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Game of Thrones – saison 4

GoT_4La guerre contre la famille Stark s’est achevée dans le sang. Winterfell est tombée. Stannis Baratheon a été vaincu lors de son siège de Port-Réal. Désormais, les Lannister ont la main-mise sur le Trône de Fer. Mais le pouvoir est un amant traître, et de nouveaux complots s’ourdissent autour du Roi Joffrey. Le mariage royal entre l’adolescent fou et Margaery de la maison Tyrell se solde par un drame, les rivaux d’une nouvelle course au Trône de Fer abattent leurs cartes. Au Nord, la Garde de Nuit affaiblie doit faire face à l’avancée de l’immense armée de sauvageons de Mance Rayder. Ils fuient en masse l’inexorable retour des Marcheurs Blancs. A l’Est, Daenerys Targaryen multiplie les victoires. Mais elle fait face à un nouveau dilemme : doit-elle faire voile vers Westeros ou asseoir son autorité sur les villes capturées ? Et pendant ce temps, les derniers fils Stark encore en vie poursuivent leurs quêtes mystérieuses …

Le succès de la série Game of Thrones a rapidement convaincu HBO de prolonger le nombre de saisons commandées. Le 2 avril 2013, une quatrième saison de dix épisodes est confirmée, et G.R.R. Martin est annoncé co-scénariste. Le casting introduit de nouveaux acteurs, dont un seul ressort comme incontournable pour sa prestation : Pedro Pascal incarne le Prince Oberyn Martell, la « vipère rouge » , et campe merveilleusement son personnage tout aussi envoûtant et dangereux que l’animal de son surnom. Quelques changements de casting sont également introduits. Le rôle de Daario Naharis est désormais incarné par Michiel Huisman, qui remplace Ed Skrein. Ser Gregor Clegane, surnommé « La Montagne », est désormais joué par Hafþór Júlíus Björnsson qui succède à Ian Whyte. Enfin, Tommen Baratheon, frère cadet de Joffrey, est incarné par Dean-Charles Chapman au lieu de Callum Wharry. Le tournage débute en juillet 2013, en Irlande du Nord. Des scènes extérieures sont également filmées en Islande et à Dubrovnik, comme dans les saisons précédentes, et de nouveaux lieux repérés en Croatie par la production sont inclus comme décors naturels dans cette saison 4. Le tournage s’étale sur 136 jours au total, s’achevant à la fin novembre 2013.

Dès les premières annonces faites à la presse, la production promet une saison énergique, rythmée par de grandes scènes d’action. Tout comme dans l’avant-dernier épisode de la saison 2, une bataille majeure va marquer un tournant dans le déroulement de la série. Cette fois-ci, elle se tiendra devant le Mur, opposant la Garde de Nuit aux sauvageons de Mance Rayder. Mais ce combat épique en images de synthèse n’est pas la seule réussite visuelle de cette série. Le traitement de l’ensemble des événements de Port-Réal figurent en très bonne place dans cette quatrième saison, Peter Dinklage (Tyrion Lannister) s’y surpassant littéralement dans son jeu d’acteur dramatique. La famille Lannister se déchire violemment au cours de cette saison, et chaque personnage campe cette tragédie grecque à merveille. Bien évidemment, les acteurs en place depuis le casting de la première saison ont eu tout le temps d’approfondir leurs rôles, traquant le moindre détail de leurs personnages et enrichissant de ces expériences leur jeu d’acteur au fil des tournages. Un bon acteur ne peut que se bonifier, et si Peter Dinklage remporte le plus d’admirateurs parmi les fans de la série, n’oublions pas Lena Heardey (Cersei Lannister), dont son rôle de mère fatale et de sœur incestueuse est interprété avec un immense talent. Même Nikolaj Coster-Waldau (Jaime Lannister) dont les prestations précédentes m’avaient semblé acceptables mais perfectibles excelle à ce jeu, rappelant que ce n’est pas son art mais son personnage qui ne peut qu’apparaître plus terne face à son frère et sa sœur.

Cette quatrième saison marque le crépuscule de la famille Lannister et le retour de la maison Baratheon comme rival militaire sur Westeros. Là où le feu et le fer ont eu raison des familles rivales dans les premières saisons, l’ennemi est intérieur pour les maîtres de Castral Roc. Tywin Lannister (Charles Dance) s’est caché la vérité sur ses enfants et en paye désormais le prix fort. La guerre ne lui a pas offert une victoire aussi incontestable qu’il ne l’espérait et son autorité en tant que Main du Roi ne suffit plus à garantir la pleine puissance du Lion. Alors qu’il lui faut trouver de nouvelles ressources financières, l’explosion interne de sa famille risque de faire voler en éclats la position dominante de sa maison. Ce retournement de situation n’oublie pas pour autant les Stark, dont le destin incertain prend soudain une direction discrète mais probablement appelée à devenir essentielle dans la suite des événements. La maison Greyjoy semble définitivement hors course, ironie du destin ce déclin est le fruit de l’ascension des Bolton, une maison mineure du Nord. Quant à la famille Tyrell, elle est désormais rentrée dans un jeu mortel et se positionne comme challenger alors que le pouvoir menace de s’effondrer à Port-Réal. Que de machinations, que d’incertitudes alors que les familles se déchirent pour le Trône de Fer. En pendant ce temps, l’hiver vient. Non, c’est trop tard, il est déjà là.

 

Liste des épisodes de la quatrième saison :

  1. Deux Épées (Two Swords)
  2. Le Lion et la Rose (The Lion and the Rose)
  3. Briseuse de chaînes (Breaker of Chains)
  4. Féale (Oathkeeper)
  5. Premier du nom (First of His Name)
  6. Les Lois des dieux et des hommes (The Laws of Gods and Men)
  7. L’Oiseau moqueur (Mockingbird)
  8. La Montagne et la Vipère (The Mountain and the Viper)
  9. Les Veilleurs au rempart (TheWatchers on the Wall)
  10. Les Enfants (The Children)

Pluton redeviendra-t-elle une planète ?

PlutonDepuis que l’Union Astronomique Internationale a rétrogradé Pluton au rang de planète naine, l’astronome David Weindtraub ne décolère pas. Non pas que ce scientifique américain fasse preuve de patriotisme exacerbé, mais la décision en elle-même, prise en comité réduit, ainsi que les données les plus récentes recueillies par les astronomes sur les planètes naines poussent ce professeur de l’Université de Vanderbilt à remettre en cause le précédent vote de l’UAI.

Revenons tout d’abord sur les faits. Lors du 26ème congrès de l’UAI à Prague, en 2006, les membres présents s’étaient penchés sur le cas épineux des plus petits corps célestes identifiés comme planètes dans le système solaire. Devait-on inclure Cérès, Éris et même Charon dans le cercle très fermé des planètes majeures de notre système ? D’un côté, l’astronome Owen Gingerich proposait une nouvelle définition du terme de planète centré sur la gravité du corps céleste. De l’autre, une proposition concurrente prévoyait des règles d’admissions au titre de « planète classique » encore plus sévères. Surprise générale à la sortie des urnes, contre toute attente les congressistes adoptent la position du le second camp à une large majorité.

 

Depuis ce jour, une « planète classique » se doit de répondre très officiellement à trois critères précis (résolution 5A de l’assemblée générale de l’UAI, août 2006) :

 

  • Elle doit être en orbite autour d’une étoile sans toutefois être une étoile ;
  • Elle doit être suffisamment massive pour que sa propre gravité lui permette d’acquérir une forme sphérique ;
  • Elle doit dominer son environnement en ayant « dégagé le voisinage autour de son orbite » .

 

Or dès la résolution suivante, le cas de Pluton a été examiné à la lumière de ce nouveau règlement. Etant donné que le dernier point pose problème dans le cas de la planète découverte par l’américain Clyde Tombaugh, l’UAI relégua Pluton en seconde catégorie, celle des « planètes naines ». Neuf ans plus tard, l’adoption de cette résolution divise encore les astronomes. Principal point de tension, le sort de Pluton ne fut voté qu’à 237 voix contre 157 opposants, soit 394 bulletins exprimés. A peine 4 % des membres de l’UAI, relève David Weindtraub, qui considère dérisoire la proportion de membres de l’UAI ayant pu s’exprimer au cours de ce vote. Aussi réclame-t-il, comme bon nombre d’astronomes américains, le réexamen de ces résolutions et la soumission au vote de l’ensemble des membres adhérents.

Mais notre astronome ne se limite pas à critiquer la faible représentation durant ce vote. Il présente aussi quelques arguments scientifiques, venant non seulement plaider en faveur de Pluton mais également de Cérès, rétrogradable quant à elle au troisième et dernier rang de « petit corps du Système Solaire » en raison de ses dimensions très réduites. Une sorte de descente aux enfers pour cet astre découvert et identifié comme une planète en 1801 par l’astronome italien Giuseppe Piazzi, puis reléguée au rang de planète naine ou plutoïde suite à la découverte de Pluton en 1930. Il faut bien reconnaître que Cérès, avec son diamètre de seulement 945 km, fait figure de petit objet céleste face à Pluton (2306 km de diamètre), Éris (2326 km de diamètre) et même Charon (1207 km de diamètre).

Cliché de Cérès pris par la sonde Dawn (NASA, 2015).

Cliché de Cérès pris par la sonde Dawn (NASA, 2015).

De son côté, David Weindtraub n’en démord pas. Les récents clichés de la sonde Dawn ont prouvé que Cérès est un corps suffisamment massif pour se présenter comme une sphère quasi parfaite (ou plus précisément un sphéroïde). Quant à la troisième définition, Weindtraub a un argument choc pour la contre-attaquer. Selon certains astronomes, si la Terre était placée dans la ceinture de Kuipler, il n’est pas certain qu’elle aurait pu dégager le voisinage autour de son orbite. Dans cas, notre planète serait rétrogradée au rang de « planète naine ». A l’inverse, Pluton substituée sur une orbite terrestre aurait de plein droit accès au titre de « planète classique ». Tout est donc question d’environnement spatial et de localisation. Une faille dans la nouvelle définition de l’UAI ?

Conséquence d’une mauvaise interprétation des résolutions récentes de l’Union Astronomique Internationale, la presse et le grand public ont tendance à croire que Pluton n’est définitivement plus une planète. Cette idée tenace mérite d’être corrigée, car planètes classiques comme planètes naines restent avant tout des planètes, c’est-à-dire de massifs objets célestes sphériques et différenciés des étoiles. A l’inverse, un satellite naturel ne peut être une planète naine, puisque une lune est un corps céleste n’ayant pu dégager le voisinage autour de son orbite. Et pour cause, une lune orbite autour d’une planète, pas du soleil ! Le cas des objets transneptuniens est beaucoup plus difficile à interpréter. Les orbites singulières de Pluton et Charon pose par exemple problème aux astronomes depuis longtemps, ces derniers peinant à déterminer si Charon est bien un satellite naturel plutonien ou au contraire une seconde planète naine associée par des liens de gravité à sa grande sœur Pluton lors de ses révolutions autour du soleil.

Et nous sommes loin de tenir le seul cas d’interprétation difficile ! La critique relayée par David Weindtraub concernant l’environnement spatial des objets massifs transneptuniens et la fibre patriotique des astronomes américains ont rendu le débat particulièrement épineux. Si l’UAI devait revenir sur sa décision, Pluton deviendrait-elle une exception ou ouvrirait-elle les portes à tout un cortège de planètes naines et objets massifs transneptuniens ? Car mis à part le cas fort médiatique de Cérès, n’oublions pas Sedna, Orcus, Quaoar, Ixion, Makémaké et tous les autres objets transneptuniens dont la candidature au statut de planète naine pourrait, grâce à Pluton réhabilitée, leur permettre de briguer également le statut de planète classique ! La résolution 5A votée par l’assemblée générale de l’UAI en 2006 est peut-être loin d’être parfaite, cependant elle permet de poser un garde-fou entre un nombre réduit mais sans équivoques de huit planètes classiques et une situation bien plus permissive ou des dizaines de corps célestes pas plus grands que la France se retrouveraient hissés au même rang que des géantes gazeuses. Enfin, puisque le débat se joue aussi sur ce terrain, que David Weindtraub et ses compatriotes se consolent : même reléguée au statut de planète naine, la découverte américaine de Pluton demeure un chapitre majeur de l’histoire des sciences astronomiques.


Orbitas

Au-dessus d’une planète en proie à un conflit mondial bipartiste, deux réparatrices de satellites séparées par leurs nationalités se rejoignent au fil des orbites et tentent de vivre leur romance. Mais la guerre risque bien de troubler leur idylle spatial …

Magnifique court métrage d’animation réalisé par les étudiants de l’école d’animation de PrimerFrame!, « Orbitas » est un magnifique message de paix et d’amour comme on en a tant besoin de nos jours.

 


Adieu Leonard Nimoy

La nouvelle a fait l’effet d’une détonation dans la communauté des « trekkies » et amateurs de science-fiction. Spock, alias Leonard Nimoy, s’est éteint le 27 février 2015, à l’âge de 83 ans. Hospitalisé depuis le début de semaine pour des douleurs à la poitrine, il a succombé à des obstructions pulmonaires chroniques, comme l’a annoncé son épouse Susan Bay Nimoy au New York Times.

Spock ne naquit pas sur Vulcain mais à Boston, le 26 mars 1931. Dès son enfance, il se consacre au métier d’acteur, entamant même un cursus de théâtre à l’Université de Boston. Il enchaîne ensuite de nombreux rôles dans des films de séries B : Perry Mason, Bonanza, Two Faces West … C’est sur ces plateaux de tournage qu’il rencontra en 1954 William Shatner, le futur Capitaine Kirk. Nimoy enseigne le métier d’acteur dans son propre studio lorsqu’il rejoint le projet de série télévisée « Star Trek » au milieu des années 60. Un risque pour sa carrière qui s’avérera payant. Diffusée pour la première fois entre 1966 et 1969, Star Trek lui fait incarner son plus célèbre rôle : celui de Mr Spock, un alien né sur la planète Vulcain d’une mère humaine et d’un père vulcain. Sa logique et son premier degré en font un personnage emblématique de la série, dont les spectateurs guettent les retournements de situations dramatiques lorsque les racines terriennes du vulcain Spock font rejaillir des émotions sur ce visage impassible. L’acteur ne pourra jamais se détacher de son rôle de Spock, qui lui colle à la peau et dont il expliquera la difficile cohabitation dans deux autobiographies : « Je ne suis pas Spock » puis « Je suis Spock ».

 

In Spock, I finally found the best of both worlds: to be widely accepted in public approval and yet be able to continue to play the insulated alien through the Vulcan character.” Leonard Nimoy, I Am Not Spock (1975).

 

Sa carrière d’acteur est pourtant immense. Connu pour son rôle de Paris dans les saisons 4 et 5 de Mission Impossible ou encore dans son rôle du Dr William Bell dans Fringe, il reprend également son rôle de Mr Spock dans les Star Trek de J.J Abrams. Artiste talentueux, Leonard Nimoy scénarise également quatre films Star Trek, réalise une dizaine de téléfilms et épisodes de séries TV, effectue des doublage (dont celui de son propre personnage dans les Simpsons), publie des livres de photographie et entame même une carrière musicale de 1967 à 1997 avec six albums pop-folk country, dont la fameuse ballade de Bilbo Baggins. Homme exceptionnel, Leonard Nimoy laisse avant tout un immense héritage télévisuel et artistique. Aussi rendons hommage à l’artiste, dont l’écrasante facette de Spock n’était que la partie émergée de son talent.

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Star Wars X-Wing – Episode #1 : premiers engagements !

Mon premier billet consacré à Star Wars X-Wing, le jeu de combats spatiaux avec figurines édité par Fantasy Flight Games, fut rédigé en quatrième vitesse alors que la gamme commençait à sortir en magasin. Bien évidemment, cet article n’était en rien une présentation complète ni même un guide de jeu. A vrai dire, mes billets suivants ne furent guère plus détaillés, tout juste des actualités sur les extensions programmées. Il était donc temps d’y remédier. Reprenant l’idée de mon challenge Warmachine, je vous propose un nouveau rendez-vous. Avec ce premier épisode, j’entame une nouvelle série d’articles, qui seront publiés au fil des mois à venir sous la forme d’un feuilleton. L’objectif n’est pas de couvrir tous les aspects possibles de Star Wars X-Wing, cela serait bien prétentieux de ma part, mais plutôt de vous livrer mon carnet de bord en tant qu’amiral rebelle, impérial ou chef de pirates de l’espace. J’espère vous donner envie de vous lancer à votre tour dans l’aventure Star Wars X-Wing, et j’invite les joueurs vétérans à livrer leurs commentaires bienveillants en fin d’article. May the Force be with you !

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Commençons tout d’abord par quelques fondamentaux. Comme expliqué ci-dessus, Star Wars X-Wing est un jeu de combats spatiaux vous permettant d’incarner un commandant impérial ou rebelle. Chaque flotte est représentée par des modèles réduits à l’échelle 1/270 ème, et les règles du jeu permettent de piloter vaisseau après vaisseau les figurines engagées dans la partie. La boîte de base contient un chasseur X-Wing, deux chasseurs TIE, deux fascicules de règles, ainsi que tous les accessoires nécessaires pour réaliser vos premières parties. Les vagues d’extension suivantes proposent différents vaisseaux recrutables pour votre flotte ; dans la mesure où les joueurs se mettent d’accord sur la longueur de leur partie, le nombre d’engins engagés sur votre table de jeu peut donc varier. La longueur des vaisseaux est également graduelle. A partir de la seconde vague d’extension, le Faucon Millénium et le Slave I ont introduit les règles de vaisseaux moyens, poursuivies avec l’arrivée de deux vaisseaux lourds et super-lourds : le transport rebelle puis le Tantive IV. La sixième extension, qui sort cette semaine, introduit une troisième faction : les « racailles et scélérats ». Soit une très large gamme de figurines à jouer comme à collectionner !

 

Règles simplifiées

Le joueur néophyte ne se lance pas directement dans la lecture du fascicule principal de règles. Il est invité à commencer par une courte brochure lui proposant des règles simplifiées d’initiation. Un sage conseil qu’il serait judicieux de suivre, surtout si vous n’êtes pas un habitué des jeux de figurines. Comptez 30-45 minutes pour votre première initiation, le temps de vous familiariser avec le système de jeu et acquérir de bons réflexes de joueur. Dans cette première approche, chaque commandant se limite aux caractéristiques basiques de ses vaisseaux. Le rapport de forces de 1:2 proposé par la boîte de base est tout à fait équilibré, car comme vous pourrez vous en rendre compte par vous-même, le chasseur X-Wing est nettement supérieur aux chasseurs TIE. Chaque partie se déroule en tours, divisés en quatre phases. Durant la phase de préparation, les joueurs choisissent secrètement les mouvements de leurs vaisseaux. Pendant la phase d’activation, ils révèlent et exécutent ces manœuvres vaisseau après vaisseau, par ordre croissant de valeur de pilotage. Le jeu ne suit donc pas un classique déroulement joueur après joueur mais s’organise de façon séquentielle et propre au profil de chaque vaisseau. La phase de combat reprend le même système, mais cette fois-ci par ordre décroissant de valeur de pilotage. Les affrontements sont très simplifiés, les joueurs étant invités à les résoudre par des lancers de dés à huit faces et à comparer les icônes affichés par leur face supérieure. La phase de dénouement invite les joueurs à comptabiliser les dégâts accumulés et à retirer les vaisseaux ayant perdu tous leurs points de bouclier et de coque. Au cours de ces premières parties, j’ai pu me rendre compte de la supériorité du chasseur X-Wing, avant même de découvrir ses aptitudes supplémentaires dans les règles de base. Sa cadence de tir est plus forte et ses deux points de boucliers renforcent sensiblement son endurance. Les chasseurs TIE ont tout intérêt à prendre en étau leur adversaire pour espérer rapidement éliminer la menace. N’envoyez jamais vos TIE l’un après l’autre contre un X-Wing, ce serait les mener à l’abattoir ! Lors de l’initiation de mon adversaire Nessie, j’ai pimenté quelque peu la partie en rajoutant des zones d’astéroïdes. Il existe des règles avancées pour les représenter, mais j’ai préférer utiliser une petite règle maison : je les ai comptés comme provoquant automatiquement un dégât de bouclier ou de coque lorsqu’un vaisseau finit son déplacement sur la tuile. Cela force à mémoriser rapidement les gabarits de manœuvre et à estimer correctement les distances ! C’est cruel pour une initiation, mais la partie en devient encore plus excitante !

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Règles de base 

Une fois les règles simplifiées parfaitement maîtrisées, il est temps de vous lancer dans la lecture du fascicule principal de règles (28 pages). Les ajouts supplémentaires concernent principalement la phase d’activation. Si vous effectuez une manœuvre que votre cadran indique comme rouge, vous récupérer un point de stress et votre pilote perd en efficacité. A l’inverse, les manœuvres indiquées en vert font perdre un point de stress au pilote. Une fois les manœuvres achevées, vous pouvez maintenant effectuer une action, leur liste étant indiquée sur chaque carte de vaisseau par des icônes sous le texte informatif. Les actions possibles avec les vaisseaux de la boîte de base sont limitées : concentration, acquisition de cible, tonneau, évasion. Elles confèrent des bonus pour la phase de combat, à l’exception du tonneau qui est un mouvement supplémentaire pour sortir du champ de tir de son adversaire. Chaque vaisseau peut choisir une action par phase d’activation, l’option devient dont très tactique pour les joueur. De notre expérience de jeu, l’acquisition de cible couplée à un tir à courte portée est une combinaison dévastatrice pour le redoutable X-Wing. Les action de tonneau ont permis plusieurs fois aux pilotes de mes chasseurs TIE d’éviter une mort imminente, et force est de reconnaître que les deux vaisseaux impériaux gagnent un peu plus en résistance grâce à leurs choix d’actions défensives. Le stress est également un élément supplémentaire de jeu redoutable, puisqu’il perdure et empêche de choisir une action ! Il est donc indispensable de savoir minimiser les manœuvres stressantes, même si certaines comme le demi-tour (virage koiogran) est souvent indispensable pour rapidement réengager un duel de vaisseaux.

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Règles avancées

L’aventure ne s’arrête pas là. Dans le dernier chapitre du fascicule de règles du jeu, les points de règles avancées contiennent trois missions sympathiques, mais préparent surtout à l’acquisition des blisters et boîtes d’extension. En effet, les consignes de recrutement d’escadrons et d’achat de cartes d’amélioration sont décrites pour des parties de 100 points par faction, soit bien plus que les figurines présentes dans la boîte de base. Notez cependant que l’opération n’est nullement mercantile. Ces extensions vont réellement vous apporter un contenu supplémentaire pertinent, pour ne pas dire passionnant. Les cartes d’amélioration fournies avec la boîte de base en sont déjà un bon avant-goût, notamment les très alléchantes armes secondaires qui remplacent votre armement standard durant les phases de combat. Ces améliorations s’achètent aussi avec des points d’escadron, leur choix se révèle donc très stratégique au cours de la constitution de votre flotte. De plus, les règles de base ne vous donnaient comme objectif que l’annihilation totale de votre adversaire. Avec les missions proposées en règles avancées, vos objectifs de partie vont s’enrichir considérablement. De nouvelles missions sont même proposées dans certaines extensions ! Que ce soit dans un futur objectif de tournoi ou pour organiser des parties « roleplay » entre amis, ces règles avancées achèvent votre formation de commandant. Il ne reste plus qu’à choisir quel camp vous collectionnerez en premier …

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L’aventure ne fait que commencer

Vous l’aurez compris, Star Wars X-Wing est un jeu relativement facile d’initiation et très addictif. Les règles simplifiées vous permettent d’initier des amis curieux et néophytes en très peu de temps une fois que vous les maîtrisez. Du côté du joueur convaincu, la progression organisée par étapes permet une formation sans douleur, un point positif face à d’autres jeux de figurines demandant un investissement beaucoup plus important. La boîte de base coûte en moyenne 40 euros et se suffit à elle-même dans un premier temps. Chaque extension coûte 15 euros pour un petit vaisseau, 30-40 euros pour les vaisseaux moyens. Il est donc possible d’agrandir sa collection sans pour autant se ruiner dans de trop onéreuses boîtes de figurines. Avantage non négligeable : les jeunes actifs n’étant malheureusement plus des étudiants disponibles, ces magnifiques vaisseaux sont finement détaillés et déjà peints. Dans ce domaine, l’industrie a fait de très beaux progrès et nous sommes loin des pièces affreuses commercialisées par d’autres éditeurs de jeux voici une dizaine d’année. Que du bon en définitive.

L’objectif de ce premier épisode visait à vous présenter, le plus succinctement possible, ce cheminement par étapes dans l’apprentissage de Star Wars X-Wing. La base étudiée, il est temps de s’attaquer aux extensions. Premiers servis pour le prochain épisode : les chasseurs et bombardiers de la faction impériale. Tiens, ce choix me rappelle un fameux anime fan-made !


Blind Guardian – Beyond the Red Mirror

BG_BRMRetour très attendu pour les allemands de Blind Guardian, qui n’avaient pas proposé de nouvel album studio depuis At the Edge of Time (2010). Alliant power metal et compositions orchestrales, Beyond the Red Mirror poursuit l’inspiration symphonic metal qui avait animé le groupe lors du fabuleux album A Night at the Opera (2002). Présenté par le label Nuclear Blast et le chanteur Hansi Kürsch comme un concept album, Beyond the Red Mirror se veut à travers ses paroles un récit de science-fantasy, reprenant le cours du récit qui nous était narré dans l’album Imaginations on the Other Side (1995). En effet, les plus curieux d’entre-vous avaient peut-être remarqué que les titres « Imaginations on the Other Side », « Bright Eyes » et « And the Story Ends » formaient une histoire complète, à l’issue de laquelle le jeune héros s’apprêtait à sauter à travers un miroir dimensionnel pour atteindre le monde mystérieux situé de l’autre côté.

Vingt ans plus tard, le groupe allemand reprend donc son récit, soulignant au passage deux décennies d’évolutions parallèles de leurs compositions et de leur personnage imaginaire. Dans le précédent opus, le jeune garçon fuyait un monde qui n’était pas le sien pour accomplir son destin de l’autre côté du miroir. Prêt à faire le grand saut pour rallier le second monde dans « And the Story Ends », Hansi Kürsch nous avait laissé en plein suspens. Allait-il franchir ou non ce portail magique ? Le chanteur de Blind Guardian nous réserve une grosse surprise, puisqu’il a décidé d’en faire un anti-héros : son jeune garçon n’a pas osé franchir le portail et se retrouve au bout de vingt ans toujours prisonnier de ce monde. Faute de vouloir accomplir sa destinée, son inaction a eu des conséquences fâcheuses sur les deux dimensions. Notre héros, désormais adulte, regrette sa couardise passée et tente une nouvelle fois de franchir le miroir. Mais pour se faire, il doit entamer une longue quête initiatique qui lui permettra de réclamer sa seconde chance.

L’intrigue en trois morceaux de Imaginations from the Other Side tirait son inspiration du Magicien d’Oz, de Peter Pan, d’Alice au pays des merveilles ou encore des Chroniques de Narnia. Désormais, notre jeune garçon est devenu un homme, et les sources d’inspiration quittent quelque peu la littérature fantastique jeunesse. Hansi Kürsch a cette fois-ci puisé dans les légendes arthuriennes, les mythologies grecques et nordiques pour écrire les paroles de Beyond the Red Mirror. L’auditeur découvre donc un récit riche, très riche, s’engouffrant dans différentes allusions et sous-intrigues. Les compositions sont d’ailleurs à l’image de ce récit profus. Aux riffs et signatures musicales propres à Blind Guardian se rajoutent plusieurs couches orchestrales, d’insertion plus ou moins bien réussie. A la fois valeur ajoutée et défaut de Beyond the Red Mirror, l’orchestration classique peine à s’harmoniser avec l’orchestration metal. L’intro de « The Ninth Wave » et la seconde piste « Twilight of the Gods » démontrent pourtant une bonne maîtrise de ces deux orchestrations associées, de même que « The Holy Grail » ou « The Throne » sauront séduire les amateurs de power metal bien épique. Mais à l’inverse, des morceaux comme « sacred mind » sont bien trop brouillons, saturant à l’écoute avec leur mélange d’orchestrations mal dosé et faisant rejaillir des défauts de composition que l’on pensait désormais corrigés pour un groupe aussi vétéran que Blind Guardian. Tout ceci donne une écoute décousue, sans véritable fil conducteur entre les morceaux. Un défaut plutôt gênant pour un projet se réclamant du « concept album » !

Heureusement, comme souvent avec Blind Guardian, le final est soigné, épique et conclue magnifiquement ce nouvel album. On en vient à oublier quelque peu ces défauts d’écriture, pourtant difficilement pardonnables chez un groupe roulant sa bosse depuis plus de trente ans. Censé marquer la transition avec le prochaine album entièrement orchestral et ainsi y préparer son public, Beyond the Red Mirror laisse quelque peu dubitatif. Avec un concept-album trop brouillon et manquant vraisemblablement de travail, nos allemands sont-ils vraiment prêts pour l’étape suivante ? Il serait dommage de rater la prochaine marche.