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[Game of Thrones] L’économie de Westeros

Qui provoquera la chute des Lannister ? Peut-être bien le levier économique, à la fois force et faiblesse de la célèbre famille dirigeant dans l’ombre le Trône de Fer. Un Lannister paye toujours ses dettes, certes, mais encore faut-il qu’il soit solvable. Et d’après ce petit cours d’économie dans l’univers du Trône de fer, la situation actuelle n’est pas vraiment en leur faveur ! Merci pour Business Insider pour cet amusant exercice de vulgarisation économique !

 


Elon Musk veut retirer le volant aux conducteurs humains

elon_muskLes derniers chiffres de la mortalité sur les routes françaises sont en hausse, et les associations appellent à de nouvelles mesures contre la violence routière. Mais nous ne sommes pas le seul pays préoccupé par ce problème : aux Etats-Unis, la sécurité routière fait également débat. Récemment, Elon Musk s’est lui aussi lancé dans la polémique. Et non sans intérêts, puisque le visionnaire entrepreneur est PDG de Tesla Motors, fabricant de voitures électrique. Sa position est aussi futuriste que radicale : étant donné que les conducteurs ne parviennent pas à limiter la mortalité sur la route, il faut donc confier le volant à des robots.

« À l’avenir, les gens ne pourront plus conduire leur véhicule. C’est trop dangereux », a-t-il déclaré lors d’une conférence de l’entreprise Nvidia le 17 mars dernier. « On ne peut pas laisser une personne conduire une machine à tuer de 2 tonnes » . Aussi considère-t-il que seule l’intelligence artificielle peut remplacer le défaillant conducteur biologique. L’idée n’est pas totalement nouvelle, puisque la Google Car utilise déjà un système de pilotage automatique équipé d’une caméra, de radars et d’un récepteur GPS. Les rares modèles existants, coûtant la bagatelle de cent cinquante mille dollars, ne circulent cependant pas encore sur toutes les routes américaines. Seulement quelques états comme la Californie, le Michigan ou le Nevada ont autorisé des tests de voitures autonomes ou exigent que le conducteur puisse reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

Pour Elon Musk, la voiture robot devra aller plus loin et se passer totalement de conducteur, quelle que soit le trajet et la situation imprévue. Une difficulté supplémentaire qui demande de concevoir une intelligence artificielle à même de gérer des événements chaotiques. Quant au remplacement du parc automobile par des voitures autonomes, il faudrait compter au moins 20 ans de transition à l’échelle mondiale, en supposant que le coût de chaque véhicule robotisé baisse suffisamment pour remplacer intégralement les quelques deux milliards d’automobiles actuellement en circulation à travers le monde.

Les déclarations d’Elon Musk devraient également relancer la polémique autour du développement des intelligences artificielles. Ce secteur robotique et informatique, actuellement en plein essor, est pourtant critiqué pour les risques qu’il pourrait faire peser sur l’Humanité. Et parmi ces adversaires figure … un certain Elon Musk, qui déclarait en 2014 que « l’intelligence artificielle est potentiellement plus dangereuse que le nucléaire » . Contradiction morale ou retournement de veste de l’entrepreneur ? Il semblerait que la véritable religion d’Elon Musk soit avant tout les fracassants effets d’annonces !


Réforme des enseignements de latin et grec ancien : une mauvaise nouvelle pour l’imaginaire contemporain ?

La réforme du collège engagée par la Ministre Najat Vallaud-Belkacem fait couler beaucoup d’encre, et notamment du côté des enseignants de latin et de grec ancien. En effet, ces derniers se sont montrés particulièrement inquiets par les annonces de la Ministre confirmées dans l’enquête réalisée par l’Express. Les « langues mortes » ou enseignements de langues anciennes ne seraient plus une option ouverte à partir de la classe de cinquième, mais à l’avenir proposées comme une simple initiation linguistique et culturelle incluse dans les futurs programmes de Français. Quant aux élèves souhaitant apprendre le latin ou le grec ancien, il leur faudra se contenter d’une approche supplémentaire dans le cadre des nouveaux Enseignements Pratiques Transdisciplinaires (EPI). Message reçu par les enseignants : les langues anciennes seraient appelées à disparaître, ne laissant dans les programmes qu’une vague allusion linguistique au détours d’une heure de Français ou de cours d’EPI.

A l’origine de ce remaniement annoncé, le ministère espère ainsi briser le désintérêt pour une option suivie par seulement 20 % des élèves. Grâce à l’EPI, le ministère fait le pari que cette nouvelle souplesse permettra d’augmenter le nombre de candidats aux options de langues anciennes. Un second son de cloche plus rassurant ? Car en définitive, et dans l’attente d’une confirmation officielle, les langues anciennes resteraient une option ouverte, et le choix de les poursuivre serait offert aux collégiens à chaque nouvelle rentrée. Fini, donc, l’enseignement regroupé en trois ans ferme, comme dans les programmes actuels. Mais ces éclaircissements ne rassurent pas pour autant les professeurs de langues anciennes, particulièrement échaudés depuis la destruction de la filière Lettres Classiques dans l’enseignement supérieur. Est-ce un premier pas vers une fermeture à long terme de leurs enseignements ? Une situation que déplore Marjorie Lévêque, professeure, dans les colonnes de l’Express : « Le latin tel qu’enseigné aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qui était proposé il y a 15 ans. C’est une ouverture au monde, une culture en plus, qui facilite l’apprentissage des langues étrangères » .

Kratos remplacera-t-il les profs de langue morte ?

Kratos remplacera-t-il les profs de langue morte ?

Conséquence insoupçonnée de cette réforme, le retrait progressif du latin et du grec ancien pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’apprentissage d’un socle imaginaire commun, ces fameuses racines gréco-latines qui contribuent à la littérature fantastique et de fantasy occidentale. La réécriture de ces mythes et légendes antiques a toujours inspiré les auteurs de chaque époque, mais jamais aucun de ces lettrés ne s’était retrouvé coupé du socle originel. Or cette transmission écrite comme orale se base sur un échange intemporel entre le mythe antique, l’auteur et son public. Si l’enseignement des langues anciennes vient à disparaître, cette chaîne est brisée. Or qui transmettra alors cette culture ancienne ? De nos jours, les industries du cinéma et des jeux vidéos ne manquent pas de s’inspirer très librement des mythes gréco-latins pour leurs productions. La disparition de l’enseignement des langues mortes ne laisserait donc comme ambassadeurs de cette culture antique auprès du grand public des œuvres hollywoodiennes et caricaturales telles que la série vidéoludique God of War ou les longs-métrages comme 300, Le Choc des Titans

Troie de Wolfgang Petersen (2004).

« Troie » de Wolfgang Petersen (2004) ou la mythologie des beaux gosses.

Et pourtant, le succès en libraire et en salles de cinéma des Percy Jackson, Narnia ou Harry Potter démontre à eux seuls l’engouement des jeunes spectateurs pour les références liées à la mythologie antique. Ces figures, réutilisées dans des scénarios fantastiques et anachroniques, n’ont rien perdu de leur attrait en près de trois millénaires ! Les textes antiques tels que l’Iliade et l’Odyssée ne se sont jamais démodés, il ont au contraire nourri une multitude d’œuvres comme le film Troie de Wolfgang Petersen, la célèbre série de dessins-animés franco-japonaise Ulysse 31, les romans Troie ou la Trahison des Dieux de Marion Zimmer Bradley, ou encore Ilium et Olympos de Dan Simmons, pour ne citer que ceux-là. La fantasy historique, sous-genre bien entendu le plus à même de se nourrir de mythologie antique, ne pourrait pas perdurer sans l’apprentissage des langues et cultures anciennes. En effet, comment retracer les sources d’inspiration et clins d’œil des auteurs sans maîtriser un tant soit peu les bases de cette culture revisitée ? Difficile d’accrocher au Lavinia d’Ursula Le Guin sans s’intéresser à l’Enéide de Virgile, ou d’apprécier l’uchronique Roma Æterna de Robert Silverberg sans avoir appris un peu d’histoire et de politique romaine. La culture gréco-latine est elle-même insuffisante, et au lieu de la menacer de disparition progressive du collège, elle devrait être étendue à un plus large catalogue de cultures et mythologies antiques, dont la richesse nous est une fois de plus rappelée par des romans de fantasy ou de science-fiction tels que l’œuvre de Tolkien et ses références aux mythologies nordiques et germaniques, le Gilgamesh de Robert Silverberg et ses références mésopotamiennes, le Seigneur de Lumière de Roger Zelazny et ses mythes hindous, ou encore l’univers celtique du Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski !

Œdipe s'apprête à capturer un nouveau pokémon. Détails de "Œdipe explique l'énigme du sphinx" de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

Œdipe s’apprête à capturer un nouveau pokémon. Détail de « Œdipe explique l’énigme du sphinx » de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

La réforme du collège n’enterre pas encore l’enseignement des langues anciennes en France, mais fragilise un peu plus la transmission d’une culture antique déjà trop fortement focalisée sur sa portion gréco-latine. Si la situation n’appelle pas encore à manifester pour sauver de l’oubli la Rome des Césars, cette évolution de l’enseignement au collège pourrait bien menacer la transmission d’un socle culturel commun utile au lecteur lors de ses escapades dans la littérature de l’imaginaire. Visant à réformer des enseignements jugés trop « ardus » et « élitistes » , cette annonce rentre pourtant en contradiction avec la récente étude de marché du Centre National du Livre (CNL) qui démontre que les lecteurs de 15-24 ans, bien loin de bouder la lecture, apprécient d’abord les romans de fantasy, science-fiction et fantastique. Ces mêmes romans qui se réapproprient de nos jours la culture antique. Si l’enseignement des langues mortes est perçu de manière négative, le supprimer à long terme ne répondrait pas pour autant aux attentes culturelles des collégiens et lycéens. Il s’agit donc de modifier ces enseignements et non de les retirer. A bon entendeur.


Star Wars – Legacy – tome 7

SW_legacy7Tatooine … Planète mythique par excellence de l’univers Star Wars. Le tout premier volet cinématographique s’ouvrait sur une vue spatiale de ce monde désertique. A sa surface, nous y faisions connaissance de Luke Skywalker (Mark Hamill), et la saga prenait place dans notre imaginaire. Cent trente-sept ans après la bataille de Yavin, les errances de Cade Skywalker le conduisent sur les traces de son glorieux ancêtre. Mais ne vous y méprenez pas, Cade n’y vient pas en pèlerinage. C’est en tant que pirate de l’espace cherchant à revendre son butin que l’héritier de la lignée des Skywalker foule le sol de son monde ancestral.

Au fil de ses pérégrinations, Cade et ses complices ont su tirer avantage de sa sensibilité à la Force. Désormais, ses talents de Jedi ne lui servent plus qu’à piller les vaisseaux impériaux. Nous sommes bien loin des enseignements vertueux des anciens gardiens de la galaxie ! Cependant cette fois-ci, Cade a braqué le vaisseau de trop, en l’occurrence un transport impérial déjà abordé par des pirates du Soleil Noir. La puissante organisation criminelle n’apprécie guère de se faire ainsi doubler. Parvenant à remonter la piste très peu discrète de Cade, elle s’arrange pour le bloquer sur Tatooine, son vaisseau spatial nécessitant une pièce de rechange et sa marchandise inécoulable. Cade, qui n’en fait résolument qu’à sa tête, manque de peu d’envoyer tout bouler sur un de ses habituels coups de colère. Lunatique, égoïste et un brin narcissique, Cade se montre sous son plus mauvais jour. Pire encore, lui et Jariah Syn obligent Deliah Blue à effectuer le « sale boulot » d’arnaqueuse afin de réparer le vaisseau tandis qu’ils comptent bien se payer du bon temps !

Mais dans son insouciance, Cade ne se rend pas compte que trois assassins du Soleil Noir remontent sa piste. Tout aussi préoccupant, une agent de l’Empire Sith a localisé son vaisseau sur Tatooine et s’apprête à arraisonner son équipage. La course-poursuite qui s’annonce va conduire notre anti-héros au cœur des déserts de Tatooine ; mais là où le pèlerin en sort transformé, n’attendez aucun changement de personnalité pour notre bad boy. Cependant, la traque s’annonce particulièrement haletante, puisque deux Anzatis, des « vampires » à la sauce Star Wars, ont été engagés par le Soleil Noir. Ces tueurs psychopathes se délectant de l’esprit de leurs proies grâce à leurs pseudopodes faciaux sont aussi efficaces que fascinants ; de tous les personnages secondaires de cet opus ils se détachent nettement du lot. Reste que la promenade dans le désert ne s’éternisera pas, et qu’à l’issue d’une intrigue relativement pauvre en rebondissements, Cade repartira dans l’espace avec ses compagnons. De toute évidence, son séjour ne lui a clairement rien appris et ses défauts ne font que renforcer nos craintes de le voir un jour prochain entièrement balancer du côté obscur.

Enfin, le second récit de cet opus nous présente Hondo, un guerrier mandalorien au passé trouble et rendossant son armure traditionnelle pour confondre le traître à son clan. Petite histoire introductive plutôt sympathique et qui donne envie d’en savoir plus. A vrai dire, ce récit permet de se changer les idées après les interminables coups de sang du bad boy Cade. A la longue, celui-là devient une véritable tête à claques.

 

Star Wars – Legacy tome 7 – Tatooine. Scénario : John Ostrander & Jan Duursema. Dessins : Hajp Baldisimo & Jan Duursema. Couleurs : Jesus Aburto & Brad Anderson. Éditions Delcourt (2010), 117 p.


Des climato-sceptiques tentent de bloquer un documentaire à charge

Seule la vérité dérange. Il faut donc croire que le film documentaire « Marchands de doute » (Merchants of Doubt) de Robert Kenner et Naomi Oreskes marque en touche, puisqu’il fait l’objet d’une cyber-campagne agressive de la part des climato-sceptiques. Mais pour une fois, la raison de cette attaque dénialiste se base par une mise en scène à l’écran pour le moins critiquable. A l’origine de cette campagne, le physicien Fred Singer, qui n’a particulièrement pas apprécié de figurer en caméo dans un documentaire démontrant les liens entre les fameux « experts » sceptiques relayés par les grands médias américains et les lobbies industriels. Et pour cause, Singer est considéré comme l’un des « fondateurs » du mouvement climato-dénialiste outre-Atlantique.

singer

Pourtant, lorsque Singer apparaît dans le documentaire de Kenner et Oreskes, il y joue son rôle habituel. Le visage radieux, il nie en bloc le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, martelant que tout ceci « n’est que foutaises » . Singer ne s’attaque pas non plus au film après avoir subitement changé d’avis sur la question, le retraité demeure un climato-sceptique convaincu. Ses raisons sont plus personnelles : il reproche à Kenner de lui avoir tendu un piège pour le discréditer à l’écran. Aussi a-t-il engagé depuis le début du mois une prospection juridique afin de définir des plans d’actions légaux contre les producteurs de ce documentaire. L’objectif final étant, bien au-delà de son droit à l’image, de torpiller ce documentaire avant qu’il ne révèle aux spectateurs les malversations et coups-bas des climato-sceptiques américains.

L’affaire semble avoir démarré après que Singer, qui ne fait qu’un caméo dans ce documentaire, ait commencé à avoir quelques doutes sur sa sollicitation par Kenner. Le physicien nonagénaire ne rate en effet jamais une occasion de démolir ses adversaires « réchauffistes » à l’écran. Mais se serait-il fait piéger cette fois-ci ? Du moins est-ce son interprétation et angle d’attaque dans cette affaire. Le 6 mars dernier, il menace Kenner de porter plainte, insinuant avoir été prévenu que son apparition à l’écran était sous titrée « un menteur à louer » . Le texte n’apparaît pas dans le film, précise Kenner, cependant il a été rajouté dans la couverture médiatique du film. Singer reproche également à Kenner d’avoir omis toute analyse critique vis à vis du livre « Les Marchands de doutes » de Naomi Oreskes et Erik M. Conway, dont le documentaire est l’adaptation sur grand écran. Selon ce physicien, l’essai serait truffé d’arguments biaisés et d’erreurs partisanes. Et pour cause, l’ouvrage démontrait déjà les liens entre Fred Singer et les lobbies industriels…

Sur le plan légal, Singer essaie de forcer la main à Kenner afin d’aboutir à un arrangement sans passer par la case tribunal. Les cohortes d’avocats vont donc se mettre en branle et les réactions de Sony Pictures seront suivies de près au cours de cette affaire. Pendant ce temps, la blogosphère climatio-sceptique se déchaîne, comme à son habitude. Les attaques visant Kenner et Naomi Oreskes se multiplient alors que s’enchaînent les sorties mondiales et avant-premières du documentaire. Dernière escalade en date de ce bashing, le frère de Kenner a été directement visé par un billet de blog calomnieux. « I am really just coming on their radar as the film is coming out, and the attacks are just heating up » commente Kenner, laconique. Il a raison, le plus dur reste encore à venir.