World Invasion : Battle Los Angeles – Jonathan Liebesman (2011)
Soldats, on a une putain de merde sur les bras. Les aliens ont ramené leurs fesses, et font pleuvoir leurs météores sur nos océans. Le débarquement est en cours, les plus grandes cités côtières sont sous le feu de l’ennemi, soldats ! On a déjà perdu San Franscisco et San Diego. On perdra pas Los Angeles. On recule pas et on leur bottera les fesses, compris soldats ?
Il faut bien reconnaître une grande qualité à World Invasion : Battle Los Angeles. Le synopsis est des plus faciles à rédiger. Dans ce film américain de science-fiction militaire, les aliens en ont après nos océans. La Terre représente la première station-service en H2O liquide à des années-lumière à la ronde, et ils n’ont pas l’intention de laisser de pourboire au pompiste. Annoncé dans un premier temps comme un film « pris sur le terrain », constitué de longs plans-séquences réalistes caméra au poing, Battle Los Angeles s’égare finalement dans un film de guerre assez classique où une section de recrues va tenter de survivre au front. Les histoires individuelles de ces soldats s’entrecroisent, mais n’accrochent pas le spectateur. Le quotidien de ces marines américains est fade, banal, rempli de clichés d’usages. Le sergent sur le retour marqué par la perte de son escouade en Afghanistan, le caporal à deux semaines de son mariage, le vice-caporal déchiré par la mort de son frère dans le désert afghan, la jeune recrue inexpérimentée, le lieutenant tout juste sorti de West-Point… Inutile d’aller plus loin, le scénario est clairement tracé. Des soldats que tout oppose vont faire front commun pour sauver le drapeau et bouter l’alien hors de l’ensoleillée Californie !
Mais d’ailleurs, que viennent donc faire ces aliens sur Venice Beach ? Ratiboiser la ville afin d’y installer leur poste de commandement de compagne, bien-sûr ! On peut être d’affreux extra-terrestres mais aimer quand même les plages ensoleillées et les filles (mortes) en bikinis. Nos méchants envahisseurs ont d’énormes besoins en eau. Problème, ils ne parviennent pas à l’utiliser dans d’autres états que liquide. Comme quoi, on peut maîtriser le voyage interstellaire tout en affichant de sérieuses lacunes en thermodynamique. Alors pendant que l’humanité toute entière cherche à repousser les envahisseurs, ces derniers pompent impunément nos océans. La bataille pour Los Angeles semble d’ailleurs très mal engagée, face à un ennemi qui sait exactement comment nous débusquer et frappe méthodiquement les cibles stratégiques américaines. Heureusement, notre escouade de marines ne cesse d’amasser de l’expérience au combat, et se transforme bientôt en un véritable commando d’élite. Il était temps, car la bataille pour Los Angeles était à deux doigts d’être perdue !
Ai-je besoin de vous dévoiler que nos soldats triompheront dans un feu d’artifices final ? Ce serait superflu. Car Battle Los Angeles se veut avant tout un film militaire patriotique, où les braves soldats américains exorcisent leurs démons de l’Afghanistan et de l’Irak en luttant contre l’ennemi commun de l’humanité. Un ennemi qui, vraisemblablement, était plus ou moins attendu par les huiles de Washington. Le mythe de la zone 51 n’est jamais très loin. Passé l’ode au glorieux soldat ricain, que reste-t-il de Battle Los Angeles ? Beaucoup de déception. Le film est très loin des promesses de la production, et j’en ressors assez dépité. Si le scénario arrive à éviter le massacre d’un Independance Day, il ne parvient pas à exploiter le potentiel d’un film de SF militaire « caméra au poing » qui aurait pu nous plonger dans une ambiance beaucoup plus réaliste. Les envolées lyriques de la bande-son et les répliques patriotiques bourrées de testostérone de nos chers marines anéantissent littéralement les plans-séquences pris sur le vif. Reste l’action militaire du film, et sa dimension « wargame grandeur nature » qui m’a permis de noter quelques idées de scénarios pour mes parties. C’est une bien maigre consolation.
Ma note : 8/20
Lire aussi chez : A.C. de Haenne, Nicolinux, odieux connard,



Autant se revoir La chute du Faucon Noir si je comprends bien.
Les idées de parties c’est pour faire des Assauts Planétaires ?
Ouais ça pourrait le faire, en mélangeant les parties commando et assaut planétaire dans un scénario d’évacuation de civils.
8/20 ? n’est-ce pas la pire note que tu aies donné à un film ? [edit de Guillaume : j'ai remonté de +1 ma note, cela colle mieux avec ma critique]
Je crois que le mieux que puisse nous apporter ce film, c’est une bonne tranche de poilade en se foutant de sa gueule. Et gratuitement, en plus, en lisant par exemple le (long) billet/démolissage que lui a consacré hier le blog d’Un Odieux Connard. C’est intitulé Battle Los Angeles, parce que Battle La Bourboule, ça claquait moins.
Non je suis déjà allé à 2/20. A 8/20 il faut en conclure que c’est un film fade uniquement tourné baston, j’aurais été sur un blog uniquement tourné wargames je lui aurais mis une très bonne note pour cela. Mais bon. Décevant.
@ Chicxulub : bienvenue
Ton état d’esprit pour visionner ce film est idéal. Maintenant que le printemps du cinéma est fini, payer plein pot sa place pour Battle Los Angeles sera par contre moins poilant.
Je suis globalement d’accord avec tous les reproches que tu fais au film sauf qu’il faut quand même reconnaitre que tout le discours patriotique et conservateur du film est plutôt habilement amené comparativement à des merdes comme ID4 et Armageddon.
A coté de ca, les scènes d’action sont assez bien foutues pour que le film dans son ensemble remplisse son rôle, à savoir en mettre plein la vue pendant 2 heures. C’est con, c’est bourré de clichés, certains dialogues sont stupides, ca manque clairement d’ambition, mais c’est bien foutu.
Battle LA c’est un peu l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide…
Heureusement d’ailleurs, un film militaire aux scènes de combat ratées serait un nanard. Là, Battle Los Angeles est médiocre mais il se regarde encore. Tu es prêt pour les wargames en combat urbain
Par contre la stratégie et le réalisme sont à côté de la plaque; j’ai regardé où était situé l’aéroport de Santa Monica que Google Maps. Il est à 3 km de la plage en gros. Vouloir y faire décoller des B-52 pour bombarder le front est donc complètement idiot. Les bombardiers arrivent à bonne altitude, larguent leurs bombes et repartent, surtout que les aliens ont un soutien aérien à très basse altitude ! Ou alors, on fait un bombardement au sol avec de l’artillerie, si vraiment ça dérange. L’échec du bombardement est une grosse faille du scénario.
Oui c’est pas réaliste, mais ca on en a jamais douté. J’ai bien aimé aussi les marines dans les égouts à la recherche du PC alien. Quand ils rentrent, il fait nuit noir. Ils ressortent 5 minutes plus tard en plein soleil.
Bon, ben moi, je ne vais pas me ruiner pour un film militariste (même bien foutu (ou peut-être justement parce que bien foutu)). J’attendrai la sortie DVD.
Merci Guillaume pour le lien, je m’en vais te rendre la pareille…
A.C.
Même en film de guerre, les classiques valent mieux le coup !
Je suis assez d’accord avec toi Guillaume, même si j’aurais tout de même été plus sévère.
Mars Attack est passé sur la TNT hier soir…
Un film bien meilleur que celui-ci, grâce à sa dimension burlesque et son hommage aux pulps bien-sûr.
Moi j’ai trouver se film bien. je m’y connais pas autant que vous et j’ai pas de référence cinématographique à donner mais quand je suis allé le voir j’étais pris du début jusqu’a la fin et je ne regrette pas d’être allé le voir. Mais bon chacun ses gouts (je lui met 14/20)
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