Un Millier de Fils – Graham McNeill
La Grande Croisade de l’Empereur de l’Humanité est à son apogée. Parties de Terra, ses légions de Space Marines ont conquis mondes après mondes. Menées par ses généraux les plus fidèles, ses fils Primarques, ces légions de guerriers génétiquement améliorés sont devenues invincibles. Les Thousand Sons font partie de ces serviteurs les plus dévoués. Le Primarque Magnus le Rouge les dirige avec droiture et paternalisme. Mais l’auguste fils de l’Empereur est aussi un puissant psyker, dont les pouvoirs effraient les seigneurs de l’Imperium. Après avoir fait la démonstration des pouvoirs psychiques de sa légion, Magnus s’est fait parmi ses frères primarques de dangereux ennemis. Leman Russ des Space Wolves et Mortarion de la Death Guard l’accusent de sorcellerie, et son procès s’ouvre sur la planète Nikaea. Poussé par le camp de l’accusation, l’Empereur doit y rendre un terrible jugement : quiconque fera à nouveau acte de sorcellerie sera considéré comme traitre et subira sa colère.
Accablé par cette sentence, Magnus ne peut se résoudre à se détourner des arcanes magiques. Explorant toujours plus profondément les ténèbres du Warp, il entrevoit la vision d’un Imperium foudroyé, où Horus et ses frères renégats assiègent Terra. Magnus décide alors de braver l’édit de son père et de prévenir le Trône d’Or. Mais en faisant cela, il dévoile sa rébellion face aux Lois de l’Empereur, et s’attire les foudres de son père. Leman Russ et ses Space Wolves porteront la colère de l’Empereur jusque sur Prospero, les loups sont aux portes de la planète !
Il y a bien longtemps que je n’avais pas été aussi enthousiaste à la lecture d’un récit de la série « L’hérésie d’Horus » , publiée par la Bibliothèque Interdite. Pas depuis la trilogie ouvrant la saga autour d’Horus et des voies l’ayant conduit à sa traitrise. Graham McNeill nous livre ici un roman époustouflant de 631 pages haletantes, évoquant l’écriture d’un grande saga romanesque. Pour un roman de licence, nous avons droit à un texte de bonne facture, un page turner efficace et travaillé, dont il faudra également féliciter la traduction française de Julien Drouet. Bien entendu, un roman de space fantasy dans l’univers de Warhammer 40,000 déborde forcément d’action. Tous les ouvrages publiés sous cette collection présentent cette marque de fabrique. Mais comment Un Millier de Fils parvient-il à élever le texte au-dessus d’une banale série d’expéditions militaires ? En s’appuyant sur des personnages attachants et un scénario tragique capable de nous surprendre jusqu’à la dernière page.
Plonger dans Un Millier de Fils permet au lecteur de partir à la rencontre de personnages légendaires de l’univers Warhammer 40,000. L’Empereur et ses fils Primarques sont des figures fondatrices de l’Imperium. Mais bien peu de choses cependant sont rapportées concernant Magnus le Rouge, primarque renégat, et Arhiman, puissant sorcier des Thousand Sons. Tout au plus savons-nous que Magnus transgressa l’édit de l’Empereur sur les pouvoirs psychiques, et que son monde natal fut pour cela détruit par les Space Wolves. Dans ce roman, Graham McNeill revient donc sur ces événements contemporains à l’hérésie d’Horus et les analyse à la lumière des portraits de ses personnages principaux. Ainsi nous présente-t-il un Magnus le Rouge érudit, de première apparence réfléchi et contenu. Mais sous ce masque se dissimule un Primarque orgueilleux, vantard et égoïste, bien trop présomptueux quant à ses pouvoirs et son contrôle des esprits démoniaques avec lesquels il n’hésite pas à signer des pactes de puissance. Magnus pêche pour son orgueil, et sa soif de connaissance ésotérique l’emportera sur sa prudence. Le conseil de Nikaea l’a piqué à vif. Refusant d’écouter les précédentes mises en garde de son père, il outre-passe également ses lois. Magnus n’est pas un être détestable pour autant. Philanthrope et dirigeant attentionné pour son peuple et sa Légion, il n’en reste pas moins suffisant et incapable de connaître ses propres limites. Son manque de prudence provoquera sa propre perte. A l’opposé, Arhiman est décrit comme un puissant psyker, tout aussi bon capitaine d’armes. S’il croit au rêve d’âge de lumières de l’Imperium, il considère l’ésotérisme et la sorcellerie comme des sciences à part entière, et rêve d’en enseigner les arcanes aux citoyens de l’Empire humain. Cependant, Arhiman se méfie des prédateurs du Warp et connaît ses propres limites. Il ne prend aucun risque avec ses propres pouvoirs, sachant rester humble et sage là où Magnus se montre orgueilleux et irréfléchi. Les deux personnages s’opposent peu à peu au fil du roman, alors qu’Arhiman se met à douter de la sagesse de son Primarque.
Graham McNeill met en scène ses deux personnages sur bien des champs de bataille planétaires de ce lointain futur, mais également à bord des vaisseaux spatiaux de la Légion et sur la planète Prospero elle-même. L’intrigue suit pour beaucoup le même plan que les trois premiers tomes de la saga. Après une introduction triomphale sur un monde conquis, l’ambiance s’assombrit au fur et à mesure que les combats livrés révèlent leurs lots d’horreurs et de duperies. McNeill parvient à créer un contraste entre ces scènes sombres et l’ambiance radieuse de Prospero, et donne progressivement le sentiment que ce voile de ténèbres va s’abattre définitivement sur la planète des Thousand Sons. La tragédie est rapidement annoncée, et son dénouement inéluctable met immanquablement en haleine le lecteur. Car bien qu’il ne fasse aucun doute sur le sort de Prospero et de sa Légion, impossible de ne pas retenir son souffle lorsque s’enclenchent les rouages du destin !
Pour le douzième roman de la série, Graham McNeill nous offre avec Un Millier de Fils un roman de licence envoûtant, des plus divertissants et au souffle tragique haletant. Il serait dommage de bouder son plaisir, tant les ouvrages de cette série « L’hérésie d’Horus » sont de qualité variable. Un second tome, plaçant cette fois-ci la tragédie sous le regard des Space Wolves, est attendu en version française pour les prochains mois. J’attends de m’y plonger avec impatience !
Ma note : 16/20



J’avais bien aimé Les Faux Dieux, plus que toi d’ailleurs, je n’hésiterai donc pas longtemps devant celui ci quand l’occasion se présentera.
J’ai l’impression que McNeill s’améliore sensiblement à chaque nouveau livre, par rapport à ce qu’il a pu écrire au tout début de la série Warhammer 40,000.
On en avait un peu parler je crois, et ton témoignage a achevé de me convaincre.
Je vais essayer de me le procurer dès que possible.
@ FG : je te le conseille toujours
Par contre Nemesis, 13ème tome, est dispensable.
Je suis dedans, j’ai lu la première moitié. Un bon cru même si je ne trouve pas la traduction aussi exceptionnelle que tu l’évoques, il y a quelques coquilles aussi.
Ahriman est assez attachant par contre l’étymologie de son nom est sans équivoque quant au dénouement…
@ Efelle : certes mais elle est bien au-dessus de la moyenne des ouvrages de cette licence, avec en plus un effort de compréhension et de raccord à la saga. Faut encourager les bonnes volontés
Oui je l’évoquerai c’est assez sympathique pour quelqu’un, comme moi, qui connait peu ou pas cet univers. Sans doute le bouquin le plus accessible.