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[En direct] Atterrissage de la sonde Philae sur la comète Tchouri !

L’événement peut être qualifié d’historique : pour la première fois, une sonde va tenter de se poser à la surface d’une comète ! Aboutissement de la mission Rosetta, le petit robot Philae va être éjecté de la fameuse sonde actuellement placée sur une orbite favorable à la manœuvre au-dessus de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

La scène se passe à quelques 510 millions de kilomètres de la Terre. Rosetta doit larguer le robot Philae sur le site Agilkia depuis une altitude de 20 km. Aucun pilote automatique, Philae est un laboratoire robotisé de 100 kg qui devra tomber sur une zone elliptique de 900 mètres sur 600. Depuis lundi, les ingénieurs du CEOS (European Space Operations Centre) travaillent à l’envoi des instructions pour cet atterrissage historique. Après un petit retard d’allumage du robot, le voilà désormais opérationnel et ses batteries rechargées. Tout est désormais prêt pour le grand saut !

Mais au-delà de l’exploît technologique, Philae vient compléter la mission Rosetta en réalisant des expériences physico-chimiques à la surface de la comète. Son objectif majeur, l’étude des molécules d’eau et des traces organiques présentes à sa surface. selon toute vraisemblance, les comètes ont contribué à la formation des océans sur Terre voici 3-4 milliards d’années. Dans quelle mesure ont-elles également apporté les briques élémentaires indispensables à l’apparition du Vivant ? Telles sont les questions passionnantes auxquelles Philae tentera d’apporter des réponses.

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Plague Inc. : Evolved

L’épidémie actuelle du virus Ebola a eu des conséquences plutôt inattendues sur le téléchargement d’un jeu pour smartphones et tablettes. En effet, le développeur de Plague Inc. a récemment révélé dans le Daily Mail qu’à la fin octobre son jeu de stratégie avait été téléchargé par plus de 4 millions de joueurs, un chiffre record gonflé par l’arrivée massive de 923000 nouveaux utilisateurs rien que durant la semaine du 15 octobre dernier. Pour quelle raison les joueurs sur smartphone se ruent-ils sur cette application ludique ? Dans le seul but de détruire l’humanité entière à l’aide des maladies et parasites les plus abjectes jamais imaginés. Car Plague Inc. n’est autre qu’un jeu de stratégie dans lequel le joueur est récompensé à hauteur de la létalité de sa maladie soigneusement concoctée.

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Mais Plague Inc. est-il pour autant un jeu malsain ? Pas le moindre du monde. Car s’il connaît un réel succès en raison de l’actualité d’Ebola, il se présente avant tout comme un « serious game » permettant au joueur de mieux comprendre les mécanismes des pandémies et les réponses de la communauté internationale face à ces menace. Reconnu comme un outil pertinent de vulgarisation et sensibilisation médicale par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, Plague Inc. est disponible gratuitement pour Android, ainsi que sous le nom Plague Inc. : Evolved sur la plate-forme Steam dans sa version payante entièrement redéveloppée pour les joueurs PC et Mac. Ce jeu de stratégie se présente comme un simulateur de mutations biologiques et d’effets épidémiologiques, permettant de visualiser l’évolution de sa peste moderne sur un planisphère dynamique tandis que des fenêtres de contrôle se concentrent sur la transmission, les symptômes et les résistances dudit agent pathogène. Côté pestes disponibles, Plague Inc. offre un large choix de joyeusetés en tout genre : bactérie, virus, ver, champignon, parasite cervical, nanovirus, prion, armement biologique, ainsi que la grippe simiesque de la Planète des Singes ou encore l’incontournable virus zombifiant. Que vous cherchiez à déclencher une pandémie réaliste ou à imaginer un nouveau Dawn of the Dead, Plague Inc. devrait largement vous satisfaire.

Côté gameplay, ce jeu de stratégie évoque l’adaptation informatique d’un jeu de plateau. Il faut bâtir une stratégie de mutations successives payées à partir de points d’ADN collectés sur le planisphère et surtout prendre garde à ce que la recherche mondiale ne trouve pas un remède avant son extermination finale. Des options supplémentaires se présentent avec le ver neurax, qui peut contrôler son hôte et envoyer des avions contaminés vers des pays sains ; avec les mouvements de meutes de zombie dévastant les fortifications humaines ou encore avec la création de colonies de singes intelligents durant le scénario de grippe simiesque. Le jeu peut même se poursuivre avec une énorme liste de scénarios officiels ou réalisés par d’autres joueurs, soit autant de variantes rajoutées aux conditions de départ. Notez à ce sujet que certains scénarios sont particulièrement intéressants, notamment celui incluant une hausse des températures de 6°c à la surface du globe… d’autres sont plus fantaisistes, voire même franchement délirants, mais à n’en pas douter, le meilleur sera celui que vous imaginerez grâce à l’outil de création de scénarios.

Oui, j'ai vraiment baptisé un virus zombie "Antoine Daniel" ...

Oui, j’ai vraiment baptisé un virus zombie « Antoine Daniel » …

Jeu relativement rapide à boucler, ne serait-ce que pour le plaisir du déverrouillage successif des différentes pestes proposées, Plague Inc. possède grâce à son mode scénarios une durée de vie quasiment infinie. De plus, le développement actuel du mode multijoueurs laisse espérer de nouvelles façons de jouer l’avenir de la planète dans les prochaines mises à jour. Indiscutablement, Plague Inc. est un serious game à tester, ne serait-ce que pour vous convaincre de son aspect pédagogique. Sans oublier ce plaisir aussi narcissique que pervers de nommer soi-même les agents infectieux qui détruiront l’Humanité !


L’avenir de la science-fiction est dans sa diversité de langues

Cette année, les événements en faveur de la promotion de la littérature de l’imaginaire francophone se multiplient. Une bonne nouvelle pour les auteurs, éditeurs et lecteurs qui célébreront à l’occasion de ces rendez-vous festifs leur passion commune pour la science-fiction, le fantastique et la fantasy. Mais également l’opportunité de rappeler le riche vivier d’auteurs que constitue notre francophonie de l’imaginaire. Traditionnellement, la science-fiction francophone se retrouve mis en opposition face à son confrère anglophone, considéré comme un Goliath menaçant notre David national. Mais est-ce vraiment le cas ? Car si parler d’écrasement culturel anglophone au détriment des auteurs francophones serait pour le moins exagéré, les deux géants se partagent en vérité la quasi-exclusivité du monopole éditorial, au détriment des autres locuteurs et auteurs mondiaux qui se retrouvent pour leur part presque totalement occultés. En définitive, le problème ne se résume pas en terme d’ « exception culturelle » de la SF française mais provient de la quasi indifférence dans laquelle reste plongé le reste de la SF mondiale aux yeux des lecteurs.

 

Illustration : (c) Nidal el-Khairy.

Illustration : (c) Nidal el-Khairy.

 

Le monde est vaste, et nous n’en sommes qu’un bien bruyant nombril. Aussi brillante soit notre littérature, le français n’occupe que la 14ème place dans le classement mondial des langues les plus parlées au monde. Quant à l’anglais, il ne se hisse qu’à la troisième place. Pourtant, ni les auteurs hispanophones (2ème langue mondiale), ni les auteurs mandarins (1ère langue mondiale), lusophones (6ème rang mondial) ou arabophones (4ème rang mondial) ne sont mis à l’avant dans les rayons des libraires spécialisés. Un paradoxe assez intriguant que l’on retrouve de manière encore plus flagrante dans la répartition géographique des langues représentées : en dehors des résidents d’Europe et d’Amérique du Nord, peu d’auteurs ne parviennent à intéresser les éditeurs potentiels, et la grande majorité du planisphère demeure « Terra Incognita » pour la littérature de l’imaginaire.

La situation est d’autant plus regrettable qu’un genre littéraire comme la science-fiction joue le rôle d’outil d’exploration du présent et de spéculation de l’avenir. Or où se construit le monde de demain ? Aussi bien à Ferguson qu’à Gaza, Baghdad, Bangui, Tripoli, Madrid, Athènes ou Paris. Il apparaît donc regrettable, pour ne pas dire cynique, de constater que les rares auteurs ni francophones, ni anglophones à avoir bénéficié d’une traduction française restent de bien maigres exceptions dans le catalogue des éditeurs de la métropole. Bien entendu, il faudrait féliciter les initiatives ayant permis (par exemple) la promotion de la science-fiction hispanophone ou de langue slave, mais ces parutions ne sont que de trop anecdotiques événements dans l’actualité littéraire. A l’inverse de la littérature générale dont les traductions étrangères sont aussi diverses que florissantes, la littérature de l’imaginaire manque d’ouverture sur le monde. Et ainsi d’avenir.

Car si je ne crois pas en l’épouvantail de l’affreuse culture anglophone venant étouffer les auteurs francophones jusque dans leurs lits, je constate que beaucoup se trompent de combat. La science-fiction perd en ventes, nous annonce-t-on, mais refermer son univers éditorial autour des seuls auteurs francophones ne la valorisera pas mieux pour autant auprès de nos concitoyens. Le « made in France » n’est pas la solution miracle : la science-fiction a pour vocation de décortiquer le monde, et de spéculer sur sa destinée. Il faut donc ouvrir l’édition française à ce vaste monde, et encourager la traduction d’auteurs de langues et de continents habituellement ignorés. Un nouvel « âge d’or » de la SF est possible. Il suffit juste d’aller le chercher là où le monde respire, là où l’histoire s’écrit. En définitive, prendre le temps de lire ce que ces auteurs ont à nous raconter de l’humanité, à l’heure où elle vacille entre lumière ou obscurité.


Enseigner le créationnisme en tant que science banni des écoles britanniques

Les bonnes nouvelles sont rares en matière d’enseignement de l’évolution, aussi je ne manquerai pas de me réjouir de l’annonce nous étant parvenue en cette fin de semaine. Nos voisins britanniques ont en effet décidé de bannir l’enseignement du créationnisme en tant que théorie scientifique de leurs écoles gratuites comme académiques. Cette excellente initiative devrait, espérons-le, limiter la pression des militants de l’intelligent design sur l’enseignement des sciences en Grande-Bretagne.

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Il faut tout d’abord rappeler en quoi consistent ces « Free schools » : en 2010, le parti conservateur a autorisé la création d’écoles publiques gérées par le privé, avec pour objectif de faciliter l’accès à l’éducation dans les zones les plus défavorisées en fournissant des places de classe supplémentaires et gratuites pour les parents. L’attention est louable, mais cette libéralisation de l’enseignement posait deux problèmes. Premièrement, les écoles sont indépendantes des autorités locales, ce qui évite le droit de veto de ces dernières à leur création, mais autorise le dépôt de dossier de « Free school » par n’importe quelle association, mouvement, organisme ou collectif. Deuxièmement, ces écoles peuvent être gérées par des groupes religieux ou militants prônant une doctrine opposée au contenu pédagogique nécessaire pour l’admission des élèves dans les établissements supérieurs. Le nombre de projets de « Free schools » étant passé en l’espace de trois ans de 24 à plus de 300 établissements, il était donc nécessaire de clarifier certaines zones d’ombres avant que ne viennent s’y engouffrer des partisans anti-sciences.

En conséquence, le gouvernement britannique vient d’ajouter de nouvelles clauses d’agrément pour la validation de ces « Free schools » incluant notamment le très clair rejet de l’enseignement du créationnisme dans les classes de sciences. Le système éducatif de nos voisins anglais se retrouve donc entièrement protégé de toute dérive de ce genre. Une bonne chose pour la patrie de Charles Darwin ! Et cerise sur le gâteau, le document officiel confirme non seulement la séparation de la religion et de la science dans ce débat, mais pose également une définition du créationnisme comme courant religieux minoritaire, pour ne pas dire intégriste :

 

[A]ny doctrine or theory which holds that natural biological processes cannot account for the history, diversity, and complexity of life on earth and therefore rejects the scientific theory of evolution. The parties acknowledge that creationism, in this sense, is rejected by most mainstream churches and religious traditions, including the major providers of state funded schools such as the [Anglican] [Catholic] Churches, as well as the scientific community. It does not accord with the scientific consensus or the very large body of established scientific evidence; nor does it accurately and consistently employ the scientific method, and as such it should not be presented to pupils at the Academy as a scientific theory.

 

Une belle initiative dont devraient s’inspirer les Etats-Unis…


Des climatosceptiques déboutés par un tribunal américain

Souvenez-vous, en 2009, un piratage informatique avait dérobé un millier de mails échangés pendant dix ans entre climatologues britanniques et américains, dont ceux du chercheur Michael Mann. Cette attaque informatique du web universitaire était orchestré par des climatosceptiques persuadés de découvrir dans ces échanges professionnels la preuve du bidonnage du réchauffement climatique. L’affaire avait fait grand bruit peu avant la conférence sur le climat de Copenhague, notamment en raison des fameuses « preuves » débusquées par les pirates informatiques. Cette polémique n’en finit pas de faire des remous et se poursuit devant les tribunaux, puisque des climatosceptiques réclament encore l’accès aux courriels professionnels du climatologue Michael Mann.

Michael Mann

Le fameux climategate n’était qu’un pétard mouillé, montrant qu’à défaut d’arguments scientifiques, les climatosceptiques étaient prêts à miser sur l’illégalité et l’intimidation. Dans la poignée de mails censés révéler la « supercherie » , ces pirates n’avaient trouvé que le mot « astuce » pour appuyer leurs propos. Attaque bien dérisoire, et qui montrait leur ignorance du traitement de données brutes en sciences : trouver des astuces pour affiner des données ou en tirer des modèles interprétables renvoie à un niveau si basique de statistiques et de modélisation qu’il faut au contraire se demander si les pirates accusateurs avaient déjà suivi le moindre cours de sciences. Peut-être auraient-ils mieux fait de pirater un site d’ebooks scientifiques afin se cultiver un tant soit peu !

Outre la faiblesse de leur réquisitoire, cette pression exercée sur la correspondance professionnelle d’universitaires remettait en cause la liberté d’expression et de recherche. Du côté des climatosceptiques, on préfère parler de liberté d’information et de respect du domaine public. On appréciera la nuance. Toujours est-il que bien après le climategate, Michael Mann est resté la cible des climatosceptiques. L’ATI, un groupe qui nie la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, veut obtenir les courriels du climatologue, affirmant que des preuves d’un complot climatique y sont dissimulées. Mann est une sommité dans le domaine climatique, notamment en raison de ses recherches associées à la fin des années 90 à la courbe en « bâton de hockey » qui avançait une hausse des températures moyennes sur le dernier siècle. Ce graphique, n’ayant cessé d’être confirmé au fil des modèles et études ultérieurs (voir la figure ci-dessous), focalise toujours dans sa première version l’attention des climatosceptiques, qui y voient pour leur part un levier capable de renverser la climatologie. En 2012, Michael Mann avait d’ailleurs résumé cette affaire dans un ouvrage de vulgarisation, The Hockey Stick and the Climate Wars.

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Dernière affaire en date, l’ATI vient d’être déboutée pour la deuxième fois par un tribunal américain. Leur demande d’accès aux mails du Pr. Mann a été rejetée par la cour supérieure de l’Etat de Virginie, qui dans un jugement rendu le 17 avril dernier, conclut que les courriels échangés par le climatologue sont des propriétés privées parce qu’en lien avec des recherches académiques. Ces mails ne relèvent donc pas de la loi de la Virginie sur l’accès à l’information, comme dans le cas des organismes gouvernementaux dépendant de l’Etat. Une excellente nouvelle pour la communauté scientifique en général, qui voit confirmé le respect de la vie professionnelle des chercheurs et leur protection face aux groupes de pression anti-sciences. Quant aux accusateurs, peut-être faudrait-il se pencher sur leurs véritables motivations. La diffusion de thèses climatosceptiques n’est pas si anodine, et ses principales organisations ne sont pas de simples groupes de citoyens en quête de vérité scientifique. En effet, la sphère climatosceptique est financée par des firmes industrielles comme Exxon et des fondations conservatrices, puis relayée dans les médias par des groupes libéraux ou ultra-conservateurs. Selon une étude du sociologue américain Robert Brulle, ce sont en moyenne plus de 900 millions de dollars (environ 650 millions d’euros) par an qui ont été injectés entre 2003 et 2010 dans cette nébuleuse. Cette machine de guerre engagée dans un combat contre la science climatique forme un lobby anti-climat assez puissant outre-Atlantique, dont le véritable objectif semble bien éloigné de l’innocent contre-argumentaire scientifique. Au point de se demander si le militant climatosceptique ordinaire n’est pas dans le fond lui-même manipulé par ces grandes firmes et fondations conservatrices…