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Alien, le Huitième Passager – Ridley Scott (1979)

« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier ». Qui n’a jamais eu de frissons en visionnant ce film de science-fiction de la fin des années 1970 ? Qui n’a pas tremblé avec les membres d’équipage condamnés du Nostromo ? Comment ne pas rester insensible au talent d’acteur de Sigourney Weaver face au monstre extra-terrestre ? Si l’histoire de ce film culte est des plus connues, les impacts de ce film sur la science-fiction contemporaine méritent bien quelques notes dans cet article.

De nombreuses œuvres postérieures doivent beaucoup à l’esthétique du film. Les séries Alien Vs. Predator, bien entendu, en tirent une grande part de leur travail d’ébauche. Mais le succès d’Alien a également donné lieu à une sorte de référence en terme d’extra-terrestres, une « norme » de la créature de type alien par rapport au reste du bestiaire galactique. Cette référence est ainsi marquée dans Starcraft, où les Zergs empruntent beaucoup au film de Ridley Scott, mais encore dans le domaine des jeux de plateau ou de figurines. L’Alien étant merveilleusement bien incarné par le Prince Tyrannide de la gamme Citadel Miniatures.

Outre son apport imaginaire développé ci-dessus, Jean-François Tarnowski (1) y fait une lecture psychanalyste fort intéressante. Pour ce philosophe, l’alien a une vague forme de phallus, et il le surnomme à ce titre le « phallus libre », qui parcourt les coursives du vaisseau « Mother » (tel qu’il est baptisé dans la V.O.) et « viole » l’intégrité de l’homme en lui volant sa chair à des fins de reproduction parasite. Il faut d’ailleurs souligner que la scène finale où le lieutenant Ripley fait face à l’alien dans la capsule de survie peut alors évoquer une scène d’incroyable tension psychique en prélude à un viol. Car cette chair féminine sans défense est convoitée par ce « phallus libre » de Tarnowski. Et le silence de l’espace devient une terrible chape de plomb oppressante, sorte de tabou spatial face à un double crime, le meurtre sauvage et le viol de la nature humaine par l’alien.

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On pourrait enfin rechercher quelques inspirations mythologiques dans l’oeuvre de Ridley Scott, et faire un parallèle fort entre le mythe du Minotaure et Alien. Le vaisseau Nostromo est devenu un nouveau Dédale pour son équipage. Et pourtant, cette comparaison atteint également ses limites dans la mesure où Alien s’inspire également d’un autre film, Dark Star, du réalisateur John Carpenter (1974), où un « alien » vient jouer les trouble-fêtes dans le quotidien d’un vaisseau démolisseur de planètes instables. Dan O’Bannon, co-scénariste de Dark Star, fut ainsi recruté pour l’écriture du story-board d’Alien. Mais le style reste radicalement différent chez ces deux films, l’alien de Dark Star étant un gros ballon de plage !

(1) http://jftarno.free.fr/psy.html

 

6 commentaires sur Alien, le Huitième Passager – Ridley Scott (1979)

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