L’Incal (seconde partie) – Moebius et Jodorowsky
Poursuivons notre lecture de l’intégrale de l’Incal, publiée en deux volume dans la collection « Humano Pocket ». Pour ce dernier voyage, les Humanoïdes Associés ont regroupé dans le même album les tomes « Ce qui est en haut », et les deux chapitres de « la cinquième essence ». Voici donc l’occasion de retrouver John Difool et ses compagnons, engagés dans une course contre la montre pour sauver l’univers de la Tenebrae !
D’aventure en aventure, l’Incal tente de vaincre définitivement son ennemie ultime. Mais la victoire lui échappe, encore et toujours. Même l’attaque conjointe de la base secrète des Techno-technos, avec l’aide des Bergs et de leur Protoreine échoue. Pire encore, l’alliance conclue avec cette dernière s’effondre, il est vrai que John Difool n’est certainement pas le meilleur prince consort pour son altesse ! Alors que la force physique semble insuffisante pour triompher de la Tenebrae, la seule solution repose désormais dans le rêve thêta, sorte de transe hypnotique qui permettra à l’Incal de canaliser l’énergie de l’Humanité toute entière pour éradiquer à jamais la Tenebrae.
Le cycle poursuit donc sa quête ésotérique et métaphysique, achevant son voyage jusqu’à la fameuse rencontre de John Difool avec « Orh », le Dieu primordial de cet espace-temps ! La multiplication des événements, et l’insertion de nombreuses saynètes prolonge le plaisir du fan, mais risquent d’ennuyer profondément les lecteurs accrochant peu à l’univers de Jodorowsky. Et pourtant, comme dans le premier tome de cette intégrale, les clins d’œil et satires de notre société sont toujours autant présentes : retour à la terre, influence des médias, relation du citoyen face à l’autorité, crise existentialiste, et même quelques références freudiennes sérieusement écornées par notre désopilant John Difool !
Le cycle s’achève cependant sur une conclusion tout droit tirée de 2001, l’odyssée de l’espace, et comme pour le fameux film de Kubrick, le lecteur risque de refermer ce dernier tome sur une frustrante interrogation. C’est vrai. Le dépouillement progressif jusqu’à l’illumination ultime de John Difool constitue une grande fresque, une sorte d’expérience mystique dans laquelle s’est engagée malgré lui notre détective de classe R. Mais le lecteur choisira-t-il lui aussi de suivre cette voie ésotérique ? A nouveau, j’invite tout de même les néophytes de l’Incal à ne pas se borner sur cette difficile conclusion. L’Incal reste une bande-dessinée au scénario ardu, certes, mais mérite vraiment d’être lue et relue, pour en savourer toute l’ironique philosophie.




Je viens de louer les deux premiers tomes « traditionnels », on verra si j’accroche plus qu’à « Arzak l’arpenteur » dont je n’avais même pas terminé le premier tome…
J’ai bien aimé la conclusion de cette épopée, le retour de Difool chez les Bergs est un grand moment.
Je te confirme, j’ai lu et relu l’intégral et j’aime toujours autant!