Mille fois mille fleuves… – Christian Léourier
« Mille fois mille fleuves ont balayé la Terre, avant de se perdre en un seul océan… »
Choisie entre toutes par les Gardiens des Eaux pour être la nouvelle épouse du fleuve, Ynis doit quitter son village, s’initier aux mystères de la Cité Secrète, et apporter son tribut à la Réincarnation du Vieux Saumon. Fascinée par les hommes oiseaux, dont on dit qu’ils sont un jour tombés du ciel, elle succombe au charme de Stern, qui prétend, lui, venir d’une planète lointaine. Mais la faute est si grave que les amants doivent fuir, tandis que le fleuve se venge de son épouse infidèle.
Commence alors pour Ynis et l’homme oiseau une aventure qui les emmènera dans le monde inconnu des montagnes, une aventure et un amour qui dureront toute leur vie…
Commentaires :
Je ne connais pas, avant de commencer ma lecture, le cycle de Lanmeur, dont est tiré ce roman de Christian Léourier. Il s’avère donc assez logique qu’avec ses 155 pages, Mille fois mille fleuves me soit apparu en fin de lecture comme un texte resté en suspens ! Mais bien que mon ignorance soit désormais renseignée, il me sera tout de même difficile de chroniquer très longuement ce roman-chapitre sans le placer dans le cycle tout entier. Aussi l’exercice risque-t-il de devenir périlleux.
Toutefois, à défaut d’analyser en détails Mille fois mille fleuves, je peux présenter plusieurs arguments favorables à cette œuvre. Tout d’abord, le style de Christian Léourier ; agréable, capable de soutenir descriptions et actions dans une écriture prenante, convient parfaitement au roman d’aventure. Ensuite, l’héroïne de cette intrigue, Ynis, est particulièrement attachante. Cette jeune femme libre est en proie à de nombreuses questions. Ballotée entre les élans de son cœur et les devoirs envers son fleuve, elle ne cesse de chercher sa voie dans cette société austère et étouffante. Enfin, ce texte teinté d’anthropologie explore avec une imagination fertile ce monde fluvial, ses rites et ses croyances. Ce décorum ne m’a pas laissé indifférent, mais comment apprécier l’ensemble d’une fresque lorsque son regard ne porte que sur un seul motif ?
Ce court roman représente une agréable entrée en matière, même s’il serait certainement plus judicieux de lire l’intégrale du cycle de Lanmeur plutôt que de l’aborder par romans séparés. Heureusement, cette erreur sera corrigée dès cette année grâce à la vigilance de l’éditeur Ad Astra, qui prépare une réédition en Omnibus du cycle entier. Nous reviendrons donc très prochainement vers Lanmeur afin de percer les secrets du Rassemblement…




J’avais découvert Christian Léourier par « La loi du monde » il y a des années. J’en ai gardé une impression similaire : un style agréable, voir poétique, une histoire intéressante à tendance anthropologique mais trop brève pour s’en faire une idée vraiment complète.
C’est sans doute ce goût d’inachevé qui ne m’avait pas encouragé à poursuivre. Il faudrait que je retente la lecture du cycle un jour.
Au vu du côté embrouillé de la 4eme de couverture j’ai été quelque peu dérouté.
Je me renseignerai plus avant à l’occasion et attendrai la réédition du cycle pour passer le pas éventuellement.
Comment l’as tu découvert ?
Oh c’est assez banal en fait, j’ai eu le droit à ce livre-là en faisant les bouquinistes présents aux Utopiales, il y avait quelques livres qui étaient même donnés (comme cette vieille édition J’ai Lu de 1987).
Je comprends pas, les 4e de couv modernes des bouquins de fantasy me font fuir, celle là me donne envie de me jeter sur le roman xD. Je vais guetter la réédition, ça a l’air bien sympa…
Oui, ça vaut le détours, mais en édition intégrale. Dans ce tome nous sommes dans un « autre monde » à la géographie et à la mythologie différentes, avec une pointe de space opéra y présente le bout de son nez, derrière la métaphore des hommes-oiseaux. Tout ceci demande donc de s’y plonger en entier
Juste un petit mot pour dire que je trouve ce titre magnifique !
A.C.