Le Congrès de Futurologie – Stanislas Lem
Le Congrès de Futurologie se déroule à la fin de notre XXe siècle, alors que le nombre de futurologues augmente sans cesses, engrangeant colloques et séminaires internationaux dans des hôtels de grand standing si possible. Mais pourquoi diable avoir choisi, cette fois, le Hilton de Costaricana ? se demande le Pr Tichy en arrivant dans cette ville qui paraît bien nerveuse. Le matin même, en effet, des terroristes ont enlevé le consul des Etats-Unis et à peine la première séance de travail du congrès s’est-elle engagée que des combats de rues, fort bruyants, éclatent. Ce à quoi, dans le chaos le plus total, le gouvernement riposte en glissant dans l’eau potable des doses massives de supercarésine et de félicitol. Hagard, traqué, le Pr Tichy se réfugie dans les égouts. Lorsqu’il reprend ses esprits, il s’éveille en 2039, dans un monde dystopique où la psycho-chimie règne d’une main de fer sur la population. Le Pr Tichy n’est cependant pas au bout de ses surprises, et alors qu’aux abois dans son refuge souterrain, les substances hallucinatoires dont son organisme regorge se dissipent peu à peu… Jusqu’à découvrir la désastreuse réalité !
Stanislas Lem publie en 1971 ce récit décapant, très inspiré des univers dickiens. Le cyberpunk semble même pointer le bout de son nez. Ici, ce n’est pas une Matrice contrôlant l’humanité et lui cachant la réalité, comme dans le fameux film, mais une série de drogues hallucinatoires qui permettent de contrôler des individus dans un monde en proie à la ruine et au chaos. Une terrible manipulation des foules, entre complots mondiaux et pollution généralisée de notre environnement. Un livre surprenant et écrit avec beaucoup d’inspiration.
Ma note : 16/20



J’avais aussi beaucoup apprécié cet ouvrage. Même note! ^^
Je viens de lire ce roman dont je n’avais jamais vraiment entendu parler et j’ai été très surprise, ne m’attendant pas à avoir ce genre de récit entre les mains. Je me demande même dans quelle mesure ce livre pourrait en fait avoir inspiré l’idée première de Matrix tellement la lecture qu’on peut en faire amène les pistes de réflexions principales du premier film… J’ai adoré en tout cas.
Oui c’est un très bon roman de Stanislas Lem, parmi ses principaux. Mais Matrix puise plutôt son inspiration de l’œuvre de P. K. Dick et du cyberpunk (dont Gibson). Sans oublier l’univers manga.
Tout à fait. Mais j’avais toujours cru que cette idée du monde dans le monde venais de « Simulacron 3″ d’une certaine manière. Mais l’idée sur laquelle se base le « monde dans le monde » de Matrix ressemble étonnamment plus à celle de ce livre en fait. Qui semble d’ailleurs avoir une très forte influence dickienne, dans sa manière de concevoir et de décrire une dystopie (ça je n’en ai pas parlé dans mon article parce que c’est plus une impression qu’autre chose)(mais la boucle serait bouclée là ^_^).