Les pommes de Lune – Evariste (1967)
Artiste assez insolite, Evariste (de son vrai nom, Joël Sternheimer) est un véritable docteur ès sciences, victime de la suppression de postes dans la recherche américaine en 1966, guerre du Vietnam oblige. De retour en France, il se lance, autant par blague potache que par défi personnel, dans la vague yéyé. Il obtient un contrat chez Disc’AZ, et enregistre un disque 45 tours dans lequel figure le mythique « Connais-tu l’animal qui inventa le calcul intégral ? » . Evariste y mêle références scientifiques et blagues d’étudiant farfelu avec un plaisir non dissimulé !
La même année, notre nouvelle icône sort un second 45 tours, où fut gravé le titre « Les pommes de Lune« . Les événements de mai 68 relancent sa carrière avec un nouveau 45 tours plus engagé, contenant deux titres : « La Révolution » et « La faute à Nanterre » . Son dernier titre sort en 33 tours en 1969, mais Evariste continue de faire parler de lui en rejoignant la bande d’Hara-Kiri, puis Charlie Hebdo. Le bougre a plus d’un tour dans son sac !
Parallèlement à ce bouillonnement culturel, il poursuit ses travaux scientifiques, mais sans y rencontrer le même succès auprès de ses (beaucoup moins drôles) confrères. Après avoir travaillé sur les particules élémentaires, puis sur la biosynthèse des protéines, il s’essaye à quelques thèmes exotiques comme l’influence de la musique sur les plantes, développant également le concept de Protéodie, sorte de discipline mêlant biologie moléculaire et musicologie. Génie incompris ou scientifique farfelu ? Toujours est-il qu’Evariste est souvent qualifié de pseudo-scientifique, son seul soutien sérieux étant hélas une référence à ses travaux dans Les langages secrets de la nature, un livre de botanique ésotérique signé du non moins controversé Jean-Marie Pelt…
Les Pommes de Lune – Evariste – Disc’AZ (1967)
Je veux quitter la Terre
Je veux découvrir d’autre sphères
Partir dans l’infini
Où brillent les fleurs de la nuit
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune
Je veux aller sur Neptune
Pour y faire fortune
Je veux aller sur Pluton
Pour y chanter mes chansons
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune
Oui je veux m’évader
Loin de cette planète
Je veux aller m’abreuver
Dans l’eau d’une comète
Je veux aller sur Andromède
Brûler les feux qui m’obsèdent
Ou jouer de la guitare
Au clair d’un quasar
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune
Je veux aller sur la Lune
Pour goûter les pommes de lune
Je veux entendre la musique
Que jouent les rayons cosmiques
Déjà je rêve au jour
Où céleste troubadour
J’attendrai fébrile
La singularité de Schwarzschild
Oh que vais-je découvrir ?
Les yeux vont-ils s’ouvrir ?
Pourrai-je y pénétrer
Tel autrefois Orphée
Aurais-je atteint le paradis
Où les anges ont logis ?
Je veux quitter la Terre
Je veux découvrir d’autre sphères
Partir dans l’infini
Où brillent les fleurs de la nuit
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune
Aaaaaaaaaaaaaaah ah
Aaaaaaaaaaah ah
Aaaaaaaaaaaaaah ah
Ce billet compte de manière éhontée pour le défi Summer Star Wars V de Lhisbei!




Whouaaaaaaaaaaaaa…
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa…
Aahah…
Ah…
Je ne sais pas si je vais m’en remettre, de celle-là (surtout du refrain avec la voix de Freddy Krueger qu’a pris un rhume…)
(Lhisbei, ça devient un peu n’importe quoi là, je sens que je vais m’y mettre aussi si ça continue)(moi, quand on me donne l’occasion de faire la sale gosse…)(je regrette d’avoir déjà chroniqué « Ziggy Stardust and the Spiders From Mars » ainsi que « Space Oddity » du coup)
Et juste encore…
WHOUAAAAAH.
Je crois que ma vie ne sera jamais plus pareille après cet éveil musical intense.
Merci Guillaume. Vraiment. Merci.
Tu connaissais pas ? Ravi de t’avoir fait découvrir
Non, je n’avais pas cet immense plaisir. Maintenant je comprends pourquoi ma vie musicale me semblait si vide et sans réel sens…
Faut pas non plus prendre ça comme du gros bide qui fait loller, quand même. Evariste arrive sur la scène musicale avec une réelle volonté de débarquer comme un ovni. D’autres y arrivaient d’un air supérieur en faisant des 33 tours encore pires…
Ses textes mélangent références yéyé (notamment Antoine en première ligne), lexique scientifique et clins d’œil bien sentis, c’est une façon de se moquer à la fois de la mouvance yéyé et des critiques qui la taxaient déjà de musique légère et idiote. Faut pas passer à côté de sa chanson « Si j’ai les cheveux longs c’est pour pas m’enrhumer atchoum! » qui est une parodie de la guéguerre Antoine-Johnny datant de « Cheveux longs et idées courtes » (1966). Ses chansons engagées sur mai 68 sont loin d’être naïves quand on les écoute. Ce mec est un trublion, et il le faisait avec l’humour potache de l’époque.
Pour tout te dire, la musique du départ, ça allait, et comme je n’avais pas vu le truc « humour », j’ai écouté ça sérieusement. Mais les paroles d’abord, et surtout la manière de chanter. Non, désolée, je ne peux pas prendre ça au sérieux (critique ou pas, même si je déteste moi-même la mouvance yéyé). Mais je ne suis pas très parodies au départ, faut bien dire aussi ^_^. Ou alors, plus en anglais, quand je peux occulter ce qui se dit.
@ Cachou : dommage dommage.
Que veux-tu, je suis perdue pour la cause!
Beau billet!
Continuons dans le grand n’importe quoi!
@ Ferocias : chiche ?
Il a pompé les premiers accords sur les Doors … et je préfère les Doors
)
(et oui Cachou ce challenge vire au grand n’imp’ : enjoy
@ Lhisbei : très bien vu !
Et voilà qui explique pourquoi j’ai aimé le début de la chanson ;-p (je suis donc encore plus perdue pour la cause).
« Connais-tu l’animal qui inventa le calcul intégral ? » est aussi un grand moment avec pas mal de vacheries dans les paroles
http://www.youtube.com/watch?v=JMOWumBQh7o