Une pluie de météorites s’abat sur la Russie
Vous avez certainement vu dans la presse et les médias cette impressionnante chute de météorites, pour laquelle Homer m’a tagué sur son blog. La région de l’Oural a en effet été le siège d’une attaque spatiale en règle, puisqu’une pluie de météorites s’est abattue sur Tcheliabinsk et de Sverdlovsk. Les habitants, médusés, ont pu filmer la chute de ces projectiles cosmiques avant de ressentir le blast de puissantes explosions. Les façades d’immeubles, soufflées par l’onde de choc, ont éclaté en mille morceaux. Ces bris de verre sont d’ailleurs à l’origine de la plupart des accidents. Le gouverneur de la région de Tcheliabinsk, Mikhaïl Iourevitch, annonce ainsi un bilan de 950 blessés et des dégâts matériels considérables.

Alors que le monde entier scrutait le passage de l’astéroïde 2012 DA 14, prévu pour samedi dernier, la pluie de météorites russe a surpris tous les spécialistes. L’objet, de taille plus modeste et sans aucun rapport avec DA 14, s’est désintégré au-dessus de l’Oural, finissant par exploser dans les couches basses de l’atmosphère. Grâce aux témoignages et captures vidéo de l’évènement, les astronomes du JPL (NASA) ont pu estimer que la météorite avait un diamètre de 17 m et une masse de 10000 tonnes. En percutant l’atmosphère à la vitesse de 18 km/s, elle aurait relâché une énergie estimée à près de 30 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima et mis 32,5 secondes à se désintégrer. Albert Jambon professeur UPMC à l’Institut des Sciences de la Terre de Paris, précise qu’il est malheureusement impossible de prévoir un tel phénomène, en raison de la taille trop petite de la météorite. Un épisode qui n’est cependant pas sans rappeler la météorite du Toungouska, qui ravagea la Sibérie le 30 juin 1908. L’explosion, alors équivalente à 1000 bombes atomiques d’Hiroshima, fut bien plus destructrice que la pluie de météores de vendredi dernier. L’ampleur des dégâts provoqués par le célèbre météore continue d’hanter l’imaginaire des scientifiques comme des rêveurs !
Faut-il en rire ou le déplorer, certaines rumeurs complotistes bruissent déjà au sujet de cette exceptionnelle chute de météorites. Des imbéciles ont ainsi déclaré aux journalistes locaux suffisamment crédules pour leur donner la parole que ces explosions seraient d’origine militaire et étrangère. D’autres ne manqueront certainement pas, dans les jours prochains, de pointer du doigt les extra-terrestres, comme pour la météorite du Toungouska. Et pourtant, c’est bien un phénomène totalement naturel qui a frappé l’Oural vendredi dernier. Naturel mais heureusement rarissime. Enfin, certaines voix s’élèvent déjà pour réclamer un programme spatial de traque et de riposte digne de ce nom contre ces objets astronomiques potentiellement dangereux. Il est amusant de lire de tels propos indignés sur le web, agrémentés des habituels commentaires accusant de fainéantise des agences spatiales. D’autant plus amusant que ce sont ces mêmes personnes qui, en temps normal, hurlent au démantèlement des programmes spatiaux afin de financer des opérations humanitaires ou écologiques « dans l’air du temps ». Mais que voulez-vous, l’internaute français est bien le digne descendant des Gaulois : il ne craint qu’une seule chose, que le ciel lui tombe sur la tête.




La plupart des commentaires suscités par cet évènements me navre déjà profondément. Entre les superstitieux / complotistes et les hystériques qui en appellent à un principe de précaution étendu à l’espace, j’ai le sentiment que des affaires comme celle-ci révèlent un véritable « malaise dans la civilisation ». Nos semblables voudraient que nous puissions tout maîtriser, que nous vivions dans un monde sans aucun risque, que notre volonté puisse infléchir la trajectoire des objets célestes. Par conséquent, ils se tournent avec indignation vers la communauté scientifique, parce que décidément « ils ne SERVENT à rien », « ils ne sont pas assez UTILES ».
Je vois ce genre d’aventure comme une sorte de « précipitation » de l’esprit du temps. Cela rend visible l’état profond des mentalités de notre temps. Et je trouve le résultat plutôt grave.
Un commentaire que j’ai trouvé intéressant, c’est l’auteur écossais Charles Stross, qui faisait remarquer que si cet événement avait eu lieu il y a trente ans, on aurait probablement été tous morts.
Par la riposte nucléaire automatisée ? Hum je suis sceptique. Le Kamchatka est une zone volcanique hautement sismique, et pourtant les Soviétiques en avaient fait une zone militaire nucléaire et radar pendant la guerre froide. On est loin du scénario alambiqué de « Virus » quand même.
J’ai trouvé des images de meilleurs qualités !
http://youtu.be/R9iSAwJalYI
Finalement ce film n’est pas totalement pourri…
En tout cas, en restant plus « terre à terr » (
), les vidéos sont impressionnantes !
Chelyabinsk a longtemps été une zone de recherche nucléaire top-secret; ce n’est pas complètement impossible qu’une chute de météorites qui fasse des dégâts provoque un début de panique menant à une riposte.
OK, ça rentre un peu dans la catégorie « sur un malentendu, ça peut marcher », mais tout de même.
Ou alors c’est parce que j’ai un peu trop vécu dans cette époque, aussi.
Ça je te l’accorde, arrivés aux années 80 on psychotait énormément autour de la guerre nucléaire. Entre le possible et les pires craintes…
Tout est faux ce sont juste des Tyranides