Neon Genesis Evangelion tome 8 – Mother
L’intrigue s’étoffe dans ce huitième tome de l’adaptation manga de l’anime Neon Genesis Evangelion. Yoshiyuki Sadamoto, qui nous avait laissé en plein suspens après la disparition quantique du corps de Shinji dans l’Eva-01, ralentit la progression du récit pour entrecroiser, au fil des tentatives de récupération de l’adolescent, quelques éclaircissements sur la genèse de la NERV et le passé de ses personnages. Nous découvrons donc, dans cet épisode, les évènements ayant mené à la rencontre des parents de Shinji Ikari, et les circonstances confuses de l’accident de Yui Ikari lors du premier test de synchronisation de l’Eva-01 en cours de construction…
Episode dense, « Mother » permet également d’entrevoir l’influence du mystérieux Comité de la Seele, cette instance dirigeante aux allures d’Illuminatis qui contrôle en sous-main le Commandant Ikari et la NERV. Mais dans quel sens s’oriente le véritable rapport de force actuel ? Ryôji Kaji se révèle être un agent double. Ses enquêtes lèvent un bout du voile, sans que le schéma d’ensemble ne se précise pour autant. Tout du moins comprend-on que le Second Impact était prévu par la Seele, et fut provoqué non pas par une météorite mais par un Ange, « Adam ». Nous apprenons également que l’ascension sociale de Gendô est liée à son mariage avec Yui Ikari, grâce à laquelle il put approcher le mystérieux Comité. Mais quel fut le rôle exacte de la mère de Shinji ? Scientifique hors-pair, s’est-elle uniquement bornée à concevoir les Eva ? Quel était son lien avec la Seele, et savait-elle que l’accident d’activation de l’Eva-01 lui coûterait la vie ?
Autant de mystères que le sauvetage de Shinji vient encore plus troubler. Ce dernier, plongé dans un état quantique, se laisse glisser jusqu’au cœur de l’Eva-01 et en perce les mystères. Il découvre un être bicéphale, un Janus constitué de la Bête et de la Mère, deux entités intimement liées dans le subconscient de l’Eva, et qui n’aspirent qu’à protéger l’enfant-chéri qui le pilote. La mère, encore, avec la genèse du super-ordinateur Magi et de ses trois cœurs. Sa conceptrice, Akagi Naoko, y a enfermé trois facettes du sexe féminin : la mère, la femme et l’amante. Leur puissance de calcul n’a d’égale que la complexité de leur conception, à la limite de l’intelligence humaine artificielle. Ritsuko Akagi connaît parfaitement le chef d’œuvre de sa mère, mais ignore toujours les raisons de sa disparition. Suicide ou meurtre ? Qui de la mère, de la femme ou de l’amante a été punie ? La mère, encore une fois, à travers celle d’Asuka Langley. Pas sa mère adoptive, mais sa mère biologique. Celle-là qui la fait sangloter, chaque nuit dans son sommeil. Celle-là qui la pousse à cacher une douleur incurable derrière ce personnage de petite peste arrogante. Celle-là dont nous ignorons encore tout.
Oui, chaque chose a une origine, toute personne suit sa propre histoire. Des histoires de mères, d’incompréhension, de regrets et de douleur. Des histoires qui subsistent en ces personnages comme une déchirure, une brèche qui les laisse incomplet. La faille est là. Le combat final approche. Les Anges s’y engouffreront-ils ?




La série se termine au tome 13 ou y-a-t-il encore des tomes à paraitre ?
Ta chronique me donne envie de m’y mettre mais 13 tomes ça fait beaucoup.
J’ai pas encore eu occasion de me procurer le dernier, mais à vue de nez je ne serais pas étonné s’il sortait un ou deux autres tomes encore !