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Scorfel 2014

Quelques mots pour vous indiquer que le festival de littératures et jeux de l’imaginaire « Scorfel » se déroule ce week-end 25 et 26 octobre 2014, à la Salle des Ursuline de Lannion (22). Outre le cadre breton et fantastique de la Côte de Granite Rose, ce petit festival à dimension humaine vous propose un rendez-vous convivial, rythmé par la rencontre avec des auteurs bretons ou d’autres horizons (Benoît Chérel, Sophie Dabat, Lionel Davoust, Maëlig Duval, Silène Edgar, Iman Eyitayo, Mélanie Fazi, Thomas Geha, Romain Godest, Jean Millemann, Julien Morgan, Lise Syven, Alizée Villemin …).

Au programme des animations, les plus petits y trouveront jeux et ateliers créatifs, tandis que les enfants plus grands pourront se défier avec des épées en mousse. Pour les ludophiles, des ateliers jeux de plateaux et des initiations jeux de rôles sont à votre disposition. A noter également également un programme complet durant ce week-end autour de conférences, atelier BD et même une chasse aux dragons. Un bon moment de fantasy en perspective. Pour vous mettre à la bouche, mon album photo de cette journée du samedi est disponible en ligne, ci-dessous et sur la page facebook du blog :

 


La course à la fusion thermonucléaire relancée

Deux annonces retentissantes ont relancé la course à l’énergie de demain. D’un côté, la firme américaine Lockheed Martin a annoncé le développement d’un prototype de réacteur à fusion contrôlée miniaturisé. De l’autre, le laboratoire Sandia a révélé une avancée pour sa fameuse Z machine. Mais ces excellentes nouvelles ne manquent pas d’attirer une bonne dose de scepticisme auprès de la communauté scientifique. Alors, pipeautage ou date charnière de la physique du XXIème siècle ?

Crédits : Lockheed Martin  (2014)

Crédits : Lockheed Martin (2014)

Hélas, nous ne disposons pour le moment que des déclarations de chaque challenger, aussi le contenu de ces communiqués de presse doit être pris en compte avec la plus grande prudence. Il faut à ce sujet bien avouer que les habituelles annonces fracassantes relayées par les pure players sur le web se résument le plus souvent à de vulgaires hoax et escroqueries de charlatans, piètres physiciens du dimanche ou illuminés adeptes de pseudo-sciences. Cependant, certains éléments plaident en faveur de ces deux communiqués de presse, et ce bien au-delà des doutes légitimes de la communauté scientifique. Commençons tout d’abord par Lockheed Martin, précédé d’une réputation sérieuse dans cette affaire. Selon leurs propres déclarations, leurs ingénieurs seraient en bonne voie pour dévoiler d’ici un an le principe d’un réacteur thermonucléaire dix fois plus compact que Iter et permettant une fusion nucléaire sans risques. La firme, spécialisée dans l’équipement de défense militaire et de sécurité, d’envisager l’emploi de ces réacteurs à fusion pour mouvoir porte-avions et avions de transport militaire lourd. Bien entendu, la fusion nucléaire intéresse fortement le domaine civil : la firme américaine envisage ainsi d’alimenter des villes de cinquante à cent mille habitants à l’aide de petits réacteurs disponibles d’ici 5 ans. Quant au domaine aérospatial, le développement de moteurs ioniques à partir de cette technologie réduirait à un mois seulement le voyage vers Mars !

D’après les premières informations consultables, le secret de Lockheed Martin reposerait sur des aimants supraconducteurs, reprenant par la même occasion les propositions développées par le mathématicien Harold Grad au sujet de la fusion contrôlée dans les années 1950. A cette époque, les travaux théoriques de ce chercheur de l’Université de New York n’étaient pas expérimentables, faute de champs magnétiques suffisamment puissants. La technologie étant aujourd’hui disponibles, les ingénieurs de Lockheed Martin laissent à supposer qu’ils disposeraient déjà d’une maîtrise technique suffisante dans ce domaine appliqué. La situation est pour le moins différente dans le cas des laboratoires Sandia, rattachés au département américain de l’Énergie des États-Unis. Leurs chercheurs ont développé la fameuse « Z machine » , un générateur de rayons X pulsés. Développé depuis près de vingt ans, leur dispositif commence à donner des résultats plus qu’encourageants. Les chercheurs ont comprimé du deutérium, un isotope de l’hydrogène, dans un cylindre métallique soumis à un courant électrique de très haute intensité (19 millions d’ampères). Ils ont ainsi obtenu un plasma porté à 35 millions de degrés celsius. A titre de comparaison, le cœur du Soleil est deux fois plus froid, et ITER devrait atteindre des températures trois fois supérieures. Mesurant les flux de neutrons issus des réactions produites lors de cette expérience, ils ont mis en évidence la fusion d’atomes de deutérium (D-D), formant de l’hélium-3 et du tritium, ainsi que la fusion de deutérium et de tritium (D-T), preuve indirecte de la production précédente de tritium. Un résultat encourageant mais encore insuffisant, car il faudrait multiplier par un facteur de 10000 pour que le nombre de réactions puisse produire un bilan énergétique positif.

La Z machine (crédits : laboratoires Sandia).

La Z machine (crédits : laboratoires Sandia).

La maîtrise de la fusion thermonucléaire est sujet à de nombreuses controverses, essentiellement en raison des nombreux charlatans partisans de l’énergie libre ou de la fusion froide qui pullulent sur le web. Aussi ces bonnes nouvelles, aussi ténues soient-elles, représentent une véritable bouffée d’air frais. A défaut de pouvoir émettre une opinion définitive sur la portée de ces annonces, il nous faudra guetter les prochains développements dans ces affaires respectives et suspendre notre souffle d’ici là.


Bioterrorisme et Ebola : récit d’une nouvelle rumeur absurde

ebola_virusDepuis le début de la récente épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, les théories conspirationnistes autour de cette actualité se multiplient. Considéré comme l’un des virus les plus dangereux au monde, Ebola présente un taux de létalité de 90 % chez l’homme, mais fort heureusement sa transmission reste difficile au sein des populations. Découvert en septembre 1976 par le médecin belge Peter Piot près de la rivière éponyme située dans le nord de la République démocratique du Congo, ce filovirus semblerait provenir de réservoirs naturels, notamment de chauve-souris frugivores. En raison de sa spectaculaire létalité et de sa récente description, Ebola alimente toutes sortes de théories du complot, qui ne manquent pas de se diffuser à mesure que l’actualité se fait plus préoccupante autour de la propagation du virus à d’autres continents.

Une des théories les plus souvent relayées par les conspirationnistes stipule que le virus Ebola (tout comme le virus du SIDA) serait une invention échappée de laboratoires militaires secrets ou actuellement testé comme arme de bioterrorisme par les puissances occidentales. Comme entrevu ci-dessus, ce hoax rejoint les complots du lentivirus HIV sur l’hypothèse de virus artificiels : selon les partisans de ces théories, les deux virus auraient été produits dans les années 70, en pleine guerre froide, afin de déstabiliser la concurrence par de foudroyantes attaques bioterroristes. Cependant, cette théorie s’écroule comme un château de cartes lorsqu’elle est comparée à la chronologie de l’histoire de la biologie moléculaire. En effet, en 1976, la génomique encore balbutiante réalise le premier séquençage d’un petit génome, celui du virus bactériophage MS2. Bien trop tôt pour imaginer une quelconque construction génétique d’envergure : le premier génome viral artificiel ne sera quant à lui publié qu’en 2003 par le laboratoire de Craig Venter. Même constat pour le virus HIV, dont l’origine a été retracée jusqu’aux alentours des années 1920, date à laquelle le support moléculaire de l’information génétique était encore inconnu des biologistes. Dans ces conditions, l’idée même que ces deux virus aient été fabriqués dans les années 70 ou à une date antérieure est difficilement défendable, pour ne pas dire techniquement irréalisable.

Reste à envisager l’hypothèse bioterroriste. A défaut de concevoir un virus conspirationniste, est-il possible d’utiliser Ebola comme arme biologique ? Commençons par définir le cahier des charges d’une telle arme. Pour que l’agent infectieux soit efficace, il faut que le virus se propage facilement dans l’environnement et infecte rapidement la population visée. Afin d’apprécier le potentiel de dissémination d’un agent infectieux, il faut calculer son taux de reproduction de base (Ro). Il s’agit d’estimer quel est, en moyenne, le nombre de cas secondaires générés suite à la transmissions de l’agent pathogène par une personne durant sa période infectieuse. Si Ro est inférieur à 1, alors chaque malade entraînera statistiquement moins d’un cas secondaire, et l’épidémie peut être considérée comme contrôlée ou sur le déclin. A l’inverse, si Ro est supérieur à 1, alors le risque que l’épidémie se repende augmente en conséquence. Tous les virus ne présentent pas le même taux de reproduction. Ce facteur est calculé selon la relation Ro = p.c.D  avec p la probabilité de transmission de l’infection au cours d’un contact avec une personne atteinte, c le nombre moyen de contacts qu’un individu malade réalise par unité de temps, et D la durée moyenne de la phase infectieuse. Le taux de reproduction de base Ro varie donc en fonction de la nature de l’agent viral et des conditions sanitaires mises en œuvre durant l’épidémie. Si le virus Ebola était utilisé comme arme biologique, il lui faudrait présenter un facteur Ro élevé. Or les candidats viraux les plus souvent cités par partisans des théories du complot sont également les moins contagieux : l’hépatite C comme le virus Ebola ont un Ro égal à 2, et le virus du SIDA ou celui du SARS ne dépassent pas un Ro égal à 4. Même la fameuse grippe A (H1N1) présente un Ro d’à peine 1,5, soit encore plus faible que le Ro de 2-3 estimé de la célèbre grippe espagnole de 1918 ! En définitive, selon ce critère, un candidat viral idéal pour un attentat bioterroriste serait à chercher dans des souches mutantes des virus de la rougeole (Ro = 18) ou de la coqueluche (Ro = 17), qui figurent parmi les virus les plus contagieux connus pour l’espèce humaine.

Autre condition indispensable à la réalisation d’une arme biotechnologique efficace, notre agent infectieux doit pouvoir se propager facilement. Idéalement, un virus restant longtemps actif dans l’atmosphère permettra de répondre à cette contrainte. C’est pour cette raison que le bacille du charbon, qui peut être propagé dans l’air ambiant sous la forme de spores bactériennes, intéresse bon nombre d’experts en armement biologique. Or le virus Ebola ne se transmet nullement chez l’homme par voie aérienne. Pour être contaminé à son tour, il faut être en présence de fluides corporels : sang, sécrétions, excrétions, sperme, salive, ou encore larmes. Inoculer de manière massive et efficace le virus Ebola à une population nécessite également des expositions à risques répétées. Il faudrait donc imaginer de fréquentes pulvérisations de micro-gouttelettes de fluides corporels dans des endroits mal ventilés. Évidemment, une douche de sang, de vomi ou de matière fécale ne manquerait pas d’alerter immédiatement les victimes comme les autorités. L’opération isolée serait très difficile à répéter pour un groupe terroriste, et ceci pour un faible risque encouru chez les personnes aspergées. En effet, dans le cas d’Ebola, la fréquence des contacts à risques est le seul moyen d’entraîner la contamination. C’est pourquoi le personnel soignant présente bien plus de risques de contracter la maladie que le passant ordinaire. Bref, le virus Ebola ne cumule que des désavantages pour le bioterrorisme : sa propagation est délicate et son taux de reproduction de base est faible. Il en est de même pour le virus du SIDA, qui ne se transmet que par le sang, les rapports sexuels non-protégés et durant la grossesse. Voilà donc deux virus que tout bioterroriste en herbe prendra soin d’éviter s’il veut réussir son projet criminel …

En définitive, les agents viraux les plus à même de devenir des armes biologiques intéressent rarement les complotistes. Citons parmi eux la variole (Ro = 7, transmission par contact physique), dont la menace bioterroriste est immensément plus sérieuse que pour le virus Ebola. Mais l’ignorance et la peur prennent hélas bien trop souvent le dessus sur la raison. Avec la sur-médiatisation de la moindre présomption de contamination, les chaînes d’information entretiennent un climat de psychose auprès du grand public, qui en oublie les véritables raisons de cette propagation du virus en Afrique : la grande misère dans laquelle vivent ces populations et l’indifférence générale des pays occidentaux à leur égard.


Bilbo est une fille : la gender fan-fiction au service de l’analyse de l’œuvre

femBilbo1C’est l’histoire de Michelle Nijhuis, une mère lisant Bilbo le Hobbit à sa petite fille de cinq ans. Jusque là, rien de bien insolite de la part d’une maman journaliste scientifique et un peu geek. Seulement voilà, après avoir lu les deux premiers chapitres de l’histoire, notre fillette rêveuse fait remarquer à sa mère que Bilbo est une fille. Michelle la corrige gentiment, émue par l’imagination de son bambin, mais la fillette persiste. Dans son esprit enfantin, Bilbo est définitivement un personnage féminin. Michelle hésite, partagée entre son désir de lire à sa fille une de ses histoires préférées et son attendrissement pour l’imagination débordante de son enfant. Ce que Michelle Nijhuis a alors entrepris est particulièrement intéressant. Concédant un intérêt à ce trait d’imagination enfantin, elle décide de poursuit la lecture de l’œuvre au féminin. Sa petite fille en est enchantée, et notre mère prend goût à cet exercice de genre directement interprété à partir du texte d’origine. Peut-être parce qu’en définitive, l’expérience dépasse le simple plaisir de réécriture.

Coupons court aux mauvaises langues, notre Bilbo féminine s’intègre parfaitement à l’histoire. Elle devient même un personnage fort, humble et pleine d’humour. Chose peut-être encore plus remarquable, le choix de son genre ne heurte en rien le déroulement de l’intrigue, ni ne dénature l’œuvre en elle-même ! Partageant son expérience sur le web, Michelle Nijhuis fait alors bien plus que militer pour encourager les personnages féminins dans la littérature jeunesse. Bien au contraire, son expérience dépasse de loin le simple militantisme féministe. Car en modifiant l’image que nous nous faisons de Bilbo, Michelle Nijhuis a tout simplement défini un rôle particulièrement fort de la fan-fiction : s’approprier l’œuvre, plonger sa propre plume dans ce terreau littéraire et explorer l’univers de son auteur préféré en imaginant des situations alternatives. Ainsi était née « Girl Bilbo », un personnage totalement fan-fictionnel qui connaît chez nos voisins anglo-saxons un réel engouement.

Mais « Girl Bilbo » ne se limite pas à une curiosité du moment au sein des amatrices de cosplay ou de fan-fiction. Son existence fan-fictionnelle est bien plus pertinente que cela. Car cette féminisation de Bilbo amène un constat fondamental : pour bon nombre de récits de fantasy, la question du choix du genre influe-t-elle réellement la qualité du texte ? La fan-fiction devient alors un démarche empirique d’étude du récit. Changer le genre d’un ou de plusieurs personnages ne demande que peu d’efforts de réécriture, mais peut se montrer particulièrement révélateur. Un récit se propose, selon la fantaisie de son auteur, de nous narrer les aventures de personnages aux sexes et genres bien définis. Mais pour que le texte ne souffre pas de déséquilibres sexistes, la réciproque de genre doit pouvoir s’appliquer à n’importe lequel de ces personnages. Par son expérience originale, Michelle Nijhuis en fait la démonstration pour Tolkien. Maintenant que voie étant ouverte, il ne reste plus qu’à explorer d’autres fan-fictions de genres alternatifs. Aussi bien pour le plaisir de revisiter nos œuvres préférées que pour l’analyse littéraire que l’expérience propose.


Nouveautés Champions de Nurgle

J’ai toujours eu un faible pour les serviteurs du Chaos, que ce soit dans les univers Games Workshop ou pour tout autre jeu. Et je dois dire que les nouveaux serviteurs de Nurgle ont de quoi me faire regretter d’avoir vendu ma petite armée de maraudeurs voués à ce Dieu de la Déchéance. En effet, dans le cadre de sa nouvelle version de son célèbre jeu de figurines fantastiques, Games Workshop a retravaillé les miniatures des plus grands Champions du Seigneur de la Peste, et propose une série inédite de figurines jouables pour « Warhammer The End Times  » .

Les plus grands vétérans des guerres chaotiques sont désormais regroupés en unités de Champions. Ceux voués à Nurgle ont pris le nom de Blightkings et constituent un choix de guerriers du Chaos particulièrement endurants pour vos armées. Le kit contient 105 pièces pour monter et personnaliser vos 5 figurines (44 euros). Incroyable révolution chez Games Workshop, il ne vous faudra pas dépenser une somme rondelette pour vous procurer un livre de règles hors de prix afin de pouvoir jouer votre unité : les règles spéciales sont contenues directement dans la notice d’assemblage et dans le White Dwarf n°37.

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Cette nouvelle série de figurines est également accompagnée d’un personnage spécial sous blister. Gutrot Spume est un magnifique Seigneur de Nurgle sculpté selon un look très cthulhesque. Son énorme hache et ses tentacules en font un adversaire aussi repoussant que redoutable. Une belle pièce plastique proposée pour 21 euros. Là aussi, les règles de ce personnage spécial se trouvent dans la notice d’assemblage fournie avec la figurine et dans White Dwarf n°37.

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Enfin, signalons parmi ces  nouveautés l’arrivée de hérauts de Nurgle chevauchant de repoussantes monstruosités ! Marqués par les mutations et dégénérescences de Nurgle, ces anciens mortels sont devenus de terribles combattants prêts à tous les sacrifices pour propager la maladie et la corruption. Ces terribles champions du Seigneur de la Peste évoquent des chevaliers de l’Apocalypse et devraient effrayer votre adversaire … Ces impressionnantes figurines sont disponibles sous forme d’un kit modulable, chaque boîte (60 euros) permettant l’assemblage de l’un des trois personnages plastiques. Les règles de ces hérauts spéciaux sont disponibles dans la notice d’assemblage et dans le White Dwarf n°38.

 

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