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Hausse du niveau de la mer en France : une menace territoriale encore trop négligée ?

Le niveau mondial de la mer augmente sous l’effet du réchauffement climatique, mais cette hausse diffère selon les régions du globe. Jeudi dernier, le climatologue Jean Jouzel présentait à la Ministre de l’écologie Ségolène Royal le cinquième volume de son rapport consacré au climat de la France pour le XXIème siècle. Ce nouveau tome, dédié à la hausse du niveau de la mer le long des côtes françaises, prend en compte aussi bien les données nationales que les conclusions récentes du GIEC.

Mauvaise nouvelle pour les côtes françaises, le rythme de la montée des eaux s’accélère. Si à l’échelle mondiale la hausse est de 18,7 cm en 110 ans, la tendance globale est même à la hausse avec + 6,7 cm pour les trente dernières années. En France métropolitaine, Antilles et Réunion, la hausse est dans cette moyenne mondiale. En revanche, elle est beaucoup plus forte en Polynésie (+ 21 cm) et en Nouvelle-Calédonie (+ 12 cm) sur les soixante dernières années suivies. D’après Anny Cazenave, chercheuse en géodésie et océanographie spatiale au CNES, ce phénomène s’explique par trois facteurs : la fonte des glaces, le réchauffement des océans mais aussi le pompage dans les aquifères. D’ici l’horizon 2100, la hausse moyenne le long des côtes métropolitaines sera de + 40 cm à + 75 cm selon les scénarios climatiques et les actions politiques envisagées. Un risque de submersion des zones les plus sensibles se doit donc d’apparaître clairement dans les plans de gestion du territoire.

Quel avenir pour le littoral français ? (photo : port du Cotentin, Nessie 2012)

Quel avenir pour le littoral français ? (photo : port du Cotentin, Nessie 2012)

Les installations portuaires, les ouvrages privés comme publics ainsi que les communes côtières dont l’altitude moyenne reste très proche du niveau de la mer devront faire face en premier lieu à cette hausse du niveau de la mer. Le coût sur les collectivités sera forcément important : « Pour un niveau marin relevé d’un mètre, il faut rehausser de 1,5 à 2 mètres des ouvrages comme les digues » , précise Gonéri Le Cozannet, expert au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et co-auteur de ce cinquième volume. A ce risque de submersion directe se rajoute l’érosion accélérée du littoral. La Basse-Normandie figure parmi les régions côtières les plus exposées à cette menace, et son conseil régional a d’ores et déjà adopté en 2012 une stratégie de gestion durable de la bande côtière. Premier défi : sensibiliser des élus locaux peu ouverts aux questions environnementales afin de stopper les nouveaux permis de construire dans les zones exploitées. Un défi de taille pour cette région traditionnellement à droite sur l’échiquier politique, mais qui commence à porter ses fruits, selon la conseillère régionale Muriel Jozeau-Marigné. Enfin, la hausse du niveau marin entraînera une infiltration saline dans les sols et aquifères côtiers, risquant de provoquer une baisse notoire des rendements agricoles. Un drame économique annoncé pour les communes rurales côtières, mais encore difficile à évaluer aujourd’hui.

Projection de la hausse du niveau de la mer (Vermeer, 2009 ; Skeptical Science, 2015)

Projections de la hausse du niveau de la mer selon les scénarios envisagés (Vermeer, 2009 ; Skeptical Science, 2015)

Il est cependant possible de se rendre compte dès aujourd’hui des enjeux environnementaux soulevés par ce rapport en se remémorant les récentes tempêtes côtières qui ont ravagé le littoral atlantique : en Vendée, la tempête Xynthia avait ainsi provoqué la mort de 29 victimes suite à l’inondation de zones urbaines pourtant classées en territoires sensibles. Le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne a récemment reconnu la culpabilité des élus locaux dans cette affaire, laissant espérer que cette décision de justice forcera les décideurs récalcitrants à enfin prendre toute la mesure de ces changements climatiques et à agir en conséquence. Autre exemple récent, les tempêtes d’hiver de ces dernières années ont fortement érodé le littoral breton, provoquant sur le territoire de la commune de Trégastel d’importants dégâts sur les installations touristiques comme sur les terrains de riverains les plus exposés aux vagues. Les répercussions économiques liées à ces dégradations climatiques seront forcément dramatiques pour ces petites communes côtières vivant principalement de l’activité touristique ; les coûts à long terme de réaménagement de leur littoral dépassent parfois le modeste budget de ces municipalités, qui ne pourront pas faire face seules à la déferlante climatique. La sensibilisation des élus ne suffira pas, et les pouvoirs publics accusés avec raison de passivité sur ces dossiers devront obligatoirement se mobiliser pour proposer une véritable plan de développement durable du littoral côtier.

Les causes du changement climatique et l'opinion des français (sources : SIG Lab, 2015).

Les causes du changement climatique et l’opinion des français (sources : SIG Lab, 2015).

Afin que l’Etat soit sensible à la question, il faut que les électeurs plébiscitent les discours politiques allant dans cette direction. Pour les communes côtières normandes, « les mentalités changent » se félicite Muriel Jozeau-Marigné. Rare parti politique introduisant le climat au cœur de son programme politique, EELV a enregistré aux dernières départementales un faible score qui ne dépassent pas les 2% des bulletins exprimés. Les débats environnementaux ont d’ailleurs brillé pour leur absence durant la campagne politique. Un paradoxe, alors que l’aménagement du territoire fait partie des enjeux départementaux. Sur le plan national, les français se disent très majoritairement sensibles aux problèmes environnementaux (87% selon le Crédoc, avril 2013). Toutefois, le sujet n’est pas au cœur de leurs préoccupations actuelles : 23 % des sondés considèrent l’environnement comme préoccupation principale selon un sondage TNS/La Croix. La faute aux multiples autres crises que traverse notre pays, dont les effets sont bien plus concrets et immédiats dans notre quotidien que les changements climatiques annoncés pour les décennies à venir. Plus inquiétant encore, les causes du réchauffement climatique sont mal comprises par les français, qui ne sont que 39 % à relier climat et effets de serre des GES. Les thèses climato-sceptiques, rendues populaires en France par les succès éditoriaux des ouvrages de Claude Allègre, ont surtout distillé un doute majoritaire dans l’opinion de nos concitoyens. Ainsi, seulement 16 % rejettent la responsabilité anthropique dans le réchauffement actuel, tandis que 43 % se contentent d’exprimer leur incapacité à se positionner dans le débat entre scientifiques et climato-sceptiques (SIG Lab, 2015). La situation est donc bien moins catastrophique que dans les pays anglo-saxons, où les thèses climato-sceptiques ont pignon sur rue. Afin de convaincre ces 43 % de français indécis, il est nécessaire de promouvoir une vulgarisation scientifique intelligente, sachant apporter des éléments clairs et concrets tout en s’affranchissant de trop d’alarmisme ou de militantisme. Espérons que la Conférence climat de Paris 2015 sera l’occasion d’introduire auprès du grand public ces précieux éléments de compréhension qui leur permettront de mieux apprécier les défis environnementaux guettant notre pays pour les décennies à venir.


Des chimistes portent un coup fatal à la théorie de la panspermie

La vie est-elle apparue de toutes pièces sur Terre, ou bien certaines briques constitutives ont-elles été apportées par les comètes et météorites ? Tel est le débat passionnant qui anime astrochimistes et exobiologistes depuis plusieurs décennies. Une étude récemment parue dans Nature Chemistry pourrait cependant faire basculer le débat en faveur d’un des deux scénarios. En effet, des chimistes du MRC Laboratory of Molecular Biology de Cambridge viennent de démontrer qu’il est possible de synthétiser spontanément des précurseurs chimiques des ribonucléotides, des protéines et des lipides à partir d’un substrat de molécules primitives. Un coup mortel porté aux théories de la panspermie ?

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En 1953, l’expérience de Miller et Urey avait permis de démontrer qu’en reconstituant en laboratoire les conditions supposées régner à la surface de la Terre primitive, il était possible d’obtenir plusieurs molécules bio-organiques comme l’urée, le formaldéhyde, l’acide cyanhydrique et même de la glycine, le plus rudimentaire des acide aminé. Miller et Urey avaient utilisé comme substrat primitif du méthane, de l’ammoniac, du dihydrogène et des molécules d’eau qu’ils soumettaient à des décharges électriques. Cette expérience, fondatrice de la chimie prébiotique, est cependant désormais critiquée en raison de l’avancée des connaissances géologiques qui tendent à préciser les conditions géochimiques de la Terre primitive. Soixante deux ans après cette expérience historique, de nouvelles investigations chimiques tendent à proposer de nouveaux scénarios prébiotiques encore plus pertinents.

L’équipe du Dr. John D. Sutherland n’est pas novice en la matière. En 2009, elle publiait dans Nature un article expliquant comment les nucléotides avaient pu se former spontanément à partir de composés primitifs. Cette fois-ci, nos chimistes anglais ont repris les hypothèses et connaissances actuelles concernant la croûte terrestre primitive afin de décrire la synthèse chimique des briques élémentaires du vivant. Prenant à contre-pied les réactifs initiaux de Miller et Urey, ils se sont intéressés au sulfure d’hydrogène (H2S) et d’acide cyanhydrique (HCN) – deux molécules vraisemblablement présentes dans l’atmosphère terrestre primitive – ainsi qu’à l’apport énergétique des rayons UV bombardant alors la surface terrestre. A partir de ces trois ingrédients, nos chimistes sont ainsi parvenus à produire expérimentalement plus de cinquante acides nucléiques différents – aussi bien des précurseurs de l’ARN que de formes analogues – mais également plus d’une vingtaine d’acides aminés et même un précurseur chimique permettant la synthèse de lipides.

Les apports organiques des météorites ne sont pas pour autant négligés, et leur contact avec l’atmosphère primitive aurait pu contribuer à l’enrichissement moléculaire de la « soupe primitive » . Dans ce cas, la lithopanspermie ne serait qu’une voie annexe d’importation de matériel organique. Toujours est-il que les expériences menées par ces chimistes anglais démontrent que les conditions physico-chimiques étaient bien réunies sur Terre pour que les premières molécules biochimiques et voies métaboliques émergent spontanément. Actuellement, un débat d’experts tente de placer par ordre chronologique les trois événements majeurs impliqués dans l’apparition des premières cellules primitives : le « monde ARN », le « monde lipidique » et le « monde métabolique » . Lequel de ces trois scénarios apparut le premier : d’abord un métabolisme prébiotique, ou bien une compartimentation grâce à la bicouche lipidique, ou encore l’assemblage de molécules d’ARN ? Sutherland et ses collaborateurs tendent à argumenter que ces trois étapes ont pu s’opérer simultanément lors de la mise en place de premières cellules primitives. Une révolution biochimique bien lointaine, antérieure à notre dernier ancêtre commun universel (Last Universal Common Ancestor – LUCA), et s’étant vraisemblablement déroulée sans la moindre aide extérieure.


Un moratoire contre le mailing des extra-terrestres ?

Envoyer un message à destination d’une civilisation extra-terrestre peut sembler aussi dérisoire que lancer une bouteille dans la grande mer du cosmos. Et pourtant, les initiatives de missives adressées à E.T. soulèvent une réelle inquiétude scientifique, au point que des chercheurs en appellent à un moratoire visant toute démarche de ce genre.

Souvenez-vous, en 2010, Stephen Hawking nous déconseillait de contacter nos voisins extra-terrestres. Pour le célèbre physicien britannique, l’espace est désespérément silencieux parce que les civilisations suffisamment avancées pour émettre des signaux sont certainement rarissimes, mais également parce qu’elles n’ont aucun intérêt à se faire remarquer. En effet, si des espèces extra-terrestres sont parvenues à maîtriser le voyage interstellaire, il est probable que certaines d’entre-elles aient des intentions hostiles, ou soient tout simplement en quête de nouvelles niches écologiques à exploiter. Dans ces conditions, indiquer sa présence en émettant des signaux reviendrait à signer son arrêt de mort.

En d’autres termes, il est particulièrement imprudent d’adresser des messages à des extra-terrestres dont on ignore tout – jusqu’à leur propre existence. Aussi, lorsque Doug Vakoch de l’institut SETI (Search of Extraterrestrial Intelligence) a présenté en février dernier les différents projets METI (Messaging Extraterrestrial Intelligence), il s’est attiré les critiques des scientifiques présents au congrès de l’AAAS (Association américaine pour l’avancement des sciences). Doug Vakoch propose d’utiliser le radiotélescope d’Arecibo pour non plus écouter le ciel mais envoyer des messages dans l’espace. L’idée n’est pas nouvelle : la sonde Pioneer 10 emporta en 1972 la fameuse plaque d’or gravée d’un dessin de Carl Sagan, les sondes Voyager embarquaient chacune un disque multimédia protégé dans une jaquette dorée et ornée de messages, et sans oublier le message d’Arecibo envoyé en 1974 depuis le fameux radiotélescope du Puerto Rico.

Mais l’esprit des années 70 n’anime plus la communauté scientifique, qui remet désormais en cause les initiatives de ce genre. Un communiqué, co-signé par l’entrepreneur Elon Musk et une vingtaine d’autres personnalités – dont l’auteur de science-fiction David Brin et l’astronome Geoff Marcy – appelle solennellement à un moratoire sur les projets METI en attendant qu’une décision basée sur un consensus mondial puisse autoriser ou non la poursuite de telles initiatives. David Brin était présent lors du dernier congrès de l’AAAS pour présenter cet appel.

Est-ce si important que cela de couper la communication avec E.T. ? Dans le pire des cas, il faudra attendre des siècles, voire des millénaires avant qu’une civilisation – hostile ou bienfaitrice – rallie l’orbite de notre planète Terre. Aussi les auteurs de cet appel justifient leur démarche avec un autre argument, économique cette fois-ci. Selon eux, les projets METI absorberaient bien trop de crédits de recherche à court terme pour un résultat plus que critiquable à très long terme. Déception, nous sommes au final dans la même situation que des parents privant leur adolescent de portable suite à une facture téléphonique trop salée …

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Elon Musk veut retirer le volant aux conducteurs humains

elon_muskLes derniers chiffres de la mortalité sur les routes françaises sont en hausse, et les associations appellent à de nouvelles mesures contre la violence routière. Mais nous ne sommes pas le seul pays préoccupé par ce problème : aux Etats-Unis, la sécurité routière fait également débat. Récemment, Elon Musk s’est lui aussi lancé dans la polémique. Et non sans intérêts, puisque le visionnaire entrepreneur est PDG de Tesla Motors, fabricant de voitures électrique. Sa position est aussi futuriste que radicale : étant donné que les conducteurs ne parviennent pas à limiter la mortalité sur la route, il faut donc confier le volant à des robots.

« À l’avenir, les gens ne pourront plus conduire leur véhicule. C’est trop dangereux », a-t-il déclaré lors d’une conférence de l’entreprise Nvidia le 17 mars dernier. « On ne peut pas laisser une personne conduire une machine à tuer de 2 tonnes » . Aussi considère-t-il que seule l’intelligence artificielle peut remplacer le défaillant conducteur biologique. L’idée n’est pas totalement nouvelle, puisque la Google Car utilise déjà un système de pilotage automatique équipé d’une caméra, de radars et d’un récepteur GPS. Les rares modèles existants, coûtant la bagatelle de cent cinquante mille dollars, ne circulent cependant pas encore sur toutes les routes américaines. Seulement quelques états comme la Californie, le Michigan ou le Nevada ont autorisé des tests de voitures autonomes ou exigent que le conducteur puisse reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

Pour Elon Musk, la voiture robot devra aller plus loin et se passer totalement de conducteur, quelle que soit le trajet et la situation imprévue. Une difficulté supplémentaire qui demande de concevoir une intelligence artificielle à même de gérer des événements chaotiques. Quant au remplacement du parc automobile par des voitures autonomes, il faudrait compter au moins 20 ans de transition à l’échelle mondiale, en supposant que le coût de chaque véhicule robotisé baisse suffisamment pour remplacer intégralement les quelques deux milliards d’automobiles actuellement en circulation à travers le monde.

Les déclarations d’Elon Musk devraient également relancer la polémique autour du développement des intelligences artificielles. Ce secteur robotique et informatique, actuellement en plein essor, est pourtant critiqué pour les risques qu’il pourrait faire peser sur l’Humanité. Et parmi ces adversaires figure … un certain Elon Musk, qui déclarait en 2014 que « l’intelligence artificielle est potentiellement plus dangereuse que le nucléaire » . Contradiction morale ou retournement de veste de l’entrepreneur ? Il semblerait que la véritable religion d’Elon Musk soit avant tout les fracassants effets d’annonces !


Des climato-sceptiques tentent de bloquer un documentaire à charge

Seule la vérité dérange. Il faut donc croire que le film documentaire « Marchands de doute » (Merchants of Doubt) de Robert Kenner et Naomi Oreskes marque en touche, puisqu’il fait l’objet d’une cyber-campagne agressive de la part des climato-sceptiques. Mais pour une fois, la raison de cette attaque dénialiste se base par une mise en scène à l’écran pour le moins critiquable. A l’origine de cette campagne, le physicien Fred Singer, qui n’a particulièrement pas apprécié de figurer en caméo dans un documentaire démontrant les liens entre les fameux « experts » sceptiques relayés par les grands médias américains et les lobbies industriels. Et pour cause, Singer est considéré comme l’un des « fondateurs » du mouvement climato-dénialiste outre-Atlantique.

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Pourtant, lorsque Singer apparaît dans le documentaire de Kenner et Oreskes, il y joue son rôle habituel. Le visage radieux, il nie en bloc le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, martelant que tout ceci « n’est que foutaises » . Singer ne s’attaque pas non plus au film après avoir subitement changé d’avis sur la question, le retraité demeure un climato-sceptique convaincu. Ses raisons sont plus personnelles : il reproche à Kenner de lui avoir tendu un piège pour le discréditer à l’écran. Aussi a-t-il engagé depuis le début du mois une prospection juridique afin de définir des plans d’actions légaux contre les producteurs de ce documentaire. L’objectif final étant, bien au-delà de son droit à l’image, de torpiller ce documentaire avant qu’il ne révèle aux spectateurs les malversations et coups-bas des climato-sceptiques américains.

L’affaire semble avoir démarré après que Singer, qui ne fait qu’un caméo dans ce documentaire, ait commencé à avoir quelques doutes sur sa sollicitation par Kenner. Le physicien nonagénaire ne rate en effet jamais une occasion de démolir ses adversaires « réchauffistes » à l’écran. Mais se serait-il fait piéger cette fois-ci ? Du moins est-ce son interprétation et angle d’attaque dans cette affaire. Le 6 mars dernier, il menace Kenner de porter plainte, insinuant avoir été prévenu que son apparition à l’écran était sous titrée « un menteur à louer » . Le texte n’apparaît pas dans le film, précise Kenner, cependant il a été rajouté dans la couverture médiatique du film. Singer reproche également à Kenner d’avoir omis toute analyse critique vis à vis du livre « Les Marchands de doutes » de Naomi Oreskes et Erik M. Conway, dont le documentaire est l’adaptation sur grand écran. Selon ce physicien, l’essai serait truffé d’arguments biaisés et d’erreurs partisanes. Et pour cause, l’ouvrage démontrait déjà les liens entre Fred Singer et les lobbies industriels…

Sur le plan légal, Singer essaie de forcer la main à Kenner afin d’aboutir à un arrangement sans passer par la case tribunal. Les cohortes d’avocats vont donc se mettre en branle et les réactions de Sony Pictures seront suivies de près au cours de cette affaire. Pendant ce temps, la blogosphère climatio-sceptique se déchaîne, comme à son habitude. Les attaques visant Kenner et Naomi Oreskes se multiplient alors que s’enchaînent les sorties mondiales et avant-premières du documentaire. Dernière escalade en date de ce bashing, le frère de Kenner a été directement visé par un billet de blog calomnieux. « I am really just coming on their radar as the film is coming out, and the attacks are just heating up » commente Kenner, laconique. Il a raison, le plus dur reste encore à venir.