Star Wars, épisode II : l’attaque des clones – George Lucas (2002)
Depuis le blocus de la planète Naboo par la Fédération du commerce, la République, gouvernée par le Chancelier Palpatine, connaît une véritable crise. Des sécessionnistes, mené par le sombre Jedi comte Dooku, manifestent de plus en plus d’hostilité envers la République. Le Sénat et la population intergalactique se montrent pour leur part inquiets face à l’émergence d’une telle menace.
De plus en plus de voix réclament la levée d’une armée. L’une des voix loyalistes encore opposée à ce projet, la sénatrice Padmé Amidala, échappe de justesse à un attentat. Le Padawan Anakin Skywalker est chargé de sa protection pendant que son maître, Obi-Wan Kenobi, part enquêter sur ces tentatives d’assassinat. Anakin est déchiré par ses sentiments envers Padmé tout en se laissant progressivement submerger par ses propres démons. Obi-Wan, de son côté, découvre qu’une armée de clones a déjà été commandée par la République, sans que le Sénat n’en soit averti…
Nous revoici embarqués dans l’univers Star Wars. Les temps s’assombrissent pour la République et le complot de Dark Sidious se révèle peu à peu. Dans ce nouvel opus, George Lucas s’attache à raconter l’émergence de deux éléments majeurs de la saga : le basculement progressif d’Anakin vers le côté obscur et les débuts de la terrible guerre qui sonnera le glas de la République.
Le contraste entre l’avenir sombre et l’insouciant présent radieux reste le maître mot de ce second volet. Autant dire que dès le départ, la mise en scène ne va pas révolutionner le genre. Une vieille astuce pour renforcer l’aspect dramatique d’un film repose sur l’utilisation de décors obscurs. Et à ce petit jeu-là, George Lucas en abuse allègrement. Il n’hésite pas à pomper l’ambiance oppressante du film Blade Runner lors de la course-poursuite d’Anakin et d’Obi-Wan à travers l’imposante cité de Coruscant. On encore à nous servir un monde-océan en pleine tempête lors de la découverte de l’armée de clones. A l’inverse, les scènes de romance entre Anakin et Padme laissent couler le temps présent dans des paysages bucoliques. L’aventure passionnée des deux jeunes gens s’écoule dans un décors enchanteur de montagne italo-autrichienne, à mi-chemin entre Heidi et Sissi impératrice. La fameuse villa ayant servi de décors au film surplombe d’ailleurs le lac de Côme (Italie), site au combien enchanteur. La crédibilité de ce grand amour adolescent en pâtit certainement. Aux cartes-postales dignes des plus grands clichés romanesques s’ajoutent des dialogues à l’eau de rose difficilement supportables. Certains apprécient ces doux sentiments et ce chaste amour . Mais Star Wars ne se distinguant pas par la profondeur de ses personnages, orienter cet opus vers le mélodrame romantique ne peut que friser le ridicule (pour ne pas dire l’harlequinade).
La pilule passerait certainement mieux si les ingrédients-clés de Star Wars nous étaient à nouveau servis dans leur écrin d’effets spéciaux. Malheureusement, L’attaque des clones est peut-être l’épisode exploitant le moins bien les éléments phares de la licence. Le côté mystique des chevaliers Jedi, cantonnés à leur rôle de mousquetaires du futur, est réduit à de rares répliques peu enrichissantes. Les aller-retour permanents entre planètes nous rappellent que d’un studio à l’autre, il n’y a qu’un pas. Le scénario tente également de renouer avec plus de réalisme scientifique, lors de la recherche d’un système caché par incohérence gravitationnel. Belle tentative, qui vient à point nommé juste avant de se prendre méchamment les pieds dans le tapis, lors de la mémorable scène des bombes soniques en plein vide spatial.
La seule véritable réussite de ce second volet reste tout de même cette fameuse armée de clones. Les storm troopers sont toujours restés assez énigmatiques dans la trilogie précédente. Pions sacrifiables sur lesquels tape la rébellion, ils n’inspirent pas beaucoup de sympathie au spectateur. Pourtant, George Lucas va leur donner une origine particulièrement réussie. Le clin d’œil vaut le détours. Les clones sont issus du patrimoine génétique modifié de Boba Feet Senior, le chasseur de primes. En échange de son génome, il a demandé un clone non-modifié, Junior, qu’il élève comme son propre fils. C’est ce jeune garçon qui deviendra le célèbre Boba Feet de la trilogie originelle ! Le concept des clones représente un très bon coup de poker. Deux ans avant la sortie du film, l’annonce du décryptage du génome humain a fait grand bruit dans les médias, et l’Europe connaît un intense débat autour des organismes génétiquement modifiés. Ces clones à la croissance accélérée qui montent au front apparaissent comme un mal nécessaire au yeux des chevaliers Jedi. Ils constituent un puissant auxiliaire dans la lutte contre les systèmes séditieux et leurs drones de combat, mais aucun Jedi ne peut rester songeur face à ce recours éthiquement peu recommandable. L’attaque des clones a ainsi servi de base illustrative au débat sur la génétique en France comme à l’étranger, et le si lointain univers de Star Wars ne nous a jamais semblé aussi présent.
Si l’attaque des clones ne brille pas vraiment dans la saga Star Wars, cet opus possède néanmoins quelques scènes distrayantes et une bataille finale haute en couleurs comme on les aime. Mais quel film poussif, aux mélodrames amoureux pathétiques ! Après les pitreries de Jar Jar, il faut donc supporter les états d’âme de nos deux jeunes tourtereaux. Le dénouement est proche, heureusement.
Ma note : 10/20




[...] This post was mentioned on Twitter by Traqueur Stellaire, culture_fr. culture_fr said: Star Wars épisode 2, l’attaque des clones – George Lucas (2002) (Traqueur Stellaire): Depuis le blocus de la pla… http://bit.ly/eyLrkE [...]
Ne dirait-on plutôt pas « ô combien enchanteur » ?
Analyse complète, mais j’irai un peu plus loin dans le jugement : ce film est, à mon sens, une des plus grosses merdes cinématographiques qu’il m’a été donné de voir.
En toute simplicité
Faut pas déconner quand même. On regarde pas Star Wars pour sa pertinence scientifique. Les gens n’en ont cure. On regarde Star Wars parce que ca poutre. Des combats spatiaux, des duels au sabre laser…
J’ai du mal à comprendre comment tu peux moins apprécier cet opus que le précédent. Je suis d’accord avec toi, la romance Anakin/Padmé est un concentré de clichés ridicules. Mais bon, ca ne dure qu’une demi heure alors que Jar Jar il est présent pendant tout l’épisode I. Pour moi il y a pas photo. Et puis, comme tu le dis, on voit la naissance des Storm Troopers et de Boba Feet. J’aime beaucoup le personnage de Mace Windu. La bataille finale poutre méchamment. Les plans de Darth Sidious se mettent en place…. Il y a un début de commencement de souffle épique dans ce film qui manquait cruellement à la menace fantoche.
Reste le gros problème Hayden Christensen. Bien plus que la romance à 2 balles, c’est lui le véritable problème de ce film et du suivant. La plus grosse erreur de casting de l’histoire du cinéma.
C’est vrai que la romance entre Anakin et Padmé est juste insupportable (Lucas aurait dû confier l’écriture des dialogues à quelqu’un dont c’est le métier!). J’ai d’ailleurs fait l’expérience récemment de regarder le film en zappant toutes ces scènes…le film passe beaucoup mieux même si du coup il devient très court!
En ce qui concerne les bombes soniques dans le vide spatial ça m’a moi aussi un peu choqué même si c’est vrai qu’on matte pas SW pour sa véracité scientifique.
Reste que c’est l’épisode que j’aime le moins de la nouvelle trilogie.
je l’ai aimé seulement à partir de Géonosis, le reste ne que gigotements dramatico-amoureux nécessaires pour amener l’aspect tragique de l’épisode 3.
mais il faut avouer que la bataille de l’arène de Géonosis avec tout l’activation de tout les sabres laser (des jedis qui vont se faire poutrer) autour de l’arène et la bataille finale Doku VS Anakin et Obi-Wan, puis Doku VS Yoda, c’est quand même des moments comme ça qui font qu’on aime Star Wars.
et entre les épisodes 2 et 3, il faut impérativement mater excellente série animé Clone Wars. elle donne pas mal de détails dans les relations qui peuvent exister entre clones et jedis et même entre les clones eux-mêmes.
Clone Wars c’est sympa mais le problème c’est que c’est en totale contradiction avec l’univers étendu (lire les romans Republic Commando)
@ Pitivier : on est d’accord là-dessus, comme je l’écrivais dans ma chronique précédente on ne regarde pas star wars pour sa qualité scientifique. Mais vouloir mettre un peu de science dans cet opus est justement idiot et loin de l’esprit de la série. C’est un faux pas de George Lucas, encore plus incohérent qu’il n’hésite pas à faire péter des bombes soniques dans le vide !
@ FG : généralement lorsque je veux revoir ce film je le lance directement à l’arrivée des Jedi dans l’arène
@ Muad Dib : c’est bien vrai, Clone Wars fait un peu bande à part, je ne suis pas trop porté sur le style du dessin mais les histoires sont sympas.
Mouais, enfin, la cohérence de l’univers Star Wars entre les films, les DA, les jeux et les romans…. ct’un joyeux bordel et ca date pas d’hier. J’ai toujours considéré que les livres et les jeux c’était à part des films. Les Clone Wars, ceux de 2003, sont bien sur à voir avant d’attaquer l’épisode 3 puisqu’ils expliquent le pourquoi du comment de l’enlèvement de Palpatine.
ça revient au débat sur « l’Univers Etendu est-il canon? » Et de ce point de vue là il faut bien admettre que tous les avis se valent. Pour ma part je trouve qu’il y a quand même une certaine cohérence (en tout cas pas moins que dans les comics marvel ou DC) entre les différents livres, jeux, comics, films…sauf lorsqu’elle disparaît quand Lucas s’en mêle…et pas toujours avec brio!
il y a un super site qui traite de la question:
http://www.starwars-universe.com/dossier-95-l-univers-etendu-pour-les-nuls.html
Natalie Portman n’est pas au top non plus, ça chute dans le désert lors de la bataille finale est un monument de non jeu…
Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont les seconds rôles : Christopher Lee est classe, Samuel L Jackson a un petit peu de plus de place que dans le précédent.
Par contre la trame du scénario est extrêmement lâche, faut pas trop tirer dessus sinon elle casse.
On est loin des épisodes IV et V sur lesquels je n’ai à dire (sauf la fin de Creedo remanier dans le IV par Lucas).
Le seul qui ne se soit pas ramassé sur les épisodes I, II et III est John Williams AMHA.
C’est un coup de Raël!