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Planète SF

Les Solariens – Norman Spinrad

solariensLa Confédération humaine lutte dans une guerre sans-merci contre les Doglaaris. Ces cruels extra-terrestres n’ont de cesse de conquérir inexorablement les systèmes solaires humains. Alors que l’issue à long terme de cette guerre d’usure semble sonner le glas de l’Humanité, un espoir subsiste : Forteresse Sol. Le berceau du genre humain. Là-bas, les Solariens ont promis, voilà trois siècles, de revenir un jour avec la plus terrifiante des armes…

Premier roman de Norman Spinrad, Les Solariens paraît en 1966, alors que l’écrivain n’a que 26 ans. Dans cet univers de space-opéra militaire, les flottes interstellaires s’affrontent dans une sanglante mise à mort. Décrivant une Confédération humaine bien en peine à surpasser la logique et l’avancée technologique des Dogs, Spinrad envoie en renfort un seul vaisseau solarien, avec à son bord un équipage doté de pouvoirs psy. Leur plan, audacieux, vise à attaquer le cœur même de l’Empire Dog. Génie ou suicide ? Le jeune officier Palmer, détaché auprès de ce vaisseau par la Confédération, reste sceptique sur les réelles intentions de ses nouveaux compagnons. D’autant plus que leurs mœurs sociales, à la fois étranges et permissives, ont vite fait de le dérouter.

Spinrad nous dévoile petit à petit ces curieux Solariens. Humains ou post-humains ? Messies ou bouffons tragiques ? Difficile de se faire une idée précise alors que l’action se déroule au fil des pages. Au final, la stratégie solarienne se dévoile à grands renforts de feux d’artifice, et le roman se termine sur un dénouement surprenant, mais suffisamment bien ficelé pour rester cohérent.

Ce premier roman reste une lecture rapide et facile pour tout amateur de space opéra classique. Mais l’intérêt principal n’est pas dans l’univers en lui-même, mais dans le traitement accordé au genre. Car avec son style déjà incisif et rapide, Spinrad provoque les ténors de l’Âge d’or de la SF américaine et retourne le traitement classique des héros de romans pulp et « short stories ». Les Solariens sont des héros anti-conformistes, dont leurs mœurs et manières choquent profondément le personnage principal (figure du mouvement classique). Pourtant, sa lente conversion à la pensée solarienne apparaît comme un message de l’auteur sans équivoque. Évoluez, ou périssez. Pour un premier roman, on ne peut pas se mettre plus en porte-à-faux avec les auteurs classiques des années 50. Spinrad, quant à lui, entre directement par la petite porte de la « New Wave », qui ne demande alors qu’à s’épanouir. Le style du jeune Spinrad, haletant, lui promettait une belle carrière. Et c’est le cas.

Ma note : 15/20


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3 commentaires sur Les Solariens – Norman Spinrad

  • Le style Spinrad c’est percutant et ça fait des étincelles (Jack Barron et l’éternité, Les années fléaux pour ce que j’ai lu), c’était déjà le cas ?

  • Moins que ces deux livres par contre. Les ficelles sont encore assez grossières et il s’était surtout appliqué à maintenir le plus longtemps possible le lecteur en haleine, ce qui fait que les moments creux existent mais sont assez peu nombreux.

  • Bon et bien ça sera si le vois en occasion…

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