Dune la genèse – tome 3 – Brian Herbert & Kevin Anderson
Yipee, c’est la fête ! Ayant juré de terrasser ma pile de livres achetés en 2009, je viens de triompher de l’infâme Kevin J. Anderson. Un petit pas pour le lecteur, un grand pas pour ma PAL. Une étape à marquer d’une pierre blanche, car j’en suis désormais arrivé à la pile tant attendue des grands formats dédicacés par leurs auteurs lors des Utopiales. Que du bon.
Mais j’arrête là de vous mettre l’eau à la bouche. Revenons plutôt sur ce chef-d’œuvre de science-fiction, ce monument dressé à la gloire de l’univers de Dune. Je veux parler bien entendu de Dune, la Genèse et son Tome 3, la « Bataille de Corrin » . Dune, un univers époustouflant mené de main de maître par Brian Herbert et Kevin Anderson, selon les notes de papa Frank Herbert (un p’tit gars inspiré mais qui n’eut pas la chance de rencontrer Anderson, triste histoire). Dans ce troisième tome, la Ligue des Nobles s’apprête à livre le combat final contre les Mondes Synchronisés. Mais le super-ordinateur OMNIUS n’a pas encore émis sa dernière mise à jour pour autant. Grâce au robot pensant Érasme, il prépare une frappe virale surpuissante qui risque d’anéantir l’humanité… J’arrête là, avec un tel teaser, on sent que les 756 pages de ce tome vont être plus qu’exaltantes. Notez au passage la putassière imagination des deux auteurs, qui n’hésitent pas à racoler le lecteur avec une épidémie « Le Fléau », des nanoréplicateurs, des machines pensantes, des voyages à la Star Trek et des combats spatiaux à couper le souffle dans le fracas sonore des tirs spatiaux (le son se propage toujours dans le vide à Hollywood, vous le savez bien).
Un tel scénario digne d’un générateur automatique d’intrigue ne serait pas parfait sans une écriture bâclée, rédigée selon la règle rémunératrice du kilomètre de papier soumis. Anderson excelle à cet exercice. La méthode est très simple, et typique des mauvais romans de licence. Prenez un univers vendeur. Sélectionnez un aspect peu développé de cet univers, ici le Jihad Butlérien de Dune. Dressez-en des ébauches en trois axes : origines du conflit, aléas de la guerre, victoire finale. Vous avez vos trois tomes. Diluez le tout en 600-700 pages par tome minimum en noyant les faits principaux (pas plus d’un élément important par tranche de cent pages) et servez le tout avec quelques phrases philosophico-débiles, soit-disant tirées de la sagesse des héros du roman. Vous obtenez au final une magnifique saga commerciale, véritable aimant à concepts vendeurs mais dénuée de tout intérêt. Servez chaud à grand renfort de phrases marketing avant que le soufflet ne retombe.
Pour le tome 3, Anderson s’est d’ailleurs particulièrement illustré. L’espace prend des dimensions ridicules et l’incohérence n’a de cesse de provoquer des éclats de rire. Le grand Vorian Atreides discute tranquillement depuis la limite d’un système solaire avec sa petite-fille restée sur une planète (avec 12h de décalage dans les répliques, en théorie, leur discussion devrait donc durer trois jours au bas mot). Les vaisseaux à propulsion classique parcourent allègrement l’espace interstellaire, au point de sprinter avec les vaisseaux plisseurs d’espace. Anderson s’essaye même aux biotechnologies (c’est tendance) et au fanatisme religieux (classique dans Dune). Tordant et pathétique. J’ai particulièrement savouré les Cultistes Butleriens qui détruisent toute machine électrique, de la centrale au baladeur de musique, mais qui ne touchent pas aux vaisseaux interstellaires (ben oui, c’est utile pour propager son culte). Le fanatisme raisonné, vous n’y aviez pas pensé, Anderson effectue sous vos yeux la pirouette.
Dune, la genèse me fait l’effet d’un de ces téléfilms science-fiction ou catastrophe que certaines chaînes TNT diffusent l’après-midi. Le scénario se résume en quelques phrases mais le réalisateur nous fait durer le suspense 5 heures durant, grâce à des micro-intrigues sans intérêt. Au bout de l’après-midi, le spectateur a l’impression d’avoir clairement perdu son temps, et qu’il aurait pu sortir un peu au lieu de glander devant la TV. Dune, la genèse c’est pareil. Une série bien loin de l’esprit du Cycle de Dune, fortement dispensable et commerciale à souhaits. A éviter, vous économiserez ainsi une somme rondelette. Non, ne me remerciez pas, c’est tout naturel.
Ma note : 5/20
(euh oui là après un tel sacrifice on peut dire que je suis méritant pour ce défi)



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ben si, je vais te remercier quand même
parce que, comme je l’ai dit sur un autre blog (chez Anudar), je suis un grand fan de Dune, version Papa Herbert.
parce que j’ai acheté les premiers romans d’Anderson sur les « Maisons » de Dune… et que je n’ai pas réussi à les lire.
La bataille de Corrin, dans l’idée de Dune, c’est quand même un évènement majeur… et si le traitement que lui faire subir Anderson est à la hauteur de ton billet, je crois que je vais même très vite oublier que le roman existe.
Et histoire de te renvoyer l’ascenseur, permets moi de te proposer de ne pas lire non plus sa Saga des 7 soleils… je viens de caler sur le Tome 4, qui a vaincu ma ténacité, torpillé mes dernières illusions, ruiné les maigres bonnes idées que j’avais extraites des premiers tomes.
A bientôt,
Sans compter qu’il y a de très forts soupçons que dans l’esprit de Frank Herbert (le père, donc, et l’auteur originel…) la Bataille de Corrin n’a sans doute rien eu à voir avec le Jihad Butlérien. Lequel, pour pimenter l’histoire, n’a sans doute pas été un conflit opposant des êtres humains à des machines pensantes mais plutôt des civilisations antagonistes, divisées sur la question de l’emploi de machines pensantes.
Excellent billet, bravo, et une note tout à fait juste pour ce bouquin, lequel n’est rien d’autre qu’un torchon valant à peine le papier sur lequel on l’a imprimé.
@ Corwin : merci pour tes conseils en retour, j’éviterai donc ^^ Les trois tomes de cette genèse de Dune ont rejoint la pile des « livres à revendre » et vont bientôt atterrir en librairie d’occasion. Parce que je ne souhaite à personne de les acheter neufs
@ Anudar : merci pour ces précisions, elles confirment le souvenir que j’en avais eu à ma lecture. Le pire reste la place accordée à la bataille de Corrine en elle-même. Dérisoirement courte. Et le papier utilisé n’est même pas recyclé, le comble.
Les précisions que j’apporte n’en sont pas de vraies. Cela dit, Frank Herbert a laissé filtrer un certain nombre d’indices que les lecteurs duniens à l’esprit « affûté » connaissent. Par exemple, lorsque Paul est testé par la Révérende-Mère Mohiam, celle-ci explique bien qu’avant le Jihad, des gens ont confié la gestion de leurs vies à des machines pensantes, et que d’autres personnes, qui contrôlaient ces machines, ont changé les premiers en esclaves. Ce qui laisse bien imaginer un contexte très différent de celui du sous-Terminator qui nous est proposé là…
Et le pire, c’est encore bien que cette histoire sans queue ni tête constitue l’un des moteurs principaux de Dune 7, censé conclure la saga !
Bonjour à Corwin, chose que je n’avais pas pensé à dire tout à l’heure, et bravo pour ta décision de laisser tomber la Saga des Sept Soleils. J’ai arrêté après m’être rendu compte que je lisais le troisième tome en diagonale.
Je me suis arrêtée au 1er tome. Le talent n’est pas héréditaire
@ Anudar : j’ai revisionné rapidement le prologue de la version TV (US) de Dune (D. Lynch), ils précisent que les peuples étaient devenus oisifs grâce aux machines pensantes et aux robots domestiques. Mais les peuples furent asservis par d’autres humains qui retournèrent à leurs fins les machines contre eux. Donc là aussi pas de sur-ordinateurs Omnius ou de Titans là-dedans.
Mouhahaha. J’allais dire que pour faire baisser utilement ta pàl sans t’enquiquiner avec cette horreur, tu aurais pu t’en servir pour faire démarrer le barbecue. Mais cela nous aurait privé de cet ébouriffant billet, c’eut été dommage. Merci Guillaume de t’être sacrifié pour notre plaisir.
Je comprends mieux maintenant (et également suite au sujet d’Anudar) pourquoi les textes de Anderson (Kevin j. pas Poul) me sont tous tombés des mains. Quel gâchis tout de même, un tel classique mis à mal ! Mais bon, comme le dit Tiger Lilly, merci de t’être sacrifié pour notre plaisir. Je ne nous le souhaite pas mais nous serons peut-être amenés à faire pareil… le plus tard possible ;O)
Oh j’avais raté ce billet! oO Tu sais donner envie
Je n’ai jamais osé lire les œuvres de fiston et ses copains et là, eh bien, ça ne va pas me motiver. Enfin, curieuse comme je suis, je vais sûrement tenter un jour mais au moins je ne pourrai pas dire que tout le monde ne m’avait pas prévenu^^
Oui vas y tentes Isil, comme ça Anudar, Guillaume et moi même ne serons plus les seuls à s’être fait avoir.
Au fait, tu as tenté de lire son « grand cycle de space-opera », la Saga des Sept Soleils ? Voilà un truc assez inutile à lire…
@ Anudar : heu non là ça me dit vraiment rien après ce « Dune la genèse »