Histoire du futur I, L’homme qui vendit la Lune – Robert Heinlein
En 2005, la collection Folio SF publiait un magnifique coffret, contenant les quatre recueils de la saga Histoire du Futur de R.A. Heinlein. Cette œuvre majeure et incontournable de ce grand auteur américain était pour l’occasion révisée par Paul-Pierre Durastanti dans sa traduction originale (de Pierre Billon et Jean-Claude Dumoulin). Ajoutez à cela un magnifique habillage graphique de Sparth et vous obtenez un coffret cadeau idéal pour les fêtes.
L’Histoire du Futur reste donc un élément fondamental de l’œuvre d’Heinlein. Constituée d’un réseau de nouvelles écrites principalement entre 1940 et 1951, elle marque une anticipation chronologique et descriptive de l’évolution technologique et sociale de l’humanité, le long d’une ligne temporelle fictive allant de 1950 à 2600. Cette grande saga, encouragée par Campbell lors de la publication des premiers textes dans Astounding Science Fiction, s’acheva en 1967 par une édition définitive. Elle fut accompagnée dans certaines éditions d’un schéma explicatif et chronologique. Cette illustration assez critiquée par Heinlein lui-même n’apparaît pas dans l’édition française de Folio SF. Elle est cependant disponible dans le Livre d’Or de Robert Heinlein.
Le recueil s’ouvre sur « Ligne de vie », une nouvelle assez surprenante dans laquelle un savant parvient à inventer une machine capable de prédire la date de décès d’un individu. Malgré son caractère fantastique, la nouvelle reste encrée dans l’anticipation technologique. Heinlein s’attarde avant tout sur le rejet de tout progrès révolutionnaire, décrivant avec attention les vives réactions académiques, économiques, juridiques et sociales à l’encontre du génial Dr. Pinero. Le conservatisme réactionnaire guette le progrès dans chaque strate de la société. Et pourtant, le progrès doit avancer, même s’il dérange. Et qu’importe le prix à payer pour le progressiste Dr. Pinero. Le seul garde-fou proposé reste la démarche scientifique de cet excentrique Dr. Pinero. S’il refuse de livrer les plans de sa machine, il s’évertue à en prouver la fiabilité. Sa démonstration reste le seul argument à même de le préserver du charlatanisme dans lequel ses détracteur veulent le cantonner. Le progrès se doit donc d’être validé, et le scepticisme reste un trait d’esprit attribué à l’homme progressiste. Le conservateur se conforte quant à lui dans son aveuglement. Une nouvelle toute en nuance, dont le thème principal reste donc un préambule au progrès technique que nous allons voir se dérouler tout au long de cette saga.
Ce progrès technique, nous le retrouvons galopant dans « Les routes doivent rouler ». Les transports ont été révolutionnés par deux inventions majeures : la maîtrise de l’énergie solaire et la création d’immenses tapis roulants autoroutiers. Les mégalopoles sont désormais reliées par ces tapis routiers à vitesses multiples. Au-dessus, voyageurs, balieusards et marchandises s’y croisent autour de commerces routiers. En-dessous, c’est l’univers assourdissant des machines, des rouages gigantesques et des techniciens de la route. Quoi qu’il arrive, la route doit rouler. C’est la Bête humaine. Le technicien reste subordonné à ce monde aliénant et méprisé par l’ingénieur. Les classes sociales, profondément marquées, entraînent une inévitable lutte des classe et une révolte technicienne. Révolte ou manipulation ? A la tête des techniciens insurgés, l’ingénieur Van Kleeck. Un personnage charismatique dont les motivations restent somme toutes très personnelles reflètent le caractère psychologique de la lutte des classes. Impossible de ne pas voir dans « Les routes doivent rouler » une transposition imaginaire de l’aventure américaine du rail et des luttes sociales qui ponctuèrent son avancée. Le syndicalisme des techniciens de la route rappelle aussi les grèves des années 30. La lutte des classes se joue au niveau de l’individu, de son ressenti vis-à-vis de la classe voisine, classée hiérarchiquement à la verticale, et du complexe psychologique qui en résulte. Le prolétariat « cols bleus » incarné par les techniciens se sent rejetée, méprisée par les élististes ingénieurs « cols blancs ». La confrontation semble inévitable au fur et à mesure que le malaise gagne en puissance.
Pourtant, le rôle de l’ingénieur reste très marqué dans cette nouvelle. La classe des « cols blancs » réagit en interne à cette crise, et intervient elle-même, par la force, sans demander l’aide des autorités. La tension mène donc à un affrontement social restreint. Les « cols blancs » triomphent seuls. Et qu’importent les problèmes soulevés par la crise. Les routes doivent rouler, coûte que coûte. Quelle position prend Heinlein vis-à-vis du syndicalisme dans cette nouvelle ? L’auteur, ancien homme politique du parti de gauche EPIC, reste assez superficiel dans son écriture. « Les routes doivent rouler » est avant tout une nouvelle commerciale, écrite pour Astounding Science-Fiction et selon des critères d’admissibilité suggérés par Campbell. Il n’est donc pas certain qu’Heinlein ait souhaité développer cette nouvelle au-delà de son cadre pulp. Heinlein se limite donc à transposer dans son Histoire du Futur les luttes sociales liées au progrès technologique du monde moderne et cherche ainsi à souligner leur inévitable apparition.
Si la technologie entraîne des tensions sociales, elle peut également brutalement nous exploser à la figure. Dans « Il arrive que ça saute », Heinlein anticipe les craintes liées à la manipulation de l’énergie atomique. La nouvelle, écrite en 1940, reste cependant antérieure au Projet Manhattan et à la bombe atomique. Heinlein imagine le fonctionnement et les contraintes liées à l’exploitation d’une pile atomique dans le domaine de l’énergie civil. Il retranscrit ces inquiétudes dans une nouvelle à la tension psychologique forte, une sorte de huis-clos dans lequel les personnages vivent à chaque instant dans la crainte de l’emballement de la pile atomique, et de la déflagration nucléaire majeure qui en résulterait. Si l’ingénieur a été décrit comme une classe supérieure élitiste dans « Les routes doivent rouler », il devient à la fois bourreau et victime dans « Il arrive que ça saute ». Les ingénieurs atomistes qui se relayent aux manettes de la pile atomique de Los Angeles-Oklahoma sont soumis à une telle tension nerveuse que la schizophrénie et la dépression mentale les guettent à chaque instant. Ils sont donc supervisés dans leurs tâches par des psychologues, à la fois guides et gardiens, mais qui finissent par développer eux aussi des attitudes paranoïaques. Dans ce scénario pré-apocalyptique, les chances de salut sont bien maigres : trouver une nouvelle utilisation de l’énergie atomique, plus sûre, ou bien renoncer définitivement à l’atome. Face à ce dilemme insolvable, l’espoir va naître d’un projet fou : utiliser la pile atomique dans l’espace, où son éventuelle explosion ne menacera pas la Terre, et exploiter ses sous-produits nucléaires comme source d’énergie stable sur Terre. Mais avant qu’un tel projet n’aboutisse, qui gagnera cette course ? L’ingénieur, la folie ou bien l’holocauste nucléaire ? Un angoissant scénario, prophétisant à sa manière (et dans des proportions bien plus catastrophiques, je vous rassure un tant soit peu !) les risques sécuritaires de l’exploitation du nucléaire civil.
« L’homme qui vendit la Lune » reste le texte central de ce premier tome. Cette nouvelle, publiée en 1950 dans un recueil éponyme, marque à la fois le début de l’épopée spatiale d’Heinlein tout en intronisant le cycle de D.D. Harriman, l’infatigable entrepreneur que nous recroiserons dans la nouvelle « Requiem » et dans les romans Time Enough for Love et Au-delà du Crépuscule. Dans « L’homme qui vendit la Lune », Harriman rêve de fouler le sol de notre satellite naturel, et d’y fonder la première cité humaine. Mais l’entreprise intéresse peu ses contemporains. Les fusées se limitent à des vols inter-continentaux et l’état a enterré ses prétentions spatiales. Il ne reste donc plus que l’initiative privée pour réaliser ce rêve. Mais comment obtenir les capitaux nécessaires ? En rendant la Lune rentable, pardi ! Montant une spectaculaire opération marketing et financière, Harriman offre à chacun la possibilité de spéculer et d’investir sur des parts du gâteau lunaire. De l’immobilier aux droits publicitaires, tout y passe. La stratégie adoptée pourrait évoquer un plaidoyer pour l’ultra-libéralisme sauvage. La Lune devient aux yeux des financiers une marchandise comme une autre. Pourtant, le message d’Heinlein ne se situe pas dans un tel militantisme. Il faut revenir aux mythes pionniers du grand Ouest, aux entreprises privées ayant bâti les Etats-Unis, enrobés d’une vision libertarienne et visionnaire. Les pères fondateurs s’appuient sur le progrès pour libérer leur soif de nouveaux horizons. La transposition spatiale de la fondation des Etats-Unis prend son envol dans cette nouvelle, au rythme d’une écriture rapide et haletant, à la manière des récits de pulps. Et si cette nouvelle fut contredite par le développement de la NASA, les reports successifs des missions habitées américaines dans l’espace et le développement d’un secteur spatial privé encouragé par Obama lui redonnent un nouvel intérêt.
Dernier volet de ce premier recueil, « Dalila et l’homme de l’espace » nous conduit dans le chantier de la première station spatiale en orbite basse autour de la Terre. L’homme a jusqu’à présent été le pionnier de cette conquête spatiale heinleinienne. Il est temps que la femme revendique à son tour sa part de gloire spatiale. Dans ce vibrant plaidoyer pour l’égalité entre les sexes, Heinlein impose son personnage féminin à un équipage dubitatif, voire particulièrement hostile et misogyne à son égard. Raillant les préjugés masculins, Heinlein nous décrit son personnage féminin comme une ingénieure brillante, émancipée et audacieuse. Elle ne manque pas de franc parler pour rabattre le clapet de ses collègues machistes. Une nouvelle militante et féministe publiée après-guerre (1949) dans un contexte social bien différent de notre époque.
Ce premier tome nous a mené de la Terre à son orbite basse. Il est temps de continuer cette ascension avec le second tome de cette saga !
Notice bibliographique du premier tome :
Heinlein, R.A. Histoire du futur, I. L’homme qui vendit la Lune. Recueil. Gallimard/Folio SF, 2005. ISBN: 2070317528.
- « Life-line ». In : Astounding Science-Fiction, août 1939.
- « The Roads Must Roll ». In : Astounding Science-Fiction, juin 1940.
- « Blowups Happen ». In : Astounding Science-Fiction, septembre 1940.
- « The Man who Sold the Moon ». In : The Man Who Sold the Moon (recueil), 1950.
- « Delilah and the Space-Rigger ». In: Blue Book Magazine, 1949.
Bibliographie consultée :
- Bellagamba, U.; Picholle, E. Solutions non satisfaisantes : une anatomie de Robert A. Heinlein. Editions Les Moutons Electriques, 2007. ISBN : 9782915793376.
- Peyre, J.-L. (2010). Robert Heinlein raconte : l’histoire du future. Bifrost 57, p. 142, 145.




Je trouve que tu devrais arrêter de justifier politiquement Heinlein.
En tant qu’auteur il a écrit des choses intéressantes. Si certains lecteurs ne savent pas faire la part des choses entre l’homme et l’écrivain, ou pire, si pour certains lecteurs les auteurs doivent être de gauche pour être lisibles, laisse-les dans leur certitude confite et fais-toi plaisir en lisant du Heinlein si c’est ton truc.
J’ai déjà du mal à ne pas aller incendier le Cafard pour ce dossier grotesque sur Lovecraft etait-il raciste ?
Question : Lovecraft était-il raciste ?
Réponse : Oui. Et alors ?
A ce propos, je vais devoir me désengager du challenge élisabéthain car Shakespeare a créé le personnage du marchand juif Shylock, du challenge Baudelaire (whatever that may be) car il a écrit « Une nuit que j’étais près d’une affreuse juive », du challenge Dickens car il a créé le personnage de Fagin l’exploiteur juif, de tous les challenges dans lesquels une buse risque de déceler une atteinte au politiquement correct.
Reste la challenge Oui-Oui, mais je me demande si les deux lutins qui jouent sans cesse des tours pendables ne sont pas une allusion discrète et fine à l’autre ou à l’étranger comme porteur d’altérité effrayante.
Trop de tafs, je reviendrai en soirée ici et chez Gromovar.
Bonne journée.
Hello
Je n’ai pas eu l’idée de me faire l’avocat d’Heinlein en écrivant ce billet, mais plutôt de décortiquer ces nouvelles du mieux que je pouvais. Il est certain que ce premier volet d’Histoires du Futur fait la part belle aux cols blancs et à la conquête libérale de l’espace. Mais j’ai voulu creuser au mieux cette lecture en cherchant à tirer une analyse de tout ceci, et je m’excuse si le ton de mon texte sonne à la longue comme un long plaidoyer d’avocat !
Je pense que Heinlein voulait surtout marquer le fait que la technologie transformerait forcément la société et n’abolirait pas les tensions sociales et luttes des classes. Dans une sorte de mythe glorifiant l’ingénieur, Heinlein lui donne la part belle et lui allie la spéculation économique comme source d’énergie.
Mais comme je l’écris en fin de chronique de « L’homme qui vendit la Lune », Heinlein s’est tout de même trompé. C’est le secteur public qui a remporté en premier la Lune, avec la NASA. Or ce secteur public était motivé par le contexte politique. A l’ère Obama, où la volonté politique n’est plus la même, le secteur public est délaissé au profit du secteur aérospatial privé. Et le moteur du privé reste l’économie, donc le libéralisme. La nouvelle d’Heinlein redevient donc d’actualité, en quelque sorte : exploitation de l’hélium-3 lunaire, projets de tourisme spatial, les cartons sont remplis de projets d’initiative privée pour une future LuneTM.
Bien entendu mon billet n’est pas un plaidoyer au politiquement correct ni une justification du système ultra-libéral, il ne s’intéresse qu’aux textes d’Heinlein. Mais j’en tire la conclusion que dans son travail d’anticipation, l’auteur a fait avec les moyens techniques, sociologiques et économiques de son époque et de son pays. Il a écrit une conquête spatiale dans la pure vision de pionnier américain, sans autre prétention m’est avis.
Le mythe du cowboy et du financier américain défrichant le grand ouest, ce n’est pas trop la vision européenne de l’exploration spatiale. Et ce qui sonne comme libertarien chez Heinlein fait plutôt libéral chez nous.
Mais puisqu’il faut conclure, je m’accuserai aussi comme tu le fais dans ton commentaire, Gromovar, de trop verser dans la défense d’Heinlein, tout comme je pourrais le faire avec la xénophobie lovecraftienne. Peut-être parce que les étiquettes sont vite posées, et que j’ai tendance à craindre des jugements trop rapides, surtout pour un auteur aussi complexe que Heinlein. J’essaierai de moins le faire par la suite, mais l’écriture est traitresse. On finit souvent par faire apparaître ses craintes entre ses propres lignes, hein ?
Guillaume, lorsque tu écris que Heinlein ne défend pas pour autant l’ ultra-libéralisme sauvage dans sa nouvelle, pourrais-tu nous en donner un exemple ?
Avec plaisir
Quelques exemples, en effet, ça manque :
- Le personnage principal n’est pas identique aux autres financiers de cette nouvelle. Harriman a un rêve, il souhaite vivre sur la Lune. Les autres entrepreneurs sont caricaturés comme des hommes fumant le cigare et ne s’intéressant qu’à l’argent.
- Pour obtenir des fonds supplémentaires d’un riche fabriquant de soda, il va le voir en lui racontant que son concurrent souhaite acheter les droits d’utiliser la Lune comme panneau publicitaire géant. Harriman lui propose de racheter ces droits pour entraver ce projet. En retour, la marque de soda fera sur Terre une large publicité ventant cette action « désintéressée » et « éthique » de sauvegarder la Lune. En vérité ce passage est écrit avec beaucoup de cynisme et d’humour, une manière de se moquer du fait que tout peut être acheté ?
- Le but d’Harriman est d’utiliser le secteur privé et l’entreprise pour créer rapidement un état lunaire. Il a créé une société miroir inféodée à l’ONU dans ce sens, qui détient les parts du gâteau lunaire. Il vise faire gagner de l’argent à sa société en gérant les transports lunaires, et non comme bailleur privé de la Lune. Il y a plus un sentiment de pionnier là-dedans.
Pour l’Homme qui vendit la Lune, je trouve aussi que tu t’es peut être un peu trop éloigné du texte en voulant défendre Heinlein. Cela dit ce n’est pas inintéressant non plus…
Bon
Mais dans les prochains billets, j’aurai l’occasion de discuter d’un nouveau personnage fort, et de sa dualité avec Harriman. Je reviendrai tout de même parler d’Heinlein en lui-même, je reviendrai
Je n’ai pas lu le livre (vous savez que ça ne m’empêche jamais de l’ouvrir, c’est un sale défaut que j’ai), mais raconté comme tu le fais, je trouve que c’est une idée marrante. C’est la seule réaction qui me vient, et je suis sûr qu’il m’amuserait s’il est cohérent et bien écrit.
Et là nous touchons la limite que j’impose à mes analyses. Si c’est cohérent et bien écrit, ça peut être ultra-libéral je m’en fous. L’ultra-libéralisme d’un politique m’intéresse, celui, réel ou supposé d’un auteur, non.
Je ne critique pas du tout ta volonté, même inconsciente, de présenter Heinlein sous un jour qui te parait réaliste, de faire savoir qu’il vaut plus que ce qu’on pourrait imaginer. Mais j’ai répondu à ton commentaire sur mon blog que si quelqu’un imagine des imbécillités sur Heinlein, et bien soit… Qu’il se les garde.
J’ai conscience qu’ici c’est mon pathos qui s’exprime, mon gout de l’art pour l’art. Et qu’en bon wéberien, je m’interdis absolument de mêler jugement de fait et jugement de valeur.
Je l’avais très bien compris ainsi, mon cher Gromovar
Bon, des fois, la défense de l’auteur peut être nécessaire. Comme j’ai pu le faire pour Starship Troopers. Cela permet aussi de décrypter une bonne fois pour toutes « l’affaire ». Maintenant je renvoie directement les gens à ma bafouille sans trop blablater. C’est bien pratique.
Et puis faut bien dire que défendre Heinlein, c’est quand même mon truc !
En fait c’est bizarre, je pensais que la nouvelle « Il arrive que ça saute » apporterait plus de commentaires, mais ça va peut-être venir !
Oui.
J’ai lu ce livre dans son édition Presse Pocket (qu’il faudra bien que je troque un jour contre celle-ci, d’ailleurs…) et si cette lecture date d’une bonne douzaine d’années au bas mot, « L’Homme qui vendit la Lune » m’a néanmoins laissé un souvenir inoubliable : c’est aussi à ça que je reconnais de la bonne littérature et en fin de compte c’est tout ce qui importe.
Et puis, de toutes façons, le moins qu’on puisse dire est qu’Heinlein était un personnage complexe, peut-être même jusqu’à la contradiction : autant ma première lecture de Starship Troopers m’avait presque révulsé, autant celle de « Révolte sur la Lune » peu de temps après m’avait montré une facette de cet auteur qui n’avait rien à voir ; le contraste (c’est un euphémisme…) avec « L’Homme qui vendit la Lune » atteint d’ailleurs une intensité comparable ; et puis on se retrouve à lire des petites perles sans prétention comme « Une Porte sur l’été » ou bien des ouvrages tout à fait subversifs comme « En Terre étrangère » et, là, on se trouve tout à fait d’accord avec Gromovar : en fin de compte, rien ne sert d’étiqueter les auteurs…
J’ai répondu sur l’article de Gromovar, mais finalement, après avoir lu ton billet (ben tiens, voilà-t-il pas que je fais dans le désordre…), je m’aperçois que tu replaces Heinlein dans le cadre de ton analyse, ce que je ne trouve pas choquant, ni même « militant ».
Bon, maintenant que j’ai balancé ma seconde fadaise de la journée, la première étant sur le blog de Gromovar, j’avoue que ton billet m’a vraiment donné envie de découvrir Heinlein. Depuis le temps que je t’entends en parler, cet article a achevé de m’allécher au sujet de l’auteur. Ca tombe bien, ma PAL commençait à se dégarnir de SFFF
Gromovar rebondissait surtout sur mon billet, ce n’était pas une accusation de sa part mais une réaction qui lui venait à l’esprit. Le bougre a su ainsi s’attirer plus de commentaires que sur ce billet, si c’est pas malheureux
Oui en effet, Gromovar est d’une fourberie redoutable. Les stats de mon blogs réclament elles aussi un peu d’affluence, et je vais de ce pas imiter lâchement ce maître fourbe en réagissant sur son article !
[...] This post was mentioned on Twitter by citriq, Traqueur Stellaire. Traqueur Stellaire said: Histoire du futur I, L’homme qui vendit la Lune – Robert Heinlein: En 2005, la collection Folio SF publiait un m… http://bit.ly/gKgvNu [...]
Tiens personne ne répond à mon judicieux commentaire plus haut?
Certes.
Sinon le second tome me confirme l’impression que j’ai eu d’Harriman.
« Bellagamba, U.; Picholle, E. Solutions non satisfaisantes : une anatomie de Robert A. Heinlein. Editions Les Moutons Electriques, 2007. ISBN : 9782915793376. »
Il faut que je chronique ce livre.
Je plussoie. On pourrait le chroniquer en même temps si ça te dit (même jour avec échange de liens) ?
Décemment, on ne peut chroniquer que les versions Hard Cover numérotées
Oh, ça se trouve, ça. Rappelle-moi ton adresse et le numéro du digicode déjà ?
j’ai presque finit ma lecture, il me reste la dernière nouvelle. J’ai lu ta critique avec intérêt mais ton langage est un peu trop soutenu pour moi, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris ce que tu voulais dire « -_- Je ne sais pas bien ce qu’est le libéralisme donc je ne m’avancerais pas dans le débat, a part que j’aime bien l’image que tu donnes des premiers pionniers en Amérique, je trouve que ça va bien avec cette nouvelle.
Sinon, qu’en est il de ton avis personnel ? as tu aimé ou pas ? quelle nouvelle as tu préféré ? J’ai le sentiment que tu as plus fait l’analyse du livre que de nous parler de ce que tu en as pensé, mais après, chacun fait comme il le sens
Excellente présentation!! Merci. Je peux t’avouer que là tu m’as donné envie de le sortir de ma PàL pour une lecture très prochaine j’espère. Justement dans le cadre de ton Challenge. Cela me permettra de l’aborder autrement que dans Starship Troopers qui m’avait laissé un drôle de goût à la lecture, mais qui fait longuement réfléchir encore après. Ce qui fait que ce livre-là gagne à posteriori grâce à la réflexion. On verra dès lors avec ce recueil de nouvelles! Merci pour ta chronique encore!
ça y’es, critique postée
http://chezlaventurierdesreves.over-blog.com/article-heinlein-histoire-du-futur-tome-i-61859621.html
dois je redonner ce lien dans l’article « defi heinlein » ou c’est bon ?
@ lael : non c’est bon, c’est noté
[...] du Futur tome 1. Pour ma part, enfin, j’ai publié les chroniques de Histoire du Futur tome 1 et 2, Une Porte sur l’Été et de Marionnettes [...]