L’Incal (première partie) – Moebius et Jodorowsky
Pauvre John Difool ! Médiocre détective de classe R, le voilà embarqué dans une bien sordide affaire. Tous lui veulent la peau : les fanatiques de l’Amok, les Bossus du Président, le méta-Baron, les Techno-Technos, les Berks venus d’une autre galaxie, les Mutants des niveaux souterrains… Mais qu’a donc de si particulier John Difool ? Eh bien il est tombé, un peu par hasard pour tout dire, en possession de l’Incal, un puissant objet conscient aux pouvoirs infinis…
Mais John Difool a plutôt tout d’un anti-héros. Sur cette planète Terra 2014 surpeuplée et située au cœur d’un empire humain décadent, que peut-il faire face à ces adversaire surpuissants ? Et pourtant, accompagné de sa mouette-béton Deepo, le voici embarqué dans l’aventure qui décidera du destin de l’univers tout entier ! Guidé par l’Incal, et progressivement rejoint par des personnages bien plus charismatiques que lui (comme le Méta-Baron, la Reine des Rats Animah, son fils androgyne Solune, Tanatah ou encore Kill Tête de Chien), John Difool incarne à la fois le lecteur dépassé par cet univers baroque et l’humanité, sérieusement malmenée par nos compères Moebius et Jodorowsky.
Car l’Incal n’est pas qu’un space opéra rocambolesque. C’est aussi une parodie de notre société – du moins celle des années 80 – avec ses médias TV déjà omniprésents, ses villes tentaculaires et son désespoir ambiant « no future ! ». L’Incal apporte la lumière et l’espoir dans ce monde dystopique, mais quel est son véritable message ? Et où mènera sa fusion avec l’Incal Noir ? Satire et philosophie humaniste se succèdent au fil de ces pages, sous les traits d’un Moebius inspiré.
La lecture de l’Incal m’a toujours semblée complexe et riche d’axes de lecture. Après avoir découvert (et rien compris) la BD au lycée, j’ai du attendre une bonne dizaine d’années avant de la recroiser dans la collection Humano Pocket, chez les Humanoïdes Associés. Cette réédition en format moyen comprend deux parties, la première englobant les albums L’Incal Noir, L’Incal Lumière et Ce qui est en bas. Soit la période 1981-1983. C’est vrai, il faut s’accrocher avec l’Incal. Ce n’est pas toujours facile à suivre, et le dessin est devenu un peu trop vieillot par rapport à ce qu’il se fait de nos jours. Mais sa lecture n’a de cesse de m’enchanter, du moins parvins-je à y trouver de nouveaux sens à chaque relecture. A tord ou à raison, peut-être suis-je en train de cherche trop compliqué.
Et pourtant, malgré tous ces défauts et mises en garde, je n’en démords pas. L’Incal mérite d’être lu, ne serait-ce pour se forger son propre avis. Après, libre à chacun d’accrocher ou non sur les aventures de John Difool. Moi, personnellement, je ne m’en lasse pas !




Voila qui réactive mon désir de lire l’Incal qui manque toujours à ma culture BD. Merci pour cette remise en lumière d’un vieux classique
P.S. : et merci pour tes passages réguliers sur le BdB
Yep, je plussoie.
Ma propre chronique : http://efelle.canalblog.com/archives/2010/01/02/16356251.html
Moi j’adore (j’aime bien Jodorowsky et j’adore – comme pas mal de monde – Moebius)
Au fait l’édition dont tu parles elle coûte combien?
Vais-je me faire huer ^o^ ou existe-t-il d’autres comme moi qui n’ont pas aimé ? (notamment la fin).
Pas faux pour la parodie de notre société Version années 80. Je n’y avais pas pensé
@ chris : oui beaucoup de gens en fait, tu n’es pas le seul
@ Muad Dib : attends j’ai un tome sous la main… 9,9 €.
@chris bienvenue au club.
Je suis fan de Moebius mais Jodorowsky je peux pas, et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé.
@ Maëlig : vraiment TOUT Jodorowsky ? Parce qu’il a couvert des univers très différents, pas que du space opéra.
depuis longtemps, je me dis que je devrais les relire… sans doute pas tout compris non plus à l’époque
là j’ai commencé la relecture de la caste des Méta-barons avec un intérêt renouvelé
J’ai vu avec horreur que le cycle de l’incal a été recolorisé ! Je préfère vraiment la colorisation original. L’incal est un monument de la bd de sf . La symbolique est très riche comme tout ce que fait jodo qui est vraiment un maitre ! A ce titre je conseil vraiment ces films : « el topo » et « la montagne sacrée ».
L’incal ne « mérite » pas d’être lu ! Sa lecture est un incontournable !!
@Guillaume je n’ai pas tout lu évidemment, mais ce que j’en connais ne m’incite pas à le faire. Ce n’est pas le côté space-op en particulier qui me dérange, mais plutôt l’espèce de mystico-cryptisme ambiant.
Pour ceux qui veulent quand même (re)lire l’Incal je conseille l’intégrale remasterisée de 2010 aux Humanos, une très belle édition qui a l’avantage de revenir aux couleurs originales.
Ha oui, parce qu’il a fait plein d’autres choses différentes, dans de tout autres genres !
A éviter pour les membres du club des non fans (^o^) : Alef-tau. On y retrouve en science fantasy le même genre mystico cryptisme.
Mais le lama blanc, c’était sympathique, bien qu’occidentocentré…
L’Incal reste une des meilleures séries BD de SF encore aujourd’hui, du moins jusqu’à ce qu’on arrive aux toutes dernières planches et là ça gâche tout…
Pareil pour Alef-Thau, pareil pour les Meta-Barons,… Jodo compte parmi ces auteurs qui ont la meilleure inspiration au début, pour mieux tout foutre en l’air à la fin.
Depuis la nullité affligeante des Techno-Pères, j’ai fait une croix sur cet auteur : pas assez de fric pour investir dans une série qui finit toujours par se casser la gueule…
@ Guillaume : pourquoi dis-tu que les dessins ont vieilli ? Ils datent, certes, et Mœbius a vu son style évoluer beaucoup, mais de là à dire qu’ils ne tiennent plus trop la route par rapport aux standards actuels… Franchement, pour moi, ce serait plutôt le contraire ! =P
Oui ça a vieilli, ça veut pas dire que ce soit moins bien ou mieux que ce qui se fait maintenant, mais ça suivait un autre style, une autre époque.