Nemesis – Isaac Asimov
Publiée en 1989, Némésis fait partie des dernières nouvelles écrites par le maître de la science-fiction, trois ans avant sa mort. L’histoire proposée par Asimov se déroule dans un futur proche, alors que l’humanité construit des colonies spatiales, mais n’ose franchir le pas et quitter le giron de la Terre. Dans cette genèse de la conquête spatiale humaine, une colonie humaine entre en dissidence et fuit la Terre pour s’installer auprès d’une autre étoile : Némésis, une naine rouge.
Némésis est une nouvelle tardive, mais fort intéressante, de l’oeuvre d’Asimov. Il semblerait que le Maître ait voulu décrire une légende bien antérieure à son cycle de la Fondation, et il est vrai que le roman « L’aube de la Fondation » fait référence à une petite fille communiquant avec une des lunes de l’étoile Némésis.
Mais l’ouvrage reste avant tout une discussion fort originale sur la vie extra-terrestre, qui ne prend pas l’aspect d’humanoïdes évolués mais de communautés bactériennes aux potentiels télépathiques. Le parallèle avec « L’hypothèse Gaïa » de l’écologiste James Lovelock est troublant. Après tout, cette hypothèse écologiste controversée fut avancée pour la première fois en 1970, et a très bien pu influencer Asimov.
Cet axe de lecture fait de Némésis un livre fort passionnant, qui apporte de nouvelles réflexions en matière de planétologie et d’écologie. Et dire que le Maître n’était alors pas encore au fait de la découverte d’exoplanètes ! On ne peut que rêver de ce qu’il en aurait écrit…



Tiens je ne connaissais pas cet ouvrage.
Une nouvelle de Peter Watts parue dans un Bifrost récent envisage aussi cette hypothèse, de manière cynique par contre.
Sinon Stanilas Lem dans le recueil Le Masque rêvait que les astres puissent êtres des formes de vie…