Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone – Hidaeki Anno (2007)
En guise de cloture du salon Utopiales 2008 (Nantes), les organisateurs proposaient aux amateurs de mangas et de japanimation un très beau cadeau : la troisième diffusion française, en avant-première, du film « Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone » (directeur-en-chef : Hideaki Anno. producteur : Toshimichi Otsuki). Présent lors de cette diffusion, je vous livre mes impressions sur ce film d’animation très attendu par les fans d’Evangelion.
Ce film d’animation, très attendu par les fans de la série « Neon Genesis Evangelion« , est sorti dans les salles japonaises le 1er septembre 2007, et entame désormais une longue sortie internationale. L’avant-première européenne a eu lieu à Annecy, en avril dernier. Premier épisode d’une quadrilogie, « Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone » vise à clôturer définitivement la série en proposant une version alternative et retravaillée (avec minutie) d’un des mangas les plus populaires au Japon.
Entre 1995 et 1996, le Studio Gainax produit la série « Shinseiki Evangelion » (réalisateur : Hideaki Anno), traduit pour l’international sous le titre de « Neon Genesis Evangelion« . Cette série, réalisée pour la télévision, compte 26 épisodes, et fut renforcée par la réalisation de deux films. Commençant comme une série Mencha classique (combats de robots en manga), elle mêle rapidement psychologie complexe et éléments de réflexion philosophique imbriqués dans un univers post-apocalyptique. L’intrigue met en scène un jeune garçon de 14 ans, Shinji Ikari, rappelé à Tokyo-3 par son père pour piloter l’Eva-01, un étrange robot bionique géant. Dès le premier épisode, il est confronté à un nouveau type d’ennemi : les Anges, des monstres surgis de nulle part, dont l’arrivée ne peut que signifier la destruction finale du monde. Contre cette menace, les états mondiaux ont donné les pleins pouvoirs à l’organisation baptisée NERV. Shinji devra apprendre à survivre dans ce combat apocalyptique, épaulé dans sa lutte par deux autres pilotes de son âge : l’énigmatique Rei Ayanami et l’exubérante Asuka Sōryū Langley. Mais que cache exactement la NERV ? Quel complôt vise-t-elle à mettre en place ? Alors que se dévoile peu à peu la vérité sur le Second Impact, terrible catastrophe ayant provoqué la ruine du Monde quinze ans plus tôt, le doûte grandit sur la véritable nature des Anges… Et leurs propres buts dans ce conflit destructeur.
Cet anime a connu un très vif succès lors de sa sortie. Mais les deux derniers épisodes de la série TV ont fait naître une très vive polémique au Japon. En effet, le scénario initial, jugé trop violent et trop ambitieux en terme d’animation et de budjet, fut réécrit pour les deux derniers épisodes. Le résultat fut plus que décevant : un obscur monologue entre Shinji et sa conscience scindé en deux parties provoque une vive colère des fans. Aucune réponse n’est apportée sur les intrigues sous-jacentes à la série, et frustre les fans les plus inconditionnels. Mais bien avant la réaction des fans, Hideaki Anno et la Gainax avaient décidé de repenser la fin d’Evangelion dans le cadre d’un nouveau projet. Petit à petit, les deux épisodes 25 et 26 aboutiront à la sortie d’un film, « The End of Evangelion« , en 1997. Durant la même période, un montage « fusionnant » les épisodes 1 à 24 + un épisode 25 amélioré sera produit (« Death and Rebirth« , 1997). Les deux films constituent un ensemble baptisé « Revival of Evangelion« , nouvelle (!) compilation supprimant la fin de « Death and Rebirth » (le fameux épisode 25 amélioré) pour ne favoriser qu’une fin alternative. Cependant, « The End of Evangelion » reste une lecture assez primaire du scénario initial de Hideaki Anno. Ce dernier a mis en scène une vision très violente de son script, insérant notamment la très controversée scène d’action entre Asuka et une armée d’Evas. Quelques questions éthiques se posent sur cette fin alternative, tranchant avec le message dépeint à travers le portrait psychologique de Shinji dans la série TV. Une fin qui ne satisfait pas tous les fans, loin de là, et nourrit depuis lors une certaine polémique parmi les amateurs de la série.
Le projet « Rebuilt of Evangelion » vise donc à achever une bonne fois pour toutes la série, en visant deux objectifs : l’amélioration technique de l’animation et le bouclage final du scénario. Autant dire que le premier opus de cette tétralogie est très attendue par les fans !
Confortablement installé dans mon fauteuil, j’attends la diffusion dans une salle de projection complète (800 spectateurs en ce dimanche soir !). Les organisateurs du volet Manga des Utopiales ont réussi à convaincre le fournisseur français du film, Dybex, d’organiser cette nouvelle avant-première française. Et le succès est au rendez-vous. La diffusion commence enfin. Hideaki Anno a déjà expliqué publiquement son intention de donner un tout nouveau souffle à Evangelion. Les moyens techniques du studio Khara, spécialement créé en 2006 pour ce projet, sont au rendez-vous. La qualité graphique est bien supérieure à la série initiale – dix ans les séparent – et les animations 3D s’insèrent en beauté à l’écran.
Côté intrigue, ce premier opus présente un scénario toujours aussi riche. Le mélange « Science-Fiction » et « psychologie » est toujours au rendez-vous, et le spectateur n’a besoin d’aucun acquis pour comprendre l’intrigue. C’est bien une refondation de la série.
Fin de la projection, l’enthousiasme est au rendez-vous et la salle applaudit d’un seul homme. Un franc succès pour cette avant-première, qui m’a personnellement redonné les mêmes sensations lors de la découverte de cet anime. Essai réussi, qui laisse désormais attendre avec impatience le second opus, « Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance« , prévu au Japon pour 2009. En avant-première des prochaines Utopiales ?



Un bel article, visionnaire qui plus est, puisque le volet Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance sera proposé dimanche 1er novembre à partir de 18h15 aux Utopiales
Le film paru en 1997 m’a paru aussi fumeux que les deux derniers épisodes initiaux. Pas certain d’avoir compris tous les tenants et aboutissants, Lost avant l’heure ?
On sent que pour apprécier ces montages, il faut tout de même avoir vu la série en entier avant, il est vrai.