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Réforme des enseignements de latin et grec ancien : une mauvaise nouvelle pour l’imaginaire contemporain ?

La réforme du collège engagée par la Ministre Najat Vallaud-Belkacem fait couler beaucoup d’encre, et notamment du côté des enseignants de latin et de grec ancien. En effet, ces derniers se sont montrés particulièrement inquiets par les annonces de la Ministre confirmées dans l’enquête réalisée par l’Express. Les « langues mortes » ou enseignements de langues anciennes ne seraient plus une option ouverte à partir de la classe de cinquième, mais à l’avenir proposées comme une simple initiation linguistique et culturelle incluse dans les futurs programmes de Français. Quant aux élèves souhaitant apprendre le latin ou le grec ancien, il leur faudra se contenter d’une approche supplémentaire dans le cadre des nouveaux Enseignements Pratiques Transdisciplinaires (EPI). Message reçu par les enseignants : les langues anciennes seraient appelées à disparaître, ne laissant dans les programmes qu’une vague allusion linguistique au détours d’une heure de Français ou de cours d’EPI.

A l’origine de ce remaniement annoncé, le ministère espère ainsi briser le désintérêt pour une option suivie par seulement 20 % des élèves. Grâce à l’EPI, le ministère fait le pari que cette nouvelle souplesse permettra d’augmenter le nombre de candidats aux options de langues anciennes. Un second son de cloche plus rassurant ? Car en définitive, et dans l’attente d’une confirmation officielle, les langues anciennes resteraient une option ouverte, et le choix de les poursuivre serait offert aux collégiens à chaque nouvelle rentrée. Fini, donc, l’enseignement regroupé en trois ans ferme, comme dans les programmes actuels. Mais ces éclaircissements ne rassurent pas pour autant les professeurs de langues anciennes, particulièrement échaudés depuis la destruction de la filière Lettres Classiques dans l’enseignement supérieur. Est-ce un premier pas vers une fermeture à long terme de leurs enseignements ? Une situation que déplore Marjorie Lévêque, professeure, dans les colonnes de l’Express : « Le latin tel qu’enseigné aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qui était proposé il y a 15 ans. C’est une ouverture au monde, une culture en plus, qui facilite l’apprentissage des langues étrangères » .

Kratos remplacera-t-il les profs de langue morte ?

Kratos remplacera-t-il les profs de langue morte ?

Conséquence insoupçonnée de cette réforme, le retrait progressif du latin et du grec ancien pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’apprentissage d’un socle imaginaire commun, ces fameuses racines gréco-latines qui contribuent à la littérature fantastique et de fantasy occidentale. La réécriture de ces mythes et légendes antiques a toujours inspiré les auteurs de chaque époque, mais jamais aucun de ces lettrés ne s’était retrouvé coupé du socle originel. Or cette transmission écrite comme orale se base sur un échange intemporel entre le mythe antique, l’auteur et son public. Si l’enseignement des langues anciennes vient à disparaître, cette chaîne est brisée. Or qui transmettra alors cette culture ancienne ? De nos jours, les industries du cinéma et des jeux vidéos ne manquent pas de s’inspirer très librement des mythes gréco-latins pour leurs productions. La disparition de l’enseignement des langues mortes ne laisserait donc comme ambassadeurs de cette culture antique auprès du grand public des œuvres hollywoodiennes et caricaturales telles que la série vidéoludique God of War ou les longs-métrages comme 300, Le Choc des Titans

Troie de Wolfgang Petersen (2004).

« Troie » de Wolfgang Petersen (2004) ou la mythologie des beaux gosses.

Et pourtant, le succès en libraire et en salles de cinéma des Percy Jackson, Narnia ou Harry Potter démontre à eux seuls l’engouement des jeunes spectateurs pour les références liées à la mythologie antique. Ces figures, réutilisées dans des scénarios fantastiques et anachroniques, n’ont rien perdu de leur attrait en près de trois millénaires ! Les textes antiques tels que l’Iliade et l’Odyssée ne se sont jamais démodés, il ont au contraire nourri une multitude d’œuvres comme le film Troie de Wolfgang Petersen, la célèbre série de dessins-animés franco-japonaise Ulysse 31, les romans Troie ou la Trahison des Dieux de Marion Zimmer Bradley, ou encore Ilium et Olympos de Dan Simmons, pour ne citer que ceux-là. La fantasy historique, sous-genre bien entendu le plus à même de se nourrir de mythologie antique, ne pourrait pas perdurer sans l’apprentissage des langues et cultures anciennes. En effet, comment retracer les sources d’inspiration et clins d’œil des auteurs sans maîtriser un tant soit peu les bases de cette culture revisitée ? Difficile d’accrocher au Lavinia d’Ursula Le Guin sans s’intéresser à l’Enéide de Virgile, ou d’apprécier l’uchronique Roma Æterna de Robert Silverberg sans avoir appris un peu d’histoire et de politique romaine. La culture gréco-latine est elle-même insuffisante, et au lieu de la menacer de disparition progressive du collège, elle devrait être étendue à un plus large catalogue de cultures et mythologies antiques, dont la richesse nous est une fois de plus rappelée par des romans de fantasy ou de science-fiction tels que l’œuvre de Tolkien et ses références aux mythologies nordiques et germaniques, le Gilgamesh de Robert Silverberg et ses références mésopotamiennes, le Seigneur de Lumière de Roger Zelazny et ses mythes hindous, ou encore l’univers celtique du Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski !

Œdipe s'apprête à capturer un nouveau pokémon. Détails de "Œdipe explique l'énigme du sphinx" de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

Œdipe s’apprête à capturer un nouveau pokémon. Détail de « Œdipe explique l’énigme du sphinx » de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

La réforme du collège n’enterre pas encore l’enseignement des langues anciennes en France, mais fragilise un peu plus la transmission d’une culture antique déjà trop fortement focalisée sur sa portion gréco-latine. Si la situation n’appelle pas encore à manifester pour sauver de l’oubli la Rome des Césars, cette évolution de l’enseignement au collège pourrait bien menacer la transmission d’un socle culturel commun utile au lecteur lors de ses escapades dans la littérature de l’imaginaire. Visant à réformer des enseignements jugés trop « ardus » et « élitistes » , cette annonce rentre pourtant en contradiction avec la récente étude de marché du Centre National du Livre (CNL) qui démontre que les lecteurs de 15-24 ans, bien loin de bouder la lecture, apprécient d’abord les romans de fantasy, science-fiction et fantastique. Ces mêmes romans qui se réapproprient de nos jours la culture antique. Si l’enseignement des langues mortes est perçu de manière négative, le supprimer à long terme ne répondrait pas pour autant aux attentes culturelles des collégiens et lycéens. Il s’agit donc de modifier ces enseignements et non de les retirer. A bon entendeur.


Sir Terry Pratchett

Le monde est un disque plat, soutenu par quatre éléphants juchés sur une tortue gigantesque. Toute mon adolescence, les Annales du Disque-Monde ont illuminé mes soirées, comme une parenthèse humoristique entre deux lectures de science-fiction ou de fantasy parfois bien trop sérieuses par de nombreux aspects. Cet univers facétieux mais intelligent, rempli de second degré et de clins d’œils hilarants, n’est qu’une partie du vaste héritage littéraire et culturel que nous laisse le prolifique Sir Terry Pratchett.

Affaibli par une forme rare de la maladie d’Alzheimer, il avait pu achever son ultime roman l’été dernier avant que les étapes finales d’Alzheimer ne l’affaiblissent encore plus. Affrontant avec dignité sa maladie au cours de ces dernières années, il avait activement milité pour le droit à l’euthanasie et accompagné plusieurs patients dans leur ultime démarche. Selon une source proche, Sir Pratchett s’est éteint naturellement, sans avoir recours au suicide assisté. A la fois auteur talentueux et grand philanthrope, Sir Pratchett laisse en peine des millions de fans à travers le monde. L’homme au chapeau n’est pas prêt de quitter notre imaginaire et nos cœurs.

 

 


Adieu Leonard Nimoy

La nouvelle a fait l’effet d’une détonation dans la communauté des « trekkies » et amateurs de science-fiction. Spock, alias Leonard Nimoy, s’est éteint le 27 février 2015, à l’âge de 83 ans. Hospitalisé depuis le début de semaine pour des douleurs à la poitrine, il a succombé à des obstructions pulmonaires chroniques, comme l’a annoncé son épouse Susan Bay Nimoy au New York Times.

Spock ne naquit pas sur Vulcain mais à Boston, le 26 mars 1931. Dès son enfance, il se consacre au métier d’acteur, entamant même un cursus de théâtre à l’Université de Boston. Il enchaîne ensuite de nombreux rôles dans des films de séries B : Perry Mason, Bonanza, Two Faces West … C’est sur ces plateaux de tournage qu’il rencontra en 1954 William Shatner, le futur Capitaine Kirk. Nimoy enseigne le métier d’acteur dans son propre studio lorsqu’il rejoint le projet de série télévisée « Star Trek » au milieu des années 60. Un risque pour sa carrière qui s’avérera payant. Diffusée pour la première fois entre 1966 et 1969, Star Trek lui fait incarner son plus célèbre rôle : celui de Mr Spock, un alien né sur la planète Vulcain d’une mère humaine et d’un père vulcain. Sa logique et son premier degré en font un personnage emblématique de la série, dont les spectateurs guettent les retournements de situations dramatiques lorsque les racines terriennes du vulcain Spock font rejaillir des émotions sur ce visage impassible. L’acteur ne pourra jamais se détacher de son rôle de Spock, qui lui colle à la peau et dont il expliquera la difficile cohabitation dans deux autobiographies : « Je ne suis pas Spock » puis « Je suis Spock ».

 

In Spock, I finally found the best of both worlds: to be widely accepted in public approval and yet be able to continue to play the insulated alien through the Vulcan character.” Leonard Nimoy, I Am Not Spock (1975).

 

Sa carrière d’acteur est pourtant immense. Connu pour son rôle de Paris dans les saisons 4 et 5 de Mission Impossible ou encore dans son rôle du Dr William Bell dans Fringe, il reprend également son rôle de Mr Spock dans les Star Trek de J.J Abrams. Artiste talentueux, Leonard Nimoy scénarise également quatre films Star Trek, réalise une dizaine de téléfilms et épisodes de séries TV, effectue des doublage (dont celui de son propre personnage dans les Simpsons), publie des livres de photographie et entame même une carrière musicale de 1967 à 1997 avec six albums pop-folk country, dont la fameuse ballade de Bilbo Baggins. Homme exceptionnel, Leonard Nimoy laisse avant tout un immense héritage télévisuel et artistique. Aussi rendons hommage à l’artiste, dont l’écrasante facette de Spock n’était que la partie émergée de son talent.

leonard_nimoy


Neill Blomkamp réalisera le prochain Alien

Le réalisateur de District 9, Elysium et Chappie a enflammé les fans d’Alien en publiant, au début de l’année, des concepts-art inédits sur son compte Instagram. Des images volontairement fuitées sur le web et accompagnées d’un énigmatique message twitter, immédiatement relayées par les blogueurs ciné :

Déchaînant les rumeurs, Neill Blomkamp laisse planer le doute, jusqu’à révéler la genèse de ce projet sur le site Uproxx. Lors du tournage de Chappie, dans lequel joue Sigourney Weaver, ses discussions avec l’actrice mythique de la série Alien font germer toutes sortes d’idées quant à un cinquième volet. Profitant de ses temps libres sur le tournage, il développe sa propre vision d’une éventuelle séquelle qu’il illustre de dessins inédits. Neill se retrouve ainsi avec un projet Alien 5 prêt à entrer en production. La 20th Century Fox qui dispose des droits de la franchise se montre plutôt ouverte à l’idée, mais Neil reste indécis.

Oh shit Une photo publiée par Brownsnout (@neillblomkamp) le

Principal obstacle au projet selon ses propres mots : lui-même. En effet, son échec en salles avec Elysium fait tâche sur sa carrière, et Hollywood se montre quelque peu frileuse à son sujet. Pourtant, la Fox est disposée à lui confier la réalisation de son propre projet Alien 5. Alors, qu’attend Neill Blomkamp pour se lancer ? De s’auto-convaincre, en quelque sorte. Chose faite, si l’on en croit son dernier message twitter :

Deux films sont donc en préparation dans l’univers Alien : Prometheus 2 et Alien 5. Pour le moment, aucune information confirmée quant au casting prévu par Neill Blomkamp, mais Sigourney Weaver serait intéressée pour reprendre son rôle mythique. Reste à savoir dans quelle mesure la préquelle et la séquelle se rejoindront, en espérant que le massacre de la première n’entachera pas le projet esthétiquement alléchant de Blomkamp. Wait and see …  

Um… So I think it’s officially my next film. #alien Une photo publiée par Brownsnout (@neillblomkamp) le


[En direct] Atterrissage de la sonde Philae sur la comète Tchouri !

L’événement peut être qualifié d’historique : pour la première fois, une sonde va tenter de se poser à la surface d’une comète ! Aboutissement de la mission Rosetta, le petit robot Philae va être éjecté de la fameuse sonde actuellement placée sur une orbite favorable à la manœuvre au-dessus de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

La scène se passe à quelques 510 millions de kilomètres de la Terre. Rosetta doit larguer le robot Philae sur le site Agilkia depuis une altitude de 20 km. Aucun pilote automatique, Philae est un laboratoire robotisé de 100 kg qui devra tomber sur une zone elliptique de 900 mètres sur 600. Depuis lundi, les ingénieurs du CEOS (European Space Operations Centre) travaillent à l’envoi des instructions pour cet atterrissage historique. Après un petit retard d’allumage du robot, le voilà désormais opérationnel et ses batteries rechargées. Tout est désormais prêt pour le grand saut !

Mais au-delà de l’exploît technologique, Philae vient compléter la mission Rosetta en réalisant des expériences physico-chimiques à la surface de la comète. Son objectif majeur, l’étude des molécules d’eau et des traces organiques présentes à sa surface. selon toute vraisemblance, les comètes ont contribué à la formation des océans sur Terre voici 3-4 milliards d’années. Dans quelle mesure ont-elles également apporté les briques élémentaires indispensables à l’apparition du Vivant ? Telles sont les questions passionnantes auxquelles Philae tentera d’apporter des réponses.

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