Voici six siècles, les Envahisseurs ont chassé les humains de la Terre. Depuis ce jour, l’homme a trouvé refuge dans le système solaire. Ses connaissances scientifiques ont été fortement améliorées par la découverte d’un signal extra-terrestre, le Canal Ophite, transmettant à l’aide d’un puissant laser un flot continu d’informations technologiques. Sur Luna, le politicien Tweed prépare en secret un vaste plan de reconquête de la Terre. Dans des laboratoires secrets, placés en orbite autour de Jupiter, des clones illégaux de savants sous les ordres de Tweed cherchent à mettre au point des armes capables de chasser les Envahisseurs. Mais comment combattre un ennemi dont on ne connait quasiment rien ?
Lilo est une jeune biologiste, condamnée à mort pour avoir enfreint les Lois de Bioéthique sur l’ADN humain. Alors qu’elle attend sa sentence, Tweed la libère secrètement. Il l’oblige alors à rejoindre les Libres-Terriens et à collaborer avec lui. Lilo refuse à de nombreuses reprises, mais chaque tentative d’évasion conduit à son exécution, et un clone prend sa place. Les plans de Tweed sont cependant contrariés par un événement inattendu. Le Canal Ophite diffuse en boucle un avertissement. Les humains doivent impérativement régler leur facture d’abonnement au Canal dans la décennie à venir, sous peine de sanctions sévères. Les Ophites sont-ils capables de traverser l’espace interstellaire pour mettre leurs menaces à exécution ? Et si oui, seront-ils capables de chasser les Envahisseurs ? Pour les Libres-Terriens, cet avertissement sonne tout aussi bien comme un nouvel espoir.
Le Canal Ophite (The Ophiuchi Hotline) est le premier roman de John Varley, paru en 1977. Ce livre de space-opéra, écrit d’une traite sur un « coup de tête » , étonne avec sa forme narratrice assez novatrice mais encore brouillonne. Varley y expose sa vision spéculative du clonage, de la chirurgie esthétique, de la place de l’homme dans l’univers, et caricature non sans humour les réseaux câblés d’information. Varley surprend, fait mouche. Son style progressif dévoile l’intrigue par une succession de séquences narratives très cinématographiques. Le caractère inachevé de l’ouvrage désoriente fréquemment le lecteur, mais l’impressionnant effort de description de son univers force à continuer la lecture, jusqu’à reprendre pied dans l’intrigue. Le roman sait donc séduire, et le succès fut rapidement au rendez-vous (certains critiques le qualifiant de « Nouvel Heinlein ! »). Par la suite, ce premier roman devait servir de base à sa célèbre série des Huit Mondes.
Roman explosif, à la progression parfois déstructurée, Le Canal Ophite est une réflexion misanthrope sur l’homme. Dans l’univers de Varley, notre espèce n’est pas considérée par les races dominantes comme une espèce intelligente. Elle n’est qu’un animal habile, parasite de la Terre que les Envahisseurs chassent au profit d’être plus intelligents (les baleines, les dauphins et les cachalots). Notre entêtement nous empêche de véritablement progresser, et nous ne pouvons exploiter qu’une infime fraction des données émises par le Canal Ophite. Pour survivre dans cette galaxie, il fait savoir évoluer. Cela se peut par une symbiose avec les créatures photosynthétiques intelligentes des Anneaux, ou bien en osant briser les tabous moraux portant sur notre génome. L’homme est à deux doigts d’échouer, et le Canal Ophite entend lui forcer la main.
Le génie génétique et l’éthique sont omniprésents dans le Canal Ophite. Lilo est une jeune généticienne surdouée. Ses travaux d’amélioration génétique de plantes productrices de viande l’ont rendue assez riche pour financer ses propres travaux de recherche. La jeune femme n’a qu’une obsession : briser le tabou de l’ADN humain, pour le bien de ses semblables. Ses activités clandestines causeront d’ailleurs sa perte et le début de ses aventures. La curiosité insatisfaite du chercheur se heurte ici à des règles bioéthiques sévères, un garde-fou pourtant transgressé par les sociétés des Huit Mondes, qui autorisent toutes sortes de modifications chirurgicales dans des buts esthétiques ou sexuels. Dans le futur imaginé par Varley, le corps humain est devenu un objet comme un autre, mais l’ADN conserve un caractère sacré.
Le paradoxe apparaît également dans le recours aux clones. Chaque citoyen est libre de faire enregistrer sa psyché, mais nul ne peut créer de son vivant un clone de sa personne. Il ne peut y avoir qu’un seul exemplaire actif de chaque génotype humain [1]. Les échantillons biologiques prélevés en vue du clonage ne sont donc utilisés que lors du décès de l’individu. Cependant, la technique de transfert de la mémoire crée un duplicata de la personne, mis à jour selon les enregistrements effectués à une date précise. Les clones ne se transmettent pas la psyché de manière linéaire. Ce sont de nouvelles branches. Les humains du système solaire se leurrent en croyant avoir ainsi vaincu la mort. Ils ne font que permettre à une copie de continuer à exploiter leur psyché, mais l’original est irrémédiablement condamné à mourir. Il est curieux que cette société futuriste, si à cheval sur l’éthique de l’ADN, s’évertue à reproduire le corps et l’esprit à volonté; John Varley s’amuse entre les lignes de cette hypocrisie.
Le Canal Ophite m’a beaucoup inspiré. Cette œuvre réfléchie, parfois brouillonne mais débordant de cynisme, ouvre les portes de l’univers de John Varley. Ce n’est qu’un début, nous promet la conclusion de ce premier roman, et j’ai bien envie de poursuivre le voyage.
Ma note : 16/20
[1] Dans Le Canal Ophite, John Varley ne fait pas de distinction claire entre génotype et phénotype. Même si pour les besoin de cette chronique j’ai retenu sa définition, je rappelle toutefois qu’il s’agit d’une grossière erreur en biologie.
La rentrée 2010 s’annonce festive chez Folio-SF, puisque la collection fête cette année ses dix ans d’existence ! Et pour célébrer l’événement, un recueil inédit de nouvelles sera offert pour l’achat de deux Folio-SF :
A l’occasion de cet anniversaire, mon blog s’associe aux Editions Gallimard et vous propose de gagner 5 exemplaires du roman Evadés de l’Enfer ! d’Hal Duncan (traduction Florence Dolisi). Ce titre, inédit, sortira en librairie fin octobre prochain.
Dans un futur proche, la guerre pour le pétrole touche à sa fin. Les états sont en ruine et n’assurent plus aucun contrôle des zones reculées de leur nation. Seule compte désormais la lutte pour les dernières ressources mondiales d’or noir. Le chaos ultime s’annonce. L’Australie n’est plus qu’une nation fantôme. Dans ses vastes étendues désertiques, plus aucune autorité ne vient au secours des autochtones, livrés à eux-même. La lutte pour la survie est ponctuée de violence, les groupes de bandits sillonnent les territoires en ruine. Max Rockatansky vit désormais seul. Il parcourt le pays en ruine et tente d’y survivre. Alors qu’il cherche à se ravitailler en essence, il fait prisonnier un pilote d’autogire. Ce dernier lui apprend qu’une raffinerie gérée par une communauté de trente survivants fournit encore du pétrole. Max s’y dirige, mais découvre que le complexe est assiégé par une bande de motards, sous les ordres du Seigneur Humungus. Parvenant à forcer le blocus des brigands, Max propose à la communauté ses services. En échange d’essence, il leur fournira un camion pour tirer une citerne d’essence, et les aider à fuir le siège avant l’assaut final.
Mad Max 2 poursuit l’exploration de ce monde en plein chaos. Désormais, le film se déroule clairement en Australie (et non dans un pays quelconque, comme dans le premier opus). La société civilisée s’est effondrée et ne se relèvera plus (parabole de l’enfant sauvage au boomerang). Les produits manufacturés se font de plus en plus rares. Outre le pétrole, les munitions d’armes à feu sont également très prisées et difficiles à se procurer, époque violente oblige. Max mène une vie de solitaire, un poor lonesome cow-boy à bord de son bolide sur-vitaminé. George Miller quitte définitivement le domaine de l’anticipation sociale pour se concentrer sur le western post-apocalyptique. Le manichéisme est fortement présent : les pirates punks du seigneur Humungus sont tous de noir vêtus tandis les défenseurs de la raffinerie portent des vêtements blancs. La violence aussi se justifie selon le camp. Nous ne sommes plus dans la critique des débordements civils comme policiers du premier volet.
Max a quelque chose du anti-héros de western spaghetti. Son côté loup solitaire et ses attitudes mercenaires en sont pour quelque chose. Lui aussi est de noir vêtu, il n’incarne pas l’espoir mais se laisse flotter par le chaos ambiant. L’influence de Sergio Leone est bien présente. Son sens moral le force à éprouver de la sympathie pour le bon camp, mais il ne les aide que lorsque ses intérêts y sont liés. Mad Max 2 conserve cependant les ingrédients qui ont fait son succès : les bolides, les pirates de la route, les course-poursuites… Nous sommes dans un bon film de série B.
Si ce film permet de continuer l’exploration de cet univers post-apcocalyptique, Mad Max 2 présente déjà les premiers signes d’essoufflement : abandon de la réflexion sociale, renforcement des scènes d’action (soutenues par un budget dix fois plus important), manichéisme et violence totale. La saga perdra tout son charme avec un troisième volet de trop, où Mel Gibson donnera la réplique à Tina Turner, pour le plus grand plaisir des producteurs.
Film australien d’anticipation sociale à la sauce road movie, Mad Max est devenu un des grands classiques du cinéma et reste le film qui révéla l’acteur Mel Gibson au grand public. Dans un futur proche, les nations sont en guerre pour les derniers stocks de pétrole. Les populations vivent dans un état de semi-anarchie, et les gouvernements essaient de maintenir un semblant d’ordre. Max Rockatansky est un policier de la route. A bord de son Interceptor (une Ford Falcon XB sedan australienne), il est chargé de lutter contre les pirates de la route. Lui et ses co-équipiers doivent souvent employer la manière forte pour remplir leur mission, et sont souvent engagés dans de sanglants duels.
Max et ses co-équipiers tentent d’intercepter un dangereux hors-la-loi, le « Nightrider », lorsque ce dernier, en pleine poursuite, se tue dans un violent accident. La mort du chauffard provoque la colère d’un gang de motards, dont le chef n’est autre que le frère du défunt Nightrider. Jim Goose, le co-équipier de Max, est traqué et grièvement brûlé par les motards. Max craint alors pour sa sécurité et celle de sa famille. Il rend sa plaque de policier et part dans le nord, où il pense être à l’abri. Mais les motards croisent à nouveau son chemin, et tuent sa femme et son jeune enfant. Pour Max, il n’est plus alors question de fuite mais de vengeance, et l’ex-policier se rue dans une folle course-poursuite meurtrière.
Le Mad Max de George Miller est un western futuriste, une sorte de course-poursuite sanglante dans un pays en pleine auto-destruction. Le monde sombre peu à peu dans le chaos, et à la violence des populations désemparées, le gouvernement affaibli répond par une violence encore plus forte. Ces cow-boys lancés à la poursuite des despérados sur leurs bolides ne sont plus contrôlés par la justice de leur pays. Ils ne représentent plus son bras armé, mais agissent peu à peu de leur propre chef.
La fuite en avant de Max représente bien cet effondrement progressif du pays. L’état n’est représenté que par de vagues consignes radio assez naïves. Le QG de la MFP (Main Force Patrol) ressemble plus à un repaire fortifié de mercenaires qu’à un organe officiel. Seul ancrage avec le passé civilisé, la famille de Max reste une bulle de sérénité dans ce monde brutal. Aussi la mort de sa femme et de son enfant marque une coupure définitive entre le monde d’avant et l’univers post-apocalyptique qui s’annonce.
Mad Max met en scène l’agonie de notre société organisée et l’avènement d’un monde post-apocalyptique brutal. En trente ans, ce film n’a pas beaucoup perdu de sa puissance et pointe encore le doigt sur la chute de notre civilisation du pétrole. Un chef d’œuvre du film d’anticipation.
Une guerre sans merci oppose depuis des temps immémoriaux deux races de robots extraterrestres : les Autobots et les cruels Decepticons. Les deux adversaires courent après le Cube, un artefact technologique qui leur donnera la maîtrise de l’univers.
Dans les premières années du 21ème siècle, le conflit s’étend à la Terre lorsque les robots extra-terrestres retrouvent la trace du Cube. Un mystérieux cyborg attaque un avant-poste américain, au Qatar. Le conflit contre un ennemi invincible semble perdu d’avance ! Pendant ce temps, le jeune Sam Witwicky vit non sans difficultés son adolescence. Pour sa première voiture, son père lui a acheté un bolide délavé et bon pour la casse. Mais l’engin se révèle, contre toute attente, un sur-puissant robot et le plus fidèle ami du jeune Sam ! Entraîné avec sa nouvelle copine, Mikaela, au coeur d’un mortel affrontement, il ne tardera pas à devenir le seul espoir de l’humanité face aux terribles Decepticons.
Cours, Forrest, cours !
Ne nous cachons pas plus longtemps la vérité. Transformers est un film de guerre SF. Robots contre humains, robots contre robots, effets spéciaux toujours et encore. Personne d’assez censé ne regarde un tel film pour la réflexion métaphysique sur l’existence de technologies intelligentes dans le cosmos. Si l’on regarde Transformers, c’est pour se rejouer le temps d’une projection les batailles épiques de son enfance, lorsque les robots transformables de votre coffre à jouets faisaient régner l’ordre (ou le chaos) sur vos p’tites voitures et autres légos. Seulement la nostalgie de l’enfance, cela va deux minutes, surtout si le scénario s’en rapproche par moments beaucoup trop par son effarante simplicité.
Pourtant, Transformers aurait purebondir avant de toucher le fond. Ceci grâce aux touches d’humour, omniprésentes dans le film. Un exemple : lorsqu’un Decepticon infiltre notre planète, il apparaît à bord d’une voiture de police scandant « to punish and enslave« , parodie du slogan « to protect and serve » des policiers américains. Les clins d’œil aux films d’action et de S.F. aussi : E.T. l’extra-terrestre, Kill Bill, Batman, Matrix… Il faut le reconnaître, autant de clichés prêtent à sourire, et le réalisateur Michael Bay en joue beaucoup. Le personnage de Sam joue le rôle d’anti-héros, un adolescent un peu paumé qui rame beaucoup dans sa vie sociale comme amoureuse. Ses répliques un peu déjantées et les situations ubuesques dans lesquelles les robots le jettent contribuent à briser le ton trop sérieux – et limite caricatural – des militaires engagés dans ce conflit. J’ai presque envie de le dire. Lui et quelques personnages secondaires délirants sauvent un tant soit peu cette super-production en lui apportant un brin de folie. C’est rafraichissant entre deux cascades d’effets spéciaux, mais ce n’est pas cela qui va sauver le film.
Notez que mon visionnage sur une chaîne de télévision française (et donc en VF…) massacre tout bonnement le film. Les doublages donnent un détestable effet vaudevillesque à certaines scènes humoristiques. Les autobots jouant à cache-cache dans le jardin des parents de Sam du haut de leur 8 mètres de ferraille sont doublés avec grotesque. Pitoyable et fatiguant. Problème, cette lassitude s’installe au bout d’une heure de visionnage. Michael Bay en profite alors pour faire rentrer une nouvelle faction : des fédéraux à la sauce M.I.B. ! Cette bouffonnerie est de trop. Rajoutant une couche de zone 51 et autres complots dans son film, le réalisateur vient saborder un scénario déjà bancal.
Désolé Sam, mais là j'en peux plus.
Alors non, Transformers n’est pas une réussite. Tout juste bon à être regardé pour meubler une soirée creuse. Ses effets spéciaux ne parviennent pas à combler le grand vide laissé par son manque cruel de scénario et de mise en scène convaincants. Entre film de guerre à l’américaine, SF et film parodique raté, Transformers reste un nanard à très gros budget. Et l’on se dit que los chers robots de notre enfance auraient mieux fait de rester dans leur caisse à jouets.
Les lauréats de ces deux prix consacrés aux littératures de l’imaginaire sont désormais connus. Ces deux prix ont été remis lors de la Convention SF et Fantasy de Grenoble :
Prix Rosny Aîné
- Meilleur Roman : Ugo Bellagamba – Tancrède. Une uchronie parue chez l’éditeur Les Moutons Électriques.
- Meilleure Nouvelle : Jérôme Noirez – Terre de fraye. In : Retour sur l’horizon (Eds. Denoël).
Prix Elbakin.net
- Roman français : Cytheriae, Charlotte Bousquet, éditions Mnémos.
- Roman français jeunesse : Les Éveilleurs, Pauline Alphen, éditions Hachette.
La Fondation ainsi qu’une large portion de l’ancien Empire Galactique sont désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d’imposer sa volonté à quiconque. La vision du psychohistorien Hari Seldon n’a pas prévu l’ascension du Mulet, et après trois siècles de déclin, un nouvel ordre militaire vient fédérer les mondes des anciennes provinces impériales. Mais le Mulet n’a pas encore totalement gagné la partie. Il a stoppé son expansion territoriale et recherche désormais ardemment la légendaire Seconde Fondation, fondée secrètement par des psychologues et spécialistes en sciences humaines. Et s’ils œuvraient secrètement sur les affaires de la galaxie, pour garantir l’accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon ? Le Mulet peut-il s’emparer de la Seconde Fondation ?
Publié en 1953, Seconde Fondation poursuit la compilation des nouvelles initialement parues dans la revue Astounding Science-Fiction. Il s’agit également du dernier tome de la trilogie originelle, puisque les deux prochains romans du Cycle de Fondation furent écrits bien plus tard, au début des années 80.
La première partie du roman, « La Quête du Mulet » (Now You See It… , paru en janvier 1948 dans Astounding Science Fiction Vol 40, No 5), reprend l’histoire peu après la victoire du Mulet sur la Fondation et les principales factions en présence dans la périphérie galactique et jusqu’à Trantor, l’ancienne capitale impériale. Le Mulet cherche à découvrir à tout prix la Seconde Fondation, qui laisse un de leurs espions, Channis, y conduire le mutant. Le Mulet croit triompher en découvrant l’identité de Channis et lorsque ce dernier lui livre la planète Rossem comme capitale de Seconde Fondation. Mais le Premier Orateur de Seconde Fondation, alors prisonnier du Mulet, a placé depuis longtemps ses pions sur l’échiquier. Il révèle alors que Channis n’était qu’un leurre, ses informations des mensonges psycho-chirurgicalement implantés, et qu’une attaque vise déjà le monde de Kalgan, le QG du Mulet. Vaincu, le dictateur mutant abaisse un instant ses défenses psychiques. Toute la puissance de la Seconde Fondation apparaît alors ; le Premier Orateur est aussi doué de pouvoirs psychiques, assez puissants pour prendre le contrôle du Mulet. Ce dernier, désormais persuadé que la Seconde Fondation n’existe pas, retourne sur Kalgan pour y vivre en paix, ayant perdu toute intention belliqueuse. Son règne s’achève avec se mort, et la Seconde Fondation triomphe.
La seconde partie du roman, « La Quête de Fondation » (…And Now You Don’t , publié entre décembre 1949 et janvier 1950), se focalise sur la puissance psychique de Seconde Fondation. La jeune Arcadia Darell s’inquiète du pouvoir redoutable de ces psychologues, et cherche à mieux percer ses mystères. Où se situe donc le siège de cette organisation agissant dans l’ombre ? Et si la Seconde Fondation n’avait jamais été envoyée aux confins de la galaxie mais était toujours restée au cœur de l’Empire décadent, prête à agir en secret pour garantir l’accomplissement des prophéties d’Hari Seldon ? Pour de plus en plus d’individus, les pouvoirs psychiques de la Seconde Fondation inquiètent. Elle devient une hydre insidieuse à leurs yeux, manipulant peut-être même Fondation dans l’ombre…
Asimov nous avait bercé avec sa fabuleuse Fondation, née comme un espoir scientifique face à la chute de l’Empire Galactique et au chaos s’annonçant. Le caractère triomphant de Fondation, sa puissance technologique et sa main-mise sur une portion de l’ancien Empire nous laissaient penser que la graine du Second Empire germerait en son sein. Et voilà que se présente le Mulet, entité dotée de capacités psychiques mutantes ! La technophile Fondation se prend une violente claque face aux pouvoirs psychologiques du Mulet. Aussi fallait-il, pour vaincre le Mulet, une force tout aussi redoutable. L’antagonisme est flagrant entre les deux Fondations. Asimov place la première dans la lumière et la technologie, et la seconde dans l’ombre et la manipulation. La Seconde Fondation, sorte de complot galactique ? La description de ses agents mentalistes m’a fait penser, dans une certaine mesure, aux agents d’état comme le KGB ou la CIA.
Il ne me reste plus qu’à continuer mon voyage dans le Cycle de Fondation avec ses deux derniers tomes, bien que postérieurs à la trilogie originelle. L’auteur reste le même, mais le souffle visionnaire demeurera-t-il ? Il me tarde de le découvrir.
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