septembre 2014
L Ma Me J V S D
« août    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

The Great Old Ones – Tekeli-li

tekili-li » Je ne suis pas fou. Je souhaite juste aujourd’hui prévenir le monde des horreurs indicibles qu’une nouvelle expédition dans ce désert blanc pourrait libérer. Non je ne suis pas fou. Je les ai vues ces entités rampantes, plus anciennes que les hommes, ces immondices cachées dans leur cité de pierre noire. Je les ai vues, plus grandes que tous les édifices, plus effrayantes que la mort elle-même. Je les ai vues, ces montagnes hallucinées  » .

The Great Old Ones fait partie de ces groupes montants de la scène black metal actuelle. Ces bordelais formés en 2009 par Benjamin Guerry (voix, guitare) se sont plongés dans un black atmosphérique lovecraftien de grande facture. Soit dit en passant, marier Lovecraft et metal est une grande tradition du genre, et les exemples ne se limitent nullement au célèbre Call of Ktulu de Metallica ! Aussi réussir cette fusion gagnante entre musique extrême et oeuvres du Maître nécessite désormais une bonne dose de travail comme d’inspiration. Sur ces points, Benjamin Guerry a particulièrement soigné ses compositions, puisqu’il a travaillé deux ans en amont avant de rechercher des musiciens pour enregistrer leur premier album, « Al Azif » (2012). Deux labels différents signent alors cet album : Antithetic Records aux USA et Les Acteurs de l’Ombre en Europe. Ayant désormais planté son étendard sur la scène black metal, The Great Cold Ones revient deux ans plus tard avec son second album, « Tekeli-li » , qui vient largement confirmer les débuts prometteurs de nos frenchies.

Inspiré de la nouvelle « Les Montagnes hallucinées » , l’album se resserre sur une tracklist de six titres seulement. Alternant narration, chants black et passages instrumentaux, les compositions se veulent avant tout de longues immersions dans l’univers de la nouvelle. « Tekili-Li » est bien entendu le cri horrible qu’émettent les shoggots, ces créatures créées par les Grands Anciens et qui provoquèrent leur chute finale en se rebellant. Dans la nouvelle de Lovecraft, les deux explorateurs de l’Université de Miskatonic rencontrent une de ces entités au cours de leur exploration des ruines d’une gigantesque cité perdue au cœur de l’Antarctique. C’est ce récit, écrit à la première personne par le géologue William Dyer, que nos bordelais entremêlent dans leurs compositions. Les chants se fondent aux mélodies instrumentales lourdes, d’influence doom, et de compositions riches. Le rythme de la nouvelle, enchaînant les longues phases d’exploration et la brusque fuite haletante, est restitué en brisant les passages instrumentaux par une double pédale stroboscopique et une variation de tempo efficaces. Comment résumer en quelques mots l’écoute des titres de The Great Old Ones ? Glaçante, déchirante, oppressante. Les mêmes sensations qui parcourent le lecteur en découvrant les textes de Lovecraft, alors que la suspension de son incrédulité le mène à se tenir devant un abîme sans fond. L’expérience est forte, le frisson jouissif, à l’image de la sublime cover de cet album, réalisée d’après une peinture de Jeff Grimal (voix, guitare).  Faut-il donc en déduire que ce groupe bordelais maîtrise toutes les approches artistiques du mythe de Cthulhu ? Oui, assurément.

Lovecraft aurait aujourd’hui 124 ans. Son oeuvre, quasiment inconnue du grand public de son vivant, est devenue au fil des décennies une pièce fondatrice de la littérature américaine moderne. Plus qu’une littérature de genre, il s’agit là des fondements d’une inspiration culturelle féconde. Soixante-dix sept ans après sa mort, son oeuvre poursuit son évolution. Son exploration ne connaît aucune limite artistique, et ses terribles révélations n’ont de cesse de rendre la pale lueur des étoiles toujours plus angoissante. The Great Old Ones parviennent à restituer à merveille cette ambiance étouffante du Mythe de Cthulhu. Mieux encore, il prouve que la scène black metal est capable de faire naître de jeunes groupes d’une grande maturité artistique et érudition culturelle. De nouvelles lettres de noblesse pour le black, et réjouissons-nous, ces lettres-là sont bordelaises !


Le choix de la vie – Ludovic Deloraine

Le-choix-de-la-vieLa vie est dure sur un astéroïde minier abandonné. Laissés à leur propre sort par une multinationale spatiale, les ouvriers échoués sur un monde ridiculement petit tentent désormais de cultiver le sol stérile de cet immense dépotoir terraformé. Dans une masure délabrée, Chlod’weig Lohrein, dit le Païen, cherche une réponse à son existence en guettant les présages des dieux. Son épouse Avanis, qui ne peut avoir d’enfants, s’est réfugiée dans ce curieux loisir qu’est la « lecture ». L’injustice de leur quotidien n’échappe pas à Chlod’weig. Pourtant, il lui faut attendre sa rencontre avec le Nihiliste, un étrange cyborg voleur d’eau, pour que sa foi vacille enfin. Quittant la zone éclairée de l’astéroïde pour pénétrer dans la mortelle « zone d’ombre », il découvre un monde dont il ignorait tout, peuplé de personnages aussi étranges que dangereux …

Ludovic Deloraine est un auteur que j’avais découvert un peu par hasard, à la lecture de son roman Le Clan Fimbulsson. Le bougre a depuis parcouru un bout de chemin et c’est comme nouvelliste de science-fiction que je recroise à nouveau sa prose. Publiée en format numérique aux éditions Artalys, sa nouvelle « Le choix de la vie » se présente à la fois sous les étiquettes de space-opéra et de conte philosophique moderne. Le décors de l’intrigue, qui n’est pas sans rappeler le film Outland de Peter Hayms, nous plonge dans une sorte de western post-apocalyptique où les derniers mineurs d’un astéroïde abandonné tenteraient de maintenir un semblant de vie civilisée. Mais les faibles moyens techniques comme intellectuels dont ils disposent en ont fait de pauvres bougres abrutis par leur propre gnôle et incapables d’échafauder le moindre plan de secours face à l’inévitable disparition de leur fragile atmosphère. Débute alors la rencontre avec le Candide de ce conte, Chlod’weig Lohrein. Héros malgré lui, le pauvre homme est un croyant très peu instruit mais pourtant doté d’une grande intelligence. Sa quête existentialiste s’entremêle rapidement d’un conflit contre l’autorité, faisant du personnage un héritier à la fois de la Zone du Dehors d’Alain Damasio et du Petit Prince de Saint-Exupéry.

Conte philosophique particulièrement bien mené, « Le choix de la vie » est également une expérience originale d’écriture, le narrateur enchaînant les focalisations à la première personne ou omnisciences dans de courts paragraphes entrecroisés. Ce travail sur la narration diégétique renforce l’exploration de ce candide futuriste, et nous renvoie à nos propres interrogations : quelle est la place de l’individu dans nos sociétés ? En sommes-nous acteurs ou esclaves ? Où se situe le garde-fou, si tant est qu’il puisse encore exister? Mettant en scène les conflits existentialistes du personnage principal dans un monde à l’agonie, Ludovic Deloraine traduit ses inquiétudes justifiées sur notre propre avenir. Comme son héros, il nous faudra nous aussi oser pénétrer dans l’obscurité pour oser porter un regard neuf sur notre civilisation. Mais en aurons-nous le courage ?

 

Le choix de la vie, Ludovic Deloraine (2014). Editions Artalys, 26 p.


Challenge Warmachine #2

Retour de me challenge Warmachine ! Comme expliqué dans mon précédent billet, je participe à un événement estival consacré à ce jeu de figurines steampunk fantastique. Après avoir peint la boîte de base de mon armée Cryx, le magasin Sortilèges Nantes m’a donc proposé d’acheter une extension à prix réduit.  J’ai jeté mon dévolu sur une boîte de « bile thralls » répugnants à souhaits. Ces créatures mort-vivantes déambulent sur les champs de bataille avec leurs cracheurs à bile. Leurs entrailles putréfiées sécrètent une substance corrosive et acide dont ils aspergent leurs victimes. Autant dire que ces suppôts du Dragon Toruk représentent un choix de piétailles sacrifiables des plus intéressants pour ma nécromancienne. Qui sait, peut-être enliseront-ils suffisamment longtemps l’ennemi pendant que mes warjacks le prendront en étau ? On peut toujours rêver, et tous mes plans pour les batailles futures passeront l’épreuve du feu prochainement dans le dernier volet de ce challenge !

Ces figurines de bile thralls sont en métal. Cela change un peu, à vrai dire, vu que j’assemble surtout des kits plastiques en ce moment. Aucun souci d’ébarbage, les moulages sont propres et les détails de très bonne qualité. Après une sous-couche noire, j’ai effectué plusieurs couches de base en marron de plus en plus éclairci avec du rotten flesh de chez Citadel. Une fois cette peau claire putride obtenue, j’ai réalisé plusieurs glacis de brun et de vert émeraude jusqu’à obtenir l’effet verdâtre nécrosé que vous pouvez admirer sur la photo ci-dessous. Bon appétit bien-sûr. Les pièces métalliques ont subi le même traitement, bien que plus léger pour ne pas trop sombrer dans l’effet de métal oxydé exagéré. Enfin, les crânes sont peints de manière classique avec du blanc crème et un bon vieux lavis brun. Pour les socles, je suis resté dans l’esprit des premières pièces réalisées, tout en faisant un petit effort pour la figurine centrale : elle bénéficie d’un socle retravaillé au green stuff pour texturer quelques dalles usées. Au final, mon armée est entièrement peinte et prête à jouer. Parviendrai-je à ravager les Royaumes d’Acier ou ma nécromante sera-t-elle brûlée comme sorcière sur le bûcher ? Rendez-vous au prochain épisode pour le découvrir ;)

 

bile_thralls


Mon Motocultor festival 2014

motocultor2014Du 15 au 17 août se tenait à Saint-Nolff (56) le festival Motocultor. Un open-air de bonne facture se voulant avant tout convivial avec ses douze mille entrées pour l’édition 2013 et sa programmation faisant la part belle aux groupes du grand ouest. A l’affiche cette année un sympathique programmation, puisque Dagoba, Ensiferum, Epica, Behemoth, Kreator et Testament ont répondu présent pour enflammer les bois de ce charment petit village du Morbihan.

Pour ma part, ce fut un court passage car présent uniquement la journée du dimanche. Mais une bonne ambiance d’entrée de jeu avec les vendéens de Mobutu et leur rock’n’roll crasseux et alcoolisé – comme on l’aime le plus en somme. Basculement vers du heavy stoner avec Headcharger, plaisant mais assez calme en cette heure de déjeuner dominical. Comme la Bretagne est également terre de légendes, le groupe de power metal Qantice s’est fait une joie de nous en conter quelques unes de leur cru. Ces français ont recruté un chanteur norvégien efficace, donnant un aperçu plutôt positif de ce groupe promis à un bel avenir si leur travail perdure. A noter que Qantice a sorti un roman éponyme de science-fantasy chez Argemmios tiré de leur album The Cosmocinesy. Peut-être que certains d’entre-vous avaient d’ailleurs assisté à la conférence donnée sur le groupe et le roman à Geekopolis. Je n’ai pas eu occasion de lire ce pavé, mais l’originalité de la démarche a de quoi être soulignée. S’en est suivi la prestation de Church of Misery, groupe de stoner japonais qui m’a littéralement mis une claque. Compositions impeccables, ambiance sombre et envoûtante, bref ma plus belle découverte de ce festival.

J’étais resté écouter le black metal d’Inquisition, pas si mal que cela malgré quelques morceaux moins percutants, mais voilà que le vent se lève. Un passage au market pour mieux m’équiper contre le froid, et je suis de retour devant Koritni, du hard rock correct sans pour autant m’extasier. De toutes façons, je suis vite parti à la buvette. Seconde découverte sympathique avec les toulousains de Naïve, un groupe d’electro metal ayant remporté le headbang contest (petit concours permettant à un groupe de gagner son passage au Motocultor). Sympathique à écouter en attendant la grande messe de Obituary, groupe de death metal par excellence et un de mes plus grands régals durant cette journée. On enchaîne, Loudblast de passage avec son trash metal pas forcément facile d’approche quand on n’est pas un aficionado du genre, mais qui se révèle franchement bon à écouter lorsque l’on fait l’effort d’entrer dans l’ambiance. Bref, après un début de concert difficile pour moi, de bonnes sensations et la satisfaction de m’être accroché. Parfois, il faut savoir se forcer un peu pour être vraiment récompensé, et là, ça a payé. Du coup, j’enchaîne sourire aux lèvres avec In Extremo, groupe de folk metal allemand qui a littéralement mis le feu en ce début de soirée. Certains diront que du folk en terre celte, ça cartonne toujours. Mais quand le groupe prend plaisir à jouer sur scène et dégage une telle énergie, l’alchimie est divine.

Passage éclair devant Belphegor, c’est l’heure du casse-dalle et de la bière. Bon, je n’ai pas grand chose à déclarer sur ces autrichiens, leur black death metal est brutal, moyennement mélodique, et je ne suis pas vraiment rentré dedans. Quelques morceaux sympas, certes, mais pas assez pour me laisser un souvenir impérissable. La tête d’affiche de la journée monte de toutes façons sur scène, Epica débute son concert. Bon, soyons francs, une bonne partie du public présent ce dimanche se constituait de fans du groupe. Et ils étaient venus en force, au vu de l’impressionnante file d’attente pour les dédicaces. Je n’ai pas poussé jusqu’à patienter une petite heure un autographe de Simone Simons, j’attendais plutôt de voir ce que pouvait apporter leur prestation au festival. Et sur ce plan, le résultat était plutôt bon. Même si le groupe était un peu à l’étroit sur une petite scène comme le Motocultor. Et même si enchaîner après Belphegor avait quelque chose d’ubuesque. C’est ça aussi, l’esprit d’un petit festival, débiter un running order parfois improbable mais qui fait au final tout son charme. Soulignons tout de même que la venue d’Epica était une belle prise pour le Motocultor, qui a ainsi servi une belle rasade de metal dans à peu près tous les genres, nous offrant un bel éclectisme musical, festif et intéressant. Bref, une belle journée de dimanche, et l’envie d’y retourner l’année prochaine.


Les prédictions de Robert Heinlein pour l’an 2000

En 1949, l’auteur américain de science-fiction compilait une liste de prédictions pour l’année 2000, qui furent finalement publiées en 1952 dans le magazine Galaxy. Soixante cinq ans après leur rédaction, ces prévisions peuvent sembler obsolètes. Outre les fascinantes visions d’un rétrofutur heinleinien, ces prédictions sont également truffées d’humour et laissent entrevoir les inspirations politiques de l’auteur. Heinlein imagine un vingt-et-unième siècle technophile, aux mœurs sociétales bien plus ouvertes et dominé par une vision politique libertarienne. La médecine y est triomphante. Tous les maux trouvent un remède, du plus redoutable cancer métastasique au plus insignifiant rhume des foins, et les médecins travaillent désormais sur la régénération de membres entiers. Les citoyens du futur ont tous un téléphone portable dans leur poche, il est même possible de passer ses vacances sur Mars à la rencontre de ses autochtones intelligents ! Mieux encore, les USA ne feront jamais de guerre préventive et les « faucons » ne chercheront pas d’armes de destruction massive dans le désert irakien.

Mais si la science future tente de contrôler la gravité et de construit les premiers vaisseaux interstellaires, la fracture sociale change de visage. Les classes sociales les plus pauvres ont toutes un toit mais doivent faire face à deux nouveaux problèmes sociétaux : l’inégalité face aux transports et une carence alimentaire mondiale. La biotechnologie mise au service de l’alimentation nous permet de palier ces carences grâce à la culture de levures comestibles ou les protéines de poissons. Mais alors que les plus démunis doivent se contenter de cette alimentation synthétique bon marché, les riches nantis savourent des biftecks hors de prix. L’humanité perdurera et ne connaîtra pas l’apocalypse nucléaire tant redoutée après guerre. Heinlein imaginait-il que son appel à un contrôle supranational des armes nucléaires serait entendu dans le futur ? Toujours est-il que si un tel accord était trouvé dans son imagination, l’auteur reste sceptique sur la formation d’ici l’an 2000 d’un gouvernement mondial. Une lueur de misanthropie jaillit entre les lignes : certaines choses semblent impossibles pour l’espèce humaine, et renoncer à toute guerre en fait partie.

 

Robert Heinlein en 1939.

Robert Heinlein en 1939.

 

Liste traduite d’après sa retranscription web :

 

1. Les voyages interplanétaires vous attendent au pied de votre porte. Paiement à la livraison. Ils sont à vous dès que vous les payez.

2. La contraception et le contrôle des maladies sexuellement transmissibles revisitent les relations entre les sexes avec une telle ampleur qu’ils changent entièrement notre structure économique et sociale.

3. Le fait militaire le plus important de ce siècle reste qu’il n’y a aucun moyen de repousser une attaque venue de l’espace.

4. Il est totalement impossible que les USA puissent mener une guerre préventive. Nous nous battrons que si nous sommes attaqués directement ou sur un territoire dont nous garantissons la défense.

5. En quinze ans, la pénurie de logements sera résolue par une percée dans les nouvelles technologies qui rendront chaque maison actuelle aussi désuète que des latrines.

6. Nous aurons tous bientôt de plus en plus faim.

7. Le culte du faux dans l’art disparaîtra. Le soit-disant « art moderne » sera seulement discuté en psychiatrie.

8. Freud sera classé comme pré-scientifique, la psychanalyse pionnière et intuitive sera remplacée par le développement radical d’une « psychologie opérationnelle » basée sur des mesures et prédictions.

9. Le cancer, le rhume et la carie dentaire seront vaincus; le nouveau problème qui révolutionnera la recherche médicale sera la régénération; c’est à dire faire croître une nouvelle jambe à un homme amputé plutôt que de lui fournir une prothèse.

10. D’ici la fin de ce siècle, l’humanité aura exploré le système solaire, et les premiers vaisseaux interstellaires seront en construction.

11. Votre téléphone personnel sera assez petit pour tenir dans votre poche. Votre téléphone fixe enregistrera des messages, répondra à de simples questions, et transmettra des images.

12. Une forme de vie intelligente sera découverte sur Mars.

13. Un millier de miles par heure au prix d’un cent par mile sera monnaie courante. Les courtes distances seront franchies par des métros sous vide à très grandes vitesses.

14. Un objectif majeur de la physique appliquée sera le contrôle de la gravité.

15. Nous ne formerons pas un « état mondial » dans cet avenir prévisible. Néanmoins, le communisme disparaîtra de cette planète.

16. L’accroissement de la mobilité privera de ses droits une majorité de la population. En 1990, un amendement constitutionnel en finira avec les frontières étatiques tout en conservant l’apparence.

17. Tous les aéronefs seront contrôlés par un gigantesque réseau radar déployé à l’échelle continentale grâce à de multiples cerveaux électroniques.

18. Les poissons et les levures deviendront nos principales sources de protéines. La viande de bœuf sera un luxe; l’agneau et le mouton disparaîtront.

19. L’humanité ne se détruira pas elle-même, ni sa « civilisation ».

 

Et voici les concepts que nous ne sommes pas prêts de développer, si jamais la chose se révélait un jour possible :

- Le voyage dans le temps
- Voyager plus vite que la lumière
- Transmettre de la matière par ondes « radio »
- Des robots anthropomorphes avec des réactions humaines
- La vie artificielle créée en laboratoire
- Une réelle compréhension de ce qu’est la pensée et comment elle est reliée à la matière.
- La preuve scientifique d’une vie après la mort
- Ni une fin définitive de toute guerre.


Les Gardiens de la Galaxie – James Gunn (2014)

gotgPeter Quill, un terrien arraché à son foyer dès son enfance par un vaisseau extra-terrestre, est devenu des années plus tard le « Star-Lord » , un aventurier spatial plutôt déluré. Traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, il ne tarde pas à découvrir le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie. Convaincu que le maléfique Ronan doit être arrêté au plus vite, il conclut une alliance fragile avec quatre desperados aliens aussi violents qu’improbables : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Adaptation de la série de comics éponymes ancrée dans l’univers Marvel, Les Gardiens de la Galaxie est un film de super-héros dans un décors de space-opéra hollywoodien. Ce long-métrage américain présente à l’affiche une première surprise puisqu’il est réalisé par James Gunn. Cet acteur, scénariste et réalisateur est relativement peu connu du grand public. Aussi sa carrière connaît cet été un énorme bond en avant en réalisant ce blockbuster. Sa présence aux commandes constitue d’ailleurs une garantie d’originalité pour cette catégorie de films gros budget plus que formatés. Car James Gunn, c’est également l’improbable parodie Tromeo and Juliet (1996), la websérie humoristique PG Porn ou le tout aussi second degré Horribilis (2005). Bref, avec James Gunn aux manettes, cette super-production de 170 millions de dollars promettait du sale, de l’humour potache et un feu d’artifice de tous les diables. Que de bons présages pour débuter cette séance.

Et au final, le film est bien à la hauteur de la réputation de son réalisateur. Durant ces 121 minutes passées devant l’écran, Les Gardiens de la Galaxie enchaîne scènes d’action à couper le souffle et répliques humoristiques déjà appelées à devenir cultes. En un mot : le cocktail est jouissif. L’hommage rendu à ce comics assez peu connu en France demeure à la hauteur de mes espérances : des images irréprochables, des effets spéciaux maîtrisés et des personnages très hauts en couleur (et en apparence). Que les sceptiques se rassurent, même ce raton laveur de Rocket est crédible à l’écran, et l’incongruité de son apparence saura séduire les novices rebutés par les précédentes bandes-annonces. Parmi les bonnes surprises au casting, Vin Diesel incarne l’homme-arbre Groot et réalise lui-même le doublage de son personnage en français (« Je s’appelle Groot »), en chinois mandarin (« Wo shì Groot »), russe, espagnol (« Yo soy Groot ») et portugais (« Eu sou Groot »). Le genre de petite anecdote qui, après avoir apprécié ce grand géant végétal et compagnon d’arme de Rocket, fait plutôt plaisir à découvrir. Autre détail propre au « Star-Lord » et particulièrement efficace, l’utilisation des fameuses chansons enregistrées sur la K7 de son walkman dans la bande-son du film. En prévision, encore un album BO appelée à devenu culte dans les années à venir et remettant en goût du jour la pop-rock des années 80. Car oui, entendre les Jackson 5 dans un film Marvel de space opéra, ça décoiffe.

Si les Gardiens de la Galaxie sont assurément une très belle surprise dans la déferlante estivale de films blocbusters, il n’en reste pas moins que cette super-production demeure avant tout un long-métrage de super-héros Marvel. Malgré l’humour potache et sale qui réjouira le spectateur à l’écran, il se dessine entre les lignes le même schéma que pour les autres adaptations de comics de cet univers, à savoir ce côté répétitif du héros solitaire ou en équipe partant affronter les plus grands vilains de l’univers. Cette trame a beau être dans l’ADN même des comics, la voir sans cesse répétée à l’écran risque d’éloigner une fois de plus un public moins enclin au genre. L’usage à outrance d’un modèle-type de scénario calibrée au millimètre près risque même de lasser les amateurs du genre à la longue, aussi la touche de James Gunn permet de rompre la monotonie d’un cahier des charges parfois trop prévisible en introduisant un esprit « feel good » des films déjantés des années 80 tout en évitant de sombrer dans la sur-enchère d’inévitables scènes désespérées. Mais ces rafraîchissements bienvenus dans une trame usée jusqu’à la corde ne cache pas pour autant à mon goût la stratégie globale des films Marvel : après la présentation des grandes figures des comics, s’achève progressivement la dite « Phase 2 » de l’univers cinématographique Marvel. Déjà le personnage du Collectionneur présent dans Thor : Le Monde des ténèbres (2013) reprend du service dans Les Gardiens de la Galaxie. Il y a fort à parier que ces fusions se prolongeront durant la « Phase 3 » , amenant de plus en plus de héros Marvel à travailler de concert dans les prochains blockbusters. Une tendance déjà constatée et connue des amateurs de comics, mais de plus en plus flagrante dans les films récents. A tel point que je m’interroge déjà sur le futur casting des Gardiens de la Galaxie 2, actuellement en développement et prévu pour 2017. Quels héros rejoindront notre fine équipe ? Et quel sera le rôle du fameux Howard the Duck ? Avouons-le, cet objectif à peine dissimulé est un pari risqué, car le grand public n’étant pas pour autant composé exclusivement de fans inconditionnels de comics risque de se perdre dans des films difficiles d’accès pour les néophytes et ne s’adressant plus qu’aux minoritaires connaisseurs de l’univers Marvel. Alors, comment réussir ce grand écart à venir ? J’ai bien un plan pour y répondre, mais je n’en suis qu’à 16%… Quoi ? c’est déjà un début de plan !