Le maître du Haut Château – Philip K. Dick
En 1947, les alliés vaincus ont capitulé face aux forces de l’Axe. L’Allemagne nazie occupe l’est des États-Unis, le Japon s’est emparé de l’ouest. Au centre, une certaine zone franche persiste, consciente des horreurs commises par les nazis de part le monde. A San Francisco, la vie continue. Dans cette Californie devenue nippone, Childan l’antiquaire est partagé entre sa haine et sa fascination de l’occupant. Plusieurs personnages croisent ce commerçant insignifiant. Plusieurs portraits de cette société californienne uchronique. Un agent secret allemand sous couverture suédoise vient rencontrer M. Tagomi, commercial japonais. Un ouvrier américain, Frank, est renvoyé de son travail et se lance comme bijoutier, espérant faire de Childan son revendeur. Son ex-femme, Juliana, s’est éprise d’un jeune italien qu’elle suit dans les Rocheuses.
Tous ces personnages gravitent autour de deux livres : l’un sert d’oracle oriental, l’autre n’est qu’une rumeur interdite par les nazis. Le Livre des transformations est le premier d’entre-eux. Cet ouvrage chinois permet d’avoir des oracles à l’aide de tirages au sort. La Sauterelle est le second ouvrage. Cette uchronie dans l’uchronie imagine que les Alliés ont gagné la guerre. Son auteur, Hawthorne Abendsen, est menacé de mort par les nazis.
L’ouvrage est une double mise en abyme. Après le choc de la première uchronie, P.K. Dick décrit une société américaine se remettant péniblement de ses blessures, et prête à gagner le choc des civilisations par une nouvelle arme: le goût de ces occupants nippons pour l’art américain. Seul le rêve uchronique de ce mystérieux Abendsen perdure. La seconde mise en abyme, combinant le Livre des Transformations et La Sauterelle, renverse les repères fictifs du cadre uchronique et laisse le lecteur songeur. Qui a vraiment gagné la guerre ? Sont-ce les forces de l’Axe, comme le montre la réalité, ou les Alliés ? Quelle est la réalité ? Qu’est-ce que la certitude face à la réalité ?
Écrit en 1962, le Maître du Haut Château reçoit le Prix Hugo en 1963. Une récompense largement justifiée pour ce texte déconcertant, qui désoriente le lecteur comme ses personnages.
Ma note : 17/20








Bonsoir ! J’ai découvert Philip K. Dick avec ce livre. Et j’ai été happé par ce vertige, particulièrement par le personnage et l’histoire de Tagomi. Une écriture peut-être pas extraordinaire – alimentaire ? Mais des idées absolument inouïes. Et puis un peu l’art de la nouvelle mis au roman.
Salut ! Ma foi je trouve que ça passe encore mais tu n’as pas tord du tout. Surtout qu’au départ, Dick ne décollait pas. Par contre, je ne pense pas que sa plume était totalement alimentaire pour ce bouquin : le style de Dick à ses débuts était, parait-il, pas des plus élégants. Alors qu’il planchait sur ce bouquin, sa seconde épouse, Anne, le poussait à écrire quelque chose qu’il ferait de lui un écrivain célèbre. Même si leur vision de l’écriture n’était pas vraiment la même, je crois. Le couple a très vite divorcé d’ailleurs.
Mon premier Philip K. Dick et un excellent souvenir.
Oui un excellent souvenir pour ce qui reste l’une des valeurs sure de l’auteur.
Il paraît même que Dick a écrit Le maître du haut château avec l’Yi King. Ce qui le rendrait carrément expérimental. Et quel dommage que le Hugo ne lui ait pas apporté la reconnaissance à ce moment-là.
C’était encore trop tôt pour lui malheureusement, les mentalités n’étaient pas encore prêtes.
il est dans ma PAL celui-là comme beaucoup d’autres
J’aime bien Dick mais là j’ai un peu peur de celui là
Bonjour.
Je me permets de vous donner l’url exacte de l’article que vous avez la gentillesse de mentionner sur ce roman superbe de Dick.
Cordialement.