La Dimension des miracles – Robert Sheckley
Carmody est un citoyen américain du XXème siècle, un monsieur-tout-le-monde coincé dans son banal quotidien. Jusqu’à ce que l’inimaginable se produise. Carmody est l’heureux gagnant du tiercé galactique de l’avenir. L’envoyé qui lui apparaît n’a qu’une condition à remplir : aller chercher soi-même son prix au Centre Galactique. Une simple formalité, puisque le porteur de la bonne nouvelle s’en charge instantanément. La mauvaise nouvelle, c’est que personne n’a pensé au retour, et que « la Terre » n’est pas une coordonnée OQQ (Où, Quand, Quoi) valide pour les voyages interplanétaires. Que faire ? Pour Carmody commence alors un voyage interminable avec au bout du chemin un incertain retour au bercail.
Le quatrième de couverture ne trompe pas. Il y a quelque chose de Voltaire dans la plume de Robert Sheckley. son personnage, Carmody, est une sorte de Candide plongé dans une galaxie cruelle avec pour seul bagage son innocence (et un curieux prix doté de parole et de pouvoirs). Mais contrairement au Candide, Carmody n’est pas un naïf mais plutôt un citoyen cynique. Sheckley fait évoluer son héros au travers de saynètes acerbes, écorchant la société contemporaine et au discours philosophique servi avec un humour pince-sans-rire. Un régal pour le lecteur.
Nous ne sommes pas dans un space-opéra humoristique potache (et qui tâche) à la « sauce » Douglas Adams. La trame du récit ne suit pas un absurde aléatoire. Malgré l’accumulation de scènes inattendues et de situations surréalistes, la comédie de boulevard (pour paraphraser Jean-Pierre Andrevon) ne s’égare pas dans la farce grossière. Le conte philosophique reste toujours présent derrière les dialogues savoureux de Sheckley. Rien d’étonnant à ce que la tirade finale de Carmory m’évoque le « il faut cultiver notre jardin » voltairien. Une bonne surprise, et une lecture qui vous réserve un agréable moment.
Ma note : 16/20




J’ai toujours tendance à confondre Brown et Sheckley que j’ai découvert à la même époque, au collège.
Ceci dit j’aime bien les deux mais la pression de la PAL et des derniers coup de coeur est pesante sur mon portefeuille.