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Top 10 des meilleures paréidolies martiennes

aliens_history_channel_guy_miniLes illusions d’optique sont trompeuses, mais aussi surprenantes qu’amusantes. Catégorie toute particulière, les paréidolies consistent à identifier par erreur une forme humaine, animale ou un objet particulier à partir d’une observation directe ou sur une photographie. Cette illusion, née d’une interprétation pour le peu cavalière de l’image par notre cerveau, nous conduit alors à donner un sens faussé à notre observation. Cela peut être agréable lorsqu’il s’agit d’un jeu : c’est ainsi que nous cherchons des silhouettes particulières dans les nuages, confortablement allongés dans l’herbe par un bel après-midi de printemps.

Mais lorsque ces paréidoles sont prises au sérieux sans le moindre esprit critique, les conclusions tirées de leurs observations risquent de conduire à de grossières erreurs de jugement ! S’il n’est pas question de remettre en cause le caractère esthétique, artistique ou encore spirituel des illusions optiques, le recours à ces observations comme preuves scientifiques tend à la malhonnêteté intellectuelle, voire à l’imposture grossière. C’est hélas le cas de bon nombre de ces prétendues « preuves » diffusées sur le web par les conspirationnistes et ufologistes.

Dans le cas des clichés martiens, la mauvaise qualité de certaines images et l’imagination sans limites de ces internautes donne lieu à des paréidolies étonnantes, voire même hilarantes ! Dernièrement, nous avons appris grâce à ces experts des réseaux sociaux que Mars est peuplée de crabes géants et de jeunes femmes en robe blanche. La NASA n’a plus qu’à aller se rhabiller. Mais saviez-vous que cette mode remonte à plus d’un siècle et demi ? En effet, depuis que les lunettes astronomiques permettent l’observation minutieuse de la planète rouge, l’homme ne cesse d’imaginer toute sorte de choses à la surface de Mars, dupé par l’imagination de son propre cerveau. Cela valait bien d’y revenir plus en détails, sous la forme des dix meilleures paréidolies martiennes :

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Star Wars – Clone Wars – tome 2

clone_wars2Le jeune et impétueux Anakin Skywalker, padawan d’Obi Wan Kenobi, se retrouve impliqué dans une mission qui le touche de près : l’ennemi a en effet pris position sur une des lunes de Naboo et se prépare à massacrer la population de cette planète où vit sa bien-aimée, la princesse Padmé Amidala. L’heure est grave, et les Jedi ont décidé de dépêcher sur place quatre des leurs afin de mener des investigations préliminaires à toute intervention. Mais rien ne se passe comme prévu : deux sbires du comte Dooku entravent l’enquête des forces de la République, il faudra donc combattre jusqu’à la mort afin de sauver les citoyens de Naboo. Pour les Jedi, l’heure est venue d’apprendre que chaque victoire a son prix …

Trois nouvelles dans ce second album de la série Clone Wars. « Le nouveau visage de la guerre » retrace l’enquête périlleuse de nos héros sur la lune de Naboo. Anakin Skywalker et Obi Wan Kenobi rejoignent le Maître Glaive et de sa padawan, ainsi que d’un détachement de clones d’élite. Ce petit comité se révèle pourtant bien incapable de lutter contre le super-guerrier Druge, un chasseur de primes dont la véritable nature nous est encore inconnue mais qui se révèle un adversaire hors du commun. Comme si un malheur n’arrive jamais seul, il est accompagné de la mystérieuse Sith Asajj Ventress ! Dans cette arène marécageuse, peu de choses vraiment intéressantes si ce n’est une mêlée générale dont nos deux héros sortiront triomphants. C’était prévisible, donc aucun suspens dès le départ. Bref, un premier récit plutôt décevant où chaque camp exhibe ses muscles.

« Dans le rayon de l’explosion » poursuit le récit précédent en s’intéressant à la recherche d’un antidote contre le terrible gaz de combat de la Confédération. Dès le retour héroïque de Obi-Wan Kenobi, nous apprenons que la mission a été couronnée de succès, mais le prix a été particulièrement lourd à payer. Quatre chevaliers Jedi ont péri sur la lune d’Ohma-D’un, laboratoire secret de la Confédération. Le récit se propose de nous relater la chute de ces quatre Jedi d’exception : Maître Knol Ven-nari, Jon Antilles, Nico Diath et Maître Fay. Bien entendu, avec un telle introduction, le récit s’annonce épique ! Et comme nous sommes en droit de le supposer, seule la Sith Asajj Ventress peut prétendre à un tel tableau de chasse. L’ancienne padawan n’était cependant pas seule : le chasseur de primes Durge a largement fait basculer le combat en faveur du camp du comte Dooku. Que cinq Jedi aussi talentueux soient ainsi malmenés par le duo est déjà un bel exploit, cependant le massacre des quatre alliés d’Obi-Wan Kenobi n’est guère à l’avantage de leurs prouesses martiales. Certes, le récit appuie ici sur la menace incarnée par Ventress et Druge. Mais au point de ridiculiser aussi facilement les Jedi tout en épargnant de manière aussi putassière l’honneur de Kenobi, je reste sceptique.

Le dernier récit « Patte de velours » sauve à lui-seul ce second tome. Sur Brentaal IV, les Jedi lancent un assaut particulièrement violent contre les séparatistes de Shogar Tok. Maître Ti, célèbre Jedi de la Guerre des Clones, mène la charge sur le bastion ennemi. Mais rien ne se déroule comme prévu lorsque des prisonniers mènent leur propre insurrection en parallèle du combat faisant rage à l’extérieur ! Maître Ti doit s’allier avec ces criminels, cependant parmi eux se trouve la meurtrière d’une de ses padawans. Les Jedi ne connaissent pas la haine ni la vengeance, pourtant la prisonnière s’obstine à croire en un piège Jedi. La tension est à son maximum, la mission elle-même compromise. Voilà bien une histoire comme je les aime, bourrée de surprises et de rebondissements. Arrivé au terme de cet album, il était grand temps !

Second tome en demi-teinte pour Clone Wars, dont seul le dernier récit parvient à me convaincre totalement, ce « Victoires et sacrifices » ne figurera pas parmi mes comics préférés. Cependant, il faut noter que cet album constitue encore une pièce d’introduction à la série, et qu’au-delà de ces faiblesses, il faut lui concéder que la présentation de Druge laisse espérer quelques prochains récits explosifs. J’attends donc ma lecture du troisième tome afin de donner une nouvelle chance à la série.

 

Star Wars – Clone Wars – volume 2 : victoires et sacrifices. Scénario : Haden Blackman & John Ostrander. Dessins : Tomas Giorello, Brian Ching & Jan Duursema. Couleurs : Joe Wayne. Éditions Delcourt (2004), 66 p.


Voyage – Stephen Baxter

voyage_baxterVéritable chantre de la hard science, Stephen Baxter ne s’est pas lancé dans la science-fiction sans un solide bagage scientifique. Diplômé des université de Cambridge et Southampton, professeur de physique, de mathématiques et d’informatique, candidat malheureux pour une mission spatiale vers la station spatiale russe Mir, cet écrivain britannique présente le profil parfait du scientifique romancier. Auteur des plus prolifiques, notre anglais est particulièrement connu des amateurs du genre pour son Cycle de Xeeles (actuellement traduit et publié par Le Bélial’) et pour sa fameuse Trilogie NASA, dont le premier tome Voyage (1999) fut divisé en deux volumes lors de sa parution française chez J’ai Lu.

La hard science se distingue par sa difficulté d’approche : privilégiant la science à la fiction, ce sous-genre cherche avant tout à prolonger les connaissances scientifiques et techniques par le biais du roman. Cette fiction se veut donc profondément ancrée dans une réalité tangible, et nourrie de connaissances que l’auteur s’efforce de transmettre au lecteur au fil des pages. L’exercice peut donner le tournis : pour la rédaction de Voyage, Baxter s’est ainsi appuyé sur une immense documentation technique, notre scientifique ne laissant rien au hasard et confrontant même son roman à la relecture critique des ingénieurs de la NASA. Il faut dire que l’auteur britannique ne manque pas d’ambition, puisqu’il se propose de réécrire l’histoire de la conquête spatiale américaine, rien que cela. Et quoi de mieux que l’uchronie pour arriver à ses fins ? Stephen Baxter se lance ainsi dans la chronologie d’une histoire spatiale alternative des plus fascinantes, où la politique et l’économie se mêlent étroitement aux prouesses d’une agence spatiale américaine qu’il dote de performances techniques débridées. Dans l’univers alternatif de Baxter, la NASA n’a jamais cessé de s’intéresser à la Lune après le programme Apollo, bien au contraire. Les progrès accumulés au cours des séjours lunaires servent désormais de base avancée au rêve encore plus fou de Nixon et JFK (miraculeusement épargné de son attentat par l’auteur) : lancer un vol habité vers Mars. Stephen Baxter propose dans sont récit de suivre en deux temps de cette fabuleuse épopée. D’une part la genèse de la mission Arès, depuis 1969 et les premiers pas sur la Lune ; et de l’autre le début de la mission habitée martienne, en 1985.

Baxter rêve de la planète rouge, mais garde les pieds sur Terre. Fourmillant de détails techniques, devisant pendant des pages entières de considérations aéronautiques, il n’a de cesse d’envisager son roman comme une vaste démonstration que la NASA aurait pu rallier Mars avec une technologie des années 70-80. L’exactitude de ses propos l’obsède, la rigueur scientifique prend le pas sur l’écriture romanesque, la rêverie peine à venir. Car si l’ingénieur se sentira transporté par le puissant sense of wonder de cette épopée spatiale uchronique, le néophyte risque fort de rester en panne sur le plancher des vaches. Et ce n’est pas le style plutôt médiocre de l’ingénieur Baxter qui l’aidera à décoller. Car s’il faut reconnaître les qualités exceptionnelles de cette grande fresque de hard science, Voyage n’en demeure pas moins un roman interminable, pour ne pas dire ennuyeux au possible. Baxter n’a pas écrit ce roman pour le grand public, mais pour le dédier aux hommes et femmes de la NASA. Aussi le commun des mortels n’ayant pas dépassé les cours de physique du lycée risque fort de ne pas s’y retrouver dans ce rêve un peu fou d’astronomes grands enfants. Les adversaires de la romance planétaire et autres romans de science fantasy apprécieront à l’inverse la rigueur toute scientifique de l’ingénieur Baxter, démontrant non sans un certain talent qu’il est tout à fait possible de souligner au gros feutre le terme « science » dans le genre science-fiction. Tout est une question de goût, surtout lorsqu’il s’agit de notre ingénieux romancier.

 

Voyage, Stephen Baxter (Voyage, 1996). Traduction de Guy Abadia (1999). Éditions J’ai Lu, n°6611, 510 p. & n°6612, 348 p.


Les Epées de Mars – Edgar R. Burroughs

swords_marsAprès des années de paix et de domination sur l’ensemble des cités de Barsoom, le seigneur de guerre John Carter entend conduire ses sujets vers un avenir beaucoup moins violent. La guilde des assassins, qui perpétue des forfaits sordides et bafoue l’honneur guerrier, représente donc un ennemi intérieur à abattre. Aussi l’ancien capitaine de cavalerie se lance-t-il dans une guerre sans merci contre cette organisation criminelle, quitte à s’infiltrer sous couverture à Zodanga pour mieux frapper ses ennemis. La cité n’est pas totalement inconnue du lecteur, puisqu’il s’agit de l’ancienne rivale de Hélium, dont la chute provoquée par John Carter a laissé un arrière-goût revanchard à ses habitants. Comment pourraient-ils pardonner la mise à sac de leur cité par les hordes de martiens verts alliées à notre héros ? C’est pourquoi bon nombre de guerriers ont secrètement juré d’abattre le seigneur terrien. Tandis que John Carter s’introduit dans ce dangereux nid de serpents, ses ennemis ont vent de croisade personnelle. Ils décident alors de prendre en otage la princesse Dejah Thoris, l’épouse de notre héros. Difficulté supplémentaire pour John Carter, sa belle est retenue prisonnière sur l’une des lunes de Mars ! Il lui faudra trouver un stratagème inédit pour traverser l’espace et porter secours à sa princesse…

Huitième tome du Cycle de Mars, Swords of Mars paraît initialement dans le magazine Blue Book en six épisodes publiés entre novembre 1934 et avril 1935. La version intégrale de l’œuvre fut ensuite diffusée par la propre maison d’édition du célèbre auteur, Edgar Rice Burroughs, Inc., en février 1936. Court roman (315 pages dans sa première édition), il reprend dans les grandes lignes le schéma habituel des aventures martiennes de Burroughs ; les amateurs de la série appréciant le retour de John Carter en tant que personnage principal et narrateur de cette intrigue. Si le scénario ne brille pas pour son originalité, Burroughs parvient à étoffer l’inévitable capture puis sauvetage de la princesse Dejah Thoris en rajoutant les personnages de Fal Sivas et Gar Nal, deux savants paranoïaques mais géniaux dont la rivalité servira les intérêts de la guilde des assassins.

Second point d’intérêt de ce roman, la découverte de Thuria (Phobos) et son exploration rocambolesque. Afin de visiter cet astéroïde, Burroughs imagine qu’un principe fantastique permette de relativiser les dimensions entre Barsoom et Thuria, le visiteur ayant l’impression que chaque monde suit les mêmes échelles physiques. Comme à son habitude, Burroughs peuple cette lune de créatures étonnantes, auxquelles il accorde un mode de vie et une histoire tantôt romantiques, tantôt particulièrement cruels. Il faut bien reconnaître que grâce au rapide enchaînement des chapitres et aux incessants rebondissements de l’intrigue, l’ennui sera épargné au lecteur. Cependant, une certaine répétition dans le déroulement général du roman et une conclusion pour le moins télégraphiée handicapent ce huitième tome, qui n’est visiblement pas le meilleur du Cycle. Le lecteur habitué aux aventures de John Carter ne boudera pas pour autant son plaisir en retrouvant une nouvelle fois son héros !


L’Anniversaire du Reich de mille ans – Jean-Pierre Andrevon

1000ansReichNeuvalencia, commune rebaptisée de la Drôme, le 30 avril 2933. Dans cette ville de province, comme dans toutes les villes, les fiers citoyens se préparent à fêter dignement les mille ans du Grand Reich. Déjà un millénaire que le chancelier Adolph Hitler imposa son règne fou à la planète entière, et ni les Alliés, ni les états restés neutres ne purent contenir la fureur des armées nazis. En dix siècles, le Grand Reich n’a connu qu’expansion, triomphe et prospérité. Le rêve du parti est parvenu à maturité et le monde, forcé de se plier à la folie allemande, est écrasé sous le poids de la croix gammée. Rien ne semble remettre en cause ce règne éternel. Et pourtant, venu de nulle part, voilà qu’un vent se lève et charrie une étrange odeur de brûlé.

L’uchronie centrée sur le troisième Reich reste un thème sensible, difficile à aborder et que de nombreux auteurs s’interdisent, de peur de nourrir la nostalgie de quelques lecteurs extrémistes. Pour surpasser sa propre censure, l’auteur a donc besoin d’une raison profonde; et Jean-Pierre Andrevon ne cache pas les siennes. Comme il l’écrit en postface à sa nouvelle, sa motivation tient autant d’un vieux compte à régler contre l’abject régime que d’une fascination pour la bête immonde. Dans le bon sens pour la seconde, puisqu’il s’agit de cette trouble fascination que chaque être humain peut ressentir au fond de lui-même pour l’abject et l’horreur. Ayant déjà parfaitement maîtrisé l’uchronie nazie avec son roman Le Dernier Dimanche de monsieur le chancelier Hitler (1995), texte cynique dans lequel le monstre exilé en Amérique devient un ridicule vieillard sénile, Andrevon remet le couvert avec « L’Anniversaire du Reich de mille ans », une nouvelle encore plus provocatrice puisque son point de départ accorde une victoire indiscutable aux successeurs d’Hitler sur le monde.

Mais les nostalgiques en culotte brune risquent d’être déçus, car si Andrevon offre ses mille ans au Reich, c’est pour mieux le détruire à la seconde même de son anniversaire, dans un flot de poussière et de fumée, tel un tas de sable glissant entre les doigts de ces enfants terribles du nazisme. Mieux qu’un cycle achevé, voici qu’une revanche resurgit mille ans plus tard, à l’image d’une malédiction frappant la bête immonde. Main de Dieu, souffle des morts, vengeance de la nature elle-même ? Nous ne connaîtrons pas le visage de cette Némésis. Toujours est-il que Jean-Pierre Andrevon prend beaucoup de plaisir à détruire le rêve des nazillons de tout poil, et nous aussi. Il semble au final que, sous sa plume amusée, même l’uchronie rejette cet exécrable Reich de mille ans !

 


Les Galaxiales – Michel Demuth

galaxiales1Tous les lecteurs de science-fiction, même les plus jeunes d’entre-eux, ont déjà eu occasion de croiser le nom de Michel Demuth dans leurs romans de poche. Directeur de collection, traducteur de nombreux auteurs célèbres tels que Clarke, Silverberg, Ballard, Herbert ou encore Moorcock pour ne citer qu’eux, Michel Demuth fait partie de ces grandes figures de la littérature de l’imaginaire en France. Sa carrière d’auteur est cependant moins connue. Pourtant, ses nouvelles publiées originellement dans la revue Fiction firent l’objet d’une publication sous la forme d’un cycle en deux tomes, Les Galaxiales, qui lui valurent le Grand Prix de la science-fiction française en 1977. Hélas épuisée depuis une bonne trentaine d’années, cette « histoire du futur » parue chez J’ai Lu et illustrée par Christopher Foss est tombée dans un quasi-oubli. L’occasion de rafraîchir la mémoire des amateurs d’anticipation et de bonnes pioches chez les bouquinistes.

Heinlein a écrit son Histoire du Futur. Demuth a revisité le concept dans les Galaxiales. Constituées de nouvelles illustrant une période-clé du futur de l’Humanité, elles s’articulent autour d’une chronologie présentée sous forme de frise introduisant chaque recueil. Une fois n’est pas coutume, et puisque l’intérêt de ce cycle ne repose pas dans la découverte de cette chronologie mais dans son exploration littéraire à travers chaque nouvelle, reprenons les quatrièmes de couverture qui résument au dos des ouvrages cette folle course à travers le temps. En 2020, le monde connaît le « chaos américain ». Au sortir des deux guerres, l’Europe est néo-socialiste. Des vaisseaux mus par la lumière partent pour les étoiles. 2060, les royalistes prennent le pouvoir en France. En 2075, la Sainte Église de l’Expansion supplante le Vatican et prêche le triomphe de l’homme sur le Temps et l’Espace par la grâce de la Transmission instantanée. 2080, Vénus devient une planète indépendante après la bataille de la Grande-Neige. Des hommes connaissent des symbioses bizarres, sur un monde appelé Aphrodite sous les rayons de Sirius. 2095, l’Europe entre en guerre avec l’Empire du Pacifique. 2120, l’Eglise de l’Expansion, maîtresse de la Transmission instantanée, redécouvre les chemins de l’Enfer. 2135, la Terre, assiégée par les forces de Mars, n’est plus qu’un champ de bataille. Dans les labyrinthes de Castelgéa, les derniers partisans résistent. 2170, sur un monde appelé Miage, les hommes affrontent le redoutable, le grotesque Oiseau Boum-Boum. 2180, aux confins de l’univers, dans le ciel d’Alpharel de la Croix du Sud, la civilisation des Iles aériennes est à son apogée de bonheur et de liberté. 2185, après la terrible Maladie d’Adam, il ne reste que quelques milliers d’hommes sur la Terre ravagée par la famine. Les femmes règnent dans la haine du passé et le souvenir amer de l’abondance.

galaxiales2La carrière de traducteur et directeur de collection de Demuth lui a permis d’acquérir une bibliothèque conséquente et une grande culture littéraire en matière de science-fiction. Ce savoir, une fois digéré, ne pouvait qu’aboutir à la naissance de l’écrivain Demuth et à cette série de recueils d’anticipation. N’allez pas croire pour autant que la plume de Demuth se limite à paraphraser les auteurs américains. Notre français mélange son impressionnante inspiration d’ouvrages de science-fiction à notre propre héritage historique et culturel, plaçant ainsi l’Europe occidentale au cœur d’un futur chatoyant. Travaillant à la manière de Robert Heinlein à partir de nouvelles illustrant chaque époque en mettant en scène des tranches de vie d’acteurs ou de témoins de dates charnières, Michel Demuth ne se contente pas d’énumérer une longue litanie de découvertes fabuleuses et de malheurs terrestres. Il bâtit au fil des textes un portrait psychologique de l’humanité, continuellement damnée par le démon des guerres. Certes, la diversité des personnages et l’évolution de notre civilisation à chaque nouvelle décennie brise toute monotonie, mais son analyse de l’âme humaine relativement commune et plutôt superficielle ne séduit pas à coup sûr. Alors, fourbi de thèmes de science-fiction ou réécriture française de l’Histoire du Futur ? Chacun gardera son opinion sur ce cycle, et conclura non sans regrets que les Galaxiales manquent cruellement aux catalogues actuels d’éditeurs de science-fiction.