Le pont sur les étoiles – James E. Gunn & Jack Williamson
Pendant des siècles, la vitesse de la lumière a été l’ultime limite à la création d’un empire interstellaire. Jusqu’à ce que la Compagnie Eronienne d’Energie, de Transport et de Communication conçoive le Tube. A travers un corridor de cent mètres de diamètre, les vaisseaux spatiaux voyages de planète en planète en quelques heures seulement. Eron est le point de départ et le terminal de tous les tubes de la galaxie. Son empire règne d’une main de fer sur les étoiles, et malheur à qui s’opposera à sa dictature !
Horn est un mercenaire hors pair. Mandaté comme assassin sur Terre, il doit honorer un contrat sur la tête du directeur général de la Compagnie Eronienne. Durant son infiltration, il rencontre le vieux Wu et son perroquet parlant. Les deux personnages lui semblent être de pauvres bougres perdus sur les ruines de la vieille Terre. Mais Wu réapparaît sans cesse, d’abord quelques instants avant qu’Horn n’honore son contrat, puis sur Eron, où notre assassin tente avec courage de fuir ses poursuivants en se cachant dans la gueule du loup. Qui est vraiment Wu, et quelles sont ses intentions réelles ?
Le pont sur les étoiles est un petit bijou de space opéra, injustement oublié des éditeurs. Ce grand classique est né d’une rencontre et d’une collaboration entre deux ténors de l’imaginaire : James E. Gunn, alors jeune auteur, et Jack Williamson, icône de la S.F. américaine. Leur première rencontre, en 1952, lors d’une convention mondiale de S.F., allait aboutir dès 1953 à une seconde rencontre et un projet d’écriture à quatre mains. Le véritable auteur du Pont sur les Etoiles est Gunn, mais l’initiateur de sa trame est Williamson. J.E. Gunn a travaillé à partir des notes de Williamson, lui renvoyant ses épreuves pour validation. Le manuscrit, une fois achevé, fut pris en charge par leur agent commun et publié en 1957.
Le résultat donne une œuvre puissante, combinant âge d’or de la S.F. américaine et sense of wonder dans un road trip interstellaire haletant. Les ingrédients utilisés dans la construction de cette fable futuriste son si bien agencés que le texte n’a pris aucune ride en plus d’un demi-siècle. Un tour de force qui doit certainement beaucoup au style évocateur et rêveur de Gunn, qui met en avant un univers presque onirique, une fable sur la grandeur et la décadence d’une civilisation intergalactique bâtie autour du plus grand secret technologique de l’univers. Les époques se succèdent, les empires se font et se défont, mais la fable reste la même. Je suis assez étonné d’ailleurs que je scénario n’ait pas inspiré (à ma connaissance) un réalisateur hollywoodien.
Il n’y a rien à jeter dans le Pont sur les étoiles. Le texte publié par les Moutons Électriques a subi une légère révision de sa traduction (texte traduit par Colin Delavaud et revisité par Julien Bétan) et surtout présente l’avantage d’être enfin publié dans son intégralité. Une préface de Gérard Klein, et la fort instructive postface inédite de James E. Gunn en personne complètent ce très bon texte. Plus qu’un livre de S.F., le pont sur les étoiles est une pépite dont il serait dommage de se priver.
Ma note : 16/20




Intéressant, je ne fais pas assez attention à ce qui parait aux Moutons Electriques.
Merci pour le tuyau. Un bon vieux space opera, ça n’a pas de prix !! Il me fait envie, surtout que j’ai découvert récemment la qualité d’éditeur des Moutons électriques (avec le roman de Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre).
Très intéressant. Exactement le genre de Space-Opera que j’affectionne. Je n’en avais jamais entendu parlé. Merci de me le faire découvrir. Je le note
Je suis bien passé à côté pour d’obscures raisons que je ne m’explique pas vraiment. Ta chronique par contre impose de s’y plonger à l’occasion avec intérêt. C’est ce que je ferai sous peu en l’ajoutant à ma Pal. Merci pour la découverte.
Je l’ai commencé hier soir. C’est marrant mais on dirait un western
(ou alors j’avais vraiment trop bu hier soir)
@ Val : non non tu n’as pas rêvé, le début est très western
Moi cela m’avait scotché justement, ce décalage d’entrée de jeu.
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