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L’avenir de la science-fiction est dans sa diversité de langues

Cette année, les événements en faveur de la promotion de la littérature de l’imaginaire francophone se multiplient. Une bonne nouvelle pour les auteurs, éditeurs et lecteurs qui célébreront à l’occasion de ces rendez-vous festifs leur passion commune pour la science-fiction, le fantastique et la fantasy. Mais également l’opportunité de rappeler le riche vivier d’auteurs que constitue notre francophonie de l’imaginaire. Traditionnellement, la science-fiction francophone se retrouve mis en opposition face à son confrère anglophone, considéré comme un Goliath menaçant notre David national. Mais est-ce vraiment le cas ? Car si parler d’écrasement culturel anglophone au détriment des auteurs francophones serait pour le moins exagéré, les deux géants se partagent en vérité la quasi-exclusivité du monopole éditorial, au détriment des autres locuteurs et auteurs mondiaux qui se retrouvent pour leur part presque totalement occultés. En définitive, le problème ne se résume pas en terme d’ « exception culturelle » de la SF française mais provient de la quasi indifférence dans laquelle reste plongé le reste de la SF mondiale aux yeux des lecteurs.

 

Illustration : (c) Nidal el-Khairy.

Illustration : (c) Nidal el-Khairy.

 

Le monde est vaste, et nous n’en sommes qu’un bien bruyant nombril. Aussi brillante soit notre littérature, le français n’occupe que la 14ème place dans le classement mondial des langues les plus parlées au monde. Quant à l’anglais, il ne se hisse qu’à la troisième place. Pourtant, ni les auteurs hispanophones (2ème langue mondiale), ni les auteurs mandarins (1ère langue mondiale), lusophones (6ème rang mondial) ou arabophones (4ème rang mondial) ne sont mis à l’avant dans les rayons des libraires spécialisés. Un paradoxe assez intriguant que l’on retrouve de manière encore plus flagrante dans la répartition géographique des langues représentées : en dehors des résidents d’Europe et d’Amérique du Nord, peu d’auteurs ne parviennent à intéresser les éditeurs potentiels, et la grande majorité du planisphère demeure « Terra Incognita » pour la littérature de l’imaginaire.

La situation est d’autant plus regrettable qu’un genre littéraire comme la science-fiction joue le rôle d’outil d’exploration du présent et de spéculation de l’avenir. Or où se construit le monde de demain ? Aussi bien à Ferguson qu’à Gaza, Baghdad, Bangui, Tripoli, Madrid, Athènes ou Paris. Il apparaît donc regrettable, pour ne pas dire cynique, de constater que les rares auteurs ni francophones, ni anglophones à avoir bénéficié d’une traduction française restent de bien maigres exceptions dans le catalogue des éditeurs de la métropole. Bien entendu, il faudrait féliciter les initiatives ayant permis (par exemple) la promotion de la science-fiction hispanophone ou de langue slave, mais ces parutions ne sont que de trop anecdotiques événements dans l’actualité littéraire. A l’inverse de la littérature générale dont les traductions étrangères sont aussi diverses que florissantes, la littérature de l’imaginaire manque d’ouverture sur le monde. Et ainsi d’avenir.

Car si je ne crois pas en l’épouvantail de l’affreuse culture anglophone venant étouffer les auteurs francophones jusque dans leurs lits, je constate que beaucoup se trompent de combat. La science-fiction perd en ventes, nous annonce-t-on, mais refermer son univers éditorial autour des seuls auteurs francophones ne la valorisera pas mieux pour autant auprès de nos concitoyens. Le « made in France » n’est pas la solution miracle : la science-fiction a pour vocation de décortiquer le monde, et de spéculer sur sa destinée. Il faut donc ouvrir l’édition française à ce vaste monde, et encourager la traduction d’auteurs de langues et de continents habituellement ignorés. Un nouvel « âge d’or » de la SF est possible. Il suffit juste d’aller le chercher là où le monde respire, là où l’histoire s’écrit. En définitive, prendre le temps de lire ce que ces auteurs ont à nous raconter de l’humanité, à l’heure où elle vacille entre lumière ou obscurité.


Enseigner le créationnisme en tant que science banni des écoles britanniques

Les bonnes nouvelles sont rares en matière d’enseignement de l’évolution, aussi je ne manquerai pas de me réjouir de l’annonce nous étant parvenue en cette fin de semaine. Nos voisins britanniques ont en effet décidé de bannir l’enseignement du créationnisme en tant que théorie scientifique de leurs écoles gratuites comme académiques. Cette excellente initiative devrait, espérons-le, limiter la pression des militants de l’intelligent design sur l’enseignement des sciences en Grande-Bretagne.

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Il faut tout d’abord rappeler en quoi consistent ces « Free schools » : en 2010, le parti conservateur a autorisé la création d’écoles publiques gérées par le privé, avec pour objectif de faciliter l’accès à l’éducation dans les zones les plus défavorisées en fournissant des places de classe supplémentaires et gratuites pour les parents. L’attention est louable, mais cette libéralisation de l’enseignement posait deux problèmes. Premièrement, les écoles sont indépendantes des autorités locales, ce qui évite le droit de veto de ces dernières à leur création, mais autorise le dépôt de dossier de « Free school » par n’importe quelle association, mouvement, organisme ou collectif. Deuxièmement, ces écoles peuvent être gérées par des groupes religieux ou militants prônant une doctrine opposée au contenu pédagogique nécessaire pour l’admission des élèves dans les établissements supérieurs. Le nombre de projets de « Free schools » étant passé en l’espace de trois ans de 24 à plus de 300 établissements, il était donc nécessaire de clarifier certaines zones d’ombres avant que ne viennent s’y engouffrer des partisans anti-sciences.

En conséquence, le gouvernement britannique vient d’ajouter de nouvelles clauses d’agrément pour la validation de ces « Free schools » incluant notamment le très clair rejet de l’enseignement du créationnisme dans les classes de sciences. Le système éducatif de nos voisins anglais se retrouve donc entièrement protégé de toute dérive de ce genre. Une bonne chose pour la patrie de Charles Darwin ! Et cerise sur le gâteau, le document officiel confirme non seulement la séparation de la religion et de la science dans ce débat, mais pose également une définition du créationnisme comme courant religieux minoritaire, pour ne pas dire intégriste :

 

[A]ny doctrine or theory which holds that natural biological processes cannot account for the history, diversity, and complexity of life on earth and therefore rejects the scientific theory of evolution. The parties acknowledge that creationism, in this sense, is rejected by most mainstream churches and religious traditions, including the major providers of state funded schools such as the [Anglican] [Catholic] Churches, as well as the scientific community. It does not accord with the scientific consensus or the very large body of established scientific evidence; nor does it accurately and consistently employ the scientific method, and as such it should not be presented to pupils at the Academy as a scientific theory.

 

Une belle initiative dont devraient s’inspirer les Etats-Unis…


Des climatosceptiques déboutés par un tribunal américain

Souvenez-vous, en 2009, un piratage informatique avait dérobé un millier de mails échangés pendant dix ans entre climatologues britanniques et américains, dont ceux du chercheur Michael Mann. Cette attaque informatique du web universitaire était orchestré par des climatosceptiques persuadés de découvrir dans ces échanges professionnels la preuve du bidonnage du réchauffement climatique. L’affaire avait fait grand bruit peu avant la conférence sur le climat de Copenhague, notamment en raison des fameuses « preuves » débusquées par les pirates informatiques. Cette polémique n’en finit pas de faire des remous et se poursuit devant les tribunaux, puisque des climatosceptiques réclament encore l’accès aux courriels professionnels du climatologue Michael Mann.

Michael Mann

Le fameux climategate n’était qu’un pétard mouillé, montrant qu’à défaut d’arguments scientifiques, les climatosceptiques étaient prêts à miser sur l’illégalité et l’intimidation. Dans la poignée de mails censés révéler la « supercherie » , ces pirates n’avaient trouvé que le mot « astuce » pour appuyer leurs propos. Attaque bien dérisoire, et qui montrait leur ignorance du traitement de données brutes en sciences : trouver des astuces pour affiner des données ou en tirer des modèles interprétables renvoie à un niveau si basique de statistiques et de modélisation qu’il faut au contraire se demander si les pirates accusateurs avaient déjà suivi le moindre cours de sciences. Peut-être auraient-ils mieux fait de pirater un site d’ebooks scientifiques afin se cultiver un tant soit peu !

Outre la faiblesse de leur réquisitoire, cette pression exercée sur la correspondance professionnelle d’universitaires remettait en cause la liberté d’expression et de recherche. Du côté des climatosceptiques, on préfère parler de liberté d’information et de respect du domaine public. On appréciera la nuance. Toujours est-il que bien après le climategate, Michael Mann est resté la cible des climatosceptiques. L’ATI, un groupe qui nie la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, veut obtenir les courriels du climatologue, affirmant que des preuves d’un complot climatique y sont dissimulées. Mann est une sommité dans le domaine climatique, notamment en raison de ses recherches associées à la fin des années 90 à la courbe en « bâton de hockey » qui avançait une hausse des températures moyennes sur le dernier siècle. Ce graphique, n’ayant cessé d’être confirmé au fil des modèles et études ultérieurs (voir la figure ci-dessous), focalise toujours dans sa première version l’attention des climatosceptiques, qui y voient pour leur part un levier capable de renverser la climatologie. En 2012, Michael Mann avait d’ailleurs résumé cette affaire dans un ouvrage de vulgarisation, The Hockey Stick and the Climate Wars.

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Dernière affaire en date, l’ATI vient d’être déboutée pour la deuxième fois par un tribunal américain. Leur demande d’accès aux mails du Pr. Mann a été rejetée par la cour supérieure de l’Etat de Virginie, qui dans un jugement rendu le 17 avril dernier, conclut que les courriels échangés par le climatologue sont des propriétés privées parce qu’en lien avec des recherches académiques. Ces mails ne relèvent donc pas de la loi de la Virginie sur l’accès à l’information, comme dans le cas des organismes gouvernementaux dépendant de l’Etat. Une excellente nouvelle pour la communauté scientifique en général, qui voit confirmé le respect de la vie professionnelle des chercheurs et leur protection face aux groupes de pression anti-sciences. Quant aux accusateurs, peut-être faudrait-il se pencher sur leurs véritables motivations. La diffusion de thèses climatosceptiques n’est pas si anodine, et ses principales organisations ne sont pas de simples groupes de citoyens en quête de vérité scientifique. En effet, la sphère climatosceptique est financée par des firmes industrielles comme Exxon et des fondations conservatrices, puis relayée dans les médias par des groupes libéraux ou ultra-conservateurs. Selon une étude du sociologue américain Robert Brulle, ce sont en moyenne plus de 900 millions de dollars (environ 650 millions d’euros) par an qui ont été injectés entre 2003 et 2010 dans cette nébuleuse. Cette machine de guerre engagée dans un combat contre la science climatique forme un lobby anti-climat assez puissant outre-Atlantique, dont le véritable objectif semble bien éloigné de l’innocent contre-argumentaire scientifique. Au point de se demander si le militant climatosceptique ordinaire n’est pas dans le fond lui-même manipulé par ces grandes firmes et fondations conservatrices…


Crise en Ukraine : les astronautes américains privés de vols ?

ISSAvec le retrait des navettes spatiales américaines, les astronautes américains sont devenus dépendants des vaisseaux russes Soyouz pour rallier la station spatiale internationale (ISS). Cette situation, qui se veut provisoire le temps qu’un nouveau duo lanceur et capsule habitée soient disponibles, pourrait bien devenir un point de tension diplomatique important dans le contexte actuel de crise en Ukraine.

En effet, suite aux actuels événements en Europe de l’Est et aux sanctions économiques voulues par les Etats-Unis à l’encontre de la Russie, la NASA a du rompre toute collaboration avec l’aérospatiale russe, et ce pour une durée encore indéterminée. Cette décision brutale, orchestrée par le gouvernement américain, intervient alors que Charles Bolden, le directeur de la NASA, avait réitéré le 27 mars dernier sa confiance devant le Congrès dans le partenariat spatial avec la Russie. Le plus grand enjeu de ce partenariat repose bien entendu sur l’envoi d’astronautes vers l’ISS, que l’agence spatiale russe Roscosmos facture 70,7 millions de dollars par astronaute.

Mais en quelques semaines, un climat particulièrement froid a pour ainsi dire gelé les relations américano-russes. La NASA a déclaré récemment que la priorité actuelle du gouvernement Obama était bien de mettre fin à sa dépendance envers la Russie, et en a également profité pour rappeler au Congrès que sans ces coupes budgétaires régulièrement votées, l’agence spatiale américaine aurait pu prendre la relève bien avant l’horizon 2017. Une pique ironique qui restera peut-être en travers de la gorge des politiciens du Congrès, en somme accusés d’avoir favorisé la dépendance des américains vis à vis de Roscosmos.

Côté Russie, le ton s’est également durci ces derniers jours, le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine ayant ainsi déclaré que « les Etats-Unis « exposent » leurs astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) en adoptant des sanctions contre Moscou qui peuvent toucher le secteur spatial russe  » , et d’inviter les américains à utiliser un trampoline pour rallier par leurs propres moyens l’ISS. La plaisanterie ironique souligne qu’après des décennies de collaboration spatiale, la crise en Ukraine pourrait bien geler durablement les collaborations spatiales entre les deux nations, dans un climat qui n’est pas sans rappeler celui de la course à l’espace durant la guerre froide.

Cependant, les Etats-Unis disposent d’un atout secret : la navette X-37B. Développée par l’armée, cette navette spatiale, quatre fois plus petite que celles du célèbre programme de la NASA, a déjà volé par deux reprises en 2010 et 2012, effectuant des séjours longs inhabités de 7 mois. Parfaitement fonctionnelle, elle pourrait prendre à son bord des astronautes. De quoi alimenter toutes sortes de rumeurs sur le web au cas où la Russie viendrait à interdire l’accès des vaisseaux Soyouz aux deux astronautes Richard A. Mastracchio et Steven R. Swanson actuellement membres d’équipage de l’ISS. Cependant, la navette X-37B ne serait pas – d’après les rares clichés disponibles – équipée de sas permettant son arrimage à la station spatiale internationale. L’existence d’un tel équipement tenu secret par l’armée n’est pas à exclure. De plus, son habitacle est trop petit pour deux astronautes en combinaison spatiale. Il faudrait donc les ramener un à un lors de missions de récupération particulièrement tendues.

Imaginez la situation à bord de l’ISS si le climat géopolitique devait dégénérer à ce point : les cosmonautes russes s’opposeraient-ils à leurs homologues américains sur ordre de leur gouvernement ? Leur interdiraient-ils l’accès aux compartiments d’origine russe, segmentant alors la station internationale ? Ce scénario plutôt cauchemardesque revient à vivre en direct l’explosion de la concorde des hommes et des femmes issus de toutes les nations du monde et réunis autour du noble objectif d’exploration spatiale. Hélas, même ce pire scénario reste envisageable, au vu des tensions toujours croissantes que connaît actuellement la communauté internationale autour du déchirement de l’Ukraine…


[Star Wars] LucasFilm met au placard l’Univers Étendu ?

star wars a new dawnLa vidéo de ce week-end pluvieux est plutôt orageuse, puisqu’elle suit l’annonce surprenante de LucasFilm concernant la refonte du « canon » de Star Wars. Contre toute attente, le site StarWars.com a publié vendredi un communiqué officiel et une vidéo hommage à l’Univers Étendu, qui sonnent pour les fans du monde entier comme un hommage posthume aux aventures extra-cinématographiques des compagnons de Luke Skywalker.

En effet, LucasFilm a officiellement recentré l’univers officiel autour des trois trilogies et de la série TV The Clone Wars, et ceci dans le but de « laisser une liberté de création maximale aux cinéastes et de préserver un élément de surprise et de découverte pour le public  » . En d’autres termes, tous les projets dont la propriété intellectuelle découle directement de George Lucas et non ceux validés par LucasArts seront désormais considérés comme tenants du « canon ». A cet univers officiel viendront s’ajouter tout futur élément, quel que soit le média concerné, une fois directement validé par le « Story Group » de LucasFilm. Ce nouveau bureau prend donc la relève de la défunte LucasArts : à la suite du rachat de Lucasfilm par The Walt Disney Company en octobre 2012, la société mère avait en effet fermé cette filiale de développement de l’univers Star Wars en avril 2013. Le doute planait quant à l’avenir de cet Univers Étendu dans la sphère Disney. Nous avons désormais confirmation que ce « Story Group » en prendra dans un premier temps la suite puisqu’il sera chargé de « planifier les futures histoires de Star Wars qui seront diffusées au cinéma, à la télévision et sur les autres supports, afin que tous les projets bénéficient d’une collaboration en temps réel et soient raccordés entre eux  » .

Si l’Univers Étendu n’est donc plus considéré comme faisant partie du « canon », il n’est pas pour autant purgé comme hérésie. En effet, les romans publiés dans cet esprit restent encore édités sous un nouveau label créé pour l’occasion : Legends. De plus, LucasFilm assure que les auteurs auront totale liberté pour venir y puiser des « ressources » créatives en vue des prochains productions estampillées Star Wars. Bref, si l’annonce est brutale, l’avenir ne semble pas totalement sombre, ou du moins persiste une lueur d’espoir. En effet, plusieurs arguments plaident pour une mise au placard temporaire de l’Univers Étendu, le temps de sa refonte partielle et de sa réintégration dans le « canon » réformé :

D’abord, les auteurs et fans actuels sont trop immergés dans l’Univers Étendu pour faire machine arrière. Les projets actuellement menés s’en inspirent déjà suffisamment pour considérer cette mesure comme une harmonisation de l’univers Star Wars et non comme une censure expéditive. En effet, l’Univers Étendu apparaît trop souvent comme un canon de « second ordre » face aux œuvres cinématographiques. Kathleen Kennedy, la présidente de Lucasfilm, souhaite en finir avec cette hiérarchisation et faire table rase de cette dualité passée. Aussi ne nous alarmons pas tout de suite, l’avantage majeur de cette nouvelle politique intellectuelle devrait reposer sur une canonisation globale de l’univers une fois réformé. Seul inconvénient, la refonte de l’Univers Étendu ne se fera pas sans casse, et une différence de background apparaîtra tout de même entre les nouveaux romans et ceux du label Legends. Pour en savoir plus, il faudra donc attendre les prochaines oeuvres à venir, que ce soit la sortie de l’Episode VII ou la parution en septembre prochain du roman A New Dawn, premier ouvrage étiqueté sous ce nouveau « canon ». Keep calm, wait & see…

Ensuite, ne perdons pas de vue que l’Univers Étendu comprend également des histoires chronologiquement séparées des trois trilogies, comme The Old Republic. Je ne pense pas que EA/BioWare abandonne son MMORPG Star Wars The Old Republic du jour au lendemain parce que Disney restructure l’Univers de George Lucas. Rassurons-nous également sur ce point, des projets aussi populaires que ceux-là ne devraient pas être torpillés aussi brutalement. Tout au plus changeront-ils de trademarks pour refléter la nouvelle donne, mais des Univers Étendus si juteux sur le plan économique (même The Old Republic a le droit à ses briques Lego !) ne seront pas remisés aux oubliettes aussi facilement. Chez Disney, on ne tue pas la poule aux œufs d’or d’un coup de sabre laser, même lorsque le côté obscur les consume.

Enfin, d’autres licences tout aussi juteuses ont déjà connu ces refontes partielles de leur « canon », notamment Star Trek ou les comics Marvel et DC. Notons que si ces modifications sont toujours douloureuses, les fans les plus traditionalistes ayant toujours des réticences à voir leur univers préféré ainsi transformé, elles nécessitent toujours d’être jugées sur pièces. Dans le cas de Star Trek, les films de J.J. Abrams ont apporté un nouveau souffle à l’univers, mais également divisé le fandom. Cependant, l’univers perdure aussi bien sous son ancienne forme qu’avec sa version « abramisée ». En définitive, si je comprends les inquiétudes des fans de Star Wars (en étant moi-même un), je constate que l’univers jusqu’à présent intelligemment protégé et développé par LucasArts connaît sa première grande crise. La transition n’est jamais agréable à vivre, cependant cette refonte voulue par LucasFilm me semble moins radicale et plus sensée que pour beaucoup d’autres univers. Prenez par exemple les univers Warhammer Fantasy Battle et Warhammer 40,000 de la société Games Workshop, dont les « canons » sont constamment révisés – pour ne pas dire malmenés – par chaque nouvelle édition du jeu ou restructuration de la firme. Des personnages, races, royaumes et planètes entières ont disparu dans les limbes de la refonte marketing au fil des années, à tel point que même les noms d’unités ou de factions sont désormais anglicisées par souci d’économie ! S’il nous fallait comparer la situation actuelle de Star Wars avec d’autres refontes bien plus catastrophiques, celles ayant éreinté l’univers de Warhammer devraient aider les padawans du monde entier à relativiser leur propre actualité. Aussi, malgré les craintes et questions soulevées par cette annonce officielle, je reste plutôt optimiste quant à l’avenir de l’Univers Étendu. Après tout, il est désormais bien trop intégré à l’ADN de Star Wars pour être brutalement excisé du jour au lendemain par Disney !