Fondation – Isaac Asimov
En ce début de treizième millénaire, l’Empire Galactique rayonne depuis sa planète-capitale, Trantor. Mais ce colosse aux pieds d’argile entame une lente déchéance, qui le mènera à sa destruction finale, et plongera la galaxie dans trente millénaires de chaos.
Seul l’éminent chercheur Hari Seldon a pu prédire ce cataclysme. En mathématisant les sciences humaines et sociales, ce savant a fondé la psychohistoire, sciences exacte et prédictive. L’Empire n’a plus que trois siècles à tenir selon ses propres calculs. L’inéluctable n’est plus évitable, et pour sauver le peu qui puisse encore l’être, il est impératif de regrouper tout le savoir humain à l’abri du désastre. Ainsi, la période de chaos pourrait être réduite à un seul millénaire. Ce projet salvateur, cette planche de survie de l’espèce humaine, c’est le projet Fondation, la création de la plus vaste encyclopédie jamais éditée. Le savoir, c’est l’espoir. Mais la psychohistoire fait peur aux autorités impériales, qui feront tout pour neutraliser l’agitateur Seldon et ses disciples…
Véritable monument de la science-fiction, le Cycle de Fondation s’inscrit au cœur de la mythologie d’Asimov. Récompensé par le prix Hugo 1966 de la « meilleure série de science-fiction de tous les temps » , le cycle représente un socle incontournable du space-opéra moderne, une lecture incontournable et inépuisable pour tous les amateurs du genre. Depuis un petit moment sur ma pile (encore un cadeau de l’éclairée Nessie), j’attendais sagement la période estivale pour m’embarquer dans l’aventure. Le Summer StarWars de Mr. Lhisbei n’a été qu’un prétexte supplémentaire pour m’y tenir.
Asimov était un scientifique (biochimiste) doublé d’un visionnaire enthousiaste. Avec Fondation, il voulait « rédiger un roman historique du futur » où tout son talent d’imagination et d’anticipation scientifique se manifesterait. Le Cycle s’articule tout d’abord en huit nouvelles originelles, publiées entre 1942 et 1950 dans Astounding Science Fiction. Au début des années 1950, l’éditeur Gnome Press rassemble ces nouvelles et les publie sous la forme d’une trilogie fondamentale comprenant Fondation (Foundation, 1951, quatre nouvelles plus une inédite en début de recueil), Fondation et Empire (Foundation and Empire, 1952, deux nouvelles) et Seconde Fondation (Second Foundation, 1953, deux nouvelles). Ce n’est qu’une trentaine d’années plus tard qu’Asimov y apportera les deux tomes finaux, Fondation foudroyée (Foundation’s Edge, 1982) et Terre et Fondation (Foundation and Earth, 1986). Asimov travaillera par la suite à la rédaction de préquelles permettant de relier l’univers de Fondation à ses autres cycles majeurs.
Le découpage en nouvelles rythme les trois premiers tomes. Asimov adopte dans son écriture un style proche du roman historique : il se concentre pour chaque nouvelle sur des événements-clés de la chute de l’Empire Galactique et de l’histoire de Fondation. Ses personnages jouent tous un rôle historique. Ce sont des grands hommes, dont l’empreinte va marquer irrémédiablement l’histoire galactique. Dans ces nouvelles, pas de place pour les petits. Le cadre scientifique a pris un coup de vieux. Asimov ne jure que par la fission nucléaire. Et pourtant, malgré toute la pompe de cette fresque spatio-historique un peu vieillotte, la magie opère toujours. Plus d’un demi-siècle après son écriture, on reste toujours scotché à l’intrigue. Car ces nouvelles, écrites à la lumière de sa psychohistoire, sont d’une intelligence rare. Le space-opéra évolue peut-être, mais la nature humaine reste la même. Et l’histoire se répète, sans cesses. Il est amusant de faire un parallèle entre cet empire galactique décadent et la chute de l’Empire Romain, dont Asimov s’est inspiré pour écrire son Cycle de Fondation. Avec autant de références sociologiques et historiques, la psychohistoire apparaît également comme une excellente méthode d’écriture de scénarios haletants et convaincants.
Je ne surprendrai personne en écrivant que Fondation a influencé de nombreux auteurs. A titre d’exemple, George Lucas a avoué s’en être inspiré pour La Guerre des Étoiles. L’univers de Warhammer 40,000 (qui me porte à cœur) lui doit le schéma de décadence chaotique sur plusieurs millénaires d’un empire brisé et le culte scientifico-religieux des techno-prêtres de Mars. La liste est loin d’être close, elle mériterait un article à elle toute seule. Il serait également superflu de conseiller la lecture de Fondation. Tout amateur de SF y viendra, un jour à l’autre. Alors, puisque tous les chemins du space opéra mènent à Asimov, je me précipite sur le second tome !
Ma note : 17,5/20




[...] This post was mentioned on Twitter by Nicolinux. Nicolinux said: RT @trakr_stellaire: [TS_Blog]: Fondation – Isaac Asimov http://www.traqueur-stellaire.net/2010/07/fondation-isaac-asimov/ [...]
Le cycle de Fondation est excellent. Un grand souvenir.
A noter les deux tomes de « Psychohistoire en péril » de Donald Kingsbury qui se passe après le cycle et qui le complète plutôt bien.
Lu, relu et à relire.
Ah oui, Fondation, c’est pour moi l’un des très grands space-operas qui m’ont fait découvrir le genre… Je recommande aussi « Psychohistoire en péril » qui devrait se lire plutôt en ne tenant pas compte des deux derniers romans du cycle. Noter encore l’existence de trois préquelles écrites par Gregory Benford, Greg Bear et David Brin qui valent le détour.
Une petite question : tu dis que le premier tome a été complété d’une nouvelle inédite ? Laquelle ?
J’ai bien envie de commencer ma découverte du Space-Opera par ce Fondation !
@ Anudar : il a été complété ainsi dès la première édition de 1951.
@ Ellcrys : en plus ça se lit très bien
Fondation….un de mes bouquins préféré !
Commentaire Ô combien inutile mais fallait que je le dise
Oui, ça se lit très bien. Pas trop de concepts difficiles à comprendre parce que tout est très bien expliqué au fur et à mesure de la lecture…
@Guillaume : est-ce de la nouvelle où Hari Seldon intervient dont il s’agit ? Cela voudrait-il dire que lors de la parution dans Astounding, cette nouvelle n’aurait jamais été présentée ?
@ Anudar : tout à fait, il s’agit bien de la nouvelle « Les Psychohistoriens ». Pour tout remettre dans l’ordre, Astounding a donc publié la première nouvelle historique en mai 1942 sous le titre « Foundation » et non sous son titre actuel « Les encyclopédistes », cette nouvelle étant connue comme la seconde nouvelle chronologique du premier tome de la trilogie Fondation parue chez Gnome Press.
Eh bien là, j’apprends quelque chose tiens… Merci !
Bel hommage à l’une des oeuvres incontournable d’Asimov. C’est peu de dire qu’il était inspiré lors de la rédaction de celui ci. Il mérite amplement son statut d’oeuvre culte
Haaaa, Fondation est un vrais bonheur de lecture!
PREMIERE LECTURE ET DECOUVERTE A 14 ANS ET PLUS DE 30 ANS APRES JE M Y REPLONGE REGULIEREMENT AVEC AUTANT DE PLAISIR
EST CE ADAPTABLE SUR ECRAN ?