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Thuvia, Vierge de Mars – Edgar Rice Burroughs

Revenons une nouvelle fois sur Barsoom, avec la poursuite des aventures de John Carter. Cette fois-ci, notre lecture sera particulière : en effet, pour ce quatrième épisode du Cycle de Mars, E.R. Burroughs voulait s’intéresser non plus à John Carter et à Dejah Thoris, mais à leur fils, le semi-terrien Carthoris. Débutant son travail dès avril 1914, Edgar R. Burroughs se lance dans un programme d’écriture acharné afin de donner corps à cette nouvelle romance martienne. L’éditeur Robert H. Davis, ayant remplacé entre-temps Newell Metcalf à la tête de All-story Cavalier Weekly (né de la fusion des revues All-Story et The Cavalier), prend contact avec Burroughs dès juin 1914 pour lui proposer de continuer sa participation au sein de ce nouvel organe de presse pulp. Burroughs accepte, finit le récit dès le 20 juin 1914, et quitte trois jours plus tard la Californie pour New York, où il y poste le manuscrit de « Carthoris » pour le vendre à la revue All-Story Cavalier Weekly. Entre-temps, la revue change partiellement de nom et le récit sera finalement publié dans le magazine All-Story Weekly en trois épisodes hebdomadaires durant le mois d’avril 1916, sous le titre « Thuvia, Maid of Mars ». Comme à l’accoutumée, cet épisode barsoomien sera repris en roman complet par l’éditeur A.C. McClurg & co. en 1920 sous le même titre.

Comme le souhaitait Burroughs, ce nouvel épisode ne s’intéresse plus aux aventures de John Carter mais aux exploits de son fils, le Prince Carthoris d’Hélium. L’intrigue reste cependant très proche des histoires précédentes : Thuvia, jeune princesse de Ptarth que l’illustre John Carter avait sauvé des Therns dans les Dieux de Mars, est promise au Jeddak Kulan Tith de Kaol. Mais le vil Prince Astok de Dusar et le noble Prince Carthoris soupirent d’amour pour la belle princesse. Le fils de John Carter, éconduit, se fait une raison et déclare respecter le mariage organisé par les seigneurs de Ptarth et de Kaol. Le Prince Astok, dénué de tout esprit chevaleresque, tente de séduire par la force la belle Thuvia. En vain. Il décide alors de kidnapper l’élue de son cœur et d’en faire porter le chapeau à Carthoris. Aussitôt, le téméraire Prince d’Hélium n’écoute que son cœur et vole au secours de sa princesse.

Roman court au rythme dynamique ininterrompu, Thuvia vierge de Mars présente toute la saveur d’un roman pulp : une jeune princesse en détresse, de nobles héros, une romance contrariée et de vils adversaires. Ceci n’est pas nouveau, ni propre au seul Cycle de Mars, mais permet d’initier des romances planétaires haletantes dans le pur style pulp de Burroughs. Alors même au bout du quatrième épisode,  la ficelle marche encore. Car Burroughs ne se contente pas de simplement faire cavaler son jeune héros derrière sa princesse. Il en profite également pour plonger le lecteur dans de nouvelles révélations sensationnelles sur Barsoom. Et cette fois-ci, Carthoris et Thuvia se retrouvent captifs à la cour de Lothar, une cité secrète dont l’origine remonte aux temps antiques des océans martiens ! Le lecteur attentif avait bien noté que Barsoom était un monde mourant, aux océans desséchés et aux plaines arides parcourus d’immenses canaux. Une vision digne des descriptions de Percival Lowell, dont Burroughs s’inspira allègrement. Retrouver par le plus grand des hasards une cité survivante de l’époque océanique de Mars représente le plus grand coup de théâtre de ce roman ! Et Burroughs n’hésite pas à renchérir pour garder l’attention de son lectorat. Lothar est protégée des hordes d’Hommes Verts depuis des temps immémoriaux grâce aux pouvoirs psychiques de ses gardiens, qui leur permettent d’invoquer des légions fantômes d’archers. Ces derniers hommes pâles de la cité vouent d’ailleurs un culte à la divinité Komal, un énorme banth (lion martien) auquel doivent être sacrifiés nos deux jeunes gens. Mais c’est sans compter sur le curieux don de Thuvia, capable de domestiquer les banths au seul son de sa voix ! Mieux encore, un nouveau personnage apparaît : Kar Komak, l’archer de Lothar, fantôme accidentellement ressuscité du passé !

Les aventures de John Carter et de sa famille sur Barsoom suivent toujours la même trame classique répétée sans cesse, mais parviennent encore à surprendre le lecteur grâce à cet inépuisable filon d’explorations martiennes allant de surprises en surprises.  Burroughs a su, dès les premiers volumes du Cycle de Mars, créer un univers dans lequel le lecteur se complaît à revenir. Le cadre extra-terrestre de ces aventures exotiques laisse le champ libre à l’imagination de Burroughs, et cela se ressent dans ces descriptions émerveillées, presque naïves, des trésors insoupçonnés de cette Mars romanesque. Le filon ne semble donc pas prêt de se tarir, et c’est une bonne nouvelle, puisque ma lecture se poursuit avec Echecs sur Mars, cinquième épisode paru dès 1922 sous le titre « The Chessmen of Mars ».

Célèbre illustration de couverture pour le double livre "Thuvia Maid of Mars" et "The Chessmen of Mars" par Frank Frazetta - Doubleday Science Fiction Book Club (1972)

 

2 commentaires sur : Thuvia, Vierge de Mars – Edgar Rice Burroughs

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