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Planète SF

L’impasse pour la recherche de sphères de Dyson ?

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Simulation d’un essaim de Dyson (crédits : Vedexent)

Depuis que Freeman Dyson proposa, en 1960, l’existence de mégastructures construites autour de soleils, la recherche de preuves de civilisations extraterrestres passe aussi par la traque astronomique de ces hypothétiques sphères de Dyson. Le physicien proposait que des étoiles dotées de telles structures émettraient plus d’infra-rouge qu’à la normale. Il suffirait donc de scruter le ciel pour sélectionner des étoiles candidates.

Dans un article récent, la revue en ligne Universe Today revient sur cette chasse astronomique des sphères de Dyson, et rappelle que l’hypothèse n’est pas aussi simple que cela. De nombreuses étoiles sont entourées d’un disque de poussières, qui émet un rayonnement infra-rouge similaire à un réseau de satellites en essaims ou bulles de Dyson. Impossible dans ce cas de distinguer les débris de constructions artificielles, et le rasoir d’Ockham force l’astronome à rejeter prudemment l’hypothèse alien.

Il faut également se poser la question de la faisabilité d’une sphère de Dyson, et notamment du type I, concept popularisé dans la culture populaire par des auteurs de science-fiction comme Laurent Genefort. Hélas, l’existence dans notre galaxie d’une sphère creuse englobant complètement son étoile reste hautement improbable. Outre la quantité titanesque de matière nécessaire à sa construction (imaginez la superficie d’une sphère d’une année-lumière de rayon !), les formidables contraintes mécaniques rendraient sa conception et son maintien quasi-impossibles. Entre l’infaisabilité d’une sphère de Dyson de type I et les difficultés à distinguer des essaims ou bulles de Dyson, la structure artificielle extra-terrestre la plus aisément détectable à l’heure actuelle reste l’objet de très grande taille, ou le « Big Dumb Object », concept inventé par Olaf Stapledon dans Créateur d’étoiles. L’idée repose sur le transit autour de son étoile d’un énorme objet céleste d’apparence artificielle, ainsi mis en évidence de la même manière qu’une exo-planète. Reste alors que contrairement au concept de sphère de Dyson, le « Big Dumb Object » n’a pas de fonction évidente, et demeurerait à l’image du Rama d’Arthur C. Clarke une énigme dérivant dans l’espace.

A consulter :

- Dyson, F.J. (1960). Search for Artificial Stellar Sources of Infrared Radiation. Science 131(3414), pp. 1667-1668. [En ligne].

- Carrigan, R.A. Jr. (2009). IRAS-Based Whole-Sky Upper Limit on Dyson Spheres. The Astrophysical Journal, 698(2). [En ligne].


La NASA confirme ses objectifs martiens pour 2030

Le patron de l’agence spatiale américaine, Charles Bolden, a de nouveau mis le cap vers la planète rouge. Lors d’une conférence consacrée à Mars, Bolden a déclaré qu’« un vol habité vers Mars est aujourd’hui l’ultime destination de l’humanité dans notre système solaire et est la priorité de la Nasa. Tout notre programme d’exploration spatial est aligné pour soutenir cet objectif ». La date fixée, 2030, reste cependant toujours compromise par les restrictions budgétaires auxquelles doit faire face la NASA. Le Président Obama a ainsi récemment proposé au Congrès une enveloppe de 17,7 milliards de dollars pour la Nasa en 2014, en baisse par rapport aux années précédentes.

Mais Bolden tout comme l’administration Obama continuent d’y croire. La course vers Mars est toujours d’actualité, et a même reçu le soutien médiatique de l’ancien astronaute Buzz Aldrin. La NASA prévoit même un calendrier par étapes, avec une mission de longue durée d’un an dans l’ISS pour deux astronautes russes et américains en 2015, puis un vol habité autour d’un astéroïde géocroiseur en 2025. Outre la recherche sur la médecine des longs séjours spatiaux, ces missions devront également permette de développer de meilleures capacités de survie et d’améliorer les systèmes de propulsion. Bolden souhaite également profiter du vol habité vers un petit astéroïde pour le capturer et le rapprocher de la Terre. L’alléchante promesse de l’exploitation minière d’astéroïdes fait également partie des objectifs de l’agence spatiale américaine.

Quant à la question des capacités techniques de la NASA pour concevoir un vol habité jusqu’à la planète Mars, Bolden reste réaliste mais élusif : « la Nasa n’a pas actuellement les capacités technologiques d’envoyer des humains sur Mars, mais je pense que nous sommes sur la route qui nous y conduira dans les années 2030 ». Refusant de commenter les projets privés de vols vers Mars, Bolden laisse planer un certain malaise sur les réelles capacités de la NASA. Désormais dépendante des lanceurs russes et d’entreprises privées telles que SpaceX, l’agence public aborde la décennie actuelle en net retrait sur l’échiquier de l’aérospatial. Débordée par les initiatives privées, la NASA sera-t-elle vraiment en mesure de planter le drapeau américain sur la planète rouge ? Malgré les convictions de Bolden, il y a de quoi en douter.

Sources : AFP.

Mars_NASA_illustration


Prédiction du futur : la psychohistoire bientôt une réalité ?

Hari_SeldonLa psychohistoire d’Isaac Asimov en passe d’être inventée ? Cette science futuriste, inventée par le personnage de fiction Hari Seldon, combine l’histoire, les sciences humaines, l’économie et les statistiques pour générer des prédictions à long terme sur de très larges populations, telles que celles à l’échelle de l’Empire Galactique du Cycle de Fondation. Bien plus modestement, une collaboration entre le Technion (Haïfa) et Microsoft rattrape la science-fiction et propose dès aujourd’hui un logiciel prédictif à court terme.

Kira Radinsky, chercheuse au Technion, et Eric Horvitz, co-directeur de la branche recherche chez Microsoft, ont mis au point un logiciel qui serait capable d’anticiper les événements futurs. En analysant les données politiques, historiques, climatiques, socio-économiques ou encore sanitaires, il associe des liens de causalité aux différents évènements indexés. Pour obtenir le plus de corrélations possibles, le logiciel utilise une impressionnante ressource : vingt années d’articles du New York Times et plusieurs dizaines de bases de données disponibles sur Internet.

Utilisé en bonne intelligence, le logiciel identifie les motifs récurrents et en déduit des prédictions à court terme. Les résultats sont même très surprenants, puisque Eric Horvitz indique des pronostics vérifiés justes à 70-90 % des cas ! Le logiciel n’est cependant pas omniscient et ses concepteurs se sont attachés à prévoir correctement qu’un nombre restreint d’événements  comme les problèmes sanitaires et épidémiologiques liés aux épidémies de choléra s’étant abattues en Angola entre 2006 et 2007. Mais à terme, il pourrait tout aussi bien prévoir des crises économiques ou politiques récurrentes et tester la pertinence des solutions proposées avec un taux de réussite tout aussi spectaculaire.

A lire : sur le BE Israël 85.


Nouveau record pour la fusée SpaceX Grasshopper

Le prototype de fusée réutilisable SpaceX « Grasshopper » a battu son propre record durant son cinquième essai technique, avec un vol contrôlé de 250 mètres d’altitude. Ce nouveau succès a été annoncé officiellement par le patron de SpaceX, Elon Musk, sur twitter. « GrassHopper » est un prototype de lanceur sub-orbital réutilisable, développé par la firme américaine depuis 2011. Le système devrait servir de premier étage pour la fusée Falcon 9 et de boosters latéraux pour la Falcon Heavy. Lors du plan de vol des fusées, ces éléments « Grasshopper » se sépareront plus tôt du second étage, afin de conserver suffisamment de carburant pour assurer leur descente contrôlée.

Le projet semble donc prometteur, et s’inscrit dans un programme plus ambitieux de fusées entièrement réutilisables. D’ici quelques temps, SpaceX souhaite en effet développer un second étage également réutilisable : il sera capable d’assurer, après décrochage, son réalignement orbital et sa rentrée dans l’atmosphère terrestre. Si SpaceX dépasse les difficultés techniques jusqu’à l’accomplissement de son projet, la société privée aura accompli un vieux rêve de l’aérospatiale : proposer des lanceurs entièrement réutilisables.

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Crédits : SpaceX


Du fond du labo #5

Au sommaire de ce nouveau numéro : de l’exobiologie, le séquençage du génome d’un « presque fossile vivant », et un hommage à la disparition du Prix Nobel François Jacob.

L'océan d'Europe interagit avec la surface de la lune (crédits : Nasa / JPL / Caltech).

L’océan d’Europe interagit avec la surface de la lune (crédits : Nasa / JPL / Caltech).

La surface d’Europe serait riche en peroxyde d’hydrogène (H2O2), selon une étude menée par des chercheurs de la NASA. D’après ces mêmes chercheurs, si ce peroxyde parvient à se mélanger avec les eaux de l’océan sub-glaciaire de cette lune, il pourrait fournir un pouvoir oxydatif favorable à certaines formes de vies. Cette découverte confirme les précédentes mesures de la sonde Galiléo et aiguise la curiosité des scientifiques du NASA Astrobiology Instute. Une fois de plus, la lune Europe semble une bonne candidate pour une mission d’exploration et de forage glaciaire robotisé. A lire sur Daily Galaxy.

Kepler a détecté deux exoplanètes d’une taille proche de celle de la Terre et situées dans la zone d’habitabilité de leur étoile, Kepler-62. Ces deux mondes ont des diamètres respectivement 41% et 61% plus larges que celui de la Terre. Ces exoplanètes seraient, selon les scientifiques à l’origine de cette découverte, constitués de roches et de glaces. Mais Dimitar Sasselov, du centre d’Astrophysique de Cambridge, pense qu’elles pourraient tout à fait présenter des océans liquides à leur surface. La liste d’exoplanètes susceptibles de présenter des conditions favorables à l’accueil d’une forme de vie n’a donc de cesse de s’allonger. A lire sur Nature.

Le Cœlacanthe, poisson tropical des eaux profondes, est qualifié de manière abusive de « fossile vivant ». Considéré éteint depuis 70 millions d’années, un spécimen fut pêché en 1938, montrant que l’espèce n’avait que peu pas évolué depuis sa prétendue disparition. Cette ressemblance frappant lui valut ce surnom fixiste, qui depuis lors induit en erreur étudiants et grand public. Car le véritable mystère du Cœlacanthe repose justement sur sa très lente – mais existante – évolution depuis plusieurs millions d’années ! D’abord étudié par les paléontologues et zoologistes en raison de ses caractéristiques primitives, le Cœlacanthe africain (Latimeria chalumnae) a récemment connu les honneurs du séquençage de son génome. La tâche fut ardue, en raison de l’habitat difficile d’accès de l’animal, de la mort immédiate de tout spécimen capturé lors de sa remontée en raison des changements de pression et de température, et enfin de la délicate conservation des tissus prélevés. Les 91 membres de l’équipe à l’origine du séquençage de son génome sont cependant parvenus à surmonter toutes les difficultés de leur projet, du prélèvement jusqu’au rapatriement du matériel biologique au laboratoire. Après six mois de séquençage au Broad Institute de Cambridge (USA) et un an d’analyse des résultats, l’équipe internationale publie enfin dans Nature le génome de ce fascinant Cœlacanthe, qui permettra de mieux comprendre l’évolution des Poissons et des Vertébrés, tout en s’interrogeant sur les mécanismes responsables du très lent taux d’évolution de ses gènes. A lire sur Science.

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Enfin, le biologiste français et Compagnon de la Libération François Jacob s’est éteint vendredi dernier. En juin 1940, à vingt ans, ce jeune étudiant en médecine quitte Paris pour rejoindre les FFL à Londres. Il y devient officier du Service de santé des Armées en Lybie puis en Tunisie. Blessé en Normandie en août 1944, il reprend après-guerre ses études et obtient son doctorat en 1947 en soutenant ses travaux sur la tyrothricine, un antibiotique à usage local isolé huit ans plus tôt. Scientifique de génie, il a largement contribué à la compréhension de la lysogénie et de la conjugaison bactériennes. Avec Jacques Monod, il découvrit le fameux opéron lactose d’E. coli, modèle-clé de la régulation de l’expression des gènes chez les bactéries et chapitre de cours incontournable pour tout étudiant de premier cycle en sciences du vivant. En 1965, il obtint avec André Lwoff le Prix Nobel de Médecine. Auteur de nombreux ouvrages comme La Logique du vivant, une histoire de l’hérédité, il publia en 1987 La Statue intérieure, son autobiographie.

En guise d’hommage, je vous propose de visionner cet échange télévisé de 1972 avec Claude Levi-Strauss, un autre grand scientifique et humaniste français :