Bifrost n°49
Quel est l’intérêt de chroniquer un vieux numéro de Bifrost ? Eh bien, pour répondre en deux points à cette question, je dirais – tout d’abord – le dossier spécial Robert Silverberg et ensuite les deux nouvelles de Robert Silverberg. Vous l’aurez compris, cette chronique tardive (je suis loin d’avoir tous les numéros de Bifrost) est donc avant tout motivée par mon admiration pour l’auteur mis en avant dans ce 49ème numéro, à savoir Robert Silverberg. La qualité de la revue Bifrost n’enlevant rien à mon plaisir, c’est également avec intérêt que je me suis plongé dans les rubriques habituelles autour du cahier central.
Commençons donc ce billet par les nouvelles. Silverberg ouvre le bal avec « Apprenti en sorcellerie », un très bon texte de fantasy. Un jeune homme devient l’apprenti d’une magnifique sorcière. Déchiré entre son désir pour la belle et sa soif de connaissance, le jeune homme doit lutter contre ses pulsions amoureuses. Mais la sorcière restera-t-elle insensible à ses avances ? Rédigé avec brio, cette intrigue sait scotcher le lecteur à cette intrigue amoureuse, qui surpasse allègrement le cadre fantasy, prétexte au décors. « PV » de Lucas Moreno ne dénote pas pour autant. Cette nouvelle cyberpunk rejoue la scène du jardin d’Eden sous forme de songe électronique. La conscience de notre héros, réincarnée dans une machine à rêver, se retrouve confrontée à quelques dilemmes typiques des nouvelles sur le même sujet d’Egan, dans les recueils Axiomatique ou Radieux. Pour une publication coïncidant à l’époque avec le tirage des deux ouvrages chez le Bélial’, on ne pouvait pas mieux tomber. Enfin, « L’église à Monte Saturno » est une nouvelle fantastique de Silverberg très captivante, qui nous mène à la découverte d’une mystérieuse chapelle abandonnée dans la campagne sicilienne. Le héros pense y découvrir une fresque byzantine assez remarquable pour constituer un sujet de thèse, mais tombe à la place sur un diabolique envoûtement.
Le dossier spécial Robert Silverberg fut dévoré en tout premier durant ma lecture. Et je dois bien avouer que cette dégustation ne me rassasia pas pour autant. Ce fut même plutôt frustrant pour moi d’achever la lecture de ce court cahier central. Certes, il y a l’article de Silverberg lui-même sur sa courte carrière d’écrivain érotique. D’accord, il y a la chronique d’une partie de ses bouquins, avec une bonne sélection de ses plus fameux. Ok, le guide de lecture du cycle de Majipoor est vraiment alléchant. Mais c’est au final si court qu’à la fin du dossier, je regrette de ne pas en avoir appris plus sur l’auteur lui-même. Peut-être est-ce la faute aux Razzies, puisque c’était un numéro accueillant ce prix railleur et potache (mais bien sympa malgré tout) au sein de ses pages. En tout cas, ce dossier spécial pêche par sa formule trop courte, trop ciblée « bibliographie », et ne s’attardant pas assez sur la biographie de Silverberg. Heureusement, je vous le concède, les dossiers centraux des numéros successifs remédieront à cela.
Enfin, mention spéciale comme toujours à Roland Lehoucq, qui une fois de plus nous régale en débuguant la mauvaise science de Sunshine. Et l’on se marre tout en apprenant une quantité de choses sur la physique de notre Soleil !



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