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Evelyne Dheliat présente la météo de 2050

L’été 2050 sera chaud, très chaud. Et ce n’est pas le bulletin météorologique du 17 août 2050, présenté par l’éternelle Evelyne Dheliat, qui nous dira le contraire : 40°c attendus à Paris, des orages violents dans toute la France, et un front froid qui peine à nous parvenir. Produit dans le cadre de la Conférence sur les changements climatiques qui se déroule à Lima, ce bulletin météo français n’est pas une simple oeuvre de fiction mais une anticipation sérieuse basée sur les projections de Météo France concernant le climat en métropole d’ici la moitié de ce siècle. Cette initiative n’est d’ailleurs pas isolée mais fait partie d’une série de vidéos réalisées par différents pays participant à cette conférence, dont le Pérou, le Vietnam, l’Espagne, le Brésil, le Burkina Faso ou encore les USA. Toutes ces séquences ont pour but de mettre en avant les événements climatiques majeurs qui guettent nos nations si aucune décision n’est prise pour lutter contre le réchauffement climatique. Point particulier de ces vidéos d’anticipation climatique, elles sont toutes présentées par des animateurs-vedettes de grandes chaînes de ces nations, une façon d’associer ces présentateurs météo familiers du grand public à l’effort de vulgarisation autour du réchauffement climatique. Voilà une initiative des plus louables, alors que l’année 2014 s’annonce comme la plus chaude jamais enregistrée.

Rappelons que le réchauffement climatique actuel est d’origine anthropique, et qu’il pourrait élever la température moyenne à la surface de la planète de 3°c à 4°c d’ici 2050 si aucune action commune n’est entreprise. Ce bouleversement climatique majeur provoquerait une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, une dégradation des milieux naturels et une entraînerait de graves répercussions sur l’agriculture mondiale, la stabilité mondiale et la survie de populations entières. Plus que jamais, agir pour le climat est un enjeu majeur de ce siècle.

 


Ivre, elle raconte avoir vu des astronautes courir à la surface de Mars

Jackie les a vus. C’était par une belle journée de 1979, alors qu’elle travaillait avec son équipe sur les données de télémétrie envoyées par les sondes Viking. Soudain, la caméra d’un des atterrisseurs renvoie en direct une séquence qui devait rester à jamais gravée dans sa mémoire. Deux astronautes, équipés de combinaisons ultra-modernes, courent à la surface de la planète rouge. Jackie et ses cinq sont littéralement secoués par la révélation : « Ce vieux rover Viking parcourait la surface lorsque j’ai vu deux hommes dans des combinaisons spatialespas les combinaisons encombrantes habituelles, mais elles semblaient les protéger. Ils se sont dirigés vers l’horizon, attendant sur place le Viking Explorer  » . Jackie et ses collègues décident d’en informer leur hiérarchie : « nous sommes montés à l’étage, mais ils avaient fermé à clé la porte et collé un morceau de papier pour qu’on ne puisse pas les observer de l’extérieur  » . Qui étaient ces astronautes, et pourquoi portaient-ils de curieuses combinaisons futuristes ? Jackie en est sûre, la NASA lui cache depuis ce jour la vérité.

astronauts-mars

Ce témoignage n’est pas tiré d’un épisode de X-Files, aussi inutile de consulter frénétiquement votre intégrale de la série à la recherche de cette pépite. Il s’agit d’un témoignage véridique, délivré par une femme surnommée « Jackie » à l’antenne de Coast to Coast AM, une radio américaine. Cette anecdote d’une ancienne technicienne, que bien entendu la NASA ne corrobore pas, pose de toute évidence un certain nombre de questions. La première, et pas des moindres, porte déjà sur le passé de cette femme sous pseudonyme. A-t-elle seulement travaillé à la NASA ? En effet, malgré ses talents certains de conteuse, son témoignage est en parfaite contradiction avec les caractéristiques techniques du programme Viking. Mais résumons tout d’abord dans les grandes lignes cette glorieuse mission : les deux sondes, lancées durant l’été 1975, parvinrent bel et bien sur Mars en quelques mois. Elles comprenaient chacune un orbiteur et un atterrisseur, à la manière des récentes sondes Rosetta et Philae. Les deux atterrisseurs Viking sont entrés dans l’histoire de l’exploration spatiale non seulement en raison de leurs plans de vol exécutés à la perfection, mais également grâce aux nombreux clichés et données scientifiques que leurs instruments purent renvoyer vers la Terre. Le programme Viking aboutit également à écarter toute hypothèse de trace de vie sur Mars – du moins pour le moment – ruinant définitivement le fantasme d’une planète rouge habitée.

Le témoignage de Jackie est correctement daté, puisqu’en 1979 le contact avec les deux atterrisseurs était encore établi. Viking 2 épuisa ses batteries un an plus tard, en avril 1980, tandis que Viking 1 continuera d’émettre jusqu’en novembre 1982, date à laquelle une erreur humaine mit hors-service son antenne. Cependant, les sondes Viking n’ont pas parcouru le moindre kilomètre à la surface de Mars, et ce pour une raison évidente : il s’agissait d’atterrisseurs, et non de robot astromobile comme le célèbre Curiosity. Lorsque Jackie parle de « rover » pour désigner un atterrisseur Viking, elle commet donc une première grossière erreur. Vient ensuite son observation à partir du « live stream » télévisé de Viking. Seconde erreur pour notre chère Jackie, qui devrait pourtant savoir que les caméras des atterrisseurs Viking n’ont capturé que des clichés instantanés. Leur motorisation à 360° leur permit cependant de réaliser de magnifiques panoramas de leurs sites d’amarsissage. Peut-être confond-elle avec les caméras vidéo de type vidcon des orbiteurs Viking, semblables pour leur part à celles utilisées par les studios de télévision de l’époque. Mais même avec leur téléobjectif de 475 mm, impossible de filmer en plein écran un astronaute déambulant à la surface depuis l’orbite martienne !

Enfin, dernière erreur de notre chère Jackie, son récit du centre de contrôle de la mission viking (le VMCC ou Viking Mission Control Center) donne l’impression d’une succession de bureaux étroits installés dans un immeuble. Un décors étouffant, digne d’un film d’espionnage ou du film Capricorn One qui mettait déjà en scène un complot martien. Tout le contraire de la grande salle de contrôle VMCC, aménagée en îlots informatiques et équipée d’écrans géants. Le bâtiment du Jet Propulsion Laboratory existe toujours, et il suffit de consulter les images d’archives pour se rendre compte qu’un simple bout de papier ne suffirait pas à cacher ses nombreux écrans d’ordinateur. Mais tout s’explique si, bien entendu, Jackie n’a jamais été habilitée à pénétrer dans le building ! Avec autant d’erreurs à son actif, Jackie accumule les bourdes et amuse la galerie. Son récit, très probablement né de son imagination féconde, ne tient pas la route une seconde. Pire encore, Jackie ne semble même pas avoir fait l’effort de consulter Wikipedia pour y apporter un tant soit peu de réalisme ! Curieusement, le témoignage de Jackie suit les élucubrations du Dr John Brandenburg, un physicien persuadé que deux civilisations martiennes (les Cydoniens et les Utopiens) ont été détruites par une attaque nucléaire alien. Notre chère Jackie a-t-elle voulu apporter sa propre pierre à l’édifice conspirationniste, ou croit-elle réellement avoir aperçu Carl Sagan et John Carter à la surface de Mars ? Toujours est-il que, malgré le côté ridicule de ces affirmations gratuites, nombreux sont les partisans des théories du complot à discuter des tenants et aboutissants de ces nouvelles révélations « fracassantes ». Ce monde est fou, complètement fou.

carl sagan on mars


Démographie : le retour de la « Bombe humaine » ?

Un article publié à la rentrée sur Science revenait sur une des plus grandes craintes environnementales : selon des projections des Nations Unies basées sur des données récentes et une méthodologie probabiliste bayésienne, la population mondiale ne devrait pas arrêter sa croissance au cours du XXIème siècle, bien au contraire. D’après les auteurs de cette étude, il apparaît une probabilité de 80% que la population actuelle de 7,2 milliards d’habitants augmente de 9,6 à 12,3 milliards d’habitants en 2100. La plus forte hausse proviendrait de l’Afrique, où le taux de fertilité reste supérieur aux valeurs attendues. A l’inverse, les populations asiatiques connaîtront une stagnation et un déclin à partir de 2050, tandis que celles des autres continents resteront globalement stables, voire légèrement inférieures par rapport à leurs effectifs actuels.

population

(C) Flikr – Creative Commons

Comment expliquer la situation africaine ? En grande partie en raison de sa jeunesse, part importante de sa démographie puisque 41% sont âgés de moins de 15 ans. Avec un âge médian de 20 ans, la population africaine présente une situation ambivalente : ce boom démographique n’étant pas accompagné d’un développement économique et social tout aussi fort, la jeunesse africaine oscille entre opportunité d’avenir ou crise à long terme. Conséquence directe, les efforts insuffisants apportés à l’éducation de la jeunesse et au bien-être de la population bloquent l’arbre démographique dans une situation pyramidale. Mais quel modèle économique privilégier pour le développement de l’Afrique ? Avec un taux de chômage des jeunes africains de 60% , la création d’emplois semble l’urgence première des dirigeants africains. Cependant, la situation n’est pas aussi évidente que cela, et un développement économique irréfléchi pourrait mener à long terme à une situation tout aussi catastrophique.

Rentre alors en jeu l’équation de Kaya. Développée par l’économiste japonais Yoichi Kaya dans son ouvrage « Environment, Energy, and Economy : strategies for sustainability » (1993) , l’équation de Kaya joue désormais un rôle central dans les réflexions des experts climatiques du GIEC. Ce modèle environnemental permet de relier les émissions de dioxyde de carbone, un des principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, à l’activité économique d’un pays, mais également à sa production énergétique et aux effectifs de la population. La réflexion est loin d’être simple, démontant au passage bon nombre de poncifs habituellement servis par les économistes libéraux comme par les militants écologistes. L’équation de Kaya souligne à elle seule les interactions complexes entre économie, démographie et environnement : puisque la situation actuelle n’amène à aucun équilibre durable, quels réglages imposer pour y parvenir ? Certainement pas en déréglant encore plus le facteur économique par le ridicule culte actuel du sacro-saint PIB, et encore moins en laissant galoper le facteur démographique sans s’y soucier une seule seconde. Or, comment parvenir à une maîtrise concertée de l’équation de Kaya ? Par l’éducation, tout d’abord, priorité indispensable afin que la jeunesse africaine soit à même de saisir les outils qui forgeront son avenir, mais également celui de notre planète toute entière. Ensuite, par l’égalité des droits entre sexes et l’abolition du poids des traditions asservissant les femmes. Et enfin, par une véritable implication des sciences environnementales et économiques dans les politiques internationales. Mais comment résoudre une crise environnementale, économique et démographie alors que nos dirigeants se soucient plus des échéances électorales que de l’avenir de leurs concitoyens ? Il y a de quoi désespérer de la nature humaine …


Wanderers

Wanderers de Erik Wernquist est une vision de l’expansion de l’humanité dans le système solaire, basée sur d’idées et de concepts de ce que pourrait devenir notre avenir dans l’espace. Les scènes décrites dans ce court-métrage sont la reproduction numérique de lieux réels du système solaire, reproduits à partir de véritables photos et données rendues disponibles par l’exploration spatiale et la recherche scientifique.  Sans histoire apparente autre que celle qui vous viendra à l’esprit lors de votre visionnage, l’objectif de ce film est avant tout de montrer un aperçu de la nature fantastique et magnifique de ces mondes voisins. Présenté par la voix éternelle de Carl Sagan, Wanderers nous invite à poursuivre à notre tour ce grand rêve de l’Humanité …

 


Neon Genesis Evangelion tome 14 – Nouveau Départ

NGE_14Nous voici arrivés au terme de l’aventure. Après vingt années de travail pour Yoshiyuki Sadamoto et de patience pour les inconditionnels de la série, Glénat publie enfin le quatorzième et dernier tome du manga Neon Genesis Evangelion dans sa traduction française ! Que de souvenirs pour le fan que je suis : quatorze, c’est aussi le nombre d’années me séparant de la découverte de la version manga du célèbre anime japonais, initialement proposé sous la forme d’une série de 26 épisodes et diffusé pour la première fois en France sur Canal+ en 1998. Bien entendu, le véritable suspens de cet ultime tome repose sur la découverte de la conclusion retenue par Sadamoto. Suivra-t-il l’épisode final de la série télévisée ou se rangera-t-il derrière le scénario du film The End of Evangelion ?

Beaucoup de fans attendent de cet ultime tome que Yoshiyuki Sadamoto tranche la fameuse dispute qui anima le studio Gainax alors que le scénario initial, jugé trop violent et trop ambitieux en terme d’animation et de budget, fut réécrit pour les deux derniers épisodes 25 et 26. Cette version revisitée du final de l’anime avait déçu plus d’un téléspectateur, et le réalisateur Hideaki Anno avait pu revenir sur son scénario initial à travers le film The End of Evangelion, œuvre tout âprement discutée par les fans de l’univers. La confusion générée entre les deux conclusions avait laissé le public aussi indécis que divisé. Mais est-ce pour autant à Sadamoto d’arbitrer définitivement cette dispute ? Non, je ne le crois pas, car une troisième option subsistait : l’adaptation manga de la série, entreprise par ce dernier et débutée la même année que la sortie de l’anime au Japon (1995). Yoshiyuki Sadamoto, alors dessinateur et character designer de la Gainax, n’avait de toute évidence pas l’intention de corriger le scénario d’Anno, mais bien d’en proposer sa propre interprétation. Les années se sont écoulées, chaque tome marquant sa légère différence avec la série, sans pour autant bafouer l’idée originale de Hideaki Anno. Puis, à partir du tome 12, Sadamoto sembla pencher pour une conclusion similaire au Troisième Impact apocalyptique de The End of Evangelion. Un choix en grande partie confirmé par le tome 13, bien que de légers changements de direction annonçaient que progressivement, le dénouement s’engagerait vers une conclusion inédite.

J’avais fait le pari que Sadamoto cherchait à préparer le lecteur en vue de lui présenter son propre dénouement, proche du film apocalyptique mais définitivement éloigné de sa dérangeante scène finale. J’envisageais même plusieurs spéculations quant à ce quatorzième et ultime tome, lançant ainsi une bouteille à la mer en attendant sa prochaine parution. Il s’avère qu’au final, j’avais vu juste, même très juste. A tel point que si je ne reviens pas sur mes propres pronostics, ce n’est que par souci d’en révéler le moins possible sur le dénouement de cette grande série. Mais alors, que dire sans risquer le spoil ? D’abord, commençons par un compliment. Cette conclusion est, à mon goût, une réussite totale. Un parfait dosage entre les dénouements de la série animée et du film The End of Evangelion. Mieux encore, Sadamoto parvient à imprimer sa propre marque dans l’intrigue plutôt que de se borner à la réécriture d’un scénario hybride entre les deux œuvres. Il s’agit également, à mon propre avis, de la meilleure interprétation du Plan de Complémentarité de l’Humanité, ce vaste projet obscur dont nous ne savions quasiment rien jusqu’à présent, et dont les clés étaient bien contenues en Rei Ayanami et Shinji Ikari. Positive sur le plan psychologique, cette conclusion amène enfin une ultime touche de mysticisme religieux, renforçant l’allégorie de l’Apocalypse tout en amorçant l’idée d’une sorte de big crunch métaphysique, une résurgence de l’océan primordial, fertile et régénérateur, qui mènera à la renaissance du monde et de l’Humanité. Mais pour quel avenir ? Tout dépendra de la volonté de Shinji Ikari, sorte de conscience supérieure et unique être capable d’exercer son dessein sur cette nouvelle Création.

Achever la lecture de ce quatorzième et ultime tome ne laisse pas indifférent, loin de là. Outre la révélation d’une conclusion attendue depuis deux décennies, Sadamoto nous livre un ultime épisode d’une très grande qualité, aussi bien sur le plan artistique que scénaristique. Plus qu’une conclusion du manga, ce quatorzième tome s’impose comme un extraordinaire magnum opus. Et cerise sur le gâteau, le génial Sadamato trouve même un rôle à Mari Makinami, personnage récemment introduit dans le controversé Rebuild of Evangelion. Si je ne manque pas d’éloges pour ce quatorzième tome, ne doutons pas pour autant que mon avis ne fera pas l’unanimité et que sa conclusion audacieuse suscitera de nombreux débats houleux entre fans de l’univers d’Evangelion. Pour ma part, mon parti est pris, et c’est avec une certaine nostalgie que je vous remercie une dernière fois, monsieur Yoshiyuki Sadamoto, pour toutes ces années passées à lire votre fabuleuse vision de Neon Genesis Evangelion.