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Conférence Utopiales 2014 : le voyage interstellaire, une idée intelligente ?

Les Utopiales démarrent aujourd’hui ; le président du festival et physicien Roland Lehoucq inaugurait ce matin l’édition 2014 avec une passionnante conférence consacrée à la plausibilité du voyage interstellaire. Le sujet étant aussi vaste que passionnant, le Pr. Lehoucq se proposait de l’aborder sous un angle qui lui tient particulièrement à cœur : l’énergie nécessaire. C’est devant un public venu nombreux que le Professeur a donc tenu une conférence aussi pédagogique que savante, à même de susciter des vocations parmi les plus jeunes auditeurs.

Le Projet Daedalus - vue d'artiste.

Le Projet Daedalus – vue d’artiste.

Premier constat à l’allure de douche froide, voyager dans l’espace nécessite de rallier des distances faramineuses. Les astres de notre minuscule portion de galaxie sont séparés entre-eux par des distances considérables, et même le moindre voyage dans le système solaire peut s’éterniser. Rejoindre Mars prendrait au bas mot six mois, tandis que la sonde New Horizons partie en 2006 devrait atteindre Pluton d’ici juillet 2015 … Même les sondes les plus éloignées de notre planète ont à peine atteint la limite du système solaire et dérivent aux alentours de 100 UA. Aussi rallier la plus proche étoile à l’aide de notre technologie spatiale actuelle peut sembler illusoire : il faudrait pas moins de 80000 années pour rallier Proxima Centauri ! Les lointains descendants de l’équipage d’origine seraient-ils en vie ? Ou même capables de comprendre l’odyssée dans laquelle leurs ancêtres les embarquèrent ?

La plus grosse difficulté, comme l’a exposé tout au long de cette conférence le Pr. Lehoucq, repose sur la notion d’énergie. En effet, plus nous voyageons à des vitesses relativistes, plus nous devons dépenser des sommes exponentielles d’énergie. Si un vaisseau lancé à 1% de la vitesse de la lumière rallierait l’étoile la plus proche en 400 ans, il nécessiterait en retour un potentiel énergétique considérable, de l’équivalent de plusieurs années de production mondiale d’énergie générée par l’activité humaine ! De même que nos modes de propulsions chimiques sont totalement incapables de rallier les étoiles, les modes de propulsion par fission, fusion nucléaire ou antimatière posent des contraintes technologiques encore insurmontables. Prenons l’exemple du Projet Daedalus, une étude menée de 1973 à 1978 par la British Interplanetary Society pour concevoir une sonde interstellaire réalisable. Sa propulsion par réaction de fusion nucléaire entre de l’hélium 3H et du deutérium permettrait d’atteindre – en théorie – l’étoile de Barnard distante de 5,9 années-lumière en seulement 50 ans. Mais comment constituer des stocks suffisants d’hélium 3H ? Pour le Pr. Lehoucq, seule l’exploitation des ressources isotopiques de Jupiter apporterait une production suffisante à court terme … encore faut-il développer l’exploitation de Jupiter à l’échelle industrielle ! De même pour les vaisseaux spatiaux équipés de moteurs à antimatière : outre la difficulté de concevoir un moteur au rendement acceptable, il se pose la question du stockage de l’antimatière en masse suffisante, là où seulement quelques particules sont contenues pendant à peine un quart d’heure avec la technologie de pointe actuelle.

Le "Venture Star" du film Avatar

Le « Venture Star » du film Avatar

En définitive, si le voyage interstellaire n’est pas encore à l’ordre du jour, la science-fiction nous offre tout de même quelques exemples de vaisseaux spatiaux suffisamment plausibles pour être discutés par les physiciens. Le Venture Star du film Avatar en est un parfait exemple. Bien que le film de James Cameron provoque d’âpres discussions entre cinéphiles, et notamment en raison de son scénario, le vaisseau spatial ralliant la Terre à la planète Pandora reste particulièrement bien pensé, avec ses énormes moteurs, ses réserves d’antimatière et son bouclier de proue protégeant l’équipage du bombardement de particules cosmiques. Dans Tau zéro de Poul Anderson, le vaisseau spatial fonctionne à la manière d’un aspirateur interstellaire, récupérant à la proue les particules cosmiques pour les éjecter en poupe et ainsi propulser le vaisseau. Une bien belle idée pour nourrir les rêves des scientifiques comme des lecteurs.


Une fortification anti-zombies en vente sur le web

Effrayé par l’apocalypse zombie ? Envie de construire une fortification sécurisée mais confortable et respectueuse de l’environnement grâce à ses matériaux renouvelables ? La société Tiger Log Cabins a peut-être la solution pour vous. Ce fabriquant britannique de cabanes de jardin propose dans son catalogue en ligne une référence entièrement dédiée à la protection de survivants en cas d’attaque zombie. Pour la modique somme de 88653 euros, vous pouvez commander le modèle « The Zombie Fortification Cabin » (ZFC-1), proposé dans sa version basique ou livré avec des accessoires supplémentaires. Attention, les fusils à pompes et les munitions ne sont pas livrés avec votre commande.

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Sur une surface totale de 113 m² , ce produit vous propose trois bâtiments reliés entre-eux par des couloirs sécurisés. Le bâtiment principal, d’une hauteur de 5,5 m, comprend un rez-dechaussée, un étage habitable et une toit-terrasse aménageable en plate-forme de défense. Tout est prévu pour le confort des survivants, puisque le prix inclut une cuisine aménagée, un salon meublé, des lits superposables et commodes pour les chambres, des luminaires à tous les étages, un écran plasma et sa X-Box, des machines de musculation et des sanitaires en état de marche. Pour la protection de vos hôtes, le bâtiment est construit en planches de bois de haute qualité et d’une épaisseur de 44 mm. Deux autres bâtiments, une remise servant de hall d’entrée et un garage barricadé, complètent le kit. Un grillage protège par le haut votre cour intérieure, ce qui permettra de la réaménager sans dangers en jardin maraîcher. Le fabricant équipe aussi votre abri de portes et de fenêtres sécurisées et garantit 10 ans son installation anti-zombies. Malheureusement, la construction n’est pas à l’épreuve des clowns psychopathes.

Pour les plus exigents, plusieurs options sont commandables en ligne : projecteurs extérieurs, panneaux solaires, équipement rembourré anti-émeutes, lance-flammes, caméras de sécurité, canon à eau… Le groupe électrogène et la réserve d’eau potable ne sont cependant pas fournis, il vous faudra donc revoir en partie les installations afin de gagner en autonomie. Si l’on en croit les premiers commentaires clients, les survivants se montrent très enthousiastes : Robert Neville, Shaun of the dead, Stephen « Flyboy » Andrews et Chris Redfield ne tarissent pas d’éloges sur ce produit. A noter l’avis négatif Roger Rotter, zombie de son état, qui démontre très clairement l’efficacité de ces installations !

Ce modèle exceptionnel, proposé par Tiger Log Cabins juste le temps de fêter Halloween, est bien entendu une blague potache comme le rappellent les nombreux indices dissimulés dans l’annonce. Le directeur de l’entreprise, Ross Moran, confesse dans le Daily Mail que si le modèle « The Zombie Fortification Cabin » est commandable, il vous sera uniquement livré avec ses bâtiments vides. Toutes ces incroyables options sont malheureusement issues de l’humour anglais des employés de la firme, visiblement fans de films de zombies. Mais comme le révèle Ross Moran, leur abri anti-zombies a tout de même été pris au sérieux par quelques internautes américains, qui ont contacté la société pour en équiper leurs ranchs… Sacrés américains !


Climat : les 5 leçons à retenir de l’année 2014

L’année en cours a été marquée par de nombreux records de chaleur, inscrivant les mois écoulés parmi les plus chauds jamais enregistrés en 130 ans de suivi des températures. Deke Arndt, responsable de département au NOAA National Climatique Data Center d’Asheville (Caroline du Nord), revenait récemment dans les pages de climate.gov sur cette année écoulée et les enseignements à en tirer. Revenons donc, selon cet expert climatique, sur les cinq points essentiels que nous devons retenir de cette année en cours :

 

1. Les records sont désormais établis mois après mois, à l’échelle de l’année. Dans un calendrier, les douze mois de l’année en cours s’enchaînent indépendamment des années précédemment écoulées. Cette façon de concevoir une année a un sens dans notre vie quotidienne, mais elle le perd en climatologie. En effet, le modèle d’étude du climatologue n’est pas un calendrier en carton mais le système Terre-Soleil, avec ses répétitions saisonnières liées à l’inclinaison de l’axe des pôles combinée à la rotation de notre planète autour de son étoile. C’est pourquoi la NOAA compare les températures moyennes à la surface de la Terre aux données recueillies pour les mêmes mois lors des années antérieures. Les graphiques ainsi exposés ont plus d’impact, notamment pour visualiser des périodes annuelles comparables et ainsi mieux souligner les éventuels records de chaleur rapportés.

Evolution des températures mensuelles lors des six années les plus chaudes rapportées (sources : NOAA).

Evolution des températures mensuelles lors des six années les plus chaudes rapportées (sources : NOAA).

 

2. Les records de chaleur de l’année 2014 sont indépendants du phénomène El Niño. L’année 1998 est une référence en climatologie, en raison de son important événement El Niño, significatif d’une année « chaude » . Le contre-phénomène de La Niña qui s’en suivit eut un effet à l’inverse « refroidissant » sur les températures des années suivantes. Le phénomène s’est également reproduit en 2005 puis 2010, et les fortes chaleurs rencontrées cette année auraient pu déclencher un nouvel événement El Niño/La Niña. Si ce n’est fort heureusement pas encore le cas, les prévisionnistes de la NOAA n’excluent pas un déclenchement tardif d’ici la fin de l’année. Etant donné la difficulté de prédiction du phénomène, une année chaude sans événement El Niño/La Niña représenterait une donnée des plus précieuses afin d’affiner les modèles climatiques.

3. Plusieurs scénarios pointent un nouveau record de chaleur d’ici la fin de l’année 2014. En effet, si aucun événement El Niño ne se réalise, le contre-phénomène « refroidissant » de La Niña ne se produira certainement pas. Les températures moyennes devraient donc marquer de nouveaux records, voire même aboutir à la fin d’année la plus chaude jamais mesurée. Ces pronostics sont résumés dans le graphique ci-dessus, qui compare les hausses de températures rapportées durant les mois des années les plus chaudes jamais enregistrées. Pour l’année 2014, les différents scénarios avancés et rapportés en pointillé viennent compléter la courbe. Tous avancent une fin d’année chaude, potentiellement supérieure aux précédents records des automnes 1998 ou 2010.

 

Planisphère des évolutions de température à la surface du globe en janvier-septembre 2014. (sources : NOAA)

Planisphère des évolutions de température à la surface du globe en janvier-septembre 2014. (sources : NOAA)

4. Les températures records de cette année sont reliées à la hausse de la température moyenne à la surface des océans. Mais contrairement aux territoires émergés, les tendances évoluent lentement pour les océans. Aussi leur influence sur les records de chaleur restera positive jusqu’à la fin de l’année. Prenez pour explication le constat suivant : en juin, l’eau est encore relativement fraîche, tandis que sa température en septembre-octobre est bien plus chaude. Cela crée deux phénomènes annuels observés en septembre : les records de surface des banquises aux pôles. La banquise de l’océan arctique a atteint en septembre son minimum annuel d’extension avec pour 2014 une surface enregistrée de 5,02 millions de km². Aux antipodes, la banquise antarctique a connu sa plus forte extension hivernale du dernier quart de siècle avec un record de 20 millions de km². Ce constat contradictoire est lié au réchauffement des océans, cependant la singularité de la banquise antarctique s’explique par d’autres facteurs venant favoriser son extension annuelle : les taux d’ozone créent des perturbations favorables, tandis que les eaux australes stratifiées forment en surface une couche froide propice à l’extension.

5. Le classement individuel des années est trompeur. Il est tentant de proposer un podium des années les plus chaudes jamais rapportées. Ce trait de l’esprit est souvent utilisé par les médias, y compris les revues scientifiques, mais présente le désavantage de focaliser sur une information incomplète. Prise individuellement, la fluctuation de la température moyenne pour l’année 2014 est un détail. Elle apparaît même comme difficilement discernable des autres fluctuations rapportées. Seule importe l’évolution au fil des mois, et leur comparaison d’année en année. Dans le graphique précédent, il faudrait que les derniers mois de 2014 soient en dessous de la moyenne des années 2000 à 2013 pour rater la première place du classement. Quel que soit le scénario réalisé d’ici la fin de l’année, ces chiffrent confirment que nous vivons dans un monde se réchauffant de manière significative, sans aucun doute désormais possible.


Harry Potter et les Reliques de la Mort (2/2) – David Yates (2011)

HP8Seconde partie des Reliques de la Mort : Harry, Ron et Hermione sont plus que jamais engagés dans leur combat final contre Voldemort et ses Mangemorts. Après avoir enfin détruit un horcruxe et fui les geôles du manoir de la famille Malefoy, nos trois adolescents progressent dans leur mission en réalisant un spectaculaire casse chez Gringotts. Désormais en possession d’un nouvel horcruxe, ils savent néanmoins que Voldemort a compris leur stratagème et tentera de protéger le prochain objet maléfique, caché dans les salles secrètes de Poudlard. Une course contre la montre commence alors, Harry Potter et ses amis parvenant à libérer l’école des sorciers de l’emprise des Mangemorts avant même que les séides du sorcier maléfique en entament le siège. Alors que ses amis s’organisent pour un baroud d’honneur, Harry retrouve enfin l’horcruxe tant convoité. Mais le jeune sorcier ignore qu’il en existe d’autres, cachés au plus près de son ennemi … comme de ses amis.

Séance de rattrapage pour ma part, ayant enfin eu l’occasion de visionner le second et ultime chapitre de l’adaptation cinématographique des Reliques de la Mort. Une conclusion qui, lors de sa diffusion en salles en 2011, fut autant attendue que la parution du roman éponyme de J.K. Rowling. Avec ses 1,3 milliards de dollars de recettes mondiales, le film se classe quatrième plus grand succès commercial de l’histoire du cinéma. Autant dire que les histoires du jeune sorcier font office de poule aux œufs d’or à Hollywood, et que la prochaine ponte sous forme de trilogie spin-off me semble déjà assurée d’un futur succès sur grand écran. Mais revenons au dernier volet cinématographique de la série. D’une longueur totale de 4h38, cet ultime chapitre apporté à la saga Potter fut divisé, comme chacun le sait, en deux parties distinctes : la première diffusée à la fin de l’année 2010 et la seconde durant l’été 2011. Sous le prétexte tout à fait valable de ne pas rallonger outre-mesure la séance de cinéma, les producteurs ont surtout trouvé là un magnifique levier commercial, puisque les deux parties cumulent au final plus de 2,2 milliards de dollars de recettes commerciales !

Quant à l’effet de ce découpage sur le déroulement du film, il est plutôt désastreux. Après une première partie s’essoufflant tout du long et portée à l’écran par des acteurs relativement médiocres, nous entamons sans transition une seconde partie sur-vitaminée, où l’intrigue s’enchaîne à un rythme effrénée sans un seul temps mort entre des scènes débordant d’explosions magiques et de créatures fantastiques. Cette avalanche d’effets spéciaux tient visuellement le spectateur comme scotché à l’écran, d’autant plus que les paysages bien trop sombres et ternes créent un contraste démesuré avec le feu d’artifice d’explosions magiques. Harry Potter et les Reliques de la Mort est un film sombre, mais au premier sens du terme. Cela signifie que l’aspect dramatique de la mise en scène tient plus de la pénombre dans laquelle sont plongés les personnages que de l’intrigue trop superficielle ou de l’interprétation déplorable des acteurs. Sans avoir lu le roman, il est plus qu’évident pour le spectateur que, malgré les quelques pertes de personnages secondaires, le scénario s’oriente vers une victoire triomphante de nos héros principaux. Aussi, sans surprises, nos trois adolescents s’agitent dans tous les sens, bénéficient d’une chance insolente à même de rattraper leur désorganisation totale, et parviennent sur quelques coups de poker à vaincre une armée de Mangemorts les surpassant en nombre, en puissance magique et en organisation. Stupéfiante preuve que le Bien triomphe toujours, du moment que le plateau de la balance soit résolument bloqué en sa faveur.

Mais très d’ironie facile. Si Harry Potter et les Reliques de la Mort n’est certainement pas le genre de film capable de séduire le public néophyte, son scénario s’adresse selon toute vraisemblance aux fans, aux vrais, ceux qui depuis le début suivent les aventures du petit sorcier, et qui durant le combat final retiendront leur souffle. Il faut donc une bonne dose de passion pour suspendre son incrédulité face à cette seconde partie, sous peine de railler les moindres défauts de ce blockbuster d’un classicisme navrant. Pourtant, malgré cela, on se surprend à s’émouvoir face à l’attendrissante scène finale de cette saga, et à rêver malgré tout des futures aventures de Potter père et fils. De quoi toucher l’enfant qui sommeille encore en nous. Là-dessus, David Yates et J.K. Rowling nous ont bien eus, ces chenapans !


Scorfel 2014

Quelques mots pour vous indiquer que le festival de littératures et jeux de l’imaginaire « Scorfel » se déroule ce week-end 25 et 26 octobre 2014, à la Salle des Ursuline de Lannion (22). Outre le cadre breton et fantastique de la Côte de Granite Rose, ce petit festival à dimension humaine vous propose un rendez-vous convivial, rythmé par la rencontre avec des auteurs bretons ou d’autres horizons (Benoît Chérel, Sophie Dabat, Lionel Davoust, Maëlig Duval, Silène Edgar, Iman Eyitayo, Mélanie Fazi, Thomas Geha, Romain Godest, Jean Millemann, Julien Morgan, Lise Syven, Alizée Villemin …).

Au programme des animations, les plus petits y trouveront jeux et ateliers créatifs, tandis que les enfants plus grands pourront se défier avec des épées en mousse. Pour les ludophiles, des ateliers jeux de plateaux et des initiations jeux de rôles sont à votre disposition. A noter également également un programme complet durant ce week-end autour de conférences, atelier BD et même une chasse aux dragons. Un bon moment de fantasy en perspective. Pour vous mettre à la bouche, mon album photo de cette journée du samedi est disponible en ligne, ci-dessous et sur la page facebook du blog :