Hypérion 1 – Dan Simmons
Sur la planète Hypérion se dressent les Tombeaux du Temps, édifices antiques capables de braver le temps grâce à un puissant champ anentropique. On les dit hantés par une créature semi-divine, le Gritche, que les pèlerins viennent adorer en masse. Mais alors que les Tombeaux du Temps vont s’ouvrir et révéler leurs secrets, la folie s’empare d’Hypérion. Par millions, ses colons tentent de quitter la planète. Le Gritche s’agite à nouveau et enchaîne les massacres. Tout autour du système d’Hypérion, les Extros se massent en essaims de milliers de vaisseaux spatiaux, et s’apprêtent à envahir la planète. L’Hégémonie engage une course contre la montre : il est impératif que la menace Extros soit repoussée avant que les Tombeaux du Temps s’ouvrent. Leur secret doit à tout prix être dévoilé avant que la planète ne soit envahie !
Le culte gritchien a désigné sept pèlerins pour lever le voile de mystères entourant les Tombeaux du Temps. Tous entretiennent un lien intime avec Hypérion. Au terme de leur pèlerinage, six d’entre-eux seront sacrifiés au Gritche, et un seul, selon la légende, parviendra à formuler un vœu qui sera alors exaucé. Tandis que leur voyage les rapproche peu à peu des Tombeaux du Temps, les pèlerins livrent l’un après l’autre leurs expériences passées. Le père Hoyt porte sur son torse un parasite extra-terrestre, en forme de croix, provenant d’une basilique troglodyte d’Hypérion. Le Colonel Fedmahn Kassad, héros de l’Hégémonie, a poursuivi toute sa vie la chimère d’un amour parfait, jusqu’à pénétrer, à son insu, les Tombeaux du Temps. Le poète Martin Silenus, quant à lui, fut invité par le roi Billy le Triste à rejoindre la cité des poètes, sur Hypérion, voilà plusieurs siècles de cela. Ses vers lui seraient inspirés par le Gritche lui-même, à moins que sa plume l’ait invoqué…
Les éditions Pocket proposent un découpage en quatre volumes des Cantos d’Hypérion. Ce choix éditorial peut sembler curieux, vu que la publication originelle proposait deux tomes (Hypérion et la Chute d’Hypérion). Mais au final, ce choix permet d’entamer une lecture progressive par épisodes de ce célèbre cycle de space opéra. Ce qui n’est pas forcément désagréable. J’ai donc commencé ma lecture par le premier tome (281 pages), depuis la rencontre des sept pèlerins sur le vaisseau-arbre Yggdrasill jusqu’au récit du troisième pèlerin, le poète Martin Silenus. La fresque entamée est délicieuse. Sous couvert d’une intrigue mystique, Dan Simmons dépeint à tour de rôle des personnages profondément marqués par leur précédent contact avec Hypérion. Ces êtres torturés, physiquement comme mentalement, reviennent malgré eux sur les pas de leur pire cauchemar, marchant vers une mort quasi-certaine. Simmons prend un plaisir pervers à torturer ses pauvres personnages, lui qui marqua ses débuts d’auteur par sa fascination pour la douleur. Il tire de ces récits torturés des portraits d’humains aussi faibles que complexes, ravagés par leurs pêchés et dont Hypérion semble se jouer, tel un marionnettiste agitant ses pantins.
Avec un premier tome aussi fort, impossible de ne pas se ruer sur le second volume, et d’achever cet Hypérion. L’ouvrage, Prix Hugo 1990 du meilleur roman (entre-autres), n’a certainement pas démérité ses récompenses. Outre la puissance du récit, Simmons y rajoute quantité de références littéraires classiques, et se fend d’une désopilante critique du monde de l’édition par la bouche de son poète Martin Silenus. A mi-lecture d’Hypérion, la première conclusion me venant à l’esprit est qu’il serait vraiment dommage, pour tout amateur de space opéra, de passer à côté de ce délicieux roman.
Ma note : 16/20




Ca fait 1 an que les deux premiers tomes sont dans ma PàL, merci de me rappeler qu’il serait temps que je me mette à ce classique !
Rue-toi !
Écoute le Monsieur
Je vais me les faire cette été également. Merci de m’avoir décidé sur mon choix de lecture pour août.
J’ai les 4 tomes (et même plus avec Endymion), mais pas le temps pour les lire…
Belle chronique en tout cas qui donne envie de s’y plonger !
Adoré également les tomes 1 et 2… Mais moins conquis par les 3 et 4…
Une œuvre dans le « top ten » pour moi.
Mais la suite, Endymion, est à tomber des mains (je n’ai jamais pu la poursuivre…).
@Gromovar & Guillaume
Chef oui chef ! (je comptais l’emmener en vacances de toute façon)
Par contre Guillaume il parait que tu étais intéressé par le Egan du mois sur le Cercle, va falloir te manifester *siffle*
Voici le commentaire rabat-joie : les thèmes récurrents de l’horreur, de la douleur, les esprits torturés m’ont complètement gâché la lecture de l’oeuvre. Sans être adepte de la guimauve littéraire, là, franchement, je l’ai trouvé trop raide. Je suis allée au bout d’Hypérion, mais je n’ai plus jamais rien lu de Dan Simmons. Hyéprion est un cas d’école, où je peux dire que c’est de la bonne littérature… que j’ai détestée.
@ Vert : trop tard pour moi et j’ai en plus deux gros recueils d’Egan sur les bras…
@ Blop : on ne peut pas tout aimer.
Là je suis un peu perturbé, moi je n’ai que deux tomes: « Hypérion » et « La chute d’Hypérion ». Qu’est-ce qui correspond à quoi? o_O
Non c’est correct, tu les as juste dans une édition publiant chaque roman en entier et non en découpé comme Pocket.
Ce que j’ai lu de plus fort ces dernières années. La virtuosité de Simmons lui permet en outre de changer de style suivant les récits, poignant pour Hoyt, haletant pour Kassad et cynique pour Silenus. Régulièrement, je versais ma petite larme pour le récit du père qui voit sa fille grandir à l’envers (dans le prochain volume).
Sinon, même si Endymion est moins prenant, il reste nécessaire pour enchaîner sur le 4e et dernier volet, très réussi, conclusion puissante d’un des plus grands cycles de la SF.
Un monument, tout simplement …
Et une fois partie dans le cycle,la suite se lit tout aussi bien , un tome par jour en vacance et du mal a poser le bouquin pour dormir …
@ blop
Bon ben desolé pour toi car tu passes a cote d’un auteur enorme et en particulier d’un autre roman du maitre, l’echiquier du mal, et là ça fait vraiment vraiment peur … Hyperion c’est de la gnognotte a cote …
Enfin une aventure magnifique qui devrai etre lu dans les ecoles !
Allez je part en vacances avec mon portail distrans
@Benk2000 : Je suis persuadée du génie de l’auteur. Il y a une grande puissance dans son oeuvre. Mais je ne peux décidément pas le lire.
Oui, Hypérion, c’est vraiment puissant. La chute d’Hypérion aussi. Hypérion est mon cycle préféré. Par contre, Endymion rime avec déception, malheureusement.
[...] – d’autres avis : nooSFère, Scifi-Universe, Bibliotheca – sur la blogosphère : Traqueur Stellaire, Pierre-Yves Bastard, Littérature Share this:StumbleUponDiggRedditTwitter"Aimer" ceci [...]
Hypérion c’est LA référence de la science-fiction. L’univers d’Hypérion est vraiment très riche. Avec les mystères, les énigmes et tout ce qui va avec ! Hypérion rassemble la plupart des grands thèmes de la science-fiction. Hypérion, c’est vraiment le top !! Je regrette vraiment que Dan Simmons ne souhaite pas continuer dans cet univers fascinant….
Je viens de finir le 2nd livre d’Hyperion : est-ce que j’ai bien compris : en fait le Gritche n’existe pas c’est l’haine entre les hommes qui faisait perir tous les anciens pelerins ??
Le gritche existe. C’est pour faire venir le Dieu des humains qu’il fait souffrir les humains sur son Arbre de la Douleur. Mais le gritche aussi est manipulé.
D’abord par le TechnoCentre, puis par Ummon ou les Ours, les Tigres et les Lions, je ne sais plus…