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Des gènes baptisés à la sauce fantasy

On trouve parfois dans la littérature scientifique des clins d’œil amusants à la littérature de l’imaginaire. Dernièrement, le site Io9 proposait une série de gènes baptisés en fonction d’univers de science-fiction ou de fantasy. Parmi la liste de gènes proposés par Robert Gonzalez, je vous propose de ne sélectionner que ceux dédicacés aux romans de Tolkien, dont un que le site anglophone n’a pas eu occasion de rapporter.

Le premier, et peut-être le plus emblématique, reste le gène HOBBIT (HBT), impliqué chez la plante-modèle Arabidopsis thaliana dans le développement des racines et de la spécification de leur zone de croissance méristématique. Le nom de baptême est un clin d’œil aux pieds poilus de nos chers hobbits, habitués à se promener sans chausses ni bottes le long des chemins de la Comté.

Le dragon Smaug a lui aussi droit à son gène, ou plus précisément à une protéine impliquée dans le développement de la drosophile. Les protéines Smaug sont des régulateurs de transcription des ARNm mal localisés du gène nanos. Sans leur action répressive, l’embryon présente des déformations et meurt. Le Grand Dragon Smaug joue donc un rôle majeur dans la biologie du développement !

Enfin, le baptême le plus original revient au gène PrayForElves (PFE). Suzan Lewis travaillait en 2002 sur l’annotation de gènes pour FlyBase, le projet de base de données du génome de Drosophila spp. Le gène code pour une protéine à motifs répétés riches en leucine, qui aurait un rôle potentiel dans le système visuel des drosophiles. Comment Suzan Lewis en est venue à baptiser ainsi ce gène ? Par désespoir, face à son arasant travail de recherche. A 2h38 du matin, toujours à l’ouvrage, Suzan se sent éloignée de ses amis et de sa famille, accaparée depuis 2 ans déjà par ce travail de recherche qui n’en finit pas et la prive d’une bonne partie de ses nuits. Elle n’en voit pas le bout, et se demande, quand est-ce que les petits elfes magiques vont surgir de nulle part pour achever tout ça ? Elle tape alors comme titre du gène qu’elle est en train d’annoter « PrayForElves ». Référence au peuple féérique plus qu’à Tolkien, certes, mais certainement l’un des noms de gènes le plus déjanté des bases de données génomiques.

 

3 commentaires sur : Des gènes baptisés à la sauce fantasy

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