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Inglourious Basterds – Quentin Tarantino

inglourious basterdsJ’ai profité de mon week-end pour aller voir le septième film de Tarantino, le réalisateur de Pulp Fiction, Reservoir Dogs et Kill Bill. Le scénario de ce film de guerre repose sur la mission sanglante des Bâtards du Lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt), qui à la tête de ses soldats juifs, mène une guérilla dans la France occupée. Leur objectif est simple et sanglant : massacrer du nazi. L’histoire alterne progressivement avec Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent), une jeune femme juive qui s’est jurée de se venger de la mort de sa famille par les nazis. Les deux intrigues se rejoignent autour du cinéma de Shosanna. Réquisitionné pour une avant-première nazie, son cinéma doit accueillir le gratin du Reich, et Hitler en personne. Les Bâtards ont là une opportunité de frapper un grand coup, et Shosanna voit sa vengeance inespérée se profiler.

Les deux histoires sont séparées. Elles convergent, mais ne se mélangent pas pour autant. Les Bâtards n’ont pas connaissance de Shosanna, qui agit seule, et inversement. Le dénouement final, pour le moins surprenant (Tarantino prenant de larges libertés dans sa fiction militaire), marque le décalage du réalisateur face au sujet de la seconde guerre mondiale tout en suggérant une sorte de parodie cynique du genre. Durant toute la projection, on ne cesse de penser à des films comme les 12 Salopards ou Bons Baisers d’Athènes. Tarantino place le cinéma au cœur de son film. S’il pourfend la dérive propagande du septième art, il prend un plaisir jubilatoire à anéantir le cinéma de Shosanna. Un peu comme si ce cinéma devenait à sa façon un membre de ces « Bâtards ».

Difficile de vraiment comprendre où veut en venir Tarantino. Parodie sanglante de films de guerre, décalage face à l’histoire et au genre  (à la manière de Pulp Fiction, le scénario original remontant à la même époque que ce film culte), Inglourious Basterds est pour le moins surprenant. Dans Newsweek, Tarantino déclarait : « Les films sur l’holocauste montrent toujours les juifs en tant que victimes… je veux montrer quelque chose de différent ». L’objectif est atteint, sur ce plan. Il est vrai qu’en montrant les nazis comme victimes de la folie meurtrière des Bâtards juifs, les rôles sont inversés dans un sens que l’on aurait tendance à considérer comme « contre-nature ». Un pari très osé et décalé, qui lance un début de polémique dans certaines communautés juives. Et pourtant, le personnage du colonel nazi Hans Landa (Christoph Waltz) n’a rien d’un rôle sympathique. Difficile de considérer un parti-pris dans ce film autre que celui du décalage provocateur. Mais en fait, c’est la marque d’ un Tarantino ça, tout simplement !

 

1 commentaire sur Inglourious Basterds – Quentin Tarantino

  • Je ne garde de ce film que le souvenir de scènes fortes. Avec un peu de distance, ça me donne l’impression d’un film à sketch.
    N’en reste pas moins que j’ai adoré ces sketchs et passé un excellent moment sans me pauser trop de questions sur l’historicité du bouzin.
    Je pense d’ailleurs que la fin est un pied de nez à tous les films de guerre qui ont fait fi de la réalité historique. Notamment Where eagles dare et compagnie…

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