Tentacules : de la science à la fiction – Pierre-Yves Garcin et Michel Raynal
Certains ouvrages attirent forcément votre attention lorsqu’ils sont mis en évidence sur les rayonnages de votre librairie. Avec sa couverture aguichante et son énorme pieuvre capturant un galion, ce beau livre des éditions Gaussen ne risquait pas d’échapper à la règle. Quoi de plus exaltant pour un biologiste marin que de s’évader dans l’imaginaire océanique d’un Jules Verne, d’un Victor Hugo ou même d’un Arthur C. Clarke ? Nous embarquant à destination des pieuvres géantes et calamars mythiques, cet ouvrage de la collection « les musées de l’imaginaire » valait bien d’y jeter un œil, voire deux, histoire de découvrir quelles belles surprises il nous réserve.
Commençons par présenter l’œuvre, écrite à quatre mains. Car pour rédiger sa prose, Pierre-Yves Garcin s’est appuyé sur l’expertise de Michel Raynal, physico-chimiste et amateur de cryptozoologie. Loin des loufoqueries de bas étage, le volet scientifique de ce livre s’intéresse plutôt à l’étude critique de ces monstres marins légendaires, en retraçant plusieurs siècles d’énigmes scientifiques. Car soyez rassurés, les deux auteurs ne nous abreuvent pas de fables charlatanesques et autres récits de marins enivrés. Bien au contraire, nos deux compères ont trempé leurs plumes dans l’encrier du scepticisme, et se réclament de la cryptozoologie, la vraie, celle dont la défunte Société Internationale avait pris pour emblème l’Okapi, un authentique mythe-vivant. C’est donc avec beaucoup de sérieux que la première partie de l’ouvrage discourt des pieuvres et calamars géants. Et la conclusion de nos deux experts est sans appel : si les premières semblent hélas difficilement envisageables, les seconds ont été décrits par les scientifiques ces dernières années. Même s’il faut reconnaître que les impressionnantes tailles rapportées de calamars géants sont surtout dues aux longs fouets agités plusieurs mètres à l’avant par ces céphalopodes…
Une fois l’examen sceptique de nos monstres tentaculaires achevé, le lecteur éclairé par ces salutaires considérations scientifiques peut entamer la seconde partie de l’ouvrage, consacré aux monstres marins dans les œuvres de fiction. Le volet littéraire donne bien entendu la part belle à Jules Verne et Victor Hugo, tout en s’attardant sur les récits pulps de la science-fiction américaine et aux témoignages romanesques des fascicules populaires. L’examen littéraire est cependant un peu superficiel, et se rattrape par la suite grâce à une impressionnante liste de films de série B produits autour des monstres marins tentaculaires. Passionnant inventaire, certes, mais qui semble vouloir noyer le poissons sous le poids des références. J’ai donc regretté de ne pas y trouver d’allusions aux mythes de Cthulhu ou même à l’imaginaire érotique « tentaculaire » japonais, comme tant d’autres références aux poulpes hélas occultées par nos deux pêcheurs de monstres.
Reconnaissons-leur cependant le mérite et l’originalité du sujet traité, la rigueur scientifique apportée et la recherche filmographique réalisée dans cet ouvrage, que saura apprécier tout amateur de cryptozoologie. Soulignons également la déferlante de magnifiques illustrations, clichés de modèles réduits, couvertures de revues, affiches et photographies de films. Un véritable coup de chalut de références et de surprises ! Nos deux auteurs n’ont reculé devant aucun a priori cinématographique pour nous dénicher les plus grands trésors des profondeurs. Et la pêche a été particulièrement riche. Tentacules : de la science à la fiction est donc un très bel ouvrage de bibliothèque, qui donne envie de revoir quelques vieux films d’horreur en savourant des beignets de calamar. Une pièce pour collectionneurs, à déconseiller aux marins d’eau douce.



Intéressant mais je ne dois pas craquer…
Pas de Cthulhu ?! Escroquerie !
Heureusement on me l’a offert dans une librairie au-dessus du port.
[...] plus bruyant qu’efficace) du mammouth laineux ; d’autres ont tenté de le classifier comme un mystérieux chaînon manquant entre Eric Besson et les frères Bogdanov. Mais, étant donné qu’on ne lui [...]