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Challenge Warmachine #2

Retour de me challenge Warmachine ! Comme expliqué dans mon précédent billet, je participe à un événement estival consacré à ce jeu de figurines steampunk fantastique. Après avoir peint la boîte de base de mon armée Cryx, le magasin Sortilèges Nantes m’a donc proposé d’acheter une extension à prix réduit.  J’ai jeté mon dévolu sur une boîte de « bile thralls » répugnants à souhaits. Ces créatures mort-vivantes déambulent sur les champs de bataille avec leurs cracheurs à bile. Leurs entrailles putréfiées sécrètent une substance corrosive et acide dont ils aspergent leurs victimes. Autant dire que ces suppôts du Dragon Toruk représentent un choix de piétailles sacrifiables des plus intéressants pour ma nécromancienne. Qui sait, peut-être enliseront-ils suffisamment longtemps l’ennemi pendant que mes warjacks le prendront en étau ? On peut toujours rêver, et tous mes plans pour les batailles futures passeront l’épreuve du feu prochainement dans le dernier volet de ce challenge !

Ces figurines de bile thralls sont en métal. Cela change un peu, à vrai dire, vu que j’assemble surtout des kits plastiques en ce moment. Aucun souci d’ébarbage, les moulages sont propres et les détails de très bonne qualité. Après une sous-couche noire, j’ai effectué plusieurs couches de base en marron de plus en plus éclairci avec du rotten flesh de chez Citadel. Une fois cette peau claire putride obtenue, j’ai réalisé plusieurs glacis de brun et de vert émeraude jusqu’à obtenir l’effet verdâtre nécrosé que vous pouvez admirer sur la photo ci-dessous. Bon appétit bien-sûr. Les pièces métalliques ont subi le même traitement, bien que plus léger pour ne pas trop sombrer dans l’effet de métal oxydé exagéré. Enfin, les crânes sont peints de manière classique avec du blanc crème et un bon vieux lavis brun. Pour les socles, je suis resté dans l’esprit des premières pièces réalisées, tout en faisant un petit effort pour la figurine centrale : elle bénéficie d’un socle retravaillé au green stuff pour texturer quelques dalles usées. Au final, mon armée est entièrement peinte et prête à jouer. Parviendrai-je à ravager les Royaumes d’Acier ou ma nécromante sera-t-elle brûlée comme sorcière sur le bûcher ? Rendez-vous au prochain épisode pour le découvrir ;)

 

bile_thralls


Mon Motocultor festival 2014

motocultor2014Du 15 au 17 août se tenait à Saint-Nolff (56) le festival Motocultor. Un open-air de bonne facture se voulant avant tout convivial avec ses douze mille entrées pour l’édition 2013 et sa programmation faisant la part belle aux groupes du grand ouest. A l’affiche cette année un sympathique programmation, puisque Dagoba, Ensiferum, Epica, Behemoth, Kreator et Testament ont répondu présent pour enflammer les bois de ce charment petit village du Morbihan.

Pour ma part, ce fut un court passage car présent uniquement la journée du dimanche. Mais une bonne ambiance d’entrée de jeu avec les vendéens de Mobutu et leur rock’n’roll crasseux et alcoolisé – comme on l’aime le plus en somme. Basculement vers du heavy stoner avec Headcharger, plaisant mais assez calme en cette heure de déjeuner dominical. Comme la Bretagne est également terre de légendes, le groupe de power metal Qantice s’est fait une joie de nous en conter quelques unes de leur cru. Ces français ont recruté un chanteur norvégien efficace, donnant un aperçu plutôt positif de ce groupe promis à un bel avenir si leur travail perdure. A noter que Qantice a sorti un roman éponyme de science-fantasy chez Argemmios tiré de leur album The Cosmocinesy. Peut-être que certains d’entre-vous avaient d’ailleurs assisté à la conférence donnée sur le groupe et le roman à Geekopolis. Je n’ai pas eu occasion de lire ce pavé, mais l’originalité de la démarche a de quoi être soulignée. S’en est suivi la prestation de Church of Misery, groupe de stoner japonais qui m’a littéralement mis une claque. Compositions impeccables, ambiance sombre et envoûtante, bref ma plus belle découverte de ce festival.

J’étais resté écouter le black metal d’Inquisition, pas si mal que cela malgré quelques morceaux moins percutants, mais voilà que le vent se lève. Un passage au market pour mieux m’équiper contre le froid, et je suis de retour devant Koritni, du hard rock correct sans pour autant m’extasier. De toutes façons, je suis vite parti à la buvette. Seconde découverte sympathique avec les toulousains de Naïve, un groupe d’electro metal ayant remporté le headbang contest (petit concours permettant à un groupe de gagner son passage au Motocultor). Sympathique à écouter en attendant la grande messe de Obituary, groupe de death metal par excellence et un de mes plus grands régals durant cette journée. On enchaîne, Loudblast de passage avec son trash metal pas forcément facile d’approche quand on n’est pas un aficionado du genre, mais qui se révèle franchement bon à écouter lorsque l’on fait l’effort d’entrer dans l’ambiance. Bref, après un début de concert difficile pour moi, de bonnes sensations et la satisfaction de m’être accroché. Parfois, il faut savoir se forcer un peu pour être vraiment récompensé, et là, ça a payé. Du coup, j’enchaîne sourire aux lèvres avec In Extremo, groupe de folk metal allemand qui a littéralement mis le feu en ce début de soirée. Certains diront que du folk en terre celte, ça cartonne toujours. Mais quand le groupe prend plaisir à jouer sur scène et dégage une telle énergie, l’alchimie est divine.

Passage éclair devant Belphegor, c’est l’heure du casse-dalle et de la bière. Bon, je n’ai pas grand chose à déclarer sur ces autrichiens, leur black death metal est brutal, moyennement mélodique, et je ne suis pas vraiment rentré dedans. Quelques morceaux sympas, certes, mais pas assez pour me laisser un souvenir impérissable. La tête d’affiche de la journée monte de toutes façons sur scène, Epica débute son concert. Bon, soyons francs, une bonne partie du public présent ce dimanche se constituait de fans du groupe. Et ils étaient venus en force, au vu de l’impressionnante file d’attente pour les dédicaces. Je n’ai pas poussé jusqu’à patienter une petite heure un autographe de Simone Simons, j’attendais plutôt de voir ce que pouvait apporter leur prestation au festival. Et sur ce plan, le résultat était plutôt bon. Même si le groupe était un peu à l’étroit sur une petite scène comme le Motocultor. Et même si enchaîner après Belphegor avait quelque chose d’ubuesque. C’est ça aussi, l’esprit d’un petit festival, débiter un running order parfois improbable mais qui fait au final tout son charme. Soulignons tout de même que la venue d’Epica était une belle prise pour le Motocultor, qui a ainsi servi une belle rasade de metal dans à peu près tous les genres, nous offrant un bel éclectisme musical, festif et intéressant. Bref, une belle journée de dimanche, et l’envie d’y retourner l’année prochaine.


Les prédictions de Robert Heinlein pour l’an 2000

En 1949, l’auteur américain de science-fiction compilait une liste de prédictions pour l’année 2000, qui furent finalement publiées en 1952 dans le magazine Galaxy. Soixante cinq ans après leur rédaction, ces prévisions peuvent sembler obsolètes. Outre les fascinantes visions d’un rétrofutur heinleinien, ces prédictions sont également truffées d’humour et laissent entrevoir les inspirations politiques de l’auteur. Heinlein imagine un vingt-et-unième siècle technophile, aux mœurs sociétales bien plus ouvertes et dominé par une vision politique libertarienne. La médecine y est triomphante. Tous les maux trouvent un remède, du plus redoutable cancer métastasique au plus insignifiant rhume des foins, et les médecins travaillent désormais sur la régénération de membres entiers. Les citoyens du futur ont tous un téléphone portable dans leur poche, il est même possible de passer ses vacances sur Mars à la rencontre de ses autochtones intelligents ! Mieux encore, les USA ne feront jamais de guerre préventive et les « faucons » ne chercheront pas d’armes de destruction massive dans le désert irakien.

Mais si la science future tente de contrôler la gravité et de construit les premiers vaisseaux interstellaires, la fracture sociale change de visage. Les classes sociales les plus pauvres ont toutes un toit mais doivent faire face à deux nouveaux problèmes sociétaux : l’inégalité face aux transports et une carence alimentaire mondiale. La biotechnologie mise au service de l’alimentation nous permet de palier ces carences grâce à la culture de levures comestibles ou les protéines de poissons. Mais alors que les plus démunis doivent se contenter de cette alimentation synthétique bon marché, les riches nantis savourent des biftecks hors de prix. L’humanité perdurera et ne connaîtra pas l’apocalypse nucléaire tant redoutée après guerre. Heinlein imaginait-il que son appel à un contrôle supranational des armes nucléaires serait entendu dans le futur ? Toujours est-il que si un tel accord était trouvé dans son imagination, l’auteur reste sceptique sur la formation d’ici l’an 2000 d’un gouvernement mondial. Une lueur de misanthropie jaillit entre les lignes : certaines choses semblent impossibles pour l’espèce humaine, et renoncer à toute guerre en fait partie.

 

Robert Heinlein en 1939.

Robert Heinlein en 1939.

 

Liste traduite d’après sa retranscription web :

 

1. Les voyages interplanétaires vous attendent au pied de votre porte. Paiement à la livraison. Ils sont à vous dès que vous les payez.

2. La contraception et le contrôle des maladies sexuellement transmissibles revisitent les relations entre les sexes avec une telle ampleur qu’ils changent entièrement notre structure économique et sociale.

3. Le fait militaire le plus important de ce siècle reste qu’il n’y a aucun moyen de repousser une attaque venue de l’espace.

4. Il est totalement impossible que les USA puissent mener une guerre préventive. Nous nous battrons que si nous sommes attaqués directement ou sur un territoire dont nous garantissons la défense.

5. En quinze ans, la pénurie de logements sera résolue par une percée dans les nouvelles technologies qui rendront chaque maison actuelle aussi désuète que des latrines.

6. Nous aurons tous bientôt de plus en plus faim.

7. Le culte du faux dans l’art disparaîtra. Le soit-disant « art moderne » sera seulement discuté en psychiatrie.

8. Freud sera classé comme pré-scientifique, la psychanalyse pionnière et intuitive sera remplacée par le développement radical d’une « psychologie opérationnelle » basée sur des mesures et prédictions.

9. Le cancer, le rhume et la carie dentaire seront vaincus; le nouveau problème qui révolutionnera la recherche médicale sera la régénération; c’est à dire faire croître une nouvelle jambe à un homme amputé plutôt que de lui fournir une prothèse.

10. D’ici la fin de ce siècle, l’humanité aura exploré le système solaire, et les premiers vaisseaux interstellaires seront en construction.

11. Votre téléphone personnel sera assez petit pour tenir dans votre poche. Votre téléphone fixe enregistrera des messages, répondra à de simples questions, et transmettra des images.

12. Une forme de vie intelligente sera découverte sur Mars.

13. Un millier de miles par heure au prix d’un cent par mile sera monnaie courante. Les courtes distances seront franchies par des métros sous vide à très grandes vitesses.

14. Un objectif majeur de la physique appliquée sera le contrôle de la gravité.

15. Nous ne formerons pas un « état mondial » dans cet avenir prévisible. Néanmoins, le communisme disparaîtra de cette planète.

16. L’accroissement de la mobilité privera de ses droits une majorité de la population. En 1990, un amendement constitutionnel en finira avec les frontières étatiques tout en conservant l’apparence.

17. Tous les aéronefs seront contrôlés par un gigantesque réseau radar déployé à l’échelle continentale grâce à de multiples cerveaux électroniques.

18. Les poissons et les levures deviendront nos principales sources de protéines. La viande de bœuf sera un luxe; l’agneau et le mouton disparaîtront.

19. L’humanité ne se détruira pas elle-même, ni sa « civilisation ».

 

Et voici les concepts que nous ne sommes pas prêts de développer, si jamais la chose se révélait un jour possible :

- Le voyage dans le temps
- Voyager plus vite que la lumière
- Transmettre de la matière par ondes « radio »
- Des robots anthropomorphes avec des réactions humaines
- La vie artificielle créée en laboratoire
- Une réelle compréhension de ce qu’est la pensée et comment elle est reliée à la matière.
- La preuve scientifique d’une vie après la mort
- Ni une fin définitive de toute guerre.


Les Gardiens de la Galaxie – James Gunn (2014)

gotgPeter Quill, un terrien arraché à son foyer dès son enfance par un vaisseau extra-terrestre, est devenu des années plus tard le « Star-Lord » , un aventurier spatial plutôt déluré. Traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, il ne tarde pas à découvrir le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie. Convaincu que le maléfique Ronan doit être arrêté au plus vite, il conclut une alliance fragile avec quatre desperados aliens aussi violents qu’improbables : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Adaptation de la série de comics éponymes ancrée dans l’univers Marvel, Les Gardiens de la Galaxie est un film de super-héros dans un décors de space-opéra hollywoodien. Ce long-métrage américain présente à l’affiche une première surprise puisqu’il est réalisé par James Gunn. Cet acteur, scénariste et réalisateur est relativement peu connu du grand public. Aussi sa carrière connaît cet été un énorme bond en avant en réalisant ce blockbuster. Sa présence aux commandes constitue d’ailleurs une garantie d’originalité pour cette catégorie de films gros budget plus que formatés. Car James Gunn, c’est également l’improbable parodie Tromeo and Juliet (1996), la websérie humoristique PG Porn ou le tout aussi second degré Horribilis (2005). Bref, avec James Gunn aux manettes, cette super-production de 170 millions de dollars promettait du sale, de l’humour potache et un feu d’artifice de tous les diables. Que de bons présages pour débuter cette séance.

Et au final, le film est bien à la hauteur de la réputation de son réalisateur. Durant ces 121 minutes passées devant l’écran, Les Gardiens de la Galaxie enchaîne scènes d’action à couper le souffle et répliques humoristiques déjà appelées à devenir cultes. En un mot : le cocktail est jouissif. L’hommage rendu à ce comics assez peu connu en France demeure à la hauteur de mes espérances : des images irréprochables, des effets spéciaux maîtrisés et des personnages très hauts en couleur (et en apparence). Que les sceptiques se rassurent, même ce raton laveur de Rocket est crédible à l’écran, et l’incongruité de son apparence saura séduire les novices rebutés par les précédentes bandes-annonces. Parmi les bonnes surprises au casting, Vin Diesel incarne l’homme-arbre Groot et réalise lui-même le doublage de son personnage en français (« Je s’appelle Groot »), en chinois mandarin (« Wo shì Groot »), russe, espagnol (« Yo soy Groot ») et portugais (« Eu sou Groot »). Le genre de petite anecdote qui, après avoir apprécié ce grand géant végétal et compagnon d’arme de Rocket, fait plutôt plaisir à découvrir. Autre détail propre au « Star-Lord » et particulièrement efficace, l’utilisation des fameuses chansons enregistrées sur la K7 de son walkman dans la bande-son du film. En prévision, encore un album BO appelée à devenu culte dans les années à venir et remettant en goût du jour la pop-rock des années 80. Car oui, entendre les Jackson 5 dans un film Marvel de space opéra, ça décoiffe.

Si les Gardiens de la Galaxie sont assurément une très belle surprise dans la déferlante estivale de films blocbusters, il n’en reste pas moins que cette super-production demeure avant tout un long-métrage de super-héros Marvel. Malgré l’humour potache et sale qui réjouira le spectateur à l’écran, il se dessine entre les lignes le même schéma que pour les autres adaptations de comics de cet univers, à savoir ce côté répétitif du héros solitaire ou en équipe partant affronter les plus grands vilains de l’univers. Cette trame a beau être dans l’ADN même des comics, la voir sans cesse répétée à l’écran risque d’éloigner une fois de plus un public moins enclin au genre. L’usage à outrance d’un modèle-type de scénario calibrée au millimètre près risque même de lasser les amateurs du genre à la longue, aussi la touche de James Gunn permet de rompre la monotonie d’un cahier des charges parfois trop prévisible en introduisant un esprit « feel good » des films déjantés des années 80 tout en évitant de sombrer dans la sur-enchère d’inévitables scènes désespérées. Mais ces rafraîchissements bienvenus dans une trame usée jusqu’à la corde ne cache pas pour autant à mon goût la stratégie globale des films Marvel : après la présentation des grandes figures des comics, s’achève progressivement la dite « Phase 2 » de l’univers cinématographique Marvel. Déjà le personnage du Collectionneur présent dans Thor : Le Monde des ténèbres (2013) reprend du service dans Les Gardiens de la Galaxie. Il y a fort à parier que ces fusions se prolongeront durant la « Phase 3 » , amenant de plus en plus de héros Marvel à travailler de concert dans les prochains blockbusters. Une tendance déjà constatée et connue des amateurs de comics, mais de plus en plus flagrante dans les films récents. A tel point que je m’interroge déjà sur le futur casting des Gardiens de la Galaxie 2, actuellement en développement et prévu pour 2017. Quels héros rejoindront notre fine équipe ? Et quel sera le rôle du fameux Howard the Duck ? Avouons-le, cet objectif à peine dissimulé est un pari risqué, car le grand public n’étant pas pour autant composé exclusivement de fans inconditionnels de comics risque de se perdre dans des films difficiles d’accès pour les néophytes et ne s’adressant plus qu’aux minoritaires connaisseurs de l’univers Marvel. Alors, comment réussir ce grand écart à venir ? J’ai bien un plan pour y répondre, mais je n’en suis qu’à 16%… Quoi ? c’est déjà un début de plan !


The Last of Us – Naughty Dog

Le filon des univers de zombies post-apocalyptiques souffre depuis quelques années d’un manque d’originalité, du à la redondance de ses scénarios. Après les remakes plutôt décevants des mythiques films de George A. Romero, la sortie de la série Walking Dead a redonné un nouveau souffle au genre. Hélas, cette nouvelle vague qui atteint son apogée avec Max Brooks connaît désormais un creux depuis l’adaptation ratée de World War Z au cinéma. Alors, que reste-t-il encore d’original dans les univers de zombies ? Puisque le thème du rôdeur mort-vivant est désormais abordé même par la bitt-litt et les films young adults comme Warm Bodies, une alternative s’offre heureusement au fan en mal de nouvelles sensations. Il faut désormais reprendre le mythe à zéro, et en bousculer les bases fondamentales. Le domaine du jeu vidéo, dont l’industrie dépasse désormais celle du cinéma, est depuis quelques années un vecteur encore méconnu mais efficace d’univers revisités. Avec The Last of Us du développeur Naughty Dog, ce ne sont plus des créatures fantastiques mort-vivantes qui arpentent les ruines de notre civilisation mais des humains bien vivants, infectés et horriblement transformés par un parasite fongique.

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Jeu d’action-aventure basé sur le suivi rigoureux d’une intrigue monojoueur ou sur la survie d’un groupe en multijoueur, The Last of Us (2013) est édité par Sony Computer Entertainment et développé par Naughty Dog pour la console PlayStation 3. Enorme succès commercial salué par la critique et adulé par de nombreux joueurs, The Last of Us connaît même un retour en force depuis fin juillet avec la sortie de sa version remasterisée pour PlayStation 4. Prenant place quelques années après qu’une infection fongique ait ravagé l’Humanité, le jeu met en scène deux survivants, le quinquagénaire Joel et l’adolescente Ellie, qui doivent traverser un territoire américain délabré et hostile pour leur propre salut. Si le gameplay reste assez commun et laisse très peu d’initiatives quant à l’influence du joueur sur le scénario, les stratégies de survie et l’ambiance particulièrement immergente y sont traités avec brio. Privilégiant le suivi d’un récit en images de synthèse plutôt que de laisser le joueur prendre en main son destin et la difficulté des différents tableaux, The Last of Us s’est attiré cependant les foudres de certains joueurs hardcore, lui reprochant de trop couver le joueur au profit d’un public péjorativement désigné sous le terme de « cazu » . Ce reproche souligne surtout à mon sens que si The Last of Us reste un jeu à réserver à un public averti, son gameplay abordable permet au plus grand nombre de joueurs de s’immerger dans une intrigue digne d’un excellent film post-apocalyptique hollywoodien.

Comme exposé précédemment, The Last of Us ne reprend pas le thème habituel des zombies morts-vivants mais s’appuie sur une base scientifique avérée, celle de l’infection des fourmis par des champignons du genre Cordyceps sp. Les pauvres insectes se retrouvent parasités par une excroissance fongique, prenant le contrôle de leur cerveau afin que l’hôte se laisse mourir sur la cime des arbres, là où les conditions permettront au champignon de terminer son cycle de développement. Les nombreux documentaires animaliers consacrés à ce phénomène « d’insectes zombifiés » ont permis de démontrer de surprenants comportements entre fourmis saines et infectées, leurs congénères ayant tendance à bloquer l’accès à la fourmilière et à repousser les individus ainsi contaminés. Les développeurs de The Last of Us ont là une idée originale pour détourner le genre de son étiquette fantastique habituelle et explorer un aspect hard science plutôt inattendu. Imaginant que ces mêmes champignons du genre Cordyceps sp. puissent évoluer vers une espèce parasitant exclusivement les êtres humains, ils développent une pandémie incontrôlée basée sur le contact par le sang ou la respiration de spores disséminées dans l’air ambiant. Les victimes de ces infections développent rapidement au niveau de la tête des excroissances spongieuses et perdent le contrôle de leur corps. Le champignon, qui continue son développement jusqu’à différentes formes extrêmes, pousse son hôte à se nourrir d’humains sains et à rechercher des zones humides favorables à sa prolifération. Comme dans Le Jour des Triffides de l’écrivain britannique John Wyndham, les stades avancés peuvent se repérer au sonar et traquent les survivants dans les zones non-sécurisées.

L’intrigue rebondit également sur de récentes œuvres littéraires ou cinématographiques. L’idée d’un survivant dans la force de l’âge et d’une enfant l’accompagnant dans un monde hostile n’est pas sans rappeler La Route de Cormac McCarthy. Les dialogues courts, faits de consignes et mantras répétés entre les deux survivants sont directement tirés du chef-d’œuvre. L’esthétique de l’adaptation cinématographique de La Route ou encore du Je suis une Légende de Francis Lawrence sont largement repris par les développeurs pour créer les graphismes et décors de ce jeu, tandis que l’intrigue violente dépeignant les autres survivants comme des menaces bien plus importantes que les rôdeurs fongiques est clairement inspirée de Walking Dead. Les plus cinéphiles d’entre-vous auront d’ailleurs peut-être remarqué les clins d’œil faits à d’autres films comme Les Fils de l’homme, où une milice secrète lutte également contre les reliquats d’un état militaire, ou encore l’atmosphère noire et sanglante de No country for old men des frères Coen. En définitive, ces multiples sources d’inspiration ne se limitent pas à enrichir l’expérience ludique du joueur, elles permettent à The Last of Us de s’inscrire dans cette veine trans-médias actuelle revisitant le genre post-apocalyptique et offrant un éclairage moderne bien plus complexe de la figure du survivant dans un monde anarchique.

Excellent jeu d’ambiance et d’action-aventure que ce The Last Of Us, qui s’il peut décevoir le gamer hardcore par sa relative facilité et sa déclinaison sous la forme d’un film d’animation dont vous êtes le figurant, offre en contre-partie une plongée dans un univers et une intrigue particulièrement réussis. Après des années de morts-vivants toujours plus fantastiques, ce retour vers un univers post-apocalyptique d’influence « hard science » est aussi rafraîchissant qu’inattendu. Mieux encore, en réduisant la barrière séparant la fiction de notre réalité, ce jeu vidéo gagne en crédibilité, et inspire immanquablement une frousse effroyable au joueur. Et si une nouvelle espèce de Cordyceps sp venait un jour à nous infecter, que se passerait-il ? Jusqu’à quel point le scénario de The Last Of Us se reproduirait-il ? Trouver autant de réflexions de scientifiction dans un jeu d’aventure, s’attacher avec autant d’affection à des personnages à la psychologie aussi approfondie, suivre une intrigue percutante dont les multiples rebondissements n’ont de cesse de nous couper le souffle, voilà bien des arguments qui ne pourront que vous convaincre de franchir le pas et de découvrir The Last Of Us à votre tour.


Chemtrails, HAARP, Moon Hoax, ces complots insensés qui pullulent sur le web

L’été est propice à l’observation du ciel, qu’il soit d’un bleu d’azur immaculé ou d’un noir constellé de milliers d’étoiles scintillantes. Confortablement allongé sur sa chaise longue, on regarde le voyage au long cours d’avions perchés à haute altitude ou l’éclat fascinant d’une pleine lune au-dessus de l’océan. On se prend alors à rêver à quelques destinations lointaines et exotiques, ou à d’autres mondes inconnus situés bien au-delà des étoiles filantes. Mais pour les partisans de la théorie du complot, rien dans le ciel n’invite à cette douce rêverie qui remplit vos vacances estivales, bien au contraire. De nombreux complots voient dans les formes allégoriques des nuages les preuves de terribles machinations, et les voilà s’agitant sur le web, tels des gaulois craignant que le ciel ne leur tombe sur la tête !

Démonter les propos des charlatans anti-sciences fait également partie de mes objectifs de blogueur, et les lecteurs réguliers connaissent déjà mes combats contre les créationnismes et les climato-sceptiques. Mais toutes les théories anti-sciences ne se valent pas. Si les deux citées ci-dessus ne peuvent qu’inspirer une réfutation sans concessions, certaines polémiques sur les cultures d’OGM ou les thèses des Bogdanoff ne peuvent être rejetées d’un seul bloc, et nécessitent un rigoureux débunking afin d’en séparer la part de vérité de l’affabulation. D’autres, enfin, se basent sur des rumeurs tellement folles que leur message semble dénué de toute logique ; leur décryptage devient d’autant plus difficile que leurs partisans se sont enfermés dans une vision paranoïaque de la réalité et refusent systématiquement de briser leur cercle de raisonnement vicieux. Curieusement, les trois plus grands hoax répondant à cette définition concernent le ciel : ce sont les chemtrails, le projet HAARP et le Moon Hoax.

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Audrey Garric, journaliste et blogueuse du Monde.fr s’est attaquée dernièrement à la théorie des chemtrails. Dans un article aussi passionnant qu’instructrif, la journaliste réalise l’un des meilleurs travail de synthèse qu’il m’ait été permis de lire sur le sujet. Retraçant les origines du hoax à un rapport de l’US Air Force de 1996 baptisé « Le climat comme un multiplicateur de force : posséder le temps en 2025 » , elle montre comment le réseau internet récemment ouvert au public permit alors, grâce à l’émergence des premiers sites conspirationnistes, de véhiculer une interprétation paranoïaque de ces réflexions militaires sur la faisabilité d’armes climatiques, pourtant un très vieux thème scientifique. Comment les partisans du complot firent-ils le rapprochement entre les traînées de condensation laissées par les avions en haute altitude (les contrails, pour condensation trails) et l’idée d’un vaste complot de géoingénierie militaire ? Probablement en regardant le ciel, comme tout à chacun. Les condensation trails s’expliquent aisément par le choc thermique entre l’air chaud et humide éjecté par les turbines d’avion et l’air froid et plus sec de la haute atmosphère. En fonction du degré d’humidité relatif et de la température à ces altitudes, il va se créer dans le sillage de l’avion un voile nuageux de gouttelettes et cristaux de glace issus de la condensation de la vapeur d’eau. En d’autres termes, les turbines des avions de ligne fabriquent derrière elle d’inoffensifs mais spectaculaires nuages artificiels.

Et pourtant, dans l’imaginaire des théoriciens du complot, les contrails sont en vérité de dangereux chemtrails remplis de produits nocifs : métaux pauvres comme l’aluminium, métaux de transition ou alcalino-terreux, polymères irritants ou nanoparticules nocives, le cocktail a de quoi effrayer les profanes. Bien entendu, les réfutations scientifiques comme aéronautiques ne suffisent pas à démonter les rumeurs : l’absence de preuves est, pour le théoricien du complot, la meilleure preuve que la vérité lui est cachée. Aussi serait-il vain d’accumuler les analyses géochimiques des traînées nuageuses en haute altitude pour rassurer un conspirationniste, l’effet inverse serait obtenu. Le plus surprenant réside peut-être dans les tenants et aboutissants du complot. A qui profitent les chemtrails ? Selon les théoriciens du complot, sont renvoyés sur le banc des accusés aussi bien l’armée américaine (chemtrails militaires et armes climatiques), la gouvernance mondiale (chemtrails économiques ou démographiques), le GIEC (chemtrails réchauffistes) ou encore l’incontournable firme Monsanto qui mettrait ainsi sur place des cultures génétiquement modifiées résistantes à l’aluminium ! Même constat avec le complot HAARP, étroitement associé dans les théories du complot climatique aux chemtrails. Le projet High Frequency Active Auroral Research Program (HAARP) installé depuis 1993 près de Gakona, en Alaska, est une installation de recherche sur l’ionosphère financée conjointement par l’US Air Force et l’US Navy, sous la direction scientifique de l’Université d’Alaska. Grâce à l’excitation via des ondes haute fréquence de la haute atmosphère, le projet tend à comprendre les mécanismes électromagnétiques complexes qui régissent l’ionosphère. Le programme se présente au sol comme un champ d’antennes assez monotone. Car pour vraiment observer les effets de ces installations, il faut écouter en radioamateur sur des fréquences précises les impulsions émises lors d’expériences menées conjointement avec les géophysiciens américains. Le projet HAARP a cependant permis une percée scientifique assez spectaculaire, lors de l’apparition d’une émission optique artificiellement provoquée par l’interaction de ces ondes haute-fréquence et du plasma ionosphérique. Le phénomène, décrit par Pedersen & Gerken (2005) dans la revue Nature, excita bon nombre de conspirationnistes y voyant là une preuve éclatante de la puissance néfaste du projet HAARP. Puisque les scientifiques génèrent des lumières dans le ciel, il n’y a – dans l’esprit des conspirationnistes– aucune raison pour que les militaires ne puissent pas modifier le climat, interrompre toute forme de communication hertzienne, détruire ou détourner des avions et missiles transcontinentaux et même influencer les comportements humains. Tout ceci grâce à une petite tâche lumineuse verdâtre bien moins spectaculaire qu’une aurore boréale, rappelons-le.

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Il suffirait d’un peu plus de bon sens et de culture scientifique aux tenants de ces théories du complot pour se rendre compte de leur erreur : dans le cas du Moon Hoax, théorie attribuant à divers degrés les vols lunaires habités à une supercherie du gouvernement américain, un débunking en règle des arguments complotistes montre que la plupart d’entre-eux sont basés sur une méconnaissance de disciplines scientifiques basiques telles que l’optique, l’astronomie ou encore la mécanique du point. De même pour les chemtrails, les théories conspirationnistes rejetent de facto une explication basique de chimie physique pour lui préférer des théories aussi complexes que fumeuses. Le principe du rasoir d’Ockham permet, comme toujours, de rejeter par simple raisonnement logique ces explications conspirationnistes. Prenons quelques instants au sérieux l’hypothèse d’un déversement de métaux toxiques et micro-particules dans la haute atmosphère. Un premier problème se pose : dans l’aéronautique, le moindre kilogramme de charge utile transportée est précieux. Les ingénieurs métallurgistes connaissent bien le problème pour rechercher sans cesse de nouveaux alliages à la fois résistants et légers. Etant donné qu’une compagnie aérienne doit optimiser sa charge utile embarquée (son gagne-pain) par rapport à la masse totale de l’avion au décollage, embarquer des tonnes de produits chimiques à pulvériser dans le ciel équivaut à réduire cette charge utile, et donc à rendre chaque vol bien moins rentable. Dans ce cas, qui payerait la facture ? Imaginons que l’état et certaines firmes privées financent la pulvérisation d’aluminium au-dessus de nos têtes. Nous pouvons, de manière assez grossière, estimer le coût de la manœuvre rien qu’en calculant l’achat quotidien de matière première. Supposons que chaque avion de ligne en vol embarque en moyenne secrètement une tonne d’aluminium à pulvériser, ce qui représente 1/18ème de la charge utile embarquée d’un Boeing 737-700. Ce choix d’avion utilisé aussi bien pour le fret que pour le transport de passagers n’est pas anodin, puisque actuellement, le Boeing 737 (et ses nombreuses déclinaisons) est l’avion de ligne le plus vendu au monde. A la rédaction de ce billet, le cours de l’aluminium était de 1520,34 euros la tonne. Sachant que d’après les statistiques consultées, 80000 vols mondiaux sont quotidiennement enregistrés, il faudrait payer quotidiennement la bagatelle de 121,63 millions d’euros pour arroser le ciel d’aluminium. Soit une facture à l’année de 44,4 milliards d’euros ! Si le complot des chemtrails était vrai, cela impliquerait deux conséquences directes : l’explosion exponentielle des cours de l’aluminium et autres métaux dispersés, alors que ceux-là fluctuent selon les demandes du marché, et bien entendu la faillite de la firme Monsanto, qui avec son chiffre d’affaires de 10,8 milliards d’euros, n’a clairement pas les moyens de financer ce complot. Quant à l’état payant la facture, ceci pourrait toujours expliquer dans l’esprit des conspirationnistes l’acharnement des gouvernements à réduire les dépenses publiques…

Les théories conspirationnistes frisent même le ridicule dans le cas du projet HAARP, actuellement à l’arrêt depuis plus d’un an et probablement démantelé dans un proche avenir malgré les annonces de reprises partielles d’activité à l’automne prochain. Ces mauvaises nouvelles pour la géophysique ne font pas pour autant réagir les conspirationnistes, qui malgré l’abandon du projet lui attribuent encore toute sortes d’événements climatiques et catastrophes aériennes. A croire que les installations de Gakona restent opérationnelles même une fois éteintes ! Mais puisque la moindre explication rationnelle sera rejetée comme une tentative de justification du complot, que la moindre absence de preuves sera interprétée comme l’évidence même de l’existence d’un complot, ces quelques exemples de raisonnements biaisés et contres-arguments ne pourront pas briser le cercle vicieux du conspirationnisme. Les commentaires postés en réponse au billet d’Audrey Garric en sont une preuve consternante. Pris au second degré, ils peuvent se révéler amusants et postés par des trolls patentés. Hélas, ces navrantes répliques dénuées de toute logique ou culture scientifique sont écrites avec le premier degré le plus sincère. Car le conspirationniste n’est pas seulement un militant anti-sciences trollant les sites et blogs. Il s’agit, le plus souvent, d’un innocent candide berné par des théories fallacieuses que son manque de culture scientifique ne lui ont pas permis d’éviter. A la fois victime et vecteur des théories du complot, le conspirationniste reflète une vérité bien plus triste : celle d’une société hautement technologique, et pourtant si dépourvue de culture scientifique. Or de même que l’enseignement de l’histoire permet de lutter contre le négationnisme et l’intolérance, seul l’enseignement des sciences et de leur culture permettra de rejeter les théories du complots dès le plus jeune âge. Encore faut-il se donner les moyens de ce combat et s’interroger : voulons-nous pour demain une société éclairée ou un monde obscurantiste ?

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