Daemone – Thomas Day
Le plus grand gladiateur de l’Aire Humaine, David Rosenberg, est une star sans équivalent dans l’Histoire du Jeu. Vaincu une seule fois, il n’a jamais recroisé la mort dans l’arène depuis sa résurrection. Mais celui que la foule a surnommé le Daemone Eraser vit plongé dans le souvenir de son épouse, foudroyée dans un état de mort cérébrale depuis plusieurs années. Aussi lorsqu’un Alèphe lui propose de lui restituer une copie dimensionnelle de sa femme en parfaite santé en échange d’un contrat de tueur à gage, David n’hésite pas une seconde. Il accepte le deal de l’insectoïde géant, et s’apprête à tuer ses cinq cibles.
Faust signa un pacte avec le diable pour s’offrir une seconde vie. David accepte le même marché avec Lhargo, le mystérieux Alèphe, et doit abattre cinq cibles pour l’extra-terrestre. Ses cibles ne sont pas des enfants de cœur, mais l’importance de leurs crimes va en décroissant à chaque nouveau contrat. Daemone se retrouve rapidement piégé par ce contrat faustien et cornélien. Choisira-t-il de désobéir à Lhargo, renonçant ainsi à sa récompense et affrontant son propre deuil, ou honorera-t-il le pacte jusqu’au bout pour se perdre dans cette promesse d’une chimérique épouse de substitution ?
En reprenant son texte initialement paru en 2001, Thomas Day souhaitait conserver cet esprit de western spatial, et livrer un récit haletant de série B où violence, sexe et réflexion amère se mêleraient pour son plus grand plaisir. De ce côté-là, rien à dire, la réécriture est un franc succès. Fidèle à sa plume acérée, Thomas Day nous livre un récit au style impeccable, brutal et scotchant. La claque passe bien, celle-là même que j’aime ressentir en lisant du Thomas Day. Cependant je dois avouer que l’arrière goût fut un peu moins raide que d’habitude. La faute peut-être à ce côté trop avoué de série B.
Les défauts sont bien mineurs face au plaisir de ma lecture. Autour de ce Daemone cynique et désabusé évoluent deux gardes du corps et compagnons d’aventure : une mercenaire néo-japonaise sexy répondant du nom de Kimoko (au tempérament claquant comme un coup de katana) et un homme-chat, baptisé Gilrein, jouant les amuseurs de galerie. Ces trois personnages forment un trio efficace, quoique déséquilibré par une Kimoko parfois plus présente dans le récit que Daemone lui-même.
Très bon point également, les éditions Le Belial’ ont rajouté en fin de récit une interview de Thomas Day ainsi que la bibliographie de l’auteur. Ces compléments augmentent la qualité éditoriale du livre là où d’autres éditeurs se seraient limités à la simple publication du roman. L’interview apporte de plus un éclairage bienvenu sur Daemone, commenté par son créateur en personne. Du beau travail de la part du Belial’ qui sait flatter nos exigences de lecteurs de genre.
Ma note : 15/20
Lire aussi chez : Pitivier, Palabres Eclectiques,




Effectivement une lecture bien sympa. Peut être pas une claque en ce qui me concerne, mais un très bon divertissement.
Lu le début, ça m’a bien branché dans le genre de L’écorcheur de Asher.
Bien aimé aussi, comme une bonne série B. Mais n’ayant lu qu’un autre livre de l’auteur, je n’en attendais pas plus, donc j’ai été satisfaite.
J’aime aussi beaucoup ces bibliographies du Bélial, très utiles pour la maniaque collectionneuse que je suis.
@ Pitivier : on se rejoint pas mal lorsque je parle de claque moins forte pour ma part. Thomas Day me fait toujours l’effet d’un bon whisky, mais certains sont plus forts en bouche que d’autres.
Jamais lu un roman de lui, uniquement des nouvelles dans une revue : d’abord la fabuleuse « notion de génocide nécessaire » puis un truc un peu livre dont vous êtes le héros, vite oublié, qui ne m’a pas incité à poursuivre. Je n’ai sans doute pas abordé l’auteur comme il fallait…
C’est sûr que ça donne drôlement envie, tout ça !
A.C. de Haenne