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Voisins d’ailleurs – Clifford D. Simak

voisins-dailleursContrairement à ce que j’avais prévu suite aux sages conseils de Férocias, je me suis laissé séduire  (un peu sur un coup de tête !) par ce recueil de nouvelles de Simak, paru aux éditions Le Bélial.

Cette sélection de nouvelles, parfois inédites en français, de cet auteur SF américain, constitue un ensemble cohérent et passionnant. On y retrouve l’atmosphère particulière des écrits de Simak. Ce fils d’agriculteurs du Wisconsin, devenu instituteur puis journaliste, a laissé derrière lui plus de cent nouvelles, empruntes de sensibilité, d’humanité et de nostalgie.

La marque profonde de la ruralité déteint immanquablement dans les récits de Simak. Les personnages sont sculptés dans la glaise de cette terre nourricière, s’inspirent d’une méfiance naturelle et d’un bon sens campagnard en surface, mais cachent une générosité et une curiosité forte en leur cœur. Ce sont des pionniers, des hommes taillés par un idéal sauvage et simple de conquête de nouveaux horizons.

L’extra-terrestre est rarement un ennemi chez Simak. C’est un voisin curieux pour nous (Le voisin) comme pour eux (Un Van Gogh de l’ère spatiale). Ils agissent comme une présence accidentelle bienveillante (Le Bidule), altruiste (La fin des maux) ou incompréhensible (La Maternelle). Le voyage dans le temps est aussi un thème mis à l’honneur dans cette anthologie, que ce soit accidentellement (Le Cylindre dans le bosquet de bouleaux) ou non (La photographie de Marathon). Il arrive même que ce soit l’homme en personne qui joue le rôle de machine à traverser les temps (La grotte des cerfs qui dansent).

Si dans un premier temps Simak s’est montré assez sceptique et méfiant envers la technologie dans son œuvre, sa profession de journaliste scientifique l’a peut-être rattrapé sur la fin, et les dernières nouvelles de ce recueil restent plus rêveuses. Au crépuscule de son œuvre, Simak rajoute une dimension fantastique à ses textes, qui ne fait que renforcer l’incroyable palette de styles de l’auteur. Parmi ces nouvelles figure la grotte des cerfs qui dansent, récompensée par un prix Nebula (1980) et un prix Hugo (1981) et le Puits siffleur.

Au sommaire :

  • La Maternelle (Kindergarten, 1953)

Un curieux appareil git sur le sol. Lorsqu’une personne s’en approche, il fabrique l’objet de ses désirs le plus cher. Très vite, la rumeur se propage et une foule de badauds viennent rendre visite à la curiosité. Très vite, les autorités font le rapprochement entre la machine et de mystérieux courriers envoyés aux principaux dirigeants mondiaux. Mais lorsque l’armée tente de quadriller le terrain, la machine s’est transformée en forteresse…

  • Le Bidule (Contraption, 1953)

Un jeune orphelin, maltraité par ses parents adoptifs, tente d’échapper aux corvées de la ferme et aux punitions. Il découvre un curieux objet, qui semble échoué dans le verger. A l’intérieur, son équipage tente de communiquer avec le jeune garçon.

  • Le Voisin (Neighbor, 1954)

Lorsque la famille Heath s’est installée dans la région, les autres fermiers ont regardé d’un oeil méfiant les nouveaux venus. Mais force est de reconnaître que Heath est doué pour les cultures. Très doué même. Ses méthodes, à la limite du fantastique, ne tardent pas à faire le bonheur des paysans des alentours, pour peu que ces derniers l’acceptent comme leur ami et voisin.

  • Un Van Gogh de l’ère spatiale (The Spaceman’s Van Gogh, 1956)

Anson Lathrop est un critique d’art particulier. Il cherche à comprendre pourquoi le peintre Reuben Clay, plus grand génie de son époque, est venu finir sa vie sur cette planète pastorale, aux confins de l’univers connu.

  • La Fin des maux (Shotgun Cure, 1961)

Les extra-terrestres ont apporté le plus grand bonheur à l’humanité : le remène à toute maladie. Mais le cadeau est-il empoisonné ?

  • Le Cylindre dans le bosquet de bouleaux (The Birch Clump Cylinder, 1974)

Un curieux cylindre est apparu dans les jardins du centre de recherche de Cramden Hall. Les savants s’interrogent sur sa nature, alors que des objets et des personnes de différentes époques apparaissent puis disparaissent autour du cylindre. Progressivement, les chercheurs lancent l’hypothèse que le cylindre soit une sorte de machine temporelle, ou plutôt le morceau encore actif d’un ensemble mécanique plus important…

  • La Photographie de Marathon (The Marathon Photograph, 1974)

Les vacances de deux universitaires vont vite tourner court, lorsque leur mystérieux voisin est assassiné aux portes de son manoir. Mais ce qu’ils cachent au shérif a de quoi intriguer le géologue et l’historien : un visiocube, qui révèle un cliché en 3D de la célèbre bataille de Marathon, en prise de vue réelle…

  • La Grotte des cerfs qui dansent (Grotto of the Dancing Deer, 1980)

Dans une grotte préhistorique, au pays basque, la découverte d’une mystérieuse salle jusqu’alors cachée amènera un archéologue à rencontrer l’homme le plus énigmatique qu’il puisse côtoyer.

  • Le Puits siffleur (The Wistling Well, 1980)

Ma note : 17/20 pour ce recueil passionnant mais hélas bien trop court !

 

1 commentaire sur Voisins d’ailleurs – Clifford D. Simak

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