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La Volonté du Dragon – Lionel Davoust

L’Empire d’Asreth, fort de son incontestable supériorité technologique, s’est donné pour mission d’unir le monde entier sous sa bannière, afin de lui faire partager de force la paix et les lumières du Dragon. Après avoir pacifié son continent, l’Empire s’intéresse désormais au grand continent sud, et vise l’annexion du Qhmarr, petit royaume à peine sorti de l’âge médiéval. Alors que le généralissime D’eolus Vasteth engage d’interminables négociations diplomatiques, l’armada impériale de cuirassés à vapeur de cristal mouille au large, prête à fondre sur les élégants voiliers du Qhmarr. La bataille s’annonce particulièrement inégale et son issue certaine. Pourtant, les dignitaires Qhmarri affichent un calme dérangeant, même lorsque s’achève l’ultimatum impérial. Avec l’aplomb le plus surprenant, leur gouverneur propose au généralissime de jouer la victoire du Dragon à un jeu de pions contre l’enfant-Roi de Qhmarr. Le généralissime accepte le défi avec une pointe d’amusement, convaincu de la puissance de son armada et de son cuirassé-amiral, le Volonté-du-Dragon. Mais le jeu arcanique révèle bien des surprises, de même que le puissant Goliath devrait toujours se méfier de l’inoffensif David…

Court roman de 165 pages, La Volonté du Dragon se présente comme le récit d’un choc technologique entre deux cultures. Dans ce conflit militaire de fantasy, tout oppose l’Empire d’Asreth et le minuscule royaume du Qhmarr. L’un bénéficie des prouesses de l’artech, l’autre remet sa protection dans la puissance mystique du lâh. Dans ce combat inégal du pot de fer contre le pot de terre, impossible de s’imaginer une autre issue que la victoire du Dragon. Matelots et officiers de l’armada impériale n’en doutent pas une seconde. Convaincus de la nature philanthropique de leur croisade, les soldats de l’Empire regrettent même que la débauche de puissance dont ils font preuve n’ait pas suffit à faire entendre raison aux dirigeants Qhmarri.

Mais l’orgueil est un bien vilain défaut, surtout pour un conquérant aussi imbu de sa puissance. Et le rusé état de Qhmarr va tendre un piège à l’armada d’Asreth. Alors que la bataille navale débute, un autre combat s’engage sous le confort d’un pavillon. La partie de pions que se livrent l’enfant-Roi et le généralissime n’est pas totalement anodine. Les actions de chaque joueur ont des répercussions sur le déroulement de la bataille, et l’officier d’Asreth va rapidement s’en rendre compte, au dépens de sa flotte. Mais alors, l’Empire sera-t-il mis en déroute par face à la philosophie du lâh et à sa puissance mystique ?

Tout au long de ce récit, Lionel Davoust nous impose un suspens riche en rebondissements, alors que chaque adversaire abat successivement ses atouts. Rythmé par des scènes épiques de combat maritime et par un grand talent de conteur, ce combat est également retranscrit au travers des membres d’équipage du Volonté-du-Dragon, pièce maîtresse impériale sur cet échiquier géant. Au-delà des stratégies d’état-major incarnées par la métaphore du jeu de pions arcaniques, la bataille se joue à travers les actions de simples soldats ; un sacrifice courageux, un acharnement face à l’ennemi, une décision trop hâtive, et l’échiquier peut à son tour faire basculer les rapports de force. Aucune règle ne sied au déroulement d’une bataille, les plus grandes stratégies comme les rapports de force indiscutables peuvent se retrouver totalement renversés par le facteur humain. Et Lionel Davoust nous le raconte avec brio, dans ce roman de fantasy maritime et militaire particulièrement réussi.

Ma note : 15/20

Pour en savoir plus : le blog de l’auteur.

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8 commentaires sur La Volonté du Dragon – Lionel Davoust

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