Il y a de ces séries qu’on aime retrouver, au détour d’une sortie cinéma, comme on recroise un vieux camarade perdu de vue. On s’amuse donc avec plaisir à retrouver les personnages de Kirk, Spock et de leur vaisseau « USS Enterprise » dans ce nouvel opus (11ème film de la « série » Star Trek). Cette fois-ci, nous suivons une genèse parallèle de nos héros : l’enfance du capitaine Kirk et sa première rencontre houleuse avec le jeune Spock.
J.J. Abrams nous a cependant réservé une surprise. Ce n’est pas exactement la genèse de nos héros mais la disruption d’une genèse parallèle, rompue par l’arrivée d’un nouvel ennemi. Nous sommes donc dans un univers parallèle et antérieur aux séries Star Trek, et non dans le passé direct de l’univers Star Trek ! La pirouette est révélée par le vieux Spock en personne, lors d’une confidence faite à la fin du film. Ce tour de force du scénario permet ainsi au vieux Spock du futur parallèle de chaperonner lui-même les jeunes Kirk et Spock de ce jeune monde parallèle. Et ils en auront besoin ! Car Kirk et Spock se détestent, et ne manquent pas de se le faire savoir à longueur d’actions dans l’espace.
Star Trek reste avant tout un film d’images. Ce n’est pas un film de hard S.F. mais un film hollywoodien de « space opéra » que l’on regarde, confortablement calé dans son siège de ciné. Parfait avec du pop-corn et deux heures de voyage dans l’espace à s’offrir, vers cette « ultime frontière » ! Les personnages sont assez convaincants dans leurs rôles d’aventuriers; que ce soit la tête brûlée Kirk, le froid et pourtant amoureux tourmenté Spock, qui est au final peut-être la véritable star de ce film. En effet, son double parallèle, vieilli, est joué par Leonard Nimoy, qui incarna en premier le rôle du célèbre Vulcain dans la série originelle ! Les clins d’œil à la série initiale ne manquent pas, même si ce film reste assez fade du côté d’un scénario taillé pour l’action et non pour l’intrigue.
Côté science-fiction, Star Trek a toujours été une source intéressante d’emprunts technologiques et d’inspiration de la science vers l’imaginaire. On ne fait pas que repousser l’ultime frontière de l’espace en regardant la série originelle. Star Trek fait ainsi plancher des labos entiers de physiciens vers la téléportation. Cette fois-ci, c’est notre LHC européen qui inspire J.J. Abrams. Les singulets, mini trou noirs et autres matières exotiques jouent un rôle surprenant dans l’aventure. Tandis que les notions de couloirs entre mondes parallèles, ces passages « créés » par les trous noirs en astrophysique, sont la clé pour comprendre la trame du scénario.
Globalement un bon moment de divertissement s’il est regardé dans son contexte de space-opéra hollywoodien, voire un film à ajouter par la suite dans sa DVD-thèque dans la catégorie « action ». Mais certainement pas le plus grand film de cette année.
Ma note : 13/20.








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