Le mythe de Cthulhu (et autres nouvelles) – H.P. Lovecraft
« La ferme tout entière baignait dans cette couleur mêlée, inconnue et hideuse ; les arbres, les bâtiments, et même la verdure et l’herbage qui n’avaient pas complètement tourné à la fatale désintégration dans la grisaille. Les branches se tendaient toutes vers le ciel, coiffées de langues d’un feu immonde, et des ruissellements chatoyants de ce même feu monstrueux se glissaient autour des poutres de faîtage de la maison, de la grange, des appentis. C’était une scène inspirée d’une vision de Füssli, et sur tout le reste régnait cette débauche de lumineuse inconsistance, cet arc-en-ciel hors du monde et hors mesure de secret poison, qui naissait du puits – bouillonnant, palpant, enveloppant, s’étendant, scintillant, étreignant, et faisant malignement des bulles dans son cosmique et identifiable chromatisme. »
H.P. Lovecraft, La Couleur tombée du Ciel.
Deux recueils fort intéressants existent afin de découvrir, sans pour autant investir dans un omnibus, le mythe lovecraftien. Le premier recueil, publié chez J’ai Lu sous le titre « Le Mythe de Cthulhu », comprend L’Appel de Cthulhu, Celui qui chuchotait dans les ténèbres et La Couleur tombée du Ciel. Il s’agit d’une très bonne combinaison de nouvelles pour découvrir Lovecraft, surtout en raison de la première nouvelle, véritablement fondatrice du mythe.
Mais le recueil proposé par folio SF sous le titre « La Couleur tombée du Ciel » est aussi un excellent florilège de textes fantastiques du maître H.P. Lovecraft. Si l’on rajoute l’Appel de Cthulhu, il s’agit en tout de cinq nouvelles incontournables appartenant au Mythe de Cthulhu. La préface de Jacques Bergier permettra également au lecteur novice d’en apprendre plus sur Lovecraft et son œuvre.
Il serait nécessaire de revenir de manière plus détaillée sur l’œuvre de Lovecraft, sa symbolique et sa terrifiante mythologie. Mais pour présenter rapidement ce recueil, le lecteur est transporté dans une Nouvelle-Angleterre mystérieuse, où la raison humaine se heurte à l’immenses puissances ancestrales. Dans une ferme reculée, une météorite tombée du ciel emprisonne au fond du puits une horreur indescriptible. Une femme de Dunwich s’abandonne au Dieu Extérieur Yog-Sothoth. Un Professeur de l’université de Miskatonic à Arkham affronte le folklore et des croyances paysannes. Un village côtier du nom d’Innsmouth abrite d’horribles hybrides adorateurs de Dagon et de Cthulhu…
Au final, quel recueil choisir ? J’aurais tendance à conseiller le recueil de J’ai Lu si vous êtes totalement novice. Par contre, si vous avez déjà lu l’Appel de Cthulhu dans d’autres recueils, le Folio SF vous offrira beaucoup de plaisir à la lecture. En guise de conclusion, essayez de vous procurer ces cinq nouvelles. Vous ne le regretterez pas…
Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn…
Sommaire J’ai Lu
- L’Appel de Cthulhu (Call of Cthulhu, 1926)
- La couleur tombée du ciel (The Colour out of Space, 1927)
- Celui qui chuchotait dans les ténèbres (The Whisperer in Darkness, 1930)
Sommaire Folio SF
- La couleur tombée du ciel (The Colour out of Space, 1927)
- L’abomination de Dunwich (The Dunwich Horror, 1928)
- Celui qui chuchotait dans les ténèbres (The Whisperer in Darkness, 1930)
- Le cauchemar d’Innsmouth (The Shadow over Innsmouth, 1932)



A mon avis, tu es à point pour lire « La clé des abimes » de Somoza qui reprend tous ces textes pour en faire un roman très bien construit et prenant.
Tu ne crois pas si bien dire, un ami me la prêté dernièrement
Tu aurais pu publier ce billet quelques semaines avant. Ca m’aurait évité d’avoir des textes en double (vu que j’ai acheté TOUS les livres de Lovecraft que j’ai trouvés dans ma librairie préférée). J’ai donc : Le mythe de Cthulhu et Le cauchemar d’Innsmouth (J’ai Lu) et La couleur tombée du ciel (Folio).
Mais du coup, j’aurai fini plus vite. ;o)
J’en ai pas mal en poche dans ce cas-là aussi, à l’époque je les achetais malgré les doublons à cause des couvertures et même des récits, qu’est-ce que j’ai pu lire et relire certaines nouvelles :p
Je pense que tu es mûr aussi pour Les nombreuses vies de Cthulhu par Patrick Marcel.
Une synthèse très sympathique qui mérite vraiment le détour.
j’ai les trois gros tomes de Lovecraft en Omnibus justement… il faut que je les ouvre bientôt, ils me font vraiment de l’oeil dans ma bibliothèque. Et mon homme est un fan de Lovecraft !