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Usoni

Après avoir plaidoyé sur ce blog en faveur d’une ouverture de notre paysage science-fictionnel au-delà des horizons habituels, il me semble pertinent de vous parler d’une série d’anticipation climatique kényane. Usoni, dont le premier épisode pilote a été réalisé en 2013, et qui attend depuis lors qu’un distributeur ou une chaîne de télévision lui donnent le coup de pouce nécessaire à son décollage, est un bel exemple de science-fiction africaine pertinente et innovante. Dans un futur proche, en 2062, le monde a connu des bouleversements climatiques sans précédents suite à l’éruption massive de plusieurs volcans européens. Le vieux continent vit désormais dans une pénombre quasi-permanente. L’agriculture s’effondre, les émeutes de la fin se multiplient, l’économie et les gouvernements vacillent. Seul espoir pour les migrants européens : gagner le continent africain, épargné par ce cataclysme et promis à un bel avenir. La série suit le parcours de deux immigrants clandestins, ayant eu recours à des passeurs à défaut de visa d’entrée sur le sol africain. Mais le voyage n’est pas sans dangers. Partis de Lampedusa, désormais point d’embarquement pour les clandestins européens, le jeune couple va devoir affronter une mer méditerranée déchaînée, doux prélude aux obstacles qui les attendent …

Usoni se révèle particulièrement brillant en raison de son renversement de situation : dans cette série, ce n’est plus l’Afrique mais l’Europe que les migrants tentent de fuir. Les points de vue sont inversés de manière à nous faire mieux comprendre, nous autres européens, la tragédie de ces migrants prêts à tout risquer pour rejoindre notre vieux continent. Autre facteur original transfiguré, un impact climatique naturel cette fois-ci, puisqu’il ne s’agit pas d’un bouleversement lié au réchauffement climatique anthropique mais d’une phase de refroidissement et d’assombrissement des cieux suite à l’émission massive de poussières volcaniques. Le scénario est loin d’être improbable : en effet, lorsque le volcan islandais Laki entra en éruption de juin 1783 à février 1784, l’Europe toute entière connut une vague de disette, de surmortalité par affections respiratoires et les affres d’un hiver particulièrement rigoureux. Au total, 160 000 personnes succombèrent en Europe des conséquences de l’éruption, et le phénomène fut longtemps considéré (peut-être à tort) comme un des facteurs de déstabilisation à l’origine de la révolution française. Autant dire que l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 , même si elle fut fort heureusement bien moins catastrophique, a tout de même de quoi laisser songeur …

Quoi qu’il en soit, Usoni est un excellent exemple de science-fiction africaine proposant un éclairage nouveau d’un sujet international grave, tout en jouant avec intelligence sur des facteurs naturels habituellement peu mis en valeur par l’anticipation climatique. Une belle surprise, qui ne demande qu’à s’épanouir …

 


L’hypothermie au secours des vols habités martiens

Comment les astronautes supporteront-ils les longs voyages à destination de Mars ? Tout simplement en hibernant. C’est du moins la solution proposée par la société américaine SpaceWorks, primée par la NASA et qui a présenté son projet au début du mois lors du Congrès International Astronautique de Toronto. Mais de quoi rêveront les astronautes endormis dans leurs modules d’habitation ? Telle est la question à laquelle aurait très certainement répondu le célèbre auteur de science-fiction Philip K. Dick dans une fiction des plus inspirées.

Le périple martien discuté depuis des décennies par les agences spatiales internationales présente encore de nombreux obstacles techniques. Parmi ceux-là, la durée du voyage (aux alentours de 90-180 jours pour chaque trajet) reste un problème de taille sur lequel butent médecins et ingénieurs en aérospatiale. En effet, les astronautes devront emporter avec eux les vivres nécessaires mais également lutter efficacement contre l’ennui et l’exiguïté de leur vaisseau spatial. Si l’expérience Mars 500 a démontré qu’un petit groupe social est capable d’endurer psychologiquement la durée d’une mission habitée martienne dans des conditions d’enfermement sur Terre, elle n’a cependant pas pris en compte les dangers sur la santé de l’équipage provoqués par des séjours prolongés dans l’espace ni l’inévitable stress lié à un vol spatial aussi risqué. Car un autre problème majeur s’oppose encore aux vols habités martiens : la protection de l’équipage contre les radiations qui ne manqueront pas de bombarder le module habité une fois quittée l’influence protectrice de la Terre.

Pour les ingénieurs de SpaceWorks, le meilleur moyen de renforcer les boucliers antiradiations consiste à rogner sur le volume de charge utile embarquée, et pour se faire à plonger l’équipage dans une sorte de sommeil prolongé, à la manière d’animaux hibernant à la mauvaise saison. Mission impossible ? Pas tant que cela : il suffirait tout simplement de s’inspirer de techniques médicales déjà existantes, comme l’hypothermie thérapeutique. En refroidissant le corps à des températures de 32-34°c, il serait possible de plonger les astronautes dans un état inconscient mais toujours viable. Les centres hospitaliers utilisent déjà cette technique pour soigner des patients victimes d’arrêts cardio-circulatoires. Le métabolisme se retrouve ralenti mais gagne en efficacité sur le plan thermochimique, tandis que les tissus restent parfaitement protégés. Les patients inconscients sont alors alimentés par perfusions intraveineuses et réveillés au bout de quelques jours de traitement. Sur le papier, cette solution paraît plutôt élégante : fini l’ennui d’un vol de 180 jours, les astronautes seraient endormis peu après avoir quitté l’orbite terrestre et réveillés lorsque le vaisseau s’approcherait de Mars. Exit également les volumineux stocks de vivres pour plus d’un an et demi : la nutrition parentérale est beaucoup moins encombrante, laissant du volume vacant pour des équipements et protections antiradiations supplémentaires.

Cependant, cette belle solution a un défaut majeur : aucun patient sur Terre n’a été soumis à une hypothermie thérapeutique de plus de sept jours d’affilée. Dans ces conditions, une léthargie de 90 à 180 jours (selon les fourchettes de durées estimées de trajets) relève encore de la science-fiction médicale. Les risques encourus par les astronautes seraient nombreux : perte de masse musculaire, effets néfastes sur l’activité cérébrale ou neurologique, perturbations généralisées des systèmes digestifs et rénaux, voire même atrophie du tube digestif … sans oublier les perturbations habituellement observées sur les organismes d’astronautes soumis à de longs séjours dans l’espace !Aucun médecin ne prendrait donc le risque de valider la proposition de SpaceWorks dans sa forme actuelle. Et pourtant, il sera probablement difficile, voire impossible de se passer de l’hypothermie thérapeutique pour rallier Mars en l’état actuel de nos moyens de propulsion spatiale. Aussi une alternative intéressante consisterait à alterner les phases de léthargie et de réveil durant le trajet. Les astronautes occuperaient leurs journées d’éveil avec des exercices physiques destinés à entretenir leurs organismes, quelques tâches intellectuelles maintenant leur intellect affûte et la préparation de leur prochaine période d’hypothermie. Les phases d’activité permettraient ainsi d’éviter l’instauration de trop longes périodes de sommeil tout en maintenant un bon état physique et psychique des astronautes, condition indispensable à la réussite de toute mission martienne. Le volume habitable ne serait certes pas aussi réduit que dans le scénario d’une léthargie complète, mais la charge utile pourrait tout de même être suffisamment diminuée comme discuté précédemment. Si la proposition de SpaceWorks est encore loin d’être retenue à la lettre par la NASA, parions qu’elle inspirera de nouveaux axes de recherche médicale en collaboration avec l’agence spatiale américaine, comme le suivi de patients en bonne santé durant des hypothermies prolongées de plusieurs semaines. Le sommeil sera-t-il une des solutions retenues pour atteindre le rêve martien ? Seul Morphée possède la réponse à cette question.

 

(c) SpaceWorks 2014

(c) SpaceWorks 2014


E.M.M.A.

Produit par Broken Box Inc., E.M.M.A. est un court-métrage d’anticipation sur l’émergence de robots anthropomorphiques dotés d’une intelligence artificielle supérieure. Lors d’expériences de routine sur le dernier modèle expérimental développé, deux scientifiques tentent de mieux comprendre comment E.M.M.A. appréhende son existence. A-t-elle conscience qu’elle n’est qu’une machine ou se conçoit-elle différemment ? Sans le vouloir, les deux chercheurs déclenchent une violente crise existentialiste chez leur modèle d’étude…

 


Premier épisode pour Star Wars Rebels

Vous n’avez certainement pas échappé aux publicités annonçant la nouvelle série d’animation 3D américaine dans l’univers Star Wars. Produite par Lucasfilm Animation et Walt Disney Television Animation, la série est diffusée depuis aujourd’hui sur Disney XD avec en bonus la mise en ligne gratuite sur leur chaîne youtube dédiée du premier épisode pilote. Beaucoup d’appréhension circulait autour de cet épisode pilote, long de 45 minutes (les 16 suivants ne feront que 22 minutes) et censé inaugurer en grande pompe les nouveaux « canons » de la licence. Sortant de son visionnage, je dois dire que je craignais également beaucoup de ce moyen-métrage d’ouverture, baptisé énigmatiquement « Prémices d’une Rébellion ». Et comme première réaction à chaud, il me faut bien reconnaître que le résultat est plutôt satisfaisant.

Se déroulant durant la sombre période séparant l’épisode III de l’épisode IV, Star Wars Rebels débute 14 ans après la chute du Temple Jedi et l’ascension de l’Empire galactique. Les mondes impériaux tremblent sous l’autorité des forces impériales, promptes à faire régner l’ordre par la terreur et la violence. Nous rencontrons Ezra Bridger, un adolescent orphelin qui tente de survivre sur Lothal, son monde d’origine. Alors que le garçon prépare un larcin contre la garnison impériale locale, il tombe sur Kanan Jarrus et sa bande de rebelles. Les circonstances évoluent très vite pour le jeune voleur Ezra, d’abord en compétition avec les rebelles avant de lentement embrasser leur cause. Il rencontre à bord de leur vaisseau spatial, le « Ghost », les autres membres de l’équipe : la pilote Twi’lek Hera Syndulla, la Mandolarienne Sabine Wren, l’alien Zeb Orrelios et le droïde C1-1OP « Chopper ». D’aventures en péripéties, Kanan Jarrus se révèle être un ancien padawan ayant survécu à l’Ordre 66 …

Comme déjà révélé par les nombreuses actualités autour de cette nouvelle série d’animation, Star Wars Rebels met en scène une équipe disparate formant une même famille de cœur face à l’oppression de l’Empire galactique. Le statut de Jedi de Kanan Jarrus avait déjà été hélas largement spoilé. Aussi serait-il dommage, si vous voulez préserver au maximum votre suspens, de poursuivre l’inventaire des rôles attribués à chaque personnage durant cet épisode pilote. Notons cependant que le fonctionnement de l’équipage n’est pas sans rappeler celui d’un groupe de MMORPG, à la manière d’un Star Wars The Old Republic projeté dans l’époque de l’Empire galactique. Il est d’ailleurs assez surprenant de croiser une chasseuse de primes aux-côtés d’un Jedi, mais laissons le scénario nous surprendre sur ce point. Côté trame générale, nous retrouvons cependant la classique formule de l’expérience initiatique du jeune adolescent partant aussi bien à l’aventure qu’à la découverte de lui-même. Immanquablement, les jeunes spectateurs s’identifieront au personnage central d’Ezra Bridger. Quant au reste de l’équipage, nous avons affaire à de fortes personnalités, aussi bien masculines que féminines, promettant tout autant un fort potentiel d’attachement vis-à-vis du public ciblé. De ce côté-là, c’est déjà un sans fautes, et l’on sent poindre les inévitables produits dérivés d’ici la fin de l’année.

Seul bémol, l’intrigue dévoile dès la fin de ce pilote les principaux adversaires que notre équipe devra affronter, coupant court sur ce plan à tout suspens. Comme attendu, deux grands adversaires pourchasseront nos héros, en la personne d’un agent impérial et d’un inquisiteur Sith. Reste à savoir si ces révélations prématurées ne font que poser un cadre pour les épisodes à venir, et si d’autres objectifs qu’une interminable course-poursuite viendront pimenter les prévisibles développements attendus. En attendant d’en découvrir plus, Star Wars Rebels se présente donc comme un très bon divertissement familial. Gageons que cette nouvelle série jeunesse saura donner l’envie à nos chères petits têtes blondes d’explorer à leur tout la galaxie Star Wars, tout en offrant un agréable moment à leurs parents et aînés.

 

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Tolkien le Maître des Anneaux – Lin Carter

tolkien_carter-essaiLe mois dernier marquait la célébration du centième anniversaire de l’univers tolkienien. Une date pour le peu délicate à fixer, et qui s’appuie selon toute vraisemblance sur la période de rédaction du poème « Le Voyage d’Éarendel » , écrit à la fin de l’été 1914 peu après l’embrasement de la première guerre mondiale. Alors qu’il parvient à alterner entraînement militaire et déroulement de ses études, le jeune Tolkien poursuit la rédaction de ces œuvres premières. De ce terreau fécond naîtra bien plus tard le Silmarillion, mais alimentera également son inspiration lors de la rédaction du Hobbit puis du Seigneur des Anneaux. Lorsque Lin Carter publie, en 1969, son essai consacré à Tolkien et à son œuvre, le professeur est toujours de ce monde. Son succès est encore assez récent, et le travail de Carter se pose en quelque sorte comme précurseur des futures et nombreuses études qui viendront ensuite nous éclairer sur le maître de la high fantasy.

Relire l’essai de Carter présente donc un certain intérêt en cette période de centenaire tolkienien. Paru dans sa version française en 2003 chez Le Pré aux Clercs, cet ouvrage se décline en trois parties assez distinctes ; d’abord une biographie de Tolkien, ensuite un historique de la fantasy dans la littérature, et enfin une analyse des influences de l’auteur dans ses œuvres. Si le découpage semble de prime abord intéressant, il faut cependant préciser que l’ouvrage est aussi bien écrit à la première qu’à la troisième personne : Lin Carter livre avant tout un compte-rendu de sa propre enquête sur Tolkien, et se démarque sensiblement de toute méthode d’analyse universitaire plus conventionnelle. Nous retrouvons donc aussi bien des témoignages directs de Carter, ceux concernant sa rencontre avec Tolkien étant bien entendu les plus pertinents du lot, que des notes de lecture personnelles, et même une conclusion focalisée sur les propres projets littéraires de notre essayiste (!). Autant dire que l’intérêt de ce livre se limite très vite à une rapide première prise en main de l’œuvre de Tolkien, et en aucun cas à une étude objective et complète du maître.

Lin Carter relate cependant quelques détails intéressants sur la biographie de Tolkien et de son œuvre, un des passages les plus truculents à mes yeux étant cette anecdote concernant le succès que connut la trilogie non pas en grand format mais lorsqu’elle fut enfin tirée en format poche : « Le Seigneur des Anneaux n’eut pas un succès formidable en Grande-Bretagne. [...] Bien que la plupart des grandes plumes en eussent abondamment parlé, la trilogie passa relativement inaperçue. Il fallut attendre 9 ans, lors de sa sortie en poche, pour que l’œuvre de Tolkien suscitât l’engouement de millions de lecteurs. Cela s’explique en partie par la différence de prix entre les éditions grand format et les éditions de poche. Il y avait bien un groupe d’admirateurs fanatiques qui possédaient les éditions grand format. Mais rares étaient les lecteurs prêts à payer quinze dollars pour une trilogie d’une longueur rébarbative, imprimée en petits caractères, alors que le même livre était en vente pour moins de un dollar par volume chez tous les libraires. [...] En un rien de temps, la trilogie en poche se vendit mieux que n’importe quel autre titre. » L’anecdote me fait d’autant plus sourire que certains auteurs français de fantasy continuent à défendre mordicus le grand format tout en regrettant de la faible diffusion de leurs œuvres, cherchez l’erreur …

Autre aspect intéressant de cet essai, Lin Carter insiste énormément sur les influences de Tolkien, bien que ses chapitres rédigés à la première personne nous livrent plutôt le récit de ses propres découvertes bibliographiques et écourte considérablement l’analyse de l’œuvre. Parmi les points qu’il défend le plus revient sa réfutation du Seigneur des Anneaux comme roman allégorique. En effet, beaucoup de lecteurs ont cru voir dans la géographie de la Terre du Milieu et le récit épique du combat du bien contre le mal mené par ses héros une allégorie de la seconde guerre mondiale, voire de la guerre froide. La première allégorie étant plus crédible en raison des dates de rédaction du Seigneur des Anneaux (1937-1949) et de l’axe géographique entre la Comté (NE) et le Mordor (SE) comparable à celui reliant le Royaume-Uni à l’Allemagne. Mais comme le rappelle Lin Carter à plusieurs reprises au cours de cet essai, il ne faut pas confondre inspiration et allégorie, et notre essayiste de citer sur ce point la réponse de Tolkien lui-même : « Il n’y a aucune visée allégorique, morale, religieuse ou politique, ni générale ni particulière. [...] Je déteste cordialement l’allégorie, et je l’ai toujours détestée, depuis que je suis assez vieux et méfiant pour détecter sa présence. Je préfère de beaucoup l’histoire, vraie ou fictive« . Tolkien visait plutôt l’écriture d’une mythologie contemporaine inspirée de nombreux textes anciens. Aussi Carter poursuit-il son analyse en détaillant les principales sources d’inspiration de l’auteur, que ce soient l’Edda Poétique, la légende de Siegfried, Beowulf, les mythologies nordiques ou encore les légendes arthuriennes (pour ne citer que ces exemples). Carter reste cependant plutôt vague concernant les influences personnelles de Tolkien, que ce soient son passé de sous-lieutenant durant la première guerre mondiale, sa vision de l’Angleterre urbaine face à l’Angleterre rurale, ou bien tout simplement ses engagements politiques contre le nazisme et le stalinisme exprimés avec fougue dans ses correspondances. On pourra supposer que Carter manquait simplement à cette époque d’éléments d’analyse, tout en notant qu’il se contente plus prudemment de rappeler que pour Tolkien, les expériences personnelles sont un terreau fertile sur lequel les germes de l’inspiration s’épanouissent de bien différentes façons.

Que retenir d’autre de cet essai ? Mis à part les récits personnels de Lin Carter qui n’apportent strictement rien à l’ouvrage, ce « Maître des Anneaux » se présente comme un premier guide à destination du lecteur néophyte, désireux à la fois de mieux cerner ses lectures que la fantasy à laquelle l’œuvre de Tolkien appartient. Son acquisition au détours d’un bouquiniste ou d’un vide-grenier peut donc se révéler une sympathique pioche. Cependant, le manque d’approfondissements et cette détestable alternance de style entre témoignages à la première personne et étude de texte à la troisième personne auront vite fait de lasser les plus férus admirateurs de Tolkien. Ils lui préféreront, non sans raison, d’autres études plus récentes et bien plus sérieuses.

 

Lin Carter, Tolkien le Maître des Anneaux (Tolkien: A Look Behind « The Lord of the Rings », 1969). Traduction : Dominique Haas. Editions Le Pré aux Clercs (2003), 269 p.