Les courants de l’espace – Isaac Asimov
Rik a été retrouvé nu, amnésique et balbutiant. Alors les gens l’ont appelé Rik Dingue et il a été confié à Lona, la paysanne célibataire qu’aucun homme n’a demandé en mariage. A force d’attention, elle est parvenue à lui faire recouvrir partiellement la mémoire. Mais son premier souvenir est affreux. La planète Florina va être détruite par les courants de l’espace, et sa population va mourir. Peu à peu, Rik réalise que les Sarkites qui ont esclavagé Florina ne sont pas innocents dans ses malheurs, et que la vérité semble autant les déranger que la puissante Trentor, qui menace de les absorber dans son Empire et de s’accaparer leur précieuse ressource : le kyrt…
Roman publié en 1952, Les courants de l’espace fait partie du « Cycle de l’Empire », et nous plonge dans l’univers de l’Empire galactique durant sa formation, entre le « Cycle des Robots » et le « Cycle de Fondation ». Cette courte fresque, initialement composée de trois volumes, parvient cependant à se lire indépendamment, ce qui permet aux lecteurs curieux d’entamer ce roman même s’ils n’ont pas suivi l’ordre narratif des différents ouvrages.
Outre la trame space opéra de ce roman, Asimov a visiblement voulu développer une intrigue proche du roman d’espionnage. L’action est associée à un secret d’état mortel, par lequel Asimov en profite comme à son habitude pour vulgariser un peu d’astrophysique. Comment peut-on analyser le Vide, se demande la paysanne Lona ? Parce que le Vide ne l’est pas entièrement, et contient tout de même atomes et molécules en faibles quantités, lui rétorque le spatio-analyste Rik !
Un autre thème important de ce roman repose sur la relation entre Sark et son monde-vassal de Florina. Les maîtres Sarkites exploitent les Floriniens pour leurs cultures du précieux kyrt, plante aux fibres aussi fines qu’ultra-résistantes. La mainmise sarkite sur Florina évoque la relation du maître et de l’esclave des plantations de cotons des états du sud, et Trentor apparaît en quelque sorte comme l’Union appelant à la fin de l’esclavagisme mais avide des richesses cotonnières du Sud.
Présenté comme ça, le roman a de quoi séduire. J’aurais aimé pouvoir l’écrire après sa lecture. Car de tous les romans d’Asimov que j’ai eu occasion de lire, celui-ci figure dans les plus ennuyeux. L’histoire ne manque pas d’action, mais l’abus de dialogues à tout bout de champ (typique de certains auteurs de l’âge d’or SF) donne le sentiment d’un interminable commérage. Rapidement ennuyé, les pages deviennent de plus en plus difficiles à tourner, et rien ne parvient à me redonner de l’entrain en cours de route, malheureusement. Les courants de l’espace reste donc un ouvrage dispensable de l’œuvre d’Asimov, loin derrière ses plus grand succès.
Ma note : 11/20




Il a tellement écrit qu’il n’a pas pu faire que de grandes choses…
Oui c’est un peu le problème avec Asimov, sa production est souvent inégale.
Je me rappelle que le livre m’avait laissé une impression correcte, mais effectivement loin d’être inoubliable. C’est vraiment dommage, le pitch de base avait amplement de quoi séduire…
Les Courants de l’Espace sont loin, à mon humble avis, d’un volume indigeste et ennuyeux.
C’est vrai que le « Cher Docteur » est bien au-delà du petit auteur, il figure, même à travers ses erreurs scientifiques, un des meilleurs et des inoubliables conteurs de l’Age d’Or.
L’amour désespéré sous-entendu de Lona Marsh pour le pauvre « dingue » de Rik, épave d’un grand enquêteur scientifique galactique, n’a pas manqué de me toucher.
Et une fois rétabli, Rik n’a pas abandonné Valona, ce qui m’a rempli le coeur de joie…
Isaac Asimov a toujours donné une grande profondeur psychologique et humaine à chacun de ses personnages (même au pauvre Ecuyeur Fife qui nous fait bien rire à la fin…)
Je vous laisse alors à votre propre appréciation de l’ouvrage.