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L’Etoile et le fouet – Frank Herbert

Premier roman du Cycle des Saboteurs, ce roman du non moins célèbre Frank Herbert est paru en 1969. Le grand public connaît surtout Herbert pour son Cycle de Dune, qui fut publié durant la même période d’années. Aussi lire  chez Herbert autre chose que Dune prend forcément un caractère quelque peu piquant.

Pour les connaisseurs, le Cycle commence avec deux nouvelles : A Matter of Traces (1958) et The Tactful Saboteur (1964). Dans l’Etoile et le fouet, Herbert reprend l’univers de la Co-sentience, une fédération de races intelligentes comprenant les Humains et d’autres extra-terrestres. La fédération a été profondément transformée par la découverte des Calibans voici 19 ans. Cette race extra-terrestre maîtrise les « couloirs S’œil », un moyen de téléportation immédiat de voyageurs d’une planète à l’autre. Mais cette technologie prodigieuse offerte par les Calibans à la Co-sentience l’a plongé dans une profonde dépendance : les mondes ultra-spécialisés ne pourraient désormais se passer des couloirs S’œil.

Aussi, lorsque la technologie se détraque et que les Calibans disparaissent mystérieusement, les autorités confient à Jorj X. McKie, agent extraordinaire du Bureau des Sabotages, la délicate mission de rentrer en contact avec le dernier représentant caliban. Délicate mission lorsque la créature, qui dit s’appeler « Fanny Mae », est quasiment éthérée sur notre plan dimensionnel et éprouve de sérieuses difficultés à communiquer avec les hommes !

L’Étoile et le fouet se focalise sur les problèmes de communication entre espèces extra-terrestres. Un sujet très classique de la science-fiction qu’Herbert nous sert à profusions. Les dialogues entre Jorj McKie et la calibane Fanny Mae sont si alambiqués, presque absurdes, qu’on ne peut avoir une pensée pour le traducteur – Guy Abadia – qui a dû sérieusement s’échiner sur le texte original. La situation atteint son paroxysme avec la déclaration d’amour de Fanny Mae à son protecteur McKie, un dialogue où l’humain s’interroge sur la compréhension qu’a la calibane du verbe « aimer » et qui nous renvoie à une réflexion (assez courte) sur sa définition. Herbert s’en sort assez bien, et le clin d’œil philosophique nous est servi avec humour.

La description de la Co-sentience vaut également le détour. Critique de la bureaucratie, cet état interstellaire a mis en place des rouages si complexes qu’un bureau spécial de « Sabotage » a pour mission d’enrayer la mécanique pour accélérer la machinerie technocratique ! Court roman de 219 pages, l’Étoile et le fouet ne m’a pas autant enthousiasmé que Dune, mais il faut lui reconnaître une grande originalité et une maîtrise narrative sans heurts dans ce scénario plutôt périlleux. La réédition proposée par le Livre de Poche est de plus agrémentée d’une magnifique couverture, signée Alain Brion. Il n’y a pas de petits plaisirs.

Ma note : 14/20

Lire aussi : Naufragés volontaires,

Summer Star Wars

 

3 commentaires sur L’Etoile et le fouet – Frank Herbert

  • Joli compte-rendu d’un roman assez peu connu de Frank Herbert, qui a souffert pendant des années en France d’être indisponible. A tel point que j’ai lu en premier sa suite, Dosadi, avant d’avoir accès à l’Etoile et le Fouet… Je te recommande au passage de te plonger dedans si ce n’est pas déjà prévu :) !

  • Un chouette roman, mais qui ne rejoindra jamais la hauteur de Dune, on est d’accord! Cependant il traite ici un sujet tel que la communication d’une bien belle manière je trouve, et en ça c’est une réussite. En plus la réédition profite d’une bien belle couverture, ce que je n’ai pas sur ma version d’occasion! :-(
    En passant, merci pour le lien vers mon billet!

  • Tu devrais tenter la Barrière Santagora, je crois l’avoir déjà dit mais je ne sais plus si c’est ici…

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