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La NASA entraînerait des astronautes pour visiter des astéroïdes géocroiseurs

Selon une information partiellement confirmée par la NASA, le Telegraph rapporte que l’agence spatiale américaine commencera prochainement l’entraînement d’une équipe internationale d’astronautes, en vue d’organiser une mission habitée vers un astéroïde géocroiseur dans les dix prochaines années. L’équipage international sera ainsi immergée sous la surface de l’océan Atlantique pendant 12 jours, afin de simuler comme lors des entraînements en piscine les manœuvres spatiales en combinaison ou à bord de véhicules. Plus de détails sur ces entraînements et les futures missions prévues par la NASA seront donnés lors de la conférence internationale de la Japan Geoscience Union à la fin du mois de mai.

Ces projets conduiront les astronautes bien plus loin que l’orbite lunaire, jusqu’à un rayon d’action de 4,8 millions de kilomètres autour de la Terre. Il s’agira alors des plus longs et lointains voyages spatiaux habités réalisés depuis les débuts de la conquête spatiale. Il est fort possible que ce regain soudain d’intérêt pour les astéroïdes soit lié à la création de la société Planetary Resouces Inc de Larry Page et James Cameron, qui envisage d’exploiter les ressources minières de ces objets célestes. Mais la NASA prévoyait déjà, depuis quelques années, de visiter des objets géocroiseurs en attendant de marcher sur Mars. Plusieurs projets de sondes robotisées sont déjà en cours de développement, notamment une mission de prélèvements de roches d’ici 2016.

Il est probable que ce projet de mission habitée devienne prioritaire dans les années à venir, même si les ingénieurs de la NASA devront relever quelques défis technologiques majeurs. Notamment pour concevoir des capsules spatiales capables de protéger les astronautes des radiations spatiales hors du périmètre protecteur de la Terre. En effet, une fois franchie la magnétosphère, les passagers de nos vaisseaux spatiaux seront pleinement exposés à ce risque. Une exposition prolongée aux particules ionisées et radiations du vent solaire risque de provoquer des cancers et des dérèglements cognitifs. Les appareils devront donc être équipés de déflecteurs afin de protéger de manière optimale l’équipage. Il reste donc encore beaucoup de travail avant que des prospecteurs viennent visiter les si prometteurs astéroïdes géocroiseurs.


Une réplique grandeur nature du vaisseau Enterprise proposée par un ingénieur trekkie

Construire le vaisseau Enterprise ? C’est possible, selon un ingénieur fan de Star Trek, et qui plus est dans un délais de 20 ans avec une technologie actuelle. Alors que le modèle de la série originelle sera construit aux alentours de 2245, le fondateur du projet « Buid The Entreprise » propose d’en réaliser une réplique grandeur nature, avec pour premiers équipements une propulsion ionique et une gravité artificielle de 1G à son bord.

Le Gen1 Enterprise. Crédits : BuildTheEnterprise.org

Le Gen1 Entreprise pourrait ainsi être assemblé dans l’espace et assurerait trois fonctions principales : station spatiale, spatioport et vaisseau interplanétaire. Bien entendu, le vaisseau sera incapable de traverser la galaxie à la vitesse de la lumière, ni d’assurer la téléportation de son équipage, mais assurerait déjà des trajets jusqu’aux planètes proches de notre système solaire : la Lune serait accessible en trois jours de navigation, Mars en 90 jours, et Gen1 pourrait même rendre visite à Vénus ou aux lunes joviennes. Côté technique, le vaisseau mesurerait 960 mètres de long, embarquerait un générateur nucléaire de 1,5 GW pour sa propulsion ionique et la gravité artificielle serait assurée par une roue magnétique suspendue tournant à 2 rotations par minute.

Bien entendu, la plus grande difficulté dans ce genre de projets consiste à convaincre des investisseurs privés ou la NASA par l’intermédiaire du Congrès américain (notre joyeux ingénieur semble originaire des USA). Mais notre initiateur du projet, BTE Dan, a tout prévu, et compte proposer coupes budgétaires et nouvelles taxes pour lever le billion de dollars nécessaire à la construction du Gen1. On y croit. Notre trekkie va se faire bien voir des politiciens…

En attendant que la première poutrelle du Gen1 Entreprise soit assemblée dans l’espace, un autre défi de taille attend l’énigmatique BTE Dan : relancer son site web, toujours en rade au moment de la rédaction de ce billet. Car l’internaute curieux y trouvera, paraît-il, toutes les réponses à ses questions techniques grâce aux FAQs élaborées à son attention. Reste à savoir également qui se cache derrière le pseudo « BTE Dan » : un ingénieur électronicien fort d’une expérience professionnelle de 30 ans, comme il se présente lui-même, ou un trekkie farceur ? Le seul moyen pour le savoir reste de monter à bord. Beam me up, Scotty !


La culture Hard Rock – Nicolas Bénard

Pour un genre musical boudé par les grands médias et ayant le plus souvent mauvaise presse, le hard rock / métal a tout de même inspiré une belle collection d’ouvrages musicaux : biographies d’artistes ou de groupes, guides pour néophytes, essais, beaux livres, il y en a pour tous les goûts au rayon musical de son libraire préféré. Alors que conseiller parmi toutes ces publications et surtout à quels lecteurs ? M’étant récemment lancé dans l’acquisition de ma propre collection de livres musicaux, il m’a semblé intéressant d’ouvrir les portes de ma rubrique musicale à ces ouvrages spécialisés.

Premier livre consulté pour l’occasion, « La Culture Hard Rock » de Nicolas Bénard (Docteur en Histoire culturelle) : un petit ouvrage broché de 192 pages, constitué d’un exposé de 150 feuillets entrecoupés par 3 cahiers photographiques. Ecrit à la manière d’un mémoire généraliste sur le sujet, ce livre reprend sous une forme allégée les travaux de thèse de son auteur, amputés des analyses de recherche et des aspects universitaires trop abscons pour un public non académique. Cette version abrégée s’adresse ainsi à un lectorat plus large et néophyte, il y a donc peu de chances que des amateurs éclairés de musiques extrêmes en apprennent plus sur le sujet. Mais pour le lectorat désireux de posséder un petit ouvrage poche lui servant de guide en la matière, « La Culture Hard Rock » représente un achat pertinent et peu onéreux.

Tour d’horizon complet, même si Nicolas Bénard ne peut que survoler la planète des hardos et des métalleux en seulement 150 pages, ce guide aborde quasiment tous les grands thèmes du hard rock et du métal. Son histoire, tout d’abord, avec l’émergence du hard rock dès les années 60, jusqu’à l’évolution d’une frange portée par des précurseurs comme Black Sabbath au cours des années 70, qui débouchera sur le « métal » et à sa nébuleuse de sous-genres. Sa profusion de styles, justement, le portrait de famille ayant été réduit aux principaux membres selon leur généalogie ou leurs caractéristiques musicales. Sa richesse culturelle, ensuite, si injustement dénigrée par les journalistes mainstream, alors que les musiciens métalleux ont toujours prôné un syncrétisme musical en s’accordant avec des styles aussi différents que le classique, le rap ou encore l’électro. Ses coulisses, enfin, et le business de la planète métal, majoritairement « underground » à l’exception de quelques têtes d’affiche comme Métallica, Iron Maiden, Judas Priest, Led Zeppelin, Van Halen, Deep Purple et autres Bon Jovi.

Mais le cœur de ce petit guide reste son état des lieux de la « culture métal », de ses influences et surtout de ses clichés. Passionné de hard rock et spécialiste du genre, l’auteur entend démystifier les clichés lui collant aux basques tout en tirant un portrait succinct mais réaliste. Les clichés de métalleux satanistes, d’extrême droite ou réactionnaires tels que relayés dans une presse bien pensante (Télérama, Le Monde, et même l’Humanité !) sont donc malmenés sans pour autant occulter ces facettes de la planète métal. Le rapport aux satanismes (selon les mouvances revendiquées ou inspirant certains groupes) tout comme les différents engagements politiques des musiciens sont clairement rapportés, sans parti pris ni autre volonté que de décrypter un sujet aussi caricaturé auprès du grand public. Une analyse sociologique du mouvement apporte enfin des éléments de réflexion face à l’évolution de nos sociétés contemporaines et les désillusions socio-économiques successives auxquelles les jeunes générations de ces quarante dernières années ont du faire face. Nicolas Bénard répond donc au « fameux paradigme production – diffusion – réception » [1] grâce à cette étude du phénomène culturel, bien au-delà de l’exposé chronologique du genre.

Petit guide succinct mais très bien documenté et accessible tout public, « La culture Hard Rock » constitue un ouvrage généraliste de poche pouvant servir de base documentaire comme d’ouvrage de référence avant de poursuivre sa lecture. Une sympathique acquisition, que même les amateurs éclairés pourront feuilleter avec plaisir.

[1] Interview donné sur Radio Métal, 1er Juin 2008.


Le Prix Robert A. Heinlein 2012 décerné à Stanley Schmidt

Le 25 Mai prochain, l’éditeur de la revue Analog Science Fiction and Fact Magazine, Stanley Schmidt, se verra remettre la médaille en argent à l’effigie de Robert Heinlein lors de la convention Balticon 46 ! Lauréat 2012 du Prix Robert A. Heinlein, Schmidt sera récompensé pour son travail éditorial, d’anthologiste et son essai « The Coming Convergence: Surprising Ways Diverse Technologies Interact to Shape Our World and Change the Future » (Prometheus Books, 2008).

Chaque année, le Robert A. Heinlein Award récompense un contributeur en matière de science fiction et de spéculation spatiale. Le Prix, présidé par le Dr. Yoji Kondo, un ami de longue date du couple Heinlein, est dirigé par un comité originellement approuvé par Virginia Heinlein en personne. Il ne faut cependant pas le confondre avec le Robert Heinlein Memorial Award, décerné par la National Space Society et dont le dernier lauréat (2012) n’est autre que le Dr. Stephen Hawking !


Vestiges – Laurence Suhner

Les éditions L’Atalante signent, en ce printemps 2012, le premier roman d’une auteure suisse, Laurence Suhner. Porte d’entrée d’un nouvelle trilogie de planet opera, Vestiges est le premier tome de « QuanTika », série que les éditeurs nantais auront donc à cœur de nous proposer au fil des prochaines années.

L’univers de Vestiges se base sur une exo-planète glaciaire, Gemma, habitable et colonisée par l’homme. La planète semble avoir connu une glaciation totale voici près de douze mille ans, recouvrant toute trace d’une ancienne civilisation extra-terrestre, les Bâtisseurs. De ces visiteurs mystérieux ne subsistent que des vestiges prisonniers sous l’épaisse couche de glace et un curieux artefact gigantesque en orbite au niveau d’un point de Lagrange. Depuis les premières missions habitées humaines, Gemma et ses vestiges fascinent les chercheurs terriens. Au point que sa colonisation fut, à l’origine, initiée dans un souci de recherche scientifique. Mais d’aussi nobles projets ne pouvaient durer très longtemps, et plusieurs vagues d’immigration massive et de lobbying financier eurent raison du beau rêve scientifique. Aujourd’hui, Gemma est un monde tiraillé entre les premiers temps de sa colonisation et sa rapide mutation en planète dégradée par l’homme. Dépourvue de gouvernement stable, une vive tension politique s’est établie entre la milice et les indépendantistes. Dans ce climat morose, la recherche scientifique se poursuit tant bien que mal. D’un côté, la biologiste Ambre Pasquier pousse à la mise en place d’une mission de forage glaciaire jusqu’à d’importants vestiges. De l’autre, le physicien Stanislas Stanford accumule les preuves d’une perturbation majeure des constantes physiques générée localement, sous la calotte glaciaire de la planète. Leurs travaux pourraient bien se rapprocher, si toutefois la tension politique de Gemma ne venait pas à éclater en un conflit ouvert…

Dès les premières pages, nous voilà débarqués sur une mystérieuse planète qui n’est pas sans rappeler des créations littéraires comme celles de Brian Aldiss, Christian Léourier ou encore Dan Simmons. Ces mondes ont tous en commun avec Gemma la présence de ruines antiques, témoins d’un passé mystérieux, auxquelles se rajoute ici la présence d’un big dump object, qui comme le Rama d’A.C. Clarke échappe à la compréhension humaine. Un créneau que Laurence Suhner, qui semble passionnée de sciences, veut maîtriser de la manière la plus rationnelle possible. Elle n’hésite donc pas à ancrer son univers imaginaire dans une trame scientifique. Un souci du détail agréable, réconfortant même pour l’amateur de hard science ou un lecteur cartésien, mais qui devient trop envahissant à la longue. Il est toujours délicat de jongler entre vulgarisation scientifique et texte romanesque, la performance reste donc remarquable, mais trop rationaliser n’est pas forcément une bonne manière de guider le lecteur vers sa contemplation de la planète Gemma. Dans ce domaine, le mieux est parfois l’ennemi du bien !

Difficile également d’accrocher de premier abord aux deux personnages féminins de la Dr. Ambre Pasquier et de l’adolescente rebelle Kya Stanford. La scientifique, odieuse, mène son équipe de manière dictatoriale pour mieux cacher ses propres faiblesses. Pas de quoi s’en faire une alliée à première vue. Sauf qu’à l’inverse des « petits chefs » que caricature ce portrait, le comportement d’Ambre Pasquier s’explique dans la seconde partie de ce roman. Il faut donc s’accrocher à sa lecture pour percer suffisamment cette carapace odieuse et commencer à mieux juger ce personnage, du moins est-ce le tour de force que Laurence Suhner parvient à réaliser lors de son travail sur la scientifique. La situation se complique cependant en faisant connaissance avec Kya, fille de Stanislas Stanford et adolescente plongée de la tête au pied dans la crise de l’âge. Mais ne perdons pas trop vite espoir. Les adolescentes changent facilement de tempérament, et l’accélération du récit devrait plonger la jeune Kya dans un flot d’actions à même, souhaitons-le, de faire mûrir son tempérament adolescent. Pari risqué, donc, que la mise en place de ces deux personnages féminins, aux portraits si forts qu’ils peuvent à tout moment déclencher un excès d’antipathie de la part du lecteur. Il faut patiemment attendre que le récit nous emporte, guettant le moindre rebondissement pour nous faire oublier les frasques de Kya ou du Dr. Pasquier. A tel point que, si le lecteur n’y prend pas garde, il perdra le véritable fil conducteur de ce premier tome : à savoir l’exploration de ces fameux vestiges et la mise en place des premiers éléments de réponse sur la civilisation des Bâtisseurs. Certes, Ambre Pasquier et Kya agissent tels des grains de sable dans des rouages trop bien huilées, et viennent abattre des rapports de force pour mieux faire progresser l’intrigue. Mais des personnages au tempérament aussi forts ne risquent-ils pas de nuire à la plongée contemplative de ce planet opera ?

C’est la question qui me reste en tête en achevant ce premier tome. Car face à l’attention portée à ces deux grandes figures de Vestiges, j’ai le sentiment de n’avoir pas pu m’imprégner suffisamment de certaines scènes. Une regrettable sensation d’excès, qui me donne aussi l’impression que certains personnages, comme notamment l’attachant Haziel Delaurier, se sont retrouvés littéralement éclipsés par nos deux écrasantes figures féminines ! Vestiges est donc un bon premier roman de planet opera, et à n’en pas douter il ne peut que satisfaire les amateurs du genre. Mais cela ne m’empêche pas de regretter la sur-exposition du Dr. Pasquier et de Kya dans les premiers chapitres. Un peu comme si lors de l’étude d’un magnifique site archéologique, l’expédition était gâchée par notre irascible supérieure et l’insupportable adolescente qu’un collègue aurait cru bon de nous coller aux basques. Il faut donc attendre des tomes suivant que, comme pour la dernière partie de Vestiges, l’intrigue prenne le pas sur ces personnages forts et nous entraîne plus intensément sur cette planète envoûtante.