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Les jeux de figurines à la rencontre du steampunk

Le steampunk est une forme d’esthétique particulièrement à la mode dans la construction de mondes alternatifs technophiles restés ancrés dans une époque victorienne. S’il ne cesse d’alimenter les auteurs et illustrateurs de l’imaginaire, il fait également rêver les concepteurs de jeux de figurines et de plateau. Ces dix dernières années ont ainsi vu le nombre de wargames et jeux de plateau consacrés au steampunk augmenter de manière exponentielle, donnant par la même occasion naissance à de vastes gammes de figurines. Avec ses armements d’éther et de vapeur, le steampunk pour wargameurs connaît actuellement un véritable âge d’or. L’effet de mode y est pour beaucoup, et promet à l’avenir un développement encore plus spectaculaire. Voici pour preuve, une petite sélection de jeux actuellement disponibles à l’attention de nos amis vaporistes maquettistes et frénétiques lanceurs de dés :

Warmachine

Le célèbre wargame de la société Privateer Press plonge le joueur dans un univers rétro-futuriste d’inspiration steampunk et médiéval-fantastique, où la technologie travaille de concert avec la magie. Les connaisseurs auront noté au passage qu’il s’agit d’une excursion wargame dans l’univers du jeu de rôles Les Royaumes d’Acier ! Chaque joueur collectionne une ou plusieurs factions des Royaumes d’Acier représentées par des figurines à l’échelle 28 mm et affronte ses adversaires sur des tables de jeu à terrain modélisé. Vous dirigez durant ces parties un warcaster, puissant guerrier-mage menant au combat ses légions de géants d’acier, les warjacks. Que ce soit la vertueuse et progressiste nation de Cygnar, la puissance impérialiste de Khador, les adeptes fanatiques du Protectorat de Menoth ou encore le cruel empire Cryx, vous trouverez dans la large gamme de figurines correspondante de quoi satisfaire toutes vos envies de modélisme et de combinaison d’unités.

Côté règles, Warmachine a la réputation de favoriser un mode de jeu dynamique : les offensives sont donc de rigueur. Ici, pas de place pour les pleutres statiques ! Le jeu, lancé en 2002-2003, trancha dès ses débuts par rapport aux univers standards des autres wargames de SF et de fantasy. Ses règles proposant une approche « gestion » de la liste d’armée, le faible nombre de figurines nécessaires à une partie, et sa gamme de modèles métal (ou plastiques pour un tiers depuis 2010) ont rapidement conquis un noyau de wargameurs et modélistes, probablement en attente d’alternatives face aux sempiternelles déclinaisons de jeux warhammeriens. Privateer Press a d’ailleurs fait mouche en proposant des boîtes d’armées aux prix accessibles et permettant de se constituer très rapidement une faction jouable sur table. Actuellement, la version Warmachine Mk II est agrémenté des suppléments Battle Engines (2011), Colossals et Gargantuans (2012) pour aligner des figurines encore plus grosses sur les tables de jeu. Privateer Press a également sorti en 2006 un supplément de gamme à son univers baptisé « Hordes ». Ce nouveau système permet de jouer les factions non technologiques s’affrontant dans les étendues sauvages aux portes des Royaumes d’Acier. Ici, les warlocks doivent contrôler la rage bestiale de leurs warbeasts. Il est même possible de mélanger les deux systèmes lors d’affrontements tout aussi virils !

Dystopian Wars

 La société Spartan Games figure parmi les entreprises montantes dans le secteur des wargames. Outre les remarquables jeux de vaisseaux spatiaux Firestorm Armada et de batailles navales fantasy Uncarted Seas, l’éditeur anglo-saxon propose également une gamme de figurines steampunk, Dystopian Wars, déclinée à l’échelle 1/1200 ème. Le wargame associé à ces figurines nous plonge dans un XIXème siècle alternatif, où la révolution industrielle a commencé dès la République de Cromwell et a connu une avancée majeure grâce à la découverte du fantastique élément 270. Le monde évolua technologiquement dans une pure lignée steampunk, alors que les empires coloniaux des grandes nations en présence leur garantissaient ressources et richesses. L’Antarctique abrite également une puissante nation, née de l’expédition polaire de 1845 du scientifique Barnabas D. Sturgeon et de sa découverte de formidables artéfacts technologiques issus d’une civilisation antédiluvienne encore inconnue. Sturgeon rêvait d’utiliser ce savoir pour instaurer une utopie scientifique mondiale, et fonda dans cet objectif le Covenant d’Antarctique. Mais son assistant Markov le trahit et vendit une partie de ce savoir aux grandes puissances militaires, précipitant le monde dans une guerre des nations sans précédent. Sturgeon n’a pas oublié ses rêves pacifistes et progressistes pour autant. Tandis que le monde d’embrase dans l’engrenage des alliances militaires, les flottes de l’Antarctique s’apprêtent à quitter leurs bases polaires et à mettre un terme à ce conflit, s’il le faut par la force de leurs armes mystérieuses…

Revers de fortune pour les croiseurs aériens français ! (peinture : Chaos Eater)

La flotte de l’Antarctique mélange steampunk et avancées scientifiques futuristes (peinture : Chaos Eater).

A cet univers de nations steampunks très développé se rajoute une gamme de figurines impressionnante – peut-être la plus large gamme actuellement disponible pour un jeu steampunk avec la gamme Warmachine de Privateer Press. Imaginez donc : pour chaque nation, il existe des boîtes de base et blisters d’extension d’armée pour des engagements marins, terrestres ou aériens ! Le jeu reste cependant relativement simple à maîtriser, même pour un novice, surtout lors de parties d’initiation à petite échelle. Gros avantage, le cœur des règles se rapproche des autres jeux édités par Spartan Games, ce qui permet un basculement plus rapide d’un système à l’autre. De plus, le jeu intègre des niveaux de difficulté et d’univers optionnels : il est possible de jouer sans l’extension de decks, ou en complexifiant radicalement l’univers grâce à l’amusante gamme « guerre des mondes ». Rien d’obligatoire, tout dépend du niveau et de la motivation des joueurs. Enfin, gros point positif, comptez 40-60 euros pour une armée assez conséquente dans le cadre d’un affrontement de 3 heures. Un très bon rapport qualité/prix typique des jeux Spartan Games et qui ne peut qu’encourager de nouveaux joueur à investir dans un starter.

Dystopian Legions

Spartan Games a également annoncé au mois d’août dernier l’arrivée d’une déclinaison 28 mm de son univers steampunk Dystopian Wars : il s’agira de Dystopian Legions. Ce wargame d’escarmouches permettra de représenter de petits affrontements de fantassins et véhicules motorisés légers, chose rendue quasi-impossible par l’échelle au format 1/1200ème du grand frère Dystopian Wars. Quelques photos de ce jeu d’escarmouche sont déjà disponibles sur le site officiel. L’éditeur nous annonce la sortie de gammes de figurines pour les Prussiens, le Federal States of America, les Japonais et les Britanniques à partir du 7 novembre 2012. Les starters comprendront suffisamment de figurines pour jouer des escarmouche, et coûteront en moyenne 50 euros par faction.

Quel sera le rendu sur tables de ce nouveau jeu ? Il faudra attendre encore quelques semaines pour connaître les premières impressions de joueurs, et surtout guetter la sortie de nouvelles armées (les Français et l’Antarctique seraient les prochains servis) pour cette échelle, signe que Spartan Games poursuit alors l’aventure 28 mm. Car ce jeu sera attendu au tournant par les joueurs aguerris, qui ne demandent qu’à être séduits par l’alléchant éditeur anglais. Encore faut-il que les règles sachent séduire des clients exigeants, une cible plus intéressantes à viser pour des développeurs de wargames que les jeunes cibles commerciales de Games Workshop, mais au combien intransigeante dès qu’il s’agit de pousser des figurines et de lancer des dés. Il me tarde donc de prendre connaissance de ce nouveau jeu, et pourquoi pas d’y consacrer un peu de mon temps de figuriniste s’il sait tenir ses promesses.

Les Prussiens à Dystopian Legions (crédits : Spartan Games 2012).

Leviathans

Wargame sur damier hexagonal développé par Randall N. Bills et édité par Catalyst Game Labs, Leviathans place son point de divergence en 1878, lorsqu’un savant polonais découvre un fluide révolutionnaire capable de défier les lois gravitationnelles et physiques. Sa technologie est immédiatement mise en oeuvre pour construire de gigantesques cuirassiers volants à vapeur, que les Anglais et Français opposent quelques années plus tard dans de violentes escarmouches au-dessus de la Manche ! La boîte de base, comprenant deux flottes des deux meilleurs ennemis du vieux continent, devrait être disponible alors que paraît cet article. Comptez dans les 90 € pour son achat. Elle devrait comprendre, entre-autres, deux livres de règles, 8 vaisseaux plastiques à l’échelle 1/1200ème, 12 cartes de vaisseaux, deux plateaux de jeu de 18 »x22 », 2 nouvelles basées sur l’univers Leviathans, 10 dés, 1 poster, et plein d’autres petits accessoires. Les figurines seront conditionnées en grappes à assembler et à peindre. D’autres extensions sont déjà prévues, afin d’engager dans la mêlée de nouvelles nations. Foutu jeu des alliances politiques !

Wolsung

 L’univers de Wolsung nous plonge dans un monde steampunk et fantasy, vaguement similaire à notre bonne vieille Terre à l’époque victorienne. Ne vous fiez pas à votre première impression, Wolsung est un univers des plus riches, cachant sous l’étiquette de « victorian fantasy » de sympathiques clins d’oeil à ses nombreuses sources d’inspiration. D’ailleurs, pour vous en donner une meilleure idée, je vous propose ci-dessous de télécharger depuis le site de l’éditeur le guide pdf de l’univers. Décliné en plusieurs jeux, Wolsung est d’ailleurs déjà connu des amateurs de jeux de plateau pour sa déclinaison éponyme, où chaque joueur s’affronte pour construire l’invention steampunk la plus épatante de la partie. Ce jeu, édité par le polonais Kuźnia Gier, fait partie du premier élément du Wolsung Project, un vaste programme de création de jeux bâti autour de l’univers Wolsung, notamment via le développement d’un jeu de rôles et de figurines à l’échelle 28 mm (sculptées et éditées par Micro Art Studio). Fin 2011, le Wolsung Project a également mis en ligne une version béta et gratuite de l’extension jeu d’escarmouches de Wolsung, baptisée Wolsung SSG. Une preuve supplémentaire du développement multi-jeux de cet univers mélangeant steampunk victorien et fantasy classique. A pratiquer pour des amateurs de jeux un peu plus fantaisistes, ou pour tout joueur à la recherche de nouvelles règles d’escarmouches à tester.

Cliquez sur l’image pour télécharger gratuitement Wolsung World Tour, le guide de l’univers du jeu.

 

6 commentaires sur : Les jeux de figurines à la rencontre du steampunk

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