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Iron Sky Signal – Space Nazis Attacks

Energia Productions est un groupe finnois assez déjanté, qui avait déjà réalisé son propre film en remixant Star Trek et Babylon 5. Les revoilà avec un nouveau projet : Iron Sky Signal. Mélangeant Mars Attacks, délires autour de l’aérospatiale nazie et légendes urbaines de bases antarctiques du IIIème Reich, ce film est une sorte de comédie cynique à prendre bien sûr au second degré.


Deus Encarmine – James Swallow

ba1Sur Cybele, les space marines du chapitre des Blood Angels sont mis en difficulté par les Word Bearers, légion damnée du Chaos. Seule l’intervention inespérée de frère Arkio renversera le rapport de force et leur donnera la victoire ! Mais à quoi doit-on cet exploit ? La chance ? Le talent ? Parmi les rangs Blood Angels, de plus en plus de guerriers considèrent que frère Arkio a été béni par la grâce de Sanguinius l’ange Primarque. Seul, le frère Rafen doute de ce miracle, et se montre de plus en plus sceptique alors qu’un véritable culte d’Arkio supplante peu à peu les anciennes croyances du chapitre. Les Blood Angels vont-ils s’entre-déchirer dans une guerre religieuse ? Et si tout ceci n’était qu’un vaste complot, orchestré pour damner à jamais l’un des plus populaires chapitres space marine ?

Deus Encarmine est le premier tome d’un diptyque original, consacré à l’un des chapitres les plus joués. Les fans du wargame 40.000 auront donc l’occasion de découvrir un volet inédit de leur armée (ou de leur pire ennemi – au choix). James Swallow joue donc la carte de l’originalité dans ce premier roman, et gagne la manche honorablement. Le style est agréable, le scénario vif et bien pensé, les personnages plutôt bien étudiés (sans être forcément très approfondis, leur caractère colle avec les besoins narratifs). En conclusion, ce premier tome commence plutôt bien et présage d’un diptyque de intéressant pour la collection warhammer 40.000 de la Bibliothèque Interdite. La suite sera-t-elle à la hauteur ?

Ma note : 14/20


Rêve de Fer – Norman Spinrad

spinrad_reve_ferEt si, dans un monde parallèle où la seconde guerre mondiale n’avait pas eu lieu, Adolf Hitler avait été un romancier de science-fiction à succès ? Norman Spinrad prête sa plume à un Hitler improbable, auteur du « Seigneur du Svatiska  » , qu’il couronne du Prix Hugo 1954. Etonnante uchronie que voilà, et parodie grinçante de la montée du nazisme dans l’Allemagne des années 30.

Norman Spinrad est né en 1940 à New York, dans une famille juive. S’il n’appartient pas totalement à la génération du « Baby Boom », il n’en reste pas fortement marqué par la seconde guerre mondiale. Il fait partie des premiers enfants ayant grandi avec la « bombe », la Shoah et la guerre totale contre le nazisme. A quinze ans, il fait partie de ces adolescents baignant dans ce souvenir quasi-permanent de la seconde guerre mondiale (bien avant les « devoirs de mémoire » institutionnalisés par des politiques en mal de repères évidents…). La violence de cet héritage historique omniprésent dans la conscience collective d’alors s’exprimera dans bon nombre de ses premiers romans, jusqu’à « Rêve de Fer  » , en 1972. Nous sommes alors à un tournant de l’œuvre de Norman Spinrad. Ce dernier a toujours considéré la science-fiction comme une littérature engagée, critique face à la société et l’histoire contemporaine. Spinrad s’attaque donc au traumatisme nazi et l’exorcise dans une uchronie, à la fois pamphlet et uchronie noire.

Il serait bien naïf, à l’image d’un journaliste des années 90 qui crut bon de dénoncer Spinrad, de lire cette œuvre au premier degré et de l’assimiler à un ouvrage de propagande nazie, tant les éléments critiques à l’attention du lecteur ne manquent pas. Et pour ceux qui, dans un élan « révisionniste  » , voudraient tant bien que mal exploiter l’ouvrage, la post-face fictive d’un éditeur uchronique achèvera de lever le moindre doûte. Après la défaite de 1918, c’est un Adolf Hitler écœuré qui se détourne des groupuscules extrême-droite et s’exile aux États-Unis. Là, il pénètrera dans les cercles littéraires SF et entamera une carrière tardive de romancier. Son œuvre majeure, « le Seigneur du Svatiska  » , est une œuvre belliqueuse et raciale, dans un univers tourmenté par l’héritage d’un conflit nucléaire dégénérateur. Si le style n’est pas très littéraire et évoque un mauvais roman de fanzine, il reflète dès les premières pages l’idée d’un auteur névrosé, tourmenté par ses idéaux racistes et par ses fantasmes de violence haineuse.

Très vite, le lecteur est emporté dans un flot d’événements, inspirés de l’Allemagne exangue d’après la grande guerre. Heldon, son double fantastique, est une grande république peuplée des derniers hommes purs, les Purhommes. La race humaine a en grande partie dégénéré lorsque le Feu des Anciens ravagea la Terre. A l’ouest, des nations perverties de mutants. A l’est, l’immense Zind et ses Dominateurs, des mutants psys capables d’emprisonner à volonté les esprits faibles. Féric, sorte de héros fantasmé d’un Hitler imaginant son épique montée en puissance, est un digne Purhomme, héritier de l’ancienne lignée royale. Sa famille exilée suite à la Grande Guerre perdue par Heldon, il revient enfin au pays, se réjouissant de quitter les nations fangeuses de l’ouest pour la pure et puissante Heldon. Dès le début du récit, le cadre eugéniste de l’œuvre transparaît dans l’utilisation permanente des termes gènes / purs / purhommes / racial, que Spinrad oppose systématiquement au vocabulaire contraire : mutant / pestilentiel / difforme / putride et toute une liste d’adjectifs décrivant les nombreux phénotypes mutants.

Le roman s’engage peu à peu dans une parodie grinçante de l’émergence du nazisme en Allemagne : les S.A. sont une bande de motards hors-la-loi que Féric rallie à sa cause, lors d’un duel viril contre leur chef. Un groupuscule au discours racial adopte rapidement le héros comme membre, puis comme leader incontesté. Rapidement, motards comme parti politique deviennent des instruments à son service, alors que le svatiska redevient le symbole de ce renouveau racial – un clin d’œil supplémentaire à la symbolique nazie. Le ton devient d’autant plus grinçant qu’une sur-enchère de violence et de fanatisme accompagne le lecteur, dans une sorte de montée orgasmique qui donne la nausée. Tous les éléments de l’histoire allemande des années 30 y sont repris : la création des S.S., l’arrivée au gouvernement et la prise de pouvoir, puis la purge des S.A. ayant comploté avec l’ennemi. A partir de ce tournant du récit, les derniers personnages féminins disparaissent. Finies les élégantes mais discrètes purfemmes. Les esclaves sexuelles de Zind fournies au chef parjure des S.A. sont les derniers personnages féminins, massacrées avec dégoût par les fiers compagnons de Féric. Cette image mise en avant par Spinrad introduit volontairement un dégoût de l’hétérosexualité, restreinte au seul acte de reproduction (réduite au terme de germen – encore un attribut masculin), au profit d’une homosexualité frustrée, déguisée derrière les relations viriles des dirigeants du parti, et leur plaisir jouissif au combat, massacrant les hordes de mutants.

Cette escalade de références sexuelles dans la violence du récit induit une montée en puissance nauséeuse, alors que les armées de Heldon anéantissent les dernières résistances de Zind. La thématique de la guerre froide transparaît l’espace d’un instant, face au feu nucléaire déclenché par les Dominateurs de Zind, et ruinant le précieux « germen » des hommes purs. Les femmes ne sont plus que réduites à engendrer des monstres mutants ! L’abomination hétérosexuelle est cependant vaincue par le génie eugéniste des savant d’Heldon, qui percent les secrets du clonage et génèrent des millions de Purhommes mâles. L’apothéose du roman s’achève dans une explosion de jouissance phallique, avec la métaphore de la fusée « s’élevant pour aller féconder les étoiles ». Il est alors bien difficile pour le lecteur de ne pas ressentir une gêne, voire un soulagement d’avoir achevé la lecture de ce roman.

L’objectif de Spinrad est alors bien atteint : dans cette parodie noire, il livre une analyse psychanalyste de la doctrine nazie, décortiquée avec cynisme et sans complaisance. Mieux encore, il montre comment la terrifiante propagande des années 30 a pu provoquer un lavage de cerveau de la population allemande, flattée par les arguments populistes d’un parti fanatique et prêt à tout pour implanter dans l’esprit de ses victimes les germes d’une haine violente et absolue.

Ma note : 16/20


Star Wars – Le Retour du Jedi – Richard Marquand (1983)

La rébellion contre l’Empire connaît des rebondissements inattendus. Les rebelles aprennent l’existence d’une nouvelle Étoile Noire, encore inactive, stationnée en orbite autour de la planète forestière d’Endor. Luke et ses amis tentent pendant ce temps de sauver leur ami Han Solo retenu prisonnier au palais de l’immonde Jabba le Hutt. Ce n’est qu’une fois mis au courant de la situation qu’ils rejoignent les forces rebelles afin d’affronter une dernière fois l’Empire du terrible Empereur Palpatine. La bataille qui s’annonce prend une fâcheuse tournure, au sol comme dans l’espace, et les rebelles semblent tombés dans un piège ! Mais l’aide providentielle des Ewoks et le dénouement final du destin de Dark Vador feront une nouvelle fois pencher la balance en leur faveur…

Film américain de science-fantasy, le Retour du Jedi marque le troisième volet de la trilogie originale, voulue par George Lucas. Suite à la fatigue nerveuse du premier opus, le maître n’est toujours pas de retour aux commandes et confie la réalisation au cinéaste britannique Richard Marquand. L’intrigue poursuit le scénario des deux premiers films, et conclue après moultes péripéties la saga Star Wars. Tous les volets lancés pêle-mêle dans les épisodes précédents sont bouclés. Luke devient un Jedi, et retrouve son père, qui renoue avec le camp Jedi à la dernière minute. L’équilibre revient dans la Force. Han Solo et la Princesse Leia achèvent leur joute amoureuse et l’alliance rebelle triomphe enfin de manière décisive contre l’Empire.

Mais durant les 2h13 de ce film, l’action a surtout prévalu sur le scénario et l’univers a perdu de sa force… On sent pointer un succès commercial énorme derrière ce nouvel opus, et l’émergence d’un véritable business autour de la saga, au détriment de l’ambiance des premiers épisodes. Une série qui s’esssoufle, malgré les apparences. La seconde trilogie, antérieure sur le plan scénaristique, surtira seize ans plus tard en 1999. George Lucas, quant à lui, reviendra en 1997, puis en 2004, sur le montage de l’épisode VI. De nouvelles scènes d’image de synthèse apparaîtront dans ces versions tardives (liesse populaire dans les systèmes impériaux, chose bien peu crédible vu que si l’Empire est décapité, il n’est pas encore entièrement tombé…) et Hayden Christensen sera même intégré dans la scène finale où Anakin Skywalker, Obi-Wan Kenobi et Yoda se matérialisent aux yeux de Luke dans trois rayons de Force !