Cela fait un moment que je n’ai pas publié un nouvel épisode de ce rendez-vous métalleux sur mon blog. Il est temps de se remettre au boulot, avec un numéro spécial consacré à Iron Maiden. Groupe britannique mythique, Iron Maiden fut formé en 1975 par le bassiste Steve Harris, très vite rejoint par Dave Murray. D’étiquette heavy metal, nos musiciens sont considérés comme les pionniers de la New Wave of British Heavy Metal (la NWOBHM pour les intimes). Enorme succès mondial, le groupe peut se venter d’une longévité remarquable (37 ans cette année). Sa mascotte, Eddie, fut créée par le dessinateur Derek Riggs, et souleva bien des polémiques de part ses mises en scène provocatrices. Eddie témoigne cependant à lui seul des multiples influences du groupe : mythologiques, cinématographiques, historiques et surtout littéraires, avec des références à des auteurs aussi prestigieux qu’Isaac Asimov, P.K. Dick, Frank Herbert, Gaston Leroux ou encore H.P. Lovecraft.
Pour vous convaincre de la richesse graphique des illustrations d’Eddie, je vous propose une très belle vidéo d’hommage montée avec pour fond sonore le titre « Seventh Son of a Seventh Son » (1988) tiré de l’album éponyme (tiens d’ailleurs, l’album a été inspiré au départ par la lecture des Chroniques d’Alvin le Faiseur, d’un certain Orson Scott Card) :
Parmi les influences littéraires d’Iron Maiden, je vous ai cité Frank Herbert. Il me me faut donc vous proposer « To Tame a Land » de l’album Piece of Mind (1983), dédié à l’univers de Dune :
Les influences d’Iron Maiden englobent aussi le cinéma et les séries TV. Pour les fans du Dr. Who, le groupe rend hommage à la série avec « Caught Somewhere in Time » de l’album Somewhere in Time (1986) :
Enfin, Iron Maiden s’inspire aussi de l’histoire, ancienne ou moderne. Un de mes titres préférés dans ce registre reste « Alexander the Great », de l’album Somewhere in Time (1986). Ce clip est un fan-made réalisé à partir d’un documentaire de la BBC sur la Grèce Antique et d’images de concert du groupe. Les fidèles de ce blog se souviendront que je l’avais déjà sorti dans un billet consacré aux mythes antiques et à l’histoire grecque dans la musique métal. Mais avouez que cela a de la gueule !
Le roman Stranger in a Strange Land (En Terre Etrangère) de Robert Heinlein fut considéré en son temps comme un des livres inspirateurs du mouvement hippie. Et même si cette étiquette laissa l’auteur assez dubitatif, il reste intéressant de rechercher de quelles manières son œuvre influença la culture hippie.
Prenons pour exemple musical le titre « Triad ». Certes, ce n’est pas à proprement parler une chanson purement heinleinienne. Elle fut écrite en 1967 par David Crosby et traite de la cohabitation amoureuse d’un ménage à trois, dans une vision purement hippie de « l’amour libre ». En cela, David Crosby s’inspire d’une expérience personnelle, mais fut également inspiré par l’ouvrage de Robert Heinlein, et y fait référence dans ses paroles avec « sister lovers » ou encore « water brothers ». « Triad » a une histoire mouvementée. D’abord jouée avec The Byrds, David Crosby se fâcha progressivement avec le reste de la bande au sujet des paroles de cette chanson, notamment avec le leader Roger McGuinn (guitariste) et le bassiste Chris Hillman. Il est probable que « Triad » ne fut qu’un prétexte, Crosby n’étant d’ailleurs plus très fidèle au groupe. Mais après l’enregistrement du titre en août 1967, les disputes se multiplièrent et débouchèrent deux mois plus tard à l’éviction de David Crosby du groupe.
Crosby donna probablement la chanson au groupe Jefferson Airplane, ce qui explique la présence du titre dans l’album Crown of Creation (1968). Il réalisa ensuite un enregistrement public de « Triad » avec le groupe Crosby, Stills, Nash & Young’s, disponible dans l’album 4 Way Street (1971). La chanson réapparaît d’ailleurs dès 1987 dans un album d’archive des Byrds (Never Before) et figure depuis lors dans les best-of consacrés à ce groupe. Mais pour mieux vous familiariser avec cette chanson, je vous propose de découvrir ci-dessous ses paroles et les trois versions successives de son interprétation :
Triad – David Crosby (1967).
You want to know how it will be Me and him OR you and me You both stand there your long hair flowing Eyes alive your mind still growing Saying to me– »What can we do now that we both love you », I love you two– I don’t really see Why can’t we go on as three You are afraid–embarrassed too No one has ever said such a thing to you Your mother’s ghost stands at your shoulder Face like ice–a little bit colder Saying to you– »you can not do that, it breaks All the rules you learned in school » I don’t really see Why can’t we go on as three We love each other–it’s plain to see There’s just one answer that comes to me –Sister–lovers–water brothers And in time–maybe others So you see–what we can do–is to try something new– If you’re crazy too– I don’t really see Why can’t we go on as three.
Merci à RCW pour nos échanges au sujet de David Crosby.
Pour ce nouvel épisode de notre série métalleuse, je vous propose de débuter par un petit player consacré à Hammerfall, groupe de power metal suédois. Même si je suis un peu déçu par l’évolution récente du groupe (avec l’album Infected) je reste un grand fan de leurs premières galettes. Hammerfall, pour moi, c’est du power metal puissant et mélodique, qui sait surfer sur le metal des années 80 et flirter avec le cousin metal symphonique. Que du bon, dans une ambiance très Heroïc Fantasy. Playlist louder !
Continuons avec un autre groupe de heavy « power » metal, le célèbre Manowar, qui nous permettra de rester dans l’ambiance avec le clip de « Warriors of the World United ». Un morceau extrêmement connu de nos américains, tiré de l’album Warriors of the World (2002).
Enfin, je terminerai ce rendez-vous metal avec une balade de Virgin Steele, « A Cry In the Night » qui concluait l’album Guardians of the Flame (1983). Bonne écoute, à la prochaine.
Vous pensiez que j’avais oublié Halloween ? Allons donc. N’étant pas partisan de cette fête amérocano-commerciale, vous ne trouverez pas de citrouille sur ce blog. Mas rien ne nous empêche d’écouter de bons vieux morceaux heavy metal à la place. And we don’t care !
Commençons la balade par le groupe anglais Demon, qui en 1981 sortait la galette Night Of The Demon. Assez méconnu, le groupe vaut pourtant le détours. Sur la seconde piste éponyme de cet album, les spectres démoniaque d’Halloween s’éveillent à nouveau ! « There’s a scream in the night / There’s death on the wind / And a heartbeat that’s pounding like rain / There’s a flash in the sky / A cry of a hound / As if someone is wailing the dead … »
En 1983, Grim Reaper sort l’album See you in Hell, dont le premier titre éponyme donne dès d’entrée de jeu la donne. Personnellement, j’aime beaucoup le son très années 80 de ce morceau !
Un petit clin d’oeil à Helloween, groupe de power metal allemand pour qui les citrouilles ont leur importance Dans ce clip de 1988, c’est le fameux tube « I Want Out » qui était immortalisé.
Enfin, terminons cette sélection avec une petite découverte personnelle, Rotting Christ, groupe de black gothic metal grec, qui nous propose dans leur dernier album AEALO (2010) le morceau « Demonon Vrosis ». Rotting Christ, pour vous donner une idée, est musicalement influencé par des groupes comme Bathory, Venom et Celtic Frost. Un mélange détonnant qui hisse le groupe aux côtés de Sceptic Flesh.
Non, la musique ancienne ne se résume pas au Ameno d’Era. J’ai tant de fois entendu ce parallèle débile que mes oreilles en saignent encore. Est-ce de ma faute ? Car après tout, je n’ai que trop parlé de metal au détriment de ces merveilleux enregistrements modernes de musique ancienne. Il est temps de corriger la donne en abordant un album prestigieux, Dante and the Troubadours, de l’ensemble Sequentia sous la direction de Bajamin Bagby et Barbara Thornton.
Le monde des troubadours (en ancien occitan : trobadors) est à la fois déroutant et familier. Si la langue d’oc a perdu ses poètes depuis plus de huit siècles, l’esprit et l’habileté de ces artistes médiévaux nous est en partie parvenue, témoignant de leur talent à marier composition musicale et textes lyriques. Leurs discours, abordant aussi bien l’amour, l’actualité politique ou des fictions, témoignent de la richesse culturelle d’une époque que l’on oppose bien trop souvent à la florissante renaissance. Dante Alighieri (1265-1321), le célèbre auteur de la Divina Comedia et l’un des premiers artisans de la langue italienne, avait étudié avec beaucoup d’intérêt l’art lyrique des troubadours. Il rendit ainsi hommage à la tradition chantée de la langue d’oc dans son ouvrage De vulgari Eloquentia. Il fallut pourtant attendre une époque récente pour que l’art des troubadours soit enfin ressuscité à sa juste valeur, après des années d’égarement musicologique. Ce renouveau permet de prendre conscience de tout le raffinement d’un art pratiqué parmi les gens nobles et cultivés, alliant divertissement, discours politiques et habileté vocale comme rhétorique.
Dante Alighieri écrivit son ouvrage près d’un demi-siècle après l’époque des troubadours. Il prônait un idéal quant au langage, au genre et au sens d’une œuvre, et trouvait cet idéal dans la canso des troubadours. Le chant du troubadour sert de support à un schéma adapté à la mémorisation et à l’imaginaire, les textes étant transmis de manière orale. Le troubadour ne se contente donc pas de flatter son auditoirr à l’aide de belles mélodies. Il doit savoir également trouver derrière chaque oreille un esprit réceptif à ses compositions, et créer une expérience poétique vivante aux significations nombreuses. La structure musicale se compose donc d’une arithmétique concrète : nombreuses syllabes, vers, strophes, mais se nourrit également d’une imagination et d’un schéma poétique aussi libre que rigoureux. Car si chaque chanson ne répond à aucune règle établie de longueur ou d’alternances (hormis les classiques compositions à sept strophes), cette structure musicale exigeante sert de garde-fou au troubadour.
Dante divise les genres de la langue parlée en trois volets, correspondant aux trois natures de l’homme : animale, végétale et rationnelle. Ces trois natures nourrissent tour à tour les poèmes d’amour, d’armes et de vertu. Malgré cela, Dante considère qu’un poème se doit de s’attacher à un « témoignage de véracité » : « ce serait une honte si un poète composant un vers y introduisait une figure de style ou un ornement rhétorique et que, questionné à ce sujet, il n’était pas capable de débarrasser ces mots de leur déguisement afin d’en révéler la vraie signification ». Laissons donc Dante nous guider grâce à ses écrits de musicologie, près de huit siècles après sa naissance. A partir de l’enregistrement réalisé en 1993 à l’abbaye de Fontevraud (France) par la formation Sequentia, retrouvons ces œuvres musicales dont Dante fit l’éloge, et voyageons à travers la musique jusqu’au pays des troubadours.
Formidable voyage dans l’univers musical des troubadours, cet album traverse les âges, en confiant à Dante Alighieri les rôles de producteur et de directeur de formation musicale. L’idée, aussi formidable qu’érudite, donne un bouquet musical riche, et offre une visite du genre insolite autour des écrits d’un des plus grands poètes italiens. Un album incontournable du genre.
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