Seconde Fondation – Isaac Asimov
La Fondation ainsi qu’une large portion de l’ancien Empire Galactique sont désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d’imposer sa volonté à quiconque. La vision du psychohistorien Hari Seldon n’a pas prévu l’ascension du Mulet, et après trois siècles de déclin, un nouvel ordre militaire vient fédérer les mondes des anciennes provinces impériales. Mais le Mulet n’a pas encore totalement gagné la partie. Il a stoppé son expansion territoriale et recherche désormais ardemment la légendaire Seconde Fondation, fondée secrètement par des psychologues et spécialistes en sciences humaines. Et s’ils œuvraient secrètement sur les affaires de la galaxie, pour garantir l’accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon ? Le Mulet peut-il s’emparer de la Seconde Fondation ?
Publié en 1953, Seconde Fondation poursuit la compilation des nouvelles initialement parues dans la revue Astounding Science-Fiction. Il s’agit également du dernier tome de la trilogie originelle, puisque les deux prochains romans du Cycle de Fondation furent écrits bien plus tard, au début des années 80.
La première partie du roman, « La Quête du Mulet » (Now You See It… , paru en janvier 1948 dans Astounding Science Fiction Vol 40, No 5), reprend l’histoire peu après la victoire du Mulet sur la Fondation et les principales factions en présence dans la périphérie galactique et jusqu’à Trantor, l’ancienne capitale impériale. Le Mulet cherche à découvrir à tout prix la Seconde Fondation, qui laisse un de leurs espions, Channis, y conduire le mutant. Le Mulet croit triompher en découvrant l’identité de Channis et lorsque ce dernier lui livre la planète Rossem comme capitale de Seconde Fondation. Mais le Premier Orateur de Seconde Fondation, alors prisonnier du Mulet, a placé depuis longtemps ses pions sur l’échiquier. Il révèle alors que Channis n’était qu’un leurre, ses informations des mensonges psycho-chirurgicalement implantés, et qu’une attaque vise déjà le monde de Kalgan, le QG du Mulet. Vaincu, le dictateur mutant abaisse un instant ses défenses psychiques. Toute la puissance de la Seconde Fondation apparaît alors ; le Premier Orateur est aussi doué de pouvoirs psychiques, assez puissants pour prendre le contrôle du Mulet. Ce dernier, désormais persuadé que la Seconde Fondation n’existe pas, retourne sur Kalgan pour y vivre en paix, ayant perdu toute intention belliqueuse. Son règne s’achève avec se mort, et la Seconde Fondation triomphe.
La seconde partie du roman, « La Quête de Fondation » (…And Now You Don’t , publié entre décembre 1949 et janvier 1950), se focalise sur la puissance psychique de Seconde Fondation. La jeune Arcadia Darell s’inquiète du pouvoir redoutable de ces psychologues, et cherche à mieux percer ses mystères. Où se situe donc le siège de cette organisation agissant dans l’ombre ? Et si la Seconde Fondation n’avait jamais été envoyée aux confins de la galaxie mais était toujours restée au cœur de l’Empire décadent, prête à agir en secret pour garantir l’accomplissement des prophéties d’Hari Seldon ? Pour de plus en plus d’individus, les pouvoirs psychiques de la Seconde Fondation inquiètent. Elle devient une hydre insidieuse à leurs yeux, manipulant peut-être même Fondation dans l’ombre…
Asimov nous avait bercé avec sa fabuleuse Fondation, née comme un espoir scientifique face à la chute de l’Empire Galactique et au chaos s’annonçant. Le caractère triomphant de Fondation, sa puissance technologique et sa main-mise sur une portion de l’ancien Empire nous laissaient penser que la graine du Second Empire germerait en son sein. Et voilà que se présente le Mulet, entité dotée de capacités psychiques mutantes ! La technophile Fondation se prend une violente claque face aux pouvoirs psychologiques du Mulet. Aussi fallait-il, pour vaincre le Mulet, une force tout aussi redoutable. L’antagonisme est flagrant entre les deux Fondations. Asimov place la première dans la lumière et la technologie, et la seconde dans l’ombre et la manipulation. La Seconde Fondation, sorte de complot galactique ? La description de ses agents mentalistes m’a fait penser, dans une certaine mesure, aux agents d’état comme le KGB ou la CIA.
Il ne me reste plus qu’à continuer mon voyage dans le Cycle de Fondation avec ses deux derniers tomes, bien que postérieurs à la trilogie originelle. L’auteur reste le même, mais le souffle visionnaire demeurera-t-il ? Il me tarde de le découvrir.
Ma note : 16/20




Côté souffle visionnaire pas de soucis tu vas être servi …
Le côté éminences grises est assez sympa à ce stade du bouquin, et l’on va bientôt découvrir d’autres points de vues sur ce sujet !
Personnellement je trouve que ça s’essouffle par la suite…
@Efelle : le fait qu’on suivre moins de personnages différents peut-être ? Ou tu veux parler du côté « visionnaire » qui s’essoufflerai ?
Si seconde solution, je trouve qu’il lance pas mal de débats très intéressant sur le libre-arbitre et la structure idéal d’une société (entre autres choses pour ne pas trop spoiler).
Je n’ai pas eu le courage de lire les deux tomes écrits après. Trop peur d’être déçu. Pour moi Fondation s’arrête à Seconde Fondation, mais je crois avoir déjà écrit que « Psychohistoire en péril » de Kingsbury est un roman que j’avais énormément aimé.
J’ai trouvé que la démarche consistant à réunir ses univers en un seul tout était artificielle et maladroite.
Autant ça passe dans la Fin de l’Eternité que celle de Terre et Fondation me reste en travers de la gorge.
Arf, atchoum, teuff, teuff. Ca va mieux.
En fait c’est tout le bouquin qui ne passe pas trop.
Fondation froudroyée est juste très très moyen et de ce fait bien en deçà de la trilogie.
Merci pour vos avis les gars, hum j’avoue que j’ai tellement de trucs à lire en space op’ que je vais attendre un peu pour continuer le cycle alors…
La trilogie est une petite merveille, la suite j’en conviens est en retrait, comme souvent d’ailleurs lors d’ajouts postérieurs à une oeuvre dense et visionnaire.
Peut-être que la motivation était différente ? Pour la suite des années 80, ce sont surtout ses éditeurs et managers qui l’ont poussé à l’écrire, à l’origine.
En ce qui me concerne, il s’agit du meilleur tome du Cycle de la Fondation… Les deux derniers sont très entraînants mais c’est déjà autre chose. On tient là tout l’humanisme d’Asimov, sa ruse et son humour…
N’ayant lu que les 5 tomes Fondations dans toute l’oeuvre d’Asimov, et peut-être parce que je n’ai pas de point de comparaison avec ses autres livres, j’ai été emporté du début à la fin. Même, si en effet, dans les 2 derniers tomes je trouve l’écriture moins intéressante, plus explicative, comme si l’auteur déviait un peu de son histoire pour plus appuyer ses conceptions philosophiques.
Pour l’instant, dans le très peu que j’ai lu par ailleurs, je n’en ai pas trouvé, pour moi, qui le surclasse.
On a un peu forcé la main à Asimov pour écrire les deux derniers tomes de Fondation, et il a parfois tendance à abuser des dialogues, ce qui peut rendre le texte indigeste. Asimov a toujours des idées intéressantes et une trame forte, mais la qualité de son développement narratif peut hélas être irrégulière.
Oui, c’est vrai. La narration a parfois des lacunes.
On peut aussi rajouter à mon sens que la plupart de ses « héros » sont grands, balèses et charismatiques, bien stéréotypés.
Qu’il n’a pas poussé non plus dans la construction sociale de ses différentes planètes.
C’est plus pour la qualité structurelle des idées développées et son sens de l’anticipation que j’ai aimé.
Et pour finir (désolé d’avance) non pas en termes de narration, car ils sont les plus faibles, mais ce que ça m’a amené en réflexion pendant et par la suite, les 2 derniers sont mes préférés.