de glace compressée à sa surface, et peut-être même un océan global.
Pour le moment, nous manquons encore de données complémentaires afin de mieux appréhender cette mystérieuse planète Kepler-22B. Par exemple, nous ignorons sa masse, or cette information est essentielle afin de connaître sa gravité de surface (calculée par la formule newtonienne g = 6,67.10-11.m/r²). De même, la présence de glace ou d’un océan à sa surface reste encore pure spéculation. Tout juste peut-on extrapoler à partir de l’exoplanète Gliese 1214 b (une super-Terre d’un diamètre de 2,7 RT) et de Neptune (plus petite planète gazeuse de notre système solaire avec son diamètre de 3,8 RT) que cette nouvelle exoplanète est très certainement tellurique et non gazeuse. Et l’on se prend à rêver d’un monde océanique, peut-être une Solaris mystérieuse qui n’attend plus qu’un Stanislas Lem pour nous conter son histoire
Note : RT = rayon de la Terre
Sources : Schilling, G. (5 décembre 2011). Potentially Habitable Planet Is Christmas Present for Kepler Astronomers. ScienceNow.
Selon le site Actualitté, l’écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke avait prédit que les soviétiques seraient les premiers à atteindre la Lune. Sa déclaration, enregistrée lors d’un épisode de 1963 de l’émission télévisée « The Sky at night » diffusée par la BBC, précisait que l’URSS atteindrait le sol lunaire en 1968, probablement pour célébrer les 50 ans de la Révolution d’Octobre (24-25 octobre 1917). Le site internet du Guardian nous précise que l’entretien, mené par l’animateur Patrick Moore, était considéré comme perdu par la célèbre chaîne de télévision anglaise, avant qu’une copie ne refasse surface dans une station d’archivage africaine.
Les collectionneurs excentriques qui ont déniché ces pépites pensaient tomber sur des épisodes perdus du Doctor Who, mais se contentent finalement très bien de ces très rares enregistrements de l’émission scientifique « The Sky at night ». Ce programme, né en 1957, doit beaucoup à la personnalité de Sir Patrick Moore, écrivain, musicien et astronome amateur. Malgré l’âge, Moore n’entend toujours pas abandonner son rendez-vous télévisuel et projette même de célébrer l’année prochaine les 55 ans de l’émission.
Moore et Clarke étaient de proches amis, tous deux membres de la British Interplanetary Society, et l’idée de cet entretien spécial d’anticipation spatiale, durant lequel Moore présenta Clarke comme un « penseur pionnier de la recherche spatiale », ne tarda pas à germer dans leur esprit. Moore disposait de son propre réseau de relations scientifiques soviétiques, qui lui transmettaient quelques fuites concernant l’ultra-secret programme spatial russe. Deux ans après le vol triomphal de Youri Gagarine, en 1961, l’URSS avait d’ailleurs une réelle longueur d’avance dans la conquête spatiale. Les américains couraient derrière le leader russe avec le programme Mercury : Shepard et Grissom n’avaient effectué la même année que des vols suborbitaux, et il fallut attendre 1962 et le vol de John Glenn (Mercury 6) pour qu’enfin un américain effectue un vol orbital digne de ce nom. Pendant ce temps, les soviétiques enchaînaient les succès avec leur capsule Vostok. Après les vols solitaires de Gagarine et Titov, le vol conjugué de Nikolayev et Popovich, Bykovsky, et enfin la première femme dans l’espace Valentina Terechkova, les russes préparaient pour 1964 le premier vol à équipage multiple à bord de la capsule Voskhod 1. Les américains, quant à eux, devaient attendre 1965 et le premier vol habité de la capsule Gémini 3 (Grissom et Young) pour s’aligner à nouveau sur leurs concurrents.
Dans ces conditions, la prédiction de Clarke de 1963 dans l’émission « The Sky at night » n’a rien de saugrenue. Les russes travaillaient d’ailleurs depuis 1959-1960 sur le projet de fusée N-1 : un monstre de 5 étages, culminant à 110 mètres de hauteur sur son pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, pour un diamètre de 17 mètres de large à sa base et une masse au décollage de 2735 tonnes. Ce titan surclasserait de peu le lanceur américain Saturn V (4620 tonnes de poussée au décollage, contre 3440 tonnes pour Saturn V, avec des dimensions et une masse au décollage similaires) si sa charge utile embarquée n’était pas moins importante que celle de sa rivale. La fusée N-1 connut cependant quatre cuisants échecs de lancements non-habités, de 1969 à 1972, tous dus à une défaillance du 1er étage. La course vers la Lune définitivement perdue suite à l’écrasant succès du programme américain Apollo, le projet N-1 et ses successeurs furent progressivement abandonnés durant les années 70.
Deux lanceurs N1 sur leurs pas de tir au cosmodrome de Baïkonour le 3 juillet 1969. Crédits : archives de la Fédération de Russie.
Le programme N-1, aussi pharaonique que douloureusement honteux, restera un secret d’état pendant des années, jusqu’à ce que son existence ne soit révélée durant la glasnost (à partir de 1985) par les grands quotidiens d’information russes. Le fait que Moore et Clarke discutent très sérieusement, en 1963, d’un possible alunissage soviétique en 1968 montre donc la qualité de l’information scientifique dont disposaient les deux gentlemens. Loin d’être ridicule à l’époque, cet entretien télévisuel ne fut bien entendu contredit que six ans plus tard par le mythique premier pas lunaire de Neil Armstrong, le 21 juillet 1969.
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