octobre 2014
L Ma Me J V S D
« sept    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Bioterrorisme et Ebola : récit d’une nouvelle rumeur absurde

ebola_virusDepuis le début de la récente épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, les théories conspirationnistes autour de cette actualité se multiplient. Considéré comme l’un des virus les plus dangereux au monde, Ebola présente un taux de létalité de 90 % chez l’homme, mais fort heureusement sa transmission reste difficile au sein des populations. Découvert en septembre 1976 par le médecin belge Peter Piot près de la rivière éponyme située dans le nord de la République démocratique du Congo, ce filovirus semblerait provenir de réservoirs naturels, notamment de chauve-souris frugivores. En raison de sa spectaculaire létalité et de sa récente description, Ebola alimente toutes sortes de théories du complot, qui ne manquent pas de se diffuser à mesure que l’actualité se fait plus préoccupante autour de la propagation du virus à d’autres continents.

Une des théories les plus souvent relayées par les conspirationnistes stipule que le virus Ebola (tout comme le virus du SIDA) serait une invention échappée de laboratoires militaires secrets ou actuellement testé comme arme de bioterrorisme par les puissances occidentales. Comme entrevu ci-dessus, ce hoax rejoint les complots du lentivirus HIV sur l’hypothèse de virus artificiels : selon les partisans de ces théories, les deux virus auraient été produits dans les années 70, en pleine guerre froide, afin de déstabiliser la concurrence par de foudroyantes attaques bioterroristes. Cependant, cette théorie s’écroule comme un château de cartes lorsqu’elle est comparée à la chronologie de l’histoire de la biologie moléculaire. En effet, en 1976, la génomique encore balbutiante réalise le premier séquençage d’un petit génome, celui du virus bactériophage MS2. Bien trop tôt pour imaginer une quelconque construction génétique d’envergure : le premier génome viral artificiel ne sera quant à lui publié qu’en 2003 par le laboratoire de Craig Venter. Même constat pour le virus HIV, dont l’origine a été retracée jusqu’aux alentours des années 1920, date à laquelle le support moléculaire de l’information génétique était encore inconnu des biologistes. Dans ces conditions, l’idée même que ces deux virus aient été fabriqués dans les années 70 ou à une date antérieure est difficilement défendable, pour ne pas dire techniquement irréalisable.

Reste à envisager l’hypothèse bioterroriste. A défaut de concevoir un virus conspirationniste, est-il possible d’utiliser Ebola comme arme biologique ? Commençons par définir le cahier des charges d’une telle arme. Pour que l’agent infectieux soit efficace, il faut que le virus se propage facilement dans l’environnement et infecte rapidement la population visée. Afin d’apprécier le potentiel de dissémination d’un agent infectieux, il faut calculer son taux de reproduction de base (Ro). Il s’agit d’estimer quel est, en moyenne, le nombre de cas secondaires générés suite à la transmissions de l’agent pathogène par une personne durant sa période infectieuse. Si Ro est inférieur à 1, alors chaque malade entraînera statistiquement moins d’un cas secondaire, et l’épidémie peut être considérée comme contrôlée ou sur le déclin. A l’inverse, si Ro est supérieur à 1, alors le risque que l’épidémie se repende augmente en conséquence. Tous les virus ne présentent pas le même taux de reproduction. Ce facteur est calculé selon la relation Ro = p.c.D  avec p la probabilité de transmission de l’infection au cours d’un contact avec une personne atteinte, c le nombre moyen de contacts qu’un individu malade réalise par unité de temps, et D la durée moyenne de la phase infectieuse. Le taux de reproduction de base Ro varie donc en fonction de la nature de l’agent viral et des conditions sanitaires mises en œuvre durant l’épidémie. Si le virus Ebola était utilisé comme arme biologique, il lui faudrait présenter un facteur Ro élevé. Or les candidats viraux les plus souvent cités par partisans des théories du complot sont également les moins contagieux : l’hépatite C comme le virus Ebola ont un Ro égal à 2, et le virus du SIDA ou celui du SARS ne dépassent pas un Ro égal à 4. Même la fameuse grippe A (H1N1) présente un Ro d’à peine 1,5, soit encore plus faible que le Ro de 2-3 estimé de la célèbre grippe espagnole de 1918 ! En définitive, selon ce critère, un candidat viral idéal pour un attentat bioterroriste serait à chercher dans des souches mutantes des virus de la rougeole (Ro = 18) ou de la coqueluche (Ro = 17), qui figurent parmi les virus les plus contagieux connus pour l’espèce humaine.

Autre condition indispensable à la réalisation d’une arme biotechnologique efficace, notre agent infectieux doit pouvoir se propager facilement. Idéalement, un virus restant longtemps actif dans l’atmosphère permettra de répondre à cette contrainte. C’est pour cette raison que le bacille du charbon, qui peut être propagé dans l’air ambiant sous la forme de spores bactériennes, intéresse bon nombre d’experts en armement biologique. Or le virus Ebola ne se transmet nullement chez l’homme par voie aérienne. Pour être contaminé à son tour, il faut être en présence de fluides corporels : sang, sécrétions, excrétions, sperme, salive, ou encore larmes. Inoculer de manière massive et efficace le virus Ebola à une population nécessite également des expositions à risques répétées. Il faudrait donc imaginer de fréquentes pulvérisations de micro-gouttelettes de fluides corporels dans des endroits mal ventilés. Évidemment, une douche de sang, de vomi ou de matière fécale ne manquerait pas d’alerter immédiatement les victimes comme les autorités. L’opération isolée serait très difficile à répéter pour un groupe terroriste, et ceci pour un faible risque encouru chez les personnes aspergées. En effet, dans le cas d’Ebola, la fréquence des contacts à risques est le seul moyen d’entraîner la contamination. C’est pourquoi le personnel soignant présente bien plus de risques de contracter la maladie que le passant ordinaire. Bref, le virus Ebola ne cumule que des désavantages pour le bioterrorisme : sa propagation est délicate et son taux de reproduction de base est faible. Il en est de même pour le virus du SIDA, qui ne se transmet que par le sang, les rapports sexuels non-protégés et durant la grossesse. Voilà donc deux virus que tout bioterroriste en herbe prendra soin d’éviter s’il veut réussir son projet criminel …

En définitive, les agents viraux les plus à même de devenir des armes biologiques intéressent rarement les complotistes. Citons parmi eux la variole (Ro = 7, transmission par contact physique), dont la menace bioterroriste est immensément plus sérieuse que pour le virus Ebola. Mais l’ignorance et la peur prennent hélas bien trop souvent le dessus sur la raison. Avec la sur-médiatisation de la moindre présomption de contamination, les chaînes d’information entretiennent un climat de psychose auprès du grand public, qui en oublie les véritables raisons de cette propagation du virus en Afrique : la grande misère dans laquelle vivent ces populations et l’indifférence générale des pays occidentaux à leur égard.


Bilbo est une fille : la gender fan-fiction au service de l’analyse de l’œuvre

femBilbo1C’est l’histoire de Michelle Nijhuis, une mère lisant Bilbo le Hobbit à sa petite fille de cinq ans. Jusque là, rien de bien insolite de la part d’une maman journaliste scientifique et un peu geek. Seulement voilà, après avoir lu les deux premiers chapitres de l’histoire, notre fillette rêveuse fait remarquer à sa mère que Bilbo est une fille. Michelle la corrige gentiment, émue par l’imagination de son bambin, mais la fillette persiste. Dans son esprit enfantin, Bilbo est définitivement un personnage féminin. Michelle hésite, partagée entre son désir de lire à sa fille une de ses histoires préférées et son attendrissement pour l’imagination débordante de son enfant. Ce que Michelle Nijhuis a alors entrepris est particulièrement intéressant. Concédant un intérêt à ce trait d’imagination enfantin, elle décide de poursuit la lecture de l’œuvre au féminin. Sa petite fille en est enchantée, et notre mère prend goût à cet exercice de genre directement interprété à partir du texte d’origine. Peut-être parce qu’en définitive, l’expérience dépasse le simple plaisir de réécriture.

Coupons court aux mauvaises langues, notre Bilbo féminine s’intègre parfaitement à l’histoire. Elle devient même un personnage fort, humble et pleine d’humour. Chose peut-être encore plus remarquable, le choix de son genre ne heurte en rien le déroulement de l’intrigue, ni ne dénature l’œuvre en elle-même ! Partageant son expérience sur le web, Michelle Nijhuis fait alors bien plus que militer pour encourager les personnages féminins dans la littérature jeunesse. Bien au contraire, son expérience dépasse de loin le simple militantisme féministe. Car en modifiant l’image que nous nous faisons de Bilbo, Michelle Nijhuis a tout simplement défini un rôle particulièrement fort de la fan-fiction : s’approprier l’œuvre, plonger sa propre plume dans ce terreau littéraire et explorer l’univers de son auteur préféré en imaginant des situations alternatives. Ainsi était née « Girl Bilbo », un personnage totalement fan-fictionnel qui connaît chez nos voisins anglo-saxons un réel engouement.

Mais « Girl Bilbo » ne se limite pas à une curiosité du moment au sein des amatrices de cosplay ou de fan-fiction. Son existence fan-fictionnelle est bien plus pertinente que cela. Car cette féminisation de Bilbo amène un constat fondamental : pour bon nombre de récits de fantasy, la question du choix du genre influe-t-elle réellement la qualité du texte ? La fan-fiction devient alors un démarche empirique d’étude du récit. Changer le genre d’un ou de plusieurs personnages ne demande que peu d’efforts de réécriture, mais peut se montrer particulièrement révélateur. Un récit se propose, selon la fantaisie de son auteur, de nous narrer les aventures de personnages aux sexes et genres bien définis. Mais pour que le texte ne souffre pas de déséquilibres sexistes, la réciproque de genre doit pouvoir s’appliquer à n’importe lequel de ces personnages. Par son expérience originale, Michelle Nijhuis en fait la démonstration pour Tolkien. Maintenant que voie étant ouverte, il ne reste plus qu’à explorer d’autres fan-fictions de genres alternatifs. Aussi bien pour le plaisir de revisiter nos œuvres préférées que pour l’analyse littéraire que l’expérience propose.


Nouveautés Champions de Nurgle

J’ai toujours eu un faible pour les serviteurs du Chaos, que ce soit dans les univers Games Workshop ou pour tout autre jeu. Et je dois dire que les nouveaux serviteurs de Nurgle ont de quoi me faire regretter d’avoir vendu ma petite armée de maraudeurs voués à ce Dieu de la Déchéance. En effet, dans le cadre de sa nouvelle version de son célèbre jeu de figurines fantastiques, Games Workshop a retravaillé les miniatures des plus grands Champions du Seigneur de la Peste, et propose une série inédite de figurines jouables pour « Warhammer The End Times  » .

Les plus grands vétérans des guerres chaotiques sont désormais regroupés en unités de Champions. Ceux voués à Nurgle ont pris le nom de Blightkings et constituent un choix de guerriers du Chaos particulièrement endurants pour vos armées. Le kit contient 105 pièces pour monter et personnaliser vos 5 figurines (44 euros). Incroyable révolution chez Games Workshop, il ne vous faudra pas dépenser une somme rondelette pour vous procurer un livre de règles hors de prix afin de pouvoir jouer votre unité : les règles spéciales sont contenues directement dans la notice d’assemblage et dans le White Dwarf n°37.

PutridBlightKings01

Cette nouvelle série de figurines est également accompagnée d’un personnage spécial sous blister. Gutrot Spume est un magnifique Seigneur de Nurgle sculpté selon un look très cthulhesque. Son énorme hache et ses tentacules en font un adversaire aussi repoussant que redoutable. Une belle pièce plastique proposée pour 21 euros. Là aussi, les règles de ce personnage spécial se trouvent dans la notice d’assemblage fournie avec la figurine et dans White Dwarf n°37.

nurgle_lord_WtEOT

Enfin, signalons parmi ces  nouveautés l’arrivée de hérauts de Nurgle chevauchant de repoussantes monstruosités ! Marqués par les mutations et dégénérescences de Nurgle, ces anciens mortels sont devenus de terribles combattants prêts à tous les sacrifices pour propager la maladie et la corruption. Ces terribles champions du Seigneur de la Peste évoquent des chevaliers de l’Apocalypse et devraient effrayer votre adversaire … Ces impressionnantes figurines sont disponibles sous forme d’un kit modulable, chaque boîte (60 euros) permettant l’assemblage de l’un des trois personnages plastiques. Les règles de ces hérauts spéciaux sont disponibles dans la notice d’assemblage et dans le White Dwarf n°38.

 

nurgle_champions-montures


Cosmos 1999

Série de science-fiction britannique développée entre 1975 et 1977, Space 1999 (Cosmos 1999 dans sa version française) se compose de deux saisons de 24 épisodes chacun, d’une durée moyenne de 49 minutes. Son synopsis proposait au téléspectateur un ambitieux scénario d’anticipation spatiale. En 1999, l’exploration de l’espace poursuivant son développement exponentiel, la communauté internationale a uni ses forces pour construire une base lunaire permanente. La station, forte d’un personnel de 311 techniciens et ingénieurs, s’occupe aussi bien de la préparation d’expéditions spatiales que du stockage des déchets nucléaires terrestres. Le 13 septembre 1999, le nouveau commandant Koening prend ses fonctions à la tête de la base lunaire Alpha. Mais suite à un bombardement électromagnétique intense d’origine inconnue, les déchets accumulés dans les silos de stockage atteignent une masse critique et provoquent une explosion thermonucléaire massive. L’énergie libérée est telle que la Lune se retrouve propulsée hors de son orbite et devient un astre errant à travers la galaxie.

Sans espoir de retour sur Terre, le commandant Koening organise la survie de son équipage piégé sur la Lune. Les installations autonomes de la base Alpha leur permettent en théorie de supporter une période d’autarcie prolongée, mais les Alphans espèrent que leur longue odyssée à travers le cosmos s’achèvera par la découverte d’un nouveau monde colonisable. Le voyage se révèle aussi long que risqué. Durant son périple, la Lune croise de nombreux dangers, et chaque épisode relate les obstacles rencontrés par nos naufragés lunaires. La première saison se présente donc comme l’Odyssée futuriste des Alphans à travers l’espace : les planètes rencontrées sont étranges et mortelles pour l’homme, un trou noir menace de détruire la Lune, les fantômes du passé resurgissent et les premières rencontres avec des formes de vie intelligentes sont tout aussi déstabilisantes. De nombreuses façons, cette première saison évoque un voyage philosophique où la place de l’homme, nouveau venu dans l’univers, est constamment questionnée. Jusqu’au final de cette première série renouant avec les mythes de la panspermie et de l’Atlantide. « Que savons-nous de l’Homme ? » s’interroge le Pr. Victor Bergman dans le second épisode. La question reste posée tout le long de la première saison, alors que nos Alphans sont semblables à ces hommes de l’allégorie de la caverne de Platon et dont les chaînes auraient été brutalement brisées pour les rejeter à l’extérieur. Cette accession à la connaissance aussi bien qu’à la réalité de l’Univers que les scientifiques de la base Alpha ne connaissaient que de manière partielle et déformée constitue de toute évidence l’épine dorsale de la saison.

space1999

La réception de cette première saison est toutefois mitigée. Le public et les critiques peinent à s’immerger dans l’univers de la série, comme si le ressort à même de suspendre leur incrédulité était cassé. Le même échec se constate dans l’analyse d’Isaac Asimov à l’issue du visionnage du pilote de la série. Critiquant avant tout la pertinence scientifique de la production, il ne loue que certains détails dans la mise en scène, notamment les mouvements ralentis des acteurs lors de leurs sorties lunaires ou encore le design de la base et des vaisseaux « Eagle ». Ces critiques que des séries contemporaines telles que Star Trek ou Doctor Who ne s’attirent alors pourtant pas proviennent très probablement de la ressemblance esthétique de Space 1999 avec 2001 : l’Odyssée de l’Espace (1968). Le lien est d’autant plus fort que Brian Johnson, assistant dans l’équipe d’effets spéciaux de 2001, est en charge des effets spéciaux pour Space 1999. En dépit de la conclusion métaphysique particulièrement troublante de ce chef d’œuvre, Kubrick s’était attaché tout au long de la réalisation à conserver une esthétique et une mise en scène aussi scientifiquement réalistes que possible. Kubrick n’avait qu’une crainte : que son film soit accueilli comme une vulgaire œuvre de série B. A croire qu’en s’inspirant de l’esthétique du film de Kubrick, les producteurs Gerry et Sylvia Anderson sont tombés dans les travers que ce dernier tentait à tout prix d’éviter.

Mais le pire coup bas porté à la série devait venir avec la seconde saison de Cosmos 1999. En raison d’audiences plutôt médiocres aux États-Unis, les distributeurs de la série demandent aux producteurs de revoir leur copie avec la prochaine saison. Une nouvelle formule est proposée : chaque épisode se présente désormais selon le même schéma répétitif : une figure ennemie fait son apparition et menace d’anéantir la base Alpha. Nos héros combattent ce méchant et triomphent du danger avant de reprendre leur périple à travers l’espace. Les décors sont réduits, la superbe salle de commandement de la saison 1 est remplacée par un local exiguë. Le commandant Koening et le Dr. Russell restent des personnages centraux de la série, mais leur amour platonique doit apparaître au grand jour. Un nouveau personnage principal rentre en scène : Maya, une jeune alien métamorphe de la planète Psychon qui choisit dès le premier épisode de la série de trahir le parti de son père pour sauver les Alphans. Elle est en couple avec Tony Verdesch, chef de la sécurité de la base et nouveau personnage qui secondera désormais le commandant Koening. Le personnage de Maya présente bien des avantages : c’est une femme forte, scientifique émérite et dont le rôle dans la série est prépondérant. En supplément du Dr. Helena Russel, elle garantit un certain équilibre des genres et brise la distribution un peu trop machiste de la première saison. Hélas, Maya est un personnage fantastique, dont le pouvoir de transformation tranche avec le background de la base lunaire. La série s’ancre plus dans l’imaginaire du spectateur, mais perd en caractère philosophique. Les épisodes n’ont plus d’allégories aussi efficaces à proposer, et les scénarios se répètent. Martin Landau (Commandant John Koening) ne cache pas sa déception, tout comme beaucoup de fans de la première heure.

A bout de souffle, Space 1999 s’est transformée au terme de la seconde saison en une série B américaine tout à fait banale. Misant sur le personnage central de Maya, les producteurs envisagent une troisième saison de 13 épisodes, dont le tournage devait démarrer à l’automne 1997. Mais les négociations avec les chaînes américaines échouent, et la série est annulée. Un revival apparaît en 1999 avec « Message From Moonbase Alpha », un court-métrage amateur soutenu par Johnny Byrne (co-scénariste) et l’actrice Zienia Merton qui accepte de reprendre pour l’occasion son rôle de Sandra Benes (un des rôles secondaires les plus populaires auprès de fans). Ce mini-épisode se présente comme un message final transmis dans l’espoir que des humains parviennent un jour à le capter. On y apprend que les alphans ont enfin trouvé une nouvelle Terre et en ont fait leur foyer. Des années ont passé et Sandra, qui semble à la fois la dernière gardienne de la base Alpha et l’ultime représentante de l’équipe, adresse ses poignants adieux. Diffusé en convention, « Message From Moonbase Alpha » semble annoncer une résurgence de la série. Les projets échouent cependant, la franchise Space 1999 n’intéressant aucun producteur. Jusqu’en février 2012, lorsque ITV Studios America et HDFILMS annoncent leur projet d’un remake baptisé « Space : 2099″ . Sans nouvelles depuis. Mais dans le cœur de milliers de fans, la base Alpha continue encore ses aventures à travers l’espace infini …


Le Congrès des Sciences Futures #1

congres_banniere

 

J’ai le grand plaisir de vous annoncer le lancement du premier numéro du webzine « Le Congrès des Sciences Futures » ! Débuté cet été, le projet a lentement mûri, recevant de premières soumissions jusqu’à la sélection de douze textes pour ce numéro pilote. D’abord disponible sous format html, il n’est pas impossible qu’une version pdf et epub sorte dans les mois à venir ! Son originalité première ? l’évaluation des soumissions reçues est inversée. Le premier critère de validation d’un texte soumis repose avant tout sur la mise en situation d’une idée ou d’un concept scientifique. Il peut s’agir du sujet central de la nouvelle ou d’une toile de fond suffisamment décrite, bien entendu. Le sense of wonder de votre nouvelle importe donc en premier lieu, peut-être même avant toute considération littéraire. Contrairement à bon nombre d’appels à texte, les nouvelles ne sont pas sélectionnées selon d’exigeants critères de qualité littéraire mais selon les concepts développés. Ceci ne signifie pas pour autant que votre nouvelle de physique quantique révolutionnaire peut se permettre d’être illisible ! Mais vous ne serez jamais refusé en raison de votre statut d’auteur débutant ou selon d’obscurs critaires stylistiques ou littéraires.

Car la véritable phase de sélection interviendra après publication, lorsque les lecteurs découvrent votre nouvelle. Invités à partager sur les réseaux sociaux leurs textes préférés, ils seront les ambassadeurs de votre plume. C’est durant cette étape-là que les textes les plus efficaces, aussi bien sur le plan science-fictionnel que littéraire, se démarqueront. Et qui sait, peut-être votre texte remportera le concours de l’automne 2014 ? L’auteur ayant conquis le plus de lecteurs et de partages sur les réseaux sociaux remportera pour cette première édition le livre « Ferrailleurs des mers » de Paolo Bacigalupi. Alors amis lecteurs, à vos écrans, c’est vous qui décidez dès à présent quel auteur mérite de remporter cet excellent roman d’anticipation climatique :) .

« Le Congrès des Sciences Futures » est un webzine à l’interface entre imaginaire, sciences et sociétés. Dans cet objectif, nous vous proposons un appel à textes permanent ayant pour thème l’exploration fictionnelle des sciences. Puisant son inspiration dans les enjeux technologiques et environnementaux actuels, la science-fiction permet de spéculer aussi bien sur notre avenir que sur des présents alternatifs. Quel sera le récit de la première mission humaine sur Titan ? Comment parviendrons-nous à relever les défis énergétiques de demain ? Le changement climatique bouleversera-t-il nos sociétés ? Ou bien une pandémie provoquera-t-elle la disparition de notre espèce ? Les organismes génétiquement modifiés règneront-ils sur notre alimentation ? Et si l’Homme de Néanderthal était encore parmi nous, comment se déroulerait la cohabitation ? Il y a tant de prospectives à débattre, de récits à bâtir… Faites preuve d’inventivité, et imaginez comment votre fiction peut revisiter les sciences !