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La Machine à explorer le temps – George Pal (1960)

George (Rod Taylor), un inventeur de talent, a invité quatre de ses amis à un dîner, le 5 janvier 1900. Les spéculations vont bon train alors que l’hôte n’est toujours pas rentré. Au moment de passer à table, George surgit dans la salle à manger, ses vêtements en loques et visiblement blessé. Il révèle alors à ses amis qu’il revient d’un long voyage dans le futur !

Cinq jours auparavant, à la veille du nouvel an, George et ses amis étaient déjà réunis chez lui. Ce dernier avait voulu leur révéler sa merveilleuse découverte, mais ses amis s’étaient moqués de lui. De rage, il s’était lancé dans l’exploration du futur grâce à une machine fabriquée dans son atelier. S’amusant de l’accélération du temps vu à travers la véranda de son atelier, il effectue un premier arrêt le 13 septembre 1917. Il confond alors son ami Filby avec son fils, alors jeune officier. Repartant dans le futur, il s’arrête le 19 juin 1940 en plein bombardement de Londres. Il reprend aussitôt sa route dans le futur, et effectue une troisième halte le 18 août 1966. Alors qu’il s’émerveille des prouesses du monde moderne, une alerte retentit. Le fils de Filby, maintenant âgé, aide au rassemblement de la population dans des abris souterrains. « Les champignons vont bientôt exploser !  » l’avertit le vieux militaire. George assiste sidéré à l’explosion d’armes atomiques, et fuit juste à temps alors que les rues de Londres sont recouvertes par des torrents de lave.

Enterré sous de la roche volcanique, George doit faire défiler les siècles jusqu’à ce que l’érosion ait eu raison de sa prison minérale. Il arrête sa machine le 12 octobre 802701, après avoir vu des bâtiments se développer à nouveau devant lui. Alors qu’il tente de prendre contact avec les habitants de l’énorme bâtiment à l’effigie d’un sphinx bâti devant lui, il explore les alentours et visite les ruines d’un curieux théâtre. Il rencontre de jeunes gens caucasiens et blonds, jouant indifféremment le long d’une rivière tandis qu’une jeune femme se noie dans le cours d’eau. George la sauve, et apprend qu’elle se nomme Weena (Yvette Mimieux). Elle et les siens se nomment les Elois, et vivent en totale insouciance, sans gouvernement ni apparente empathie.

George s’apprête à quitter cette époque lorsqu’il s’aperçoit que sa machine a été dérobée ! Weena le met en garde contre les Morlocks, habitants des mondes souterrains dont la porte du Sphinx marque l’entrée. George apprend à partir des rares enregistrements sonores encore intacts que les Morlocks sont les descendants d’humains partis se réfugier dans des grottes après le cataclysme atomique. Pire encore, ils sont devenus des monstres simiesques dégénérés cannibales, élevant les Elois comme du bétail ! George n’est pas indifférent au sort de Weena et de ses semblables. Il décide de les sauver des griffes des Morlocks, tout en recherchant dans leurs cavernes sa machine à remonter le temps.

Adaptation relativement fidèle du roman de H. G. Wells (scénario de David Duncan), la Machine à explorer le temps revisite cette œuvre majeure en la parant de références sociales et culturelles des années 60. Si le roman de Wells se voulait une critique de l’ère industrielle et du darwinisme social, George Pal renvoie à la destruction du monde moderne par un épisode nucléaire majeur, signe des craintes de l’époque. Ici, les Elois ne sont plus les intellectuels de la surface devenus oisifs et stupides, et les Morlocks ne sont pas les descendants des ouvriers enfermés dans les mines pendant des siècles. Le même intérêt pour les mutations et l’évolution inspire cependant Pal et Wells. Les radiations atomiques sont donc dans ce film à l’origine de ces divergences évolutives. Elles sont façonné un nouveau monde totalement inconnu pour notre voyageur temporel.

Le style victorien – proto-steampunk ? – de la machine à remonter le temps reste très plaisant. Sur le tableau de bord, un « Manufactured by H George Wells » gravé sur plaque de cuivre fait un clin d’œil au roman. Et même si les effets spéciaux restent très limités (de la farine d’avoine colorée mime la lave emportant des voitures miniatures anglaises), le film sait captiver l’attention des spectateurs par sa gestion convaincante des paradoxes temporels. Un très bon divertissement, bien supérieur à l’adaptation de 2002.

Ma note : 15/20

 

3 commentaires sur La Machine à explorer le temps – George Pal (1960)

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