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Le Jour d’après – Nicholas Meyer (1983)

Le Jour d’après (The Day After) est un film de science-fiction post-apocalyptique produit aux États-Unis pour la télévision en 1983 et diffusé en salle de cinéma en France (1984). Ce film imagine un conflit nucléaire mondial entre les USA et l’Union Soviétique, conduisant à un chaos total.

Le scénario met en scène l’éclatement de la RDA et l’intervention de l’armée soviétique en Allemagne de l’Est. Les États-Unis demandent avec force le retrait des troupes soviétiques, et fixent un ultimatum à Moscou. L’URSS bloque Berlin. En représailles, les forces occidentales de Berlin-Ouest envahissent la partie est de la ville. L’escalade militaire commence. Les accrochages entre russes et américains s’enchaînent alors que les blindés soviétiques foncent vers le Rhin. Les USA se préparent à un conflit mondial. Alors que les grandes villes commencent à être évacuées, les blindés russes traversent le Rhin et l’armée de l’air soviétique bombarde Bruxelles et l’Angleterre. Les forces américains répliquent en bombardant avec de petites bombes à fission le front russe. Les deux états-majors ordonnent une frappe nucléaire totale contre leurs adversaires, et les missiles inter-continentaux sillonnent la planète. En quelques heures, le feu nucléaire ravage les Etats-Unis et l’URSS. La troisième guerre mondiale vient de s’achever. Le chaos est total.

Pendant ce temps dans le Kansas…

Si Le Jour d’après décrit l’effroyable holocauste nucléaire qui ravage le monde, l’intrigue géopolitique n’apparaît qu’en second plan. Tout au long du film, la caméra suit le parcours de civils ordinaires : un médecin, un soldat en poste dans une base-silo à missiles, un groupe d’étudiants, des familles moyennes… Ces personnages vivent leur quotidien, alors que la machine militaire s’emballe. A peine avons-nous des échos du drame qui s’annonce par des bulletins télévisés, messages radios et titres de journaux, au détours d’une scène de vie ou de travail. Grâce à ce retrait du conflit naissant, Nicholas Meyer se concentre uniquement sur ces futures victimes des frappes nucléaires. Seul le spectateur se doute du désastre qui s’annonce, et il devient de plus en plus angoissant d’entendre la situation s’emballer alors que Meyer nous plonge dans l’intimité de ses personnages.

Les frappes nucléaires interviennent avec une violence crue. Rien ne nous est épargné : souffle de l’explosion, désintégration des corps, destruction de bâtiments… Contrairement à beaucoup de films catastrophiques, il n’y a aucun plaisir à regarder ces scènes atomiques, mêlées de trucages et d’images militaires d’essais nucléaires. Point d’orgue du film, l’holocauste nucléaire est présenté comme un acte criminel insoutenable.

Après le désastre, les radiations

Une citation attribuée (à tord ?) à un leader soviétique prophétise qu’après une guerre atomique, « les survivants envieront les morts  » . A défaut de vérifier clairement la paternité de cette citation, la formule pourrait résumer la dernière partie du Jours d’après. Les retombées radioactives font payer un lourd tribut aux survivants. Ceux qui ont échappé à la bombe sont irradiés. Et les premiers stigmates suite aux préjudices biologiques de ces très fortes expositions commencent à se manifester. Le chaos total livre un monde de cendres et de mort. Les survivants sont confrontés à une anarchie violente. L’armée est bien en peine pour rétablir un semblant d’ordre. Les terres sont contaminées, et les récoltes futures sont menacées. La famine guette. Les programmes radiodiffusés annoncent un cessez-le-feu entre les deux camps. La situation est également chaotique dans l’URSS et en Europe. Et pourtant, le Président des États-Unis exhorte à poursuivre le combat dès qu’il sera possible de le faire ! Einstein, qui milita après-guerre pour le désarmement atomique, avait déclaré : « Je ne sais pas quelle sera l’arme de la troisième guerre mondiale, mais je connais celle de la quatrième, la hache de pierre  » . On ne peut manquer de penser à cette citation.

Un film engagé

Le Jour d’après milite clairement pour le désarmement nucléaire. L’épilogue est d’ailleurs un plaidoyer pour que cette anticipation provoque une prise de conscience de la société. Lors de sa sortie, en 1983, le téléfilm déclancha de nombreux débats et participa à l’avancée de cette cause pacifiste. Au lendemain de la Conférence pour le désarmement nucléaire, le danger atomique n’est plus entre les USA et l’URSS mais dans les mains des terroristes ou des états sensibles (comme l’Inde, le Pakistan ou la Corée du Nord). Le film de Nicholas Meyer reste donc tristement d’actualité dans son combat pacifiste. 65 ans après Hiroshima et Nagasaki, la bombe reste suspendue au-dessus de nos têtes.

Ma note : 14/20

 

1 commentaire sur Le Jour d’après – Nicholas Meyer (1983)

  • A ne pas confondre avec Le Jour d’après (The Day After Tomorrow – 2004) de Roland Emmerich (film catastrophe climatique) et Le Jour d’après (Up from the Beach – 1965) de Robert Parrish (film de guerre) !

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