Harry Potter et les Reliques de la Mort (1/2) – David Yates (2010)
Les temps s’assombrissent pour Harry et ses amis. Le terrible sorcier Voldemort a pris le contrôle du Ministère de la Magie, et a instauré une dictature de fer dans laquelle les créatures magiques, les sang-mêlés et les moldus (non-sorciers) sont des êtres inférieurs face aux sorciers de sang pur. Harry est activement poursuivi par les Mangemorts, partisants du sombre despote. Les sorciers résistants de l’Ordre du Phénix ont de plus en plus de mal à le protéger, surtout depuis la perte de leur plus puissant allié, le mage Dumbledore. Traqués, Harry et ses amis Ron et Hermione se cachent dans la nature. Ils tentent de capturer et de détruire les fameux horcruxes qui contiennent des fragments de l’âme de Voldemort. Mais la bataille est loin d’être gagnée et Harry devra se mettre en quête d’artefacts bien plus puissants pour vaincre son adversaire : les Reliques de la Mort.
Pour ce dernier volet des aventures du jeune sorcier, la production a décidé de scinder en deux longs films le dénouement de la saga. Film éponyme directement tiré du best-seller de J. K. Rowling, ce premier volet d’Harry Potter et les Reliques de la Mort sera donc accompagné d’une suite, prévue pour le début de l’été 2011. Bien-sûr, Harry Potter est devenu un vieux compagnon de route des jeunes (et moins jeunes) spectateurs. Son univers de fantasy urbaine représente un succès commercial impressionnant et l’engouement autour des aventures du petit sorcier a fortement contribué à la popularité du genre. Pour ce dernier acte, l’émotion est donc au rendez-vous. Harry et ses amis s’apprêtent à faire leurs adieux au grand écran, dans un duel final les opposant au plus maléfique des sorciers de notre époque.
On a souvent reproché au réalisateur David Yates d’avoir mené l’adaptation des tomes 5 et 6 au pas de course, moulinant l’intrigue dans des films trop rapides pour véritablement retranscrire toute l’atmosphère des livres originaux. Il faut croire que les ayant-droit ont bien entendu le message, puisque le dernier opus bénéficie quant à lui de plus de cinq heures de pellicule. Revers de la médaille, nous n’avons dès lors plus affaire à une adaptation mais à une description en règle du roman. Et cette accumulation de détails ne renforce pas pour autant le plongeon du spectateur dans l’atmosphère sombre de cette guerre de sorciers. Au contraire, l’accumulation de détails finit par agacer. Les interminables scènes de boy-scouts dans la forêt donnent le ton et rappellent les mièvreries des précédents épisodes. Nous sommes toujours et encore dans un film de fantasy adolescente, où les crises hormonales s’expriment avec le même désespoir que les rafles de sang-mêlé.
Pour contre-balancer cette ambiance ado, David Yates y a pourtant le paquet. Dans ce Ministère de la Magie sous l’emprise de Voldemort règne une ambiance détestable de IIIème Reich. Les gardiens aux uniformes impeccables et aux brassards rouges exécutent les ordres d’agents en blouson noir, les rafleurs capturent les sang-mêlés pour épurer violemment la race des sorciers, les collaborateurs volontaires ou contraints sont légion… Tout un décorum à la sauce nazifiante accompagne donc la main-mise de Voldemort sur le monde des sorciers. A tel point que la chateau des Malefoy ressemble à un nid d’aigle gothique façon Wolfenstein 3D ! Si parmi vous certains aimaient encore le côté déluré des Mangemorts et le piquant flegme de Rogue, vous voici mis à la page. A ce petit jeu, il faut bien reconnaître les talents d’acteur de Helena Bonham Carter dans le rôle de Bellatrix Lestrange. Mais hélas, la fantasy est bien connue pour sa vision manichéenne. Le sous-genre urbain mis en scène à l’écran par David Yates utilise donc les pires heures de l’histoire contemporaine pour retranscrire de la manière la plus sombre possible l’atmosphère détestable qui règne désormais chez les sorciers. Rien de bien original, donc, si ce n’est un ènieme point Godwin pour le cinéma.
Pourtant, le film comme le livre cherchent à grandir les personnages. Peine perdue. L’action ne se déroule plus dans l’école de Poudlard mais principalement dans le monde des Moldus. Les jeunes héros sont livrés à eux-même, et ne peuvent plus rien attendre de la providence des adultes. Les acteurs ont bien du mal à retranscrire cette ambiance traumatisante. Le plus en peine avec son personnage reste sans aucun doute Daniel Radcliffe. Complètement détaché de son rôle-vedette, il joue d’une manière poussive, sans motivation particulière, devant ses deux camarades s’échinant encore à prêter vie à leurs avatars. Difficile de s’attacher aux pas de cet Harry Potter feignant la douleur, la colère, l’amitié ou l’amour. Il en ressort un certain vide face à la médiocre interprétation du héros-clé de cette saga. Peut-être faut-il également en blâmer David Yates, qui n’est pas non plus le meilleur réalisateur de la saga en ce qui concerne la mise en avant de ses jeunes acteurs. Face à cet essoufflement, on ne peut que se sentir soulagés à l’approche du dénouement prochain et définitif de la saga. Histoire d’autoriser Radcliffe à raccrocher une dernière fois son costume de sorcier. Il en a certainement bien besoin, et nous aussi.
Ma note : 12/20
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Le meilleur réalisateur sur cette saga est, à mes yeux, Alfonso Cuarón.
Après le prisonnier d’Azkaban les films semblent nettement moins inspiré d’ailleurs.
Bon, si je comprend bien il y a que le film d’Alfonso Cuarón qui est à sauver ? Les films de Chris Columbus sont réputés mauvais (normal, j’ai envie de dire). Je n’ai vu que le 1er qui m’a gonflé et convaincu de ne pas voir les suivants. Et visiblement la fin n’est pas brillante non plus. Il n’y a que les films qui sont mauvais ou c’est le cas aussi des livres ?
Pour Daniel Radcliffe, m’est avis qu’à 20 ans passé il en a plus qu’assez de jouer les ados et qu’il aimerait bien passer à autre chose. Sinon, pour info efelle, Alfonso Cuarón a aussi réalisé Les fils de l’homme… donc fonce.
@ Pitivier : les deux premiers films comme les livres s’adressent clairement aux enfants, trop même pour pouvoir les sortir de cette case. Chris Columbus est doué dans ce registre, et il s’en sort plutôt bien pour adapter ces livres jeunesse. Donc contrat bien rempli pour moi. Entre Chris Columbus, Alfonso Cuarón, Mike Newell et David Yates, je pense que ce dernier est le pire réalisateur de la saga.
Ce qui me gène dans le 1er HP ce n’est pas qu’il soit à destination des enfants. Je le savait dès le départ. HP c’est des livres qui à la base s’adressent aux ados. Si un film ou un livre jeunesse est bien fait je suis client. L’histoire sans fin par exemple ou Hunger Games en livre. Ce qui me gène c’est qu’à la réalisation il y a un type que j’exècre. Pour moi, Chris Columbus est pas loin d’être ce qu’il se fait de pire à Hollywood après Michael Bay. Ce mec, il a adapté un livre de 224 pages (édition vo) en un film de 2h30. Le film est une copie carbone du livre (dixit tout ceux que je connais qui ont lu le livre). Adapter un livre au cinéma c’est faire des choix parce qu’un film ne fonctionne pas comme un livre. Parce que quelque chose qui fonctionne sur le papier ne fonctionnera pas forcement à l’écran. Pour moi, dans HP1 Chris Columbus a refusé de faire des choix. Du coup le film est bancal, le rythme est mauvais. La partie de Quidditch est beaucoup trop longue. A mon avis on pourrait faire des coupes dans quasiment toutes les scènes et revoir le montage pour dynamiser tout cela.
En même temps, tous les films de la saga Harry Potter sont des films de licence, où l’on demande clairement dans le contrat de base que le livre soit retranscrit plutôt qu’adapté ! Ce n’est qu’avec les tomes 4 à 6, lorsque les ouvrages se sont retrouvés beaucoup trop volumineux, que Mike Newell puis David Yates ont eu « le droit » de faire plus d’adaptation (avec le découpage catastrophique qu’on lui connaît). Donc cela reste quand même difficile de reprocher à Chris Columbus d’avoir refusé de faire des choix, après tout le choix il a accepté de le faire : il a signé en connaissance de cause.
(considère que parler d’adaptation dans le cas des Harry Potter est une faute de langage, ou plutôt rappelle juste qu’ils ont paraphrasé le bouquin pour pondre un scénario !)
Bonsoir,
Si je vous comprends bien, la question est : pour retranscrire au cinéma Harry Potter, faut-il mieux un paraphraseur comme Chris Columbus ou un mauvais copieur comme David Yates ?
Peter jackson a fait des choix sur l’adaptation du SDA. Pourtant, le SDA tout comme HP c’est Warner qui produit et Peter Jackson était beaucoup moins connu au moment de faire le SDA que Chris Columbus au moment de faire HP. Résultat des courses, Peter jackson est beaucoup plus connu après avoir fait le SDA que Chris Columbus après avoir fait HP.
Cherches pas, tu n’arriveras pas à me faire dire du bien de Chris Columbus.
Hola, suis têtu
Et d’ailleurs, est-ce qu’on peut vraiment comparer ? Tout dépend des contrats négociés avec les ayant-droit, et il paraît que les clauses de J.K. Rowling étaient assez pénible là-dessus ! Souvenons-nous que Spielberg voulait réaliser le HP1 au départ, mais que les contraintes imposées par Rowling l’ont rapidement découragé… Tandis que pour le SDA, même s’il y a des ayant-droit, c’est Peter Jackson qui a porté dès le début sur ses épaules son projet de retenter une adaptation cinématographique.
Et puis Chris Columbus a surtout été connu au début des années 90, quand il avait fait des comédies familiales à succès. Maintenant il est plutôt « out ». Surtout quand tu vois son film Percy Jackson
@ Nessie : c’est bien résumé
Spielberg aux commandes de HP, ca aurait eu de la gueule. J’ai hâte de voir ce qu’il va faire de Tintin.
Quoique Spielberg, lorsqu’il n’y est pas, c’est pas très fameux. Il a quand même épaulé producteur Michael Bay sans empêcher le fiasco. Le mieux aurait été de confier la réalisation à des cinéastes fans du genre qui auraient donné un souffle de passionnés aux adaptations. Quand on voit la filmographie de David Yates avant HP, ça fait peur.
pop pop pop. Spielberg c’est Duel, Jaws, Rencontre du 3eme type, Indiana Jones, Schindler’s List, le soldat Ryan, Jurassic Park, A.I. et plein d’autres. T’en connais beaucoup des réalisateurs avec un tel CV ? Même le meilleur film de Columbus n’arrive pas à la cheville du plus mauvais de Spielberg. Quoi Hook ? Pas touche à mon Spielberg. C’est la quintessence de l’entertainment. HP, il l’aurait transcendé. Del Toro en aurait fait un truc bien aussi.
Non non je dis juste que entravé dans un cahier des charges étouffant ou sans liberté réelle d’action, même le meilleur réalisateur peut devenir médiocre; par exemple Spielberg en réalisateur, ça le fait; en producteur avec quelqu’un d’autre à la réalisation, c’est pas souvent ça. Et encore je suis tout gentil, je note que ta liste de Spielberg’s est très sélective
Del Toro aurait certainement fait quelque chose d’intéressant, en effet. Je l’aurais bien vu à la place de D.Y.
La filmo est sélective c’est vrai mais trouve moi un autre réalisateur qui a autant de grand films comme ceux là à son palmarès. Je suis même prêt à en inclure d’autres dans la liste car franchement, à par Hook et Amistad, il y a pas grand chose à jeter chez Spielberg.
Ha ouais t’es vraiment fan en fait ^^
je plaide coupable votre honneur.
Au moins on saura chez qui trouver une chronique du Tintin de Spielberg
Très bon article auquel je n’aurai pas pu dire mieux !
Si ce n’est que je regrette toujours que Terry Gilliam ait refusé l’adaptation … on n’aurait alors pas pu critiquer les films
[...] et que j’espère reproduire les mois prochains. A l’écran, les chroniques du dernier Harry Potter et des Fils de l’Homme ont eu le plus de succès. Mais FG_Cthulhu me fit aussi [...]
Vu hier, en effet les seconds rôles sont plus en forme que les acteurs principaux.